Mémoire du sieur Billard y écuyerj contre M. le
procureurjiu roi. Telle est la nouvelle défense qui paraît
en faveur de ce fameux hypocrite. Elle est signée du sieur
Aubry, avocat, est imprimée, et se répand par la famille
de Taccusé avec la plus grande profusion*
9. •*-*- Depuis quelques jours le bruit court que mademoiselle Clairon ne fera point le rôle èlAthaUe , quoiqu'elle l'ait déjà répété: ce qui la mortifie infiniment ; mais elle paraîtra toujours dans le rôle d'Aménaïde. On assure que madame Du Barry a obtenu du roi qu'on ne ferait pas un passe-droit aussi injuste à mademoiselle Dumesnil. D'un autre côté, madame deVilleroi se donne de grands mouvemens pour empêcher ce nouvel arrangement. On connaît la passion extrême qu'a cette damo pour mademoiselle Clairon, et combien elle est zélée
(i) Mémoire sur la construction de la coupole projetée pour couronner *'* église de Sainte- Geneiùève. Paris, 1770, in-4«. — R.
l/|8 • MÉMOIRES SECRETS.
pour empêcher que la délicatesse de cette actrice soit blessée en rien.
lo. — M. le prévôt des marchands a reçu ces jours-ci à table un paquet contenant des couplets imprimés sur les réjouissances, où, à travers le ton grivois qui y règne^ et la bonhomie apparente de l'auteur, on trouve beaucoup de traits de causticité qui empêcheront de laisser répandre cette chanson. On en peut juger par le commencement :
En boD Français pourtant , Il faut , quoique sans argent y Entrer en danse , etc.
i3. — Mesdemoiselles Camargo et Carton, deux anciens sujets émérites de TOpéra, sont mortes depuis peu. L'une a été dans son temps une très - célèbre«sauteuse ; c'est elle, en quelque sorte, qui a créé cette danse haute si à la mode aujourd'hui , mais qui s'est bien perfectionnée depuis. Elle était renommée pour la légèreté et la vivacité de ses gambades , et son nom fait encore époque dans les fastes du théâtre de l'Académie royale de Musique. L'auti^e, chanteuse des chœurs et d'un talent fort médiocre, s'était acquis une grande considération entre ses camarades par ses saillies, dont quelques-unes ont été rédigées depuis eu apophthegmes, ont fait proverbe, et sont consignées dans un ouvrage intitulé : le Code lyrique y ou Règlement pour l'Opéra de Paris {i). Elle s!était, d'ailleurs, illustrée par les conquêtes les plus dis^ tinguées, et se vantait de l'honneur unique d'avoir partagé sa couche avec trois rois. Toutes deux étaient re-
(i) Par Meiisnier d« Querlon. — .R.
Mil 1770. l4g
tirées depuis long-temps avec des pensions proport ioa nées à leur mérite théâf rai. Celle de la première était de quinze cents livres, et celle de la seconde de quatre cents livres seulement.
i4- "~ utiles secrètes sur quelques membres du Parlement, recueillies par M. le chancelier.
Messieurs.
D'Aligre. P. P HonuÈle Lomrac, S'il no ilormail jas luu-
r.RAND-BASC.
D'Onaesson I] ije peut me luunVir, niiiis i'ea fïini ce
que je voudrai.
LatnoigBon DiFBcîlc » tïvrc ; il [aut être liounète
liomiae, ou se résouilre à l'avoii' jiour
£0 PelUûerde Saint-Fargcau ■ . ■ Je lui dois te que je suis.
Pinoa Excïllcnl Juge i l'Opéra.
De Gourgue Il rit, quand on le laisse l'aire.
Bachardde Sai-oa Timide à l'eicès, mais j'en Tais gianil cas.
De 31aupam Ah! mnu Dim , c'esl mou fils!
Fleuri Plus heureui qu'il n'avait espéré l'élre , il
Lf Peltiet de Kaianla On dit qu'il a de l'espril.