FORMULE POUR GUÉRIR LES CHEVAUX; IL EN FAIT USAGE
de bonne ioi avec grand succès pendant longtemps. Son instructeur J. L. veut l'initier dans une
science, une formule, UN SECRET BIEN PLUS MERVEILleux encore, mais a condition qu'il renoncera a Jésus-Christ. Cette condition est rejetée avec indignation — Cure bien extraordinaire d'un cheval PAR UN nouveau MAGICIEN. (5) LeS ESPRITS
FRAPPEURS — Est-il permis de les consulter? Quelques RÉFLEXIONS — Passage important de Tertullien
AUX PREMIERS MAGISTRATS DE l'EmPIRE RoMAIN SUR LE MÊME SUJET — UnE FAMILLE EFFRAYÉE PAR LES ES- PRITS FRAPPEURS. Ils jettent la table terrible dans
LA RUE ET ILS NE LA CONSULTENT PLUS. DaNS UNE AUTRE MAISON UN ÉTRANGER EST INVITÉ A CONSULTER LES ESPRITS, IL LE FAIT — Sa CONSCIENCE EST TROU- BLÉE, IL VA CONSULTER LE PÈRE RavOUX, ETC. (6)
Curieuses et longues cérémonies et prières pour
GUÉRIR LES malades CHEZ LES SlOUX. (7) UnE VIEILLE
SiousË — Vieille magicienne est consultée par quelques PERSONNES DE BON SENS ET D'ÉDUCATION, SUR CE QUI SE PASSE A 600 OU 700 MILLES. SeS ESPRITS LUI SERVAIENT DE BONS CORRESPONDANTS ET DE TÉLÉ- GRAPHE PAR LA VITESSE DES RÉPONSES.
1 Durant l'hiver 1843 et 1844, je reçus plusieurs fois la visite d'un vieil Indien renommé parmi ceux qui appartenaient à la Grande Médecine. Une soirée que j'étais seul avec lui, vers les huit ou neuf heures du soir, il m'adressa ainsi la parole: "Robe Noire, si tu me promets de me donner trois couvertures, je te permettrai de me lier avec des cordes comme tu le voudras; j'invoquerai en ta présence mes esprits, ils viendront me délier, et je serai aussi libre que je le suis à présent." Ma réponse fut que je ne promettais rien, mais que je pouvais me procurer des cordes assez fortes, pour le lier de telle manière, que tous ses esprits seraient incapables de le mettre en liberté. Il me dit alors: "Robe Noire, sois assuré que mes esprits sont très puissants et qu'il faut les respecter."— Afin de te montrer, lui répondis-je, que je ne crains pas leur puissance, je m'en vais les appeler au combat; et alors élevantla voix, jedis et je répète ces paroles: "Esprits de Totouwakanbdapi, venez-ici, et nous verrons qui aura la victoire."— Arrête! arrête! s'écria-t-il. "Je crains que mes esprits ne te frappent." Le vieillard parut très effrayé et il me rapporta ce qui suit: "Un jour que j'invoquais mes esprits avec solennité, dans une log"e préparée pour cet effet, ils m'élevèrent bien haut et irrités contre moi, ils me laissèrent tomber et je fus presque tué." Portant alors la main droite à son visag-e, il me montra une gfrande cicatrice qu'il avait sur une de ses joues et me dit que cela me donnerait une idée de la blessure qu'il reçut en tombant; il ajouta que c'était imprudent de se moquer de la puissance des esprits, parce qu'ils pourraient s'irriter et nous causer bien des maux. Que cela fut vrai ou non, je suis persuadé qu'il y a des Indiens qui ont des communications avec les mauvais esprits et peuvent faire des chose extraordinaires par leur entremise.
2 II y a plus de ving-t-cinq ans que je fus appelé au loin pour administrer les derniers sacrements à une personne malade depuis bien long"temps et qui mourut quelques jours après. Pendant le cours d'une conversation avec son mari, avant de laisser la maison, il me pria d'écouter quelques faits curieux qu'il désirait me raconter et de vouloir bien lui dire ce que j'en pensais. Voici son histoire: "Dans un song-e que j'eus, il y a quelques jours, je vis un chevreuil sur le chemin dans un
certain endroit où j'étais avec mon fusil et je tuai le chevreuil. Dans la matinée, sous l'influence de mon rêve et entraîné par la curiosité, je me rendis sur le terrain avec mon fusil, je vis le chevreuil sur le lieu même, je le tuai et je l'emportai à la maison. La nuit suivante j'eus un autre songe dans lequel je vis dans un autre lieu deux chevreuils; j'en tuai un et l'autre se sauva. Encourag-é par la bonne fortune que j'avais eue le jour précédent, je pris mon fusil et je me rendis sur le lieu. Je vis les deux chevreuils, j'en tuai un et l'autre prit la fuite. La troisième nuit j'eus encore un song-e dans lequel je vis un autre chevreuil qui se sauva; je partis encore avec mon fusil, je vis le chevreuil, mais sans succès. La quatrième nuit je rêvai que j'étais dans le bois où je vis une log-e sur laquelle il y avait une tête de chevreuil. Je partis dès le matin; arrivé au bois, mais encore loin du lieu, je vis la log-e et tout ce que j'avais vu dans mon rêve; j'avançai, je vins tout près de la log-e et tout à coup je m'aperçois que tout avait disparu et je ne vois qu'un rocher. Saisi de crainte, je prends la fuite et je cours aussi vite que possible; et rendu à la maison je tombe malade, je perds une g-rande quantité de sang- et je pense être arrivé à la fin de ma vie." Il me pria de lui dire ce que je pensais de ses song-es. "Avant de répondre à votre question," lui dis-je, "Je désire savoir si vous n'avez pas raconté votre histoire à quelques Indiens, si vous l'avez fait, je désire connaître leur opinion." Il me répondit qu'il avait consulté les Indiens sur ses song-es et qu'ils lui dirent: "Si vous aviez apporté une tête de chevreuil sur le rocher, comme une offrande aux esprits, vous auriez reçu de nouvelles faveurs par le moyen de nouveaux song-es." Il est donc évident, lui dis-je, que quelque mauvais esprit désire que vous l'honoriez par une offrande, un sacrifice, un acte d'idolâtrie. Vous savez aussi bien que moi que, par de telles offrandes, les Indiens rendent leur culte à leurs Dieux. Il fut alors convaincu que le démon était l'auteur de ses song-es et m'assura qu'il serait plus prudent à l'avenir.
Je lui parlai encore du pouvoir des mauvais esprits, de leurs déceptions, de certaines faveurs qu'ils peuvent accorder à ceux qui les invoquent et communiquent avec eux. Mais vous devez vous rappeler aussi, lui dis-je, que c'est un crime
RÊMINISCENCKS ET MEMOIRES. 39
devant Dieu et que ceux qui communiquent avec les démons sont punis même dès cette vie, comme il est prouvé par plusieurs passag-es des Saintes Ecritures. Il y a quelques jours que, sous l'influence de vos songes merveilleux vous pensiez avoir eu la bonne fortune de tuer deux chevreuils; mais vous ne pourrez jamais oublier que vous fûtes saisi d'effroi, qu'arrivé à la maison vous fûtes malade, vous perdîtes une grande quantité de sang* et votre vie fut en g-rand danger.
3 Aujourd'hui, en ouvrant l'Are Maria du 15 janvier 1876, j'ai lu une lettre d'un Père Oblat qui, l'été auparavant était à la Baie des Esquimaux; il raconte sur le même sujet un fait bien intéressant, bien instructif, mais horrible, d'un vieux sauvage converti par le Père Arnault. Voici l'histoire du bon Père:
Watshikat, encore infidèle, était très superstitieux. Il craignait beaucoup les mauvais esprits. Son fils tombe malade, Watshikat est au désespoir. Les Jongleurs sont consultés, les tambours retentissent auprès de la hutte du malade, vains efforts; la maladie fait des prog^rès rapides; le père infortuné rentre dans la hutte et son oreille s'aperçoit aisément, dans la difficulté qu'il a pour respirer, que c'est le râlement de la mort. Il sort promptement, — il faut qu'il ait un songe; il se couche au pied d'un arbre; quelques minutes après il se relève et s'écrie: "Mon fils ne mourra pas, mais il faut une autre victime, pour apaiser le manitou; ma fille, tu dois être offerte pour ton frère." Les prières, les supplications, les larmes, la résistance, tout est inutile; et la pauvre jeune fille, à peine âgée de seize ans, est attachée à un arbre. — On entend une détonation suivie d'un cri perçant: "Manitou! Manitou!" Trois balles lui avaient percé le cœur. Du lieu du sacrifice il court vers son frère — Un moment plus tard le fils du sauvage rendait le dernier soupir. Watshikat pleure maintenant son crime.
4 Merveilleuse guérison d'un cheval, etc. Il y a presque trente ans que je reçus la visite d'un homme qui vint me demander une faveur, me disant qu'il me serait bien reconnaissant si je voulais lui rendre ce service: "Ma jument" me ditil. "est bien malade, presque mourante, permettez, s'il vous plaît, à N. N. de la guérir." Je lui dis que je n'avais aucune
objection à ce que N. N. ou n'importe qui, g"uérisse sa jument s'il le pouvait. — Père, N. N. m'a envoyé demander votre permission, parce que vous lui avez défendu de se servir de son secret pour g-uérir les chevaux. Ah! je vous comprends maintenant, vous voudriez que je lui permisse de se servir de son secret, de formules, de cérémonies superstitieuses pour guérir votre jument — Je ne le puis pas — S'il vous plaît, Père, donnez-lui la permission, car ma jument m'a coûté un g-rand prix, et s'il ne la guérit pas, elle va mourir! — Si la jument m'appartenait, lui répondis-je, et qu'elle m'eût coûté dix mille piastres, je préférerais la voir mourir que d'employer des pratiques superstitieuses pour sa g-uérison. Cela est défendu par la loi de Dieu. Cette personne, cet ami quitta ma chambre et se rendit auprès de N. N. où quatre ou cinq hommes l'attendaient afin de connaître la décision du Père Ravoux. Ils apprirent que la permission ne pouvait être accordée. Un d'entr'eux néanmoins découvrit un nouvel expédient et dit à N. N. : le Père Ravoux t'a défendu de te servir de ton secret, mais il ne t'a pas défendu de l'enseigner à d'autres; dis-moi ce qu'il faut faire et j'irai à l'étable afin d'essayer de guérir la jument. N. N. acquiesça à sa demande et lui enseigna le secret, la formule et la cérémonie. Le nouveau mag-icien va à l'étable, prononce les paroles, accomplit la cérémonie et la jument est guérie, elle se lève immédiatement, laisse l'étable, court vers la prairie et se rafraîchit en mang-eant de l'herbe. Nous lisons dans la Sainte Ecriture que ceux qui font usage de telles pratiques et sans doute ceux aussi qui les enseignent à d'autres seront punis même dès cette vie. Je puis certifier que j'en ai connu plusieurs qui ont été châtiés en ce monde et dont la mort a été bien malheureuse. Je ne parlerai que d'un seul, de celui qui communiqua à N. N. son secret, sa formule pour la guérison des chevaux. Cet homme infortuné, l'esclave de Satan, ennemi de Jésus-Christ, voulut initier N. N. à une science plus élevée, plus importante; mais à condition qu'il renoncerait à Jésus-Christ. N. N. rejeta avec indignation une proposition si horrible. Cet homme infortuné, que j'ai connu pendant bien des années, je le vis toujours malheureux dans sa famille, dans ses affaires. Uu jour qu'il se plaignait à moi des maux qui l'entouraient de toutes parts,
je lui demandai s'il avait cessé de se servir de ses pratiques superstitieuses. Il me répondit que depuis qu'il avait entendu mon instruction à rKg^lise sur ce sujet il les avait abandonnées presque complètement et que dernièrement il avait refusé d'un Américain cinq dollars pour gfuérir son cheval. Cependant, lui dis-je, vous continuez encore, de temps en temps, vos pratiques superstitieuses. "Eh bien!" me dit-il, "je suis pauvre, et il y a quelques jours, ma jument était malade et je fus oblig-é de la guérir." Selon les instructions que vous avez entendues, il y a quelques mois, lui dis-je, votre infortune serait le châtiment de Dieu envers ceux qui l'offensent par de telles superstitions; mais ce châtiment n'est rien en comparaison des souffrances éternelles préparées pour vous, si vous refusez de vous repentir de vos péchés, d'amender votre vie, et de remplir tous les devoirs d'un bon chrétien.
5 Les esprits frappeurs — un cas de conscience — Un bon vieillard qui craignait d'offenser Dieu vient me demander un avis. "Hier soir," me dit-il, "je passai la veillée chez P. P. où ils consultèrent au moyen d'une table certains esprits sur différents sujets. Quoiqu'un étranger parmi eux, je fus invité à prendre part à leur amusement et à demander quelques informations aux esprits — Je fis comme eux plusieurs questions aux esprits sur des sujets complètement inconnus à ceux qui étaient présents; et à ma grande surprise toutes les réponses furent vraies. Je puis encore être invité ce soir à faire de nouvelles questions aux esprits et je crains d'offenser Dieu. Mon Père, soyez assez bon de me dire ce que vous en pensez. Il me fit connaître les questions qu'il avait demandées et les réponses qu'il avait reçues. Je vis immédiatement que cela ne pouvait être connu par une science humaine, naturelle et comme le ciel n'opère pas des miracles sans dessein, sans cause raisonnable, il était évident que cela était l'œuvre de l'enfer et conséquemment défendu. Telle fut ma décision dans ce cas de conscience. Le bon vieillard me laissa, fortement résolu de ne jamais plus consulter les esprits frappeurs, ou de leur faire des questions, n'importe pour quelle raison.
J'avais déjà donné une instruction du haut de la chaire et défendu ces pratiques supersitieuses; malheureusement quelques-uns de nos auditeurs se laissent aveugler par le Dé"
mon qui arrache la parole de vérité de leur cœur afin de les conduire dans le chemin de la perdition. Bien des personnes ne savent pas, ou du moins oublient que les mauvais esprits, quoique chassés du ciel et punis par leur Créateur, possèdent encore leurs facultés naturelles; qu'ils sont encore Puissances, Principautés, Gouverneurs de ce monde de ténèbres; qu'ils sont rusés, fourbes et menteurs; qu'ils trompèrent nos premiers parents et causèrent ainsi leur ruine et celle du g-enre humain; qu'ils firent usag-e de tous leurs artifices, de toute leur puissance afin de faire échouer les desseins de Dieu confiés à son serviteur Moïse pour délivrer son peuple de l'esclavag-e d'Eg-ypte; qu'a^-ant reçu la permission de Dieu pour tenter la vertu du saint homme Job, ils l'accablèrent de maux, ils se servirent des Sabéens et des Chaldéens, du feu du ciel et des tempêtes les plus violentes, afin de le priver de ses biens, de ses serviteurs et de sa famille; et qu'à la fin ils couvrirent tout son corps des plaies les plus horribles; ils oublient que Jésus-Christ lui-même, malgré ses vertus éclatantes, ses miracles nombreux ne fut pas à l'abri de leur fureur et des persécutions continuelles de Satan — Il le transporte sur le pinacle du temple, de là sur une haute montagne, ou par ses artifices il lui montre toute la g-loire du monde dont il sera le maître s'il veut tomber à ses pieds et l'adorer. Ils oublient que Satan s'empara du cœur de Judas pour le porter à trahir son divin maître et le faire mourir sur la coix.
Tout chrétien qui réfléchira sur ces faits qui sont racontés dans les Saintes Ecritures, ne sera pas beaucoup étonné par la lecture des anecdotes contenues dans ce chapitre.
Rien de nouveau sous le soleil. Tertullien qui vécut dans le deuxième et au commencement du troisième siècle, dans son Apolog-ie pour les chrétiens, adressée aux Premiers Mag-istrats de l'Empire Romain, après avoir parlé delà puissance des Dieux qui ne sont que des Démons, il leur dit: "Or si les mag-iciens font paraître des fantômes, s'ils évoquent les âmes des morts, s'ils font rendre des oracles à des enfants; si habiles charlatans, ils imitent les miracles, s'ils savent envoyer des songes par les démons qu'ils ont invoqués, et qui leur confient leur pouvoir, et par lesquels les chèvres et les tables devinent l'avenir, à plus forte raison ces puis-
sances séductrices feront-elles par elles-mêmes et pour ellesmêmes ce qu'elles opèrent pour des sujets étrang-ers."
Je vais raconter quelques autres faits qui se présentent à ma mémoire. Une famille respectable de bons et sincères catholiques avait contracté l'habitude de consulter les esprits frappeurs par le moyen des tables, je leur avais fait promettre qu'ils ne s'amuseraient plus à ces pratiques superstitieuses. Quelques jours après étant rentré dans leur maison où ils étaient réunis, je dis encore quelques mots à ce sujet, et je m'informe s'ils avaient bien tenu leur promesse. Leur réponse fut telle que je compris qu'on n'avait pas entièrement cessé — Vous y avez passé encore une demi-heure hier soir, leur dis-je— oh! oui! — peut-être une heure — oui! — deux heures — oui! — toute la nuit — oh! non. — Ils avaient passé entre trois et quatre heures à faire des questions aux esprits et à recevoir leurs réponses — et à la fin de la séance ils furent si effrayés qu'ils ouvrirent la porte de la maison et jetèrent la table sur le chemin. — Ils avaient fait quelques questions qui avaient irrité les esprits; tout à coup ils voient la table se lever fort haut et retomber avec fracas sur le plancher. Ils sont tous transis d'effroi, et quelques cris lug-ubres se font entendre —Père, me disent-ils, nous avons été si effrayés que vous n'avez plus à craindre de nous voir retomber dans ces pratiques superstitieuses que vous avez défendues, et ils tinrent parole.
Une personne malade que je connaissais très bien, et qui avait reçu de ma part bien des instructions au sujet des pratiques superstitieuses parmi les Indiens, voyant tous les remèdes employés pendant long-temps pour sa guérison sans effet, eut recours aux gens de la Grande Médecine; povr être mieux compris, je dois dire aux successeurs des Mag-iciens des anciens temps, aux prêtres du paganisme, à ceux qui sont spécialement chargés d'offrir aux esprits des vœux, des prières, des présents, des sacrifices afin de se les rendre propices et d'obtenir leur secours. Les Gens de la Grande Médecine furent appelés autour du malade qui était dans sa maison, ils apportèrent leurs tambours, leurs sacs magiques, qu'ils appellent aussi sacs de médecine, et toute la nuit se passa à invoquer, à charmer les esprits au son des tambours tom-tomtom— des chants, des cris et des prières qu'ils continuèrent
jusqu'au matin, lorsque j'entendis plusieurs coups de fusil venant du côté de la maison du malade. Vers les sept heures du matin je rencontrai une personne à qui je demandai la cause du grand bruit de la nuit et des coups de fusil avant le lever du soleil. Il me répondit en souriant que S. S. s'était fait chanter, ce qui sig^nifie parmi les métis, la cérémonie déjà mentionnée. Mais pourquoi ces coups de fusil, lui dis-je? C'était pour tuer ou du moins chasser les esprits malfaisants qui étaient sortis du corps du malade sous la forme de certains animaux et qui étaient la cause de ses souffrances.
Une vieille femme Siouse fort renommée pour donner des informations, des nouvelles sur ce qui se passait même dans des pa3-s très éloig^nés excite l'admiration de ceux qui la consultent.
Je me rappelle avoir entendu raconter par une personne digne de foi le fait suivant: "Nous étions trois et n'ayant alors rien à faire nous allâmes voir la vieille sauvag-esse afin de nous recréer. Nous lui dîmes que nous étions venus afin de la consulter sur des personnes qui demeuraient au loin, et que je désirais avoir des nouvelles de mes deux fils qui étaient à 600 ou 700 milles de distance et je lui nommai la ville où ils étaient. Elle promit d'y envoyer ses esprits et qu'à leur retour, elle pourrait satisfaire mes désirs. Dans une petite loge elle fait certains préparatifs parmi lesquels il y avait une petite clochette. La clochette sonna et elle nous dit que ses esprits sont partis. Quelques minutes après la clochette sonna de nouveau; ses esprits sont arrivés et ils lui apprennent que ses fils sont dans un état de détresse et qu'ils souffrent. Elle lui communique ce qu'elle vient d'apprendre, mais il n'en fait aucun cas." Quelque temps après il fit une visite à ses fils et il trouva que tout ce qu'elle lui avait dit était vrai. Ce qui fut pour lui le sujet d'un grand étonnement.
Deo Gratias !
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