‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 115 sur 123 · On répand un extrait des Centuries de Nostrada · texte numérisé non relu

On répand un extrait des Centuries de Nostrada

mus, n» 53, page lül, édition d’Amsterdam, cic icc r.xvii. Liiez Daniel Winkerausan.

Peste, famine, feu et ardeur non cessée, IpDudre, grand’grele, temple du ciel frappé. Edit, arrêt et griève loi cassée,

Chef inventeur, ses gens et lui chassé.

On croit, sui\ant 1 usage, y voir la prédiction des événements du jour, passés et futurs.

18. — L’ahbé Alary, membre de l’Académie française, vient de mourir dans un âge très-av'ancé. C’est la troisième place vacante par cette mort. Il était sous-doyen, ayant été reçu en 1 i53. C était le fils d un apothicaire, qui par ses intrigues était parvenu à la fortune. On ne sait trop à quel titre il s’est trouvé assis dans le sanctuaire des Muses, car on ne connaît

aucun ouvrage de lui. C’est le pendant de cet Académicien, dont Boileau disait :

J’imile do Conrart le silence prudent.

',ni

C(3pcn(Janl il était beau diseur, bel lioiume et très-l)ieii venu des femmes, ce qui cliez plus d’un de ses cüiil reres a

tenu lieu de mérite littéraire.

19, — La réponse du sieur de Yaldalion au Mémoire du sieur Le Monnier, annoncée depuis longtemi)S, et retardee par divers obstacles, paraît enÜn, et réveille rattention du public sur cet amant infortuné, si célèl)re par ses niallieurs et par sa constance. L’orateur, après avoir retrace d’une kçon pathétique tous les maux qu’a soutferts le sieur de A aldabon, sur lequel son impitoyable persécuteur a fait lancer plusieurs décrets ; qu’il a obligé de hiir en pays étranger ; (ru’il a fait exiler pour vingt ans de sa patrie ; qu’il a déebire dans huit Mémoires, ditfamé dans cinq tribunaux, et presque ruiné, tant par les gros dommages-intérêts qu’il s’est lait adjuger, que par les frais énormes d’un procès qui dure depuis huit ans, discute ultérieurement les moyens du sieur Le Alonnier. Il prouve par les lois, que, quand meme le sieur deAhüdahon aurait séduit mademoiselle Le Alonnier, il pourrait l’épouser, parce qu’elle est libre et majeure , mais il prouve, en outre, par trois. jugements, qu’il ne la point séduite. Il réfute toutes les calomnies inventées sur saparenti' et sur sa personne ; et, après avoir égalementdétruit les objections tirées du danger pour les mœurs, pourl’honnéteté publique, pourralfaiblissement de l’autorité paternelle, que l’adversaire met en avant, il en conclut que l’opposition du sieur Le Monnier au mariage de sa tille avec son amant est aussi vaint' ([u’odieuse. Ce Mémoire, sorti de la plume éloquente du sieur LoyseaudeMauléon, est appuyé dhine GonsuUation, en date du 1 novembre, du sieur Pialez, un des avocats les plus accrédités en ces sortes de matières. On s’attend à recevoir incessamment la nouvelle de l’arrêt du Parlement de Metz, (|ue tout le public désire trouver favorable aux dœux amants, et que les jurisconsultes annoncent devoir être tel.

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