MIS
Hecoiiriv au déguisomoiit?
Cio qu’il sent, liauloiuonL le Fraiirais K* jmlilic.
Laissoz-lui la siiiooriLé ;
Eu ost-il \ui qui uo s’écrie :
« Cette Dauphine, en vérité,
Nous l’aimons tous à la folie ! »
Nous l’aimons! Ce mot est si doux.
Qu’au milieu de ce peuple, errant autour de vous.
Vous vous plaisez, sous le masque, à rentendrc' ;
Vous épiez, vous cherchez à surprendre L’aveu, le seul aveu dont les dieux sont jaloux.
Si pourtant vous croyez que rien ne vous décèle.
Vous vous trompez ; partout Louis vous suit des yeux ;
Ses regards attendris semhlent dire : « C’est elle ! »
Et puis cette ceinture, ornement précieux,
Que vous portez dès l’àge le plus tendre,
Et dont vous Ut présent la mère de l’Amour,
Jamais votre dame d’atour,
En vous masquant, n’a pu vous la reprendre.
15. — Madame Geolfrin est une virtuose très-connue, surtout citez les étrangers, plus enthousiasmés de son esprit que ses compatriotes. On se rappelle ‘ qu’elle ht, il y a quelques années, un voyage en Pologne ; qu’elle eut l’iionneur de voir plusieurs souverains dans cette tournée, et surtout d’étre admise à une audience particulière de l’Impératrice-Reine. Cette Majesté, dans son intimité avec elle, lui ht voir son oratoire garni de très-beaux tableaux. Madame Geohrin y remarqua une place vide. Depuis son retour en France, ayant acquis une très-belle Vierge de Carlo Maratto, elle a demandé à rimpératrice-Reine la faveur de lui p)ermettre d’envoyer ce morceau fameux à Sa Majesté Impériale, s’imaginant ({u’il hgurerait très-bien dans l’endroit en question. Cette souveraine a accepté le présent, et a envoyé à madame GeollVin un service très-magnihque en porcelaine.
10. — Les vers à madame la Dauphine sont du sieur Moreau, ci-devant avocat des hnances, ensuite conseiller en la Cour des aides et hnances de Provence, et aujourd’hui bibliothécaire de madame la Dauphine. Il est auteur de V Observateur hollandais^ oiiYY‘d^G périodique composé on France,
1 Voy. A m;ii et A jnilh'l 176G.
sh:(][U':Ts im hâchaumonï
-iii;
pendant la dernière guerre, par ordre du rTOiivernement et sous ses auspices.
Le marquis du Terrail, tils de Durey de Saiiroy, trésorier de Textraordinaire des guerres, et qui, par des arrangements de famille, avait pris le nom distingué de sa mère, issue du chevalier Bayard, est mort ces jours derniers. C’était un homme qui avait des prétentions à l’esprit. Il avait composé quelques pièces dramatiques, qu’il avait eu la prudence de garder dans son portefeuille, mais qu’il faisait jouer sur son magnihque théâtre d’Épinay. Il passait, d’ailleurs, pour avoir un goût très-antiphysique '. Il avait cependant épousé depuis quelques années une jeune demoiselle d’üzès, mais dont il n’avait point d’enfants ; en sorte que sa succession, très- opulente, retourne à M. de Gossé, son neveu par sa mère, sœur de M. du Terrail.
n. — On ne cesse de parler du fatal événement de la nuit du30au3I mai dernier, et l’on attend avec impatience la rentrée du Parlement pour voir comment cette Cour traitera la chose. On cite, à cette occasion, un exemple de la même espèce, mais bien inférieur pour la quantité des morts, arrivé sous Louis XI, par leqjiiel on voit que le prévôt des marchands de ce temps-là fut très-sévèrement puni. Les défenseurs de celui-ci rejettent la faute sur son peu de génie, et, pour donner une idée de sa force, on rappelle la plaisanterie (|ue dit M. d’Argenson à M. Bignon, lorsqu’il fut nommé bililiothécaire du roi : <x Mon neveu, voilà une belle occasion pour apprendre à lire. » C’est à la même cause qu’ils imputent sa fausse démarche, d’avoir été le lendemain à l’Opéra, sous prétexte de se justifier vis-à-vis du public et de démentir les faux bruits qui couraient à cette occasion.
— Des gens malins ont trouvé une anagramme sur le nom de M. Bignon, bien méchante et malheureusement trop juste :
Jerome Armand Bignon :
Ibi, non rem, damna gero.
On prétend que cet hémistiche est tiré d’un vers de Juvénal.