‹ Mémoires secrets de Bachaumont [édités et continuésChapitre 17 sur 86 · IN · texte numérisé non relu

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ceux que j’ai composés pour le Théâtre vous appartiennent; les autres sont un gâge delà reconnaissance que je dois à vos talents. Je ne m’abuse point sur la valeur du présent que je vous fais ; mais je suis bien aise de donner le premier un exemple qui peut contribuer à réaliser un projet que j’ai fait depuis longtemps pour l’honneur de votre Théâtre.

Il me semble, Messieurs, qu’il vous manque une bibliothèque dramatique, et que vous ôtes d’autant plus intéressés à vous en former une qu’elle contiendrait en quelque sorte les archives de votre propre gloire. En effet, le Théâtre ne vous doit-il pas le divin Molière et beaucoup d’autôes- justement célèbres? Je ne connais aucune société littéraire qui puisse se prévaloir d’avoir enrichi la scène d’un aussi grand nombre de productions distinguées.

Ce projet aurait aussi son utilité, même pour lesgensde lettres, qui pourraient puiser dans cette bibliothèque des ressources qui ne sont pas toujours à leur portée. Les frais n’en seraient pas très-dispendieux : car enfin cette collection n’est point immense, et tous les auteurs modernes se disputeraient l’honneur de contribuer à cet établissement par un tribut de leurs ouvra- . ges. C’est l’exemple que j’ai voulu donner, et qui vous prouvera du moins combien je suis sensible à la gloire des arts, et particulièrement à la vôtre.

J’ai l’honneur d’être, etc.

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