‹ Mémoires secrets de Bachaumont de 1762 à 1787Chapitre 12 sur 58 · F^ers à madame la comtesse Du Barry · texte numérisé non relu

F^ers à madame la comtesse Du Barry

A l'occasion de sa division avec M. le dac de Ghoiseul (1).

Déesse des plaisirs, tendre mère des Grâces, Pourquoi veux-tu mêler aux fêtes de Papbos

Les noirs soupçons, les honteuses disgrâces? Ah ! pourquoi méditer la perte d'un héros ! Ulysse est cher à la patrie, Il est l'appui d'Agamemnon :

Sa politesse active et son vaste génie

(i) Ces vers sont attribués à M. Lantier par A. A. Barbier dans son Supplémenià la Correspondance littéraire de Grimm : d'autres les donnent à Bouf^ fiers. Ik ont été compris dans Tédilion des CEu¥res de ce poète publiée eq 1S96» chez Furne. — K.

Enchaîoent la valeur de la fîere II ion.

Soumets les dieux à ton empire ; Venus sur tous les cœurs règne par la beauté :

Cueille, dans un riant délire,

Les roses de la volupté ;

Mais à nos vœux daigne sourire , Et rends le calme à Neptune agite.

Ulysse, ce mortel aux Trojens formidable,

Que tu poursuis dans ton courroux ,

Pour la beauté n'est redoutable

Qu'en soupirant à ses genoux.

lo. — On a appris que M, Tabbé Chappe d'Auterochc, de FÂcadémie des Sciences , connu par ses travaux astronomiques y est mort en arrivant en Californie pour y observer le dernier passage de Vénus sur le soleil.

— Sur V cLSSociation de M. le chancelier avec M. le

contrôleur-général,

Maupeou , que le ciel en colère Nomma pour organe des lois , Maupeou , plus fourbe que son père , Et plus scélérat mille fois, Pour cimenter notre misère , De Terray vient de faire cboix.

Le traître voulait un complice :

Mais il trouvera son supplice Dans le cœur de l'abbé sournois.

. — Le sieur Luneau de Boisjermain , que les librau'es associés à l'impression du Dictionnaire Encyclopédique ont attaqué au criminel , comme auteur de diffamation et de calomnie à leur égard , vient d'opposer à leur Mémoire un Mémoire à consulter^ et une Consultation signée <le sept jurisconsultes. Cette affaire, devenue très-grave,

est trop avancée pour qu'on puisse reculer de pari ou d'autre.

12. — On vient d'imprimer, très-furtivement sans doute, un in-4'*, ayant pour titre : Procédure de Bretagne y ou Procès extraordinairement instruit et jugé ^ au sujet dassembUes illicites^ discours injurieux^ subornation de témoins^ complot de poison et incident de calomnie. C'est le recueil de toutes les pièces relatives à ce qui s'est passé dans cette province depuis la publication du fameux Tableau des assemblées secrètes et fréquentes des Jésuites et leurs affiliés ^ à Rennes (^i), qui parut à Paris au mois de novembre 1766, qu'un ministre fit passer au sieur Flesselles , alors intendant de Rennes , avec ordre de la part de Sa Majesté de vérifier les faits, et qui provoqua enfin, lé 27 mai 1767, une dénonciation en règle de M. le Prêtre de Châteaugiron, second avocatgénéral.

L'ouvrage est précédé d'un discours préliminaire, où le duc d'Aiguillon est représenté comme <c l'ennemi implacable , l'instigateur et presque le bourreau de six exilés, un sujet indigne de la confiance de son prince y un chef de conjurés, un suborneur de témoins, le fauteur d'un projet d'empoisonnement (2) , le complice et peut-être même le premier auteur de ces crimes ». Tel est l'effroyable portrait par lequel on débute y et qui ne peut avoir été tracé que par une plume très-hardie.

I a. — Madame la duchesse de Villeroi, très-renommée par son goût pour les fêtes et pour les spectacles, et d'ailleurs à même d'influer grandement dans cette partie y étant sœur de M. le duc d'Aumont, premier gentilhomme

(i) V. a4 avril 1767. — R.

(a) V. 9 janvier 176g. — R.

ia6 MÉMOIRES SECRETS.

de la chambre y a fait préparer une espèce d'opéra à ma"* chines, intitulé : la Tour enchantée, qu'elle compte faire exécuter pour le mariage de M. le Dauphin. Elle a extrêmement à cœur de laire réussir ce spectacle , pour lequel elle se donne beaucoup de soins et entre dans les plus petits détails. On ne doute pas de Ib beauté , de la magnificence et du génie qui régneront dan« cet ouvrage^ presque tout entier de féerie. On «oroit que c'est M. de Sauvigny qui^ inspiré par cette Muse,. a composé les pa^ rôles du poëme, la moindre chose de cette composition à grandes machines.

i4v — M. Dupuy Demportes^ auteur plus fécond que précieux «te diffiéreutés pièces de littérature, vient de mourir. Il a écrit aussi sur la politique et sur quelques autres sciences.

17. — M. Dorât, qui a une dent contre M. de La Harpe au sujet de la petite niche qu'il lui a faite , et dont on a rendu compte (i), n'a pis manqué de saisir l'occasion de la publicité du drame de Mélamey^vur mordre son cher confrère et se venger délicieusement II lui a adressé une É pitre en vers sûus le nom du cure de Saint- Jean-^de-Latran , bien amère^ bien dure , bien roéchanle, et qui fait un éclat du diable.

18.-— Trois économistes à la fois ,se sont réunis contre M. l'abbé Galiani , et dissèquent ses Dialogues sur le commerce des hUs^ Outre M. de La Rivière qui traite la matière {%) avec toute U gravité , touli le pédanlisme

(i) V. 9 février 1770. — R.

(a) V Intérêt général de tÈtai, ou la lîherté du commerce des blés, 'démonirée coi^orme au droit publie de la F^mee , aux loisfondtmeMaiês du roynmme, à P intérêt commun du soupemin et de ses sujets, dans tous les temp*; avec la refutationd^un nouveau sjrstèmepublié enforme de Dialoguksur LkcomuRCK Dxs BLÉS. Amsterdam et Paris, 1770, in- 12. — R.

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