‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 71 sur 77 · On a fait ce distique sur les mots Lex, Rex · texte numérisé non relu

On a fait ce distique sur les mots Lex, Rex

Rexservat legem, regem lexoptima servat; Lex 9i7te regejacet, rex sine lege nocet,

17. — On répand un extrait des Centuries de Nostradaraus, n" 53, page 161, édition d'Amsterdam, cic icc lxvii. Chez Daniel Winkerausan.

448 HEMOIfi£$ SECRETS DE BAGflÀUMONT.

Peste, famine, feu, et ardeur non cessée. Foudre, grand'gréle, temple du ciel frappé^ Édit^ arrêt et griève loi cassée, Chef inventeur, ses gens et lui chassé.

On croit, suivant l'usage^ y voir la prédiction des^événements du jour, passés et futurs.

48. — Ûabbé Âlary, membre de TAcadémie Française, Tient de mourir dans un âge très-avancé. C'est la troisième place vacante par cette mort. Il était sous-doyen, ayant été reçuea 4753. C'était le fils d'un apothicaire, qui par ses intrigues était parvenu à la fortune. On ne sait trop à qud titre il s'est trouvé assis dans le sanctuaire des Muses, car on ne connaît aucun ouvrage de lui. C'est le pendant de cet Académicien, dont Boileau disait:

J 'imite de Conrart le sHence prudent.

Cependant il était beau diseur, bel homme et très-bien venu des femmes; ce qui chez plus d'un de ses confrères a tenu lieu de mérite littéraire.

19. — La réponse du sieur de Yaldahon au Mémoire du sieur Le Monnier, annoncée depuis longtemps, et retardée "par divers obstacles, parait enfin, et réveille l'attention du public sur cet amant infortuné, si célèbre par ses malheurs et par sa constance. L'orateur, fiq)rès avoir retracé d'une façon pathétique tous les maux qu'a soufferts le sieur de Valdahôn, sur lequel son impitoyable persécuteur a fait lancer plusieurs décrets; qu'il a obligé de fuir en pays étranger ; qu'il a fait exiler pour vingt ans de sa patrie, qu'il a déchiré dans huit Mémoires, diffamé dans cinq tribunaux, et presque miné, tant par les gros dommages-intérêts qu'il s'est fait adjuger, que par les frais énormes d'un procès qui dure depuis huit ans; diiscute ultérieurement les moyens du sieur Le Monnier. Il prouve, par les lois, que, quand même le sieur de Yaldahon aurait séduit mademoiselle Le Monnier, il pourrait l'épouser, parce qu'elle est libre et majeure ; mais il prouve, en outre, par trois jugements, qu'il ne Ta point séduite. 11 réfute toutes les calomnies inventées sur sa parenté et sm* sa personne ; et, après avoir également détniit les objections tirées du danger pour les mœui-s, pour TJionnêteté publique, pour

l'affaiblissement de Fautorité paternelle, que l'adversaire met en avant, il en conclut que Topposition du sieùr Le Monnier au marieige de sa fille avec son amant est aussi vaine qu'odieuse. Ce Mémoire, sorti de la plume éloquente du sieur Loyseau de Mauléon, est appuyé d'une Consultation, en date du 7 novembre, du »ieur Pialez, un des avocats les plus accrédités en ces sortes de matières. On s'attend à recevoir incessamment la nouvelle de l'arrêt du Parlement de Metz, que tout le public désire trouver favorable aux deux amants, et que les jurisconsultes annoncent devoir être tel.

20. — SECONDE ÉPIGRAMME DE M. PIRON SUR CE QUE M. DE LA HARPE BRIGUE UNE PLACE A l'acADÉMIE.]

Quoi, grand Dieu I La Harpe veut être

Du doux Moncrif le successeur! Favoris d'ApolloD, songez à votre honneur : Voudriez-vous qu'on prit le Louvre pour Bicêtre (I)?

21 . — De jeimes officiers, qui dans leurs garnisons se sont amusés à jouer la comédie avec les actrices, enhardis par leur succès en province, ont voulu déployer leurs talents à Paris. A cet effet, ils ont loué la salle d'Audinot, sur les boulevards, et, dans la nuit du 19 siu 20 de ce mois, ont exécuté sur ce théâtre le Déserteur et les Sabots^ deux opéras-comiques fort en vogue. Ils avaient distribué environ six cents billets, et l'assemblée était très-nombreuse et composée de tout ce qu'il y a de plus distingué en gens de qualité et en amateurs. M. le duc de Chartres a bien voulu les honorer de .sa présence. Malheureusement, cela n'a pas pris autant qu'ils s'en flattaient, et, malgré leur passion extrême pour leur talent, ils seront obligés de se borner à en amuser les provinciaux. Us avaient fait tous les frais, et cette folie leur a coûté beaucoup d'argent.

(1) Voy. 19 noTembre 1769.

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