‹ Mémoires secrets de Bachaumont [édités et continuésChapitre 43 sur 86 · II · texte numérisé non relu

II

i'JO MÉMOIRES SECRETS DE BACUAUMONT.

Mais, las ! je le conserve en vain j On me défend d’en faire usage:

Ma moitié, vertueuse et sage.

Au lieu de s’en plaindre, me plaint.

Ma soeur, la Platonicienne,

Dit : « Qu’est-ce que cela vous fait ?

N'avez-vous pas la tête saine?

A quoi donc avez-vous regret ? »

Hélas ! à cette triste épreuve Sitôt je ne m’attendais pas.

Ni que ma femme entre mes bras.

De mon vivant, deviendrait veuve!

17. — M. l’abbé de Voisenon a remis son abbaye du Jard et un petit prieuré qu’il avait dans le diocèse de Chartres : on lui donne huit mille livres de pension sur les Economats, franches et quittes, et le roi se charge des réparations.

28. — On annonce aux Français une comédie larmoyante, intitulée: Eugénie ou la Vertu malheureuse. Cette pièce, toute romanesque, est prônée avec beaucoup d’emphase. Elle est d’un homme fort répandu, sansavoir aucune considération ; c’est un nommé Caron de Beaumarchais, peu connu dans la littérature. Ses premiers ans ont été employés à acquérir des talents mécaniques. Fils de Caron, horloger, il avait suivi l’état de son père avec succès. Mais, ne avec une certaine portion d’esprit et des dispositions naturelles pour des arts aimables, son goût pour la musique l’a mis à même de franchir la distance qui le séparait d’un certain monde. 11 est parvenu à approcher de la cour; il a été assez heureux pour y plaire par ses talents, et d’en profiter pouu se ménager des grâces qui l’ont mis en état de faire une fortune considérable. Les morts successives du mari d’une femme qu’il aimait et qu’il a épousée ensuite, ainsi que de cette ruômç femme, après lui avoir fait une donation de tout son bien , jettent sur sa réputation un vernis peu favorable (I). Il a été refusé dans diverses charges dont il voulait se pourvoir.

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