‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 114 sur 123 · On a parlé, il y a quelque temps % d’une macliine a · texte numérisé non relu

On a parlé, il y a quelque temps % d’une macliine a

feu pour le transport des voitures, et surtout de rartillerie, dontM. de Gribeauval, ofticier en cette partie, avait lait hure des expériences. On Fa porfeclionnée depuis, au point que, mardi dernier, la même machine a traîné dans l’Arsenal une

'i VoY. 2 3 oclobre iTOil.

MLMOIRLS secrets de racdaumont

rante^lmirri^ milliers, servant de socle à un canon de qua-

lieurîc ’ "T®,”® P*'®®’ ®‘ ^ Parcoura en une

les haute rÜT 1 ^ur

des de 1-ir, ' . r!-^^ escarpees, et surmonter tous les obsta-

•5-1 T terrains ou de leur affaissement.

J e président Ilénault, surintendant de la maison de

adame la Dauphine, membre de l’Académie française et de

contre r ^'ient ^e mourir ce soir, après voir lutté

vin.rt . P^'isieurs années, âgé de près de quatre-

.„v"’ monde connaît son Abrégé chronolo-

100^1' ^'^'ance, qui lui a fait tant de réputation,

our a tour, et dénigré outre mesure par M. de Voltaire

qui ne méritait ni tant de célébrité, ni une critique si /-I fort riche. Sa table était ouverte à tous les gens

e lettres, ses confrères, et surtout aux académiciens. Il n’é-

pas moins fameux jiar son cuisinier que par ses ouvrages, e premier passait pour le plus grand Apicius de Paris, et tout ^ mon e connaît la singulière épître du philosophe de Ferney a ce LucliUlis moderne, qui débute ainsi :

Hénault, fameux par vos soupers,

Ft par votre Cliroiiologie, etc.

Bécemdre. 2. — Depuis quelque temps on a inventé des a ons factices, qui imitent Tor vrai et sont à très-bon marché; es plaisants les ont appelés des galons d la chance Hère parce qubls sont faux et ne rougissent pas. C’est, en effet, une propriété de cette nouvelle découverte.

^ Ije sieui Piron, si fécond en saillies et en épigrammes ne tant pas sur le compte du sieur de La Harpe ; il en a fait micore trois à l’occasion de Suétone. Voici la première qu’on

i.i. Il J. b ,

Le voilà donc, ce petit virtuose,

1 oujours s aimant, sans avoir de rivaux,

Lcrivaillant, soit en vers, soit en prose,

Ft sousLacomhe alignant ses journaux!

Comme aux siftlets chaque jour il s’expose!

I our deux écus, aux badauds de Paris,

II vend en vain des Césars travestis ;

C est pour tomber qu’il joute avec la Pause.

DKCl^MBUE 1770

Ce grand auteur, si J'eu crois ses écrits, De ses héros lait mal hapotliéose : TiinoUon meurt le jour ([u'il est iié.

Pour Mélanie, ou Lriille à bouche close. Eu admirant ce drame fortuné ;

Et SuélO)ie, à ])érir condamné,

Va dans la tombe où Gustave repose.

(3^ — ÉPIGRAMME SUR LE RRUIT QUI A COURU QUE LE SIEUR !>IR()N ÉTAIT MORT EN MÊME TEMPS QUE MM. DE MONCRIF ET LE PRESIDENT

IIÉNAULT.

Pirou est mort! — Quel jour? — Hier. — Hier, chose impossible ! Je le quittai le soir eu parfaite sauté,

Leste, plein d'eujouemeut. d'esprit et de gaîté ;

Tout sou individu me parut impassible.

— Le fait ii’est que trop sur... Hélas! apparemment, élue le bon Alexis est mort subitement.

— Non. non, sou Cime existe et ivest point endormie ;

11 n'est ni mort ni de hAcadémie.

10, — Un plaisant a mis en épigramme le bon mot rapporté ci-dessus sur les galons modernes :

On fait certains galons de nouvelle matière,

Fort peu chers, mais fort bons pour babils de galas ;

On les nomme à la chaucelière.

— Pourquoi? — C’est qu’ils sont faux et ne rougissent pas.

Un autre plaisant a fait d’avance Fépitaplie de IM. le duc de La Yrillière. Elle roule sur ces trois noms dilférents de Phelypeaux, Saint-Florentin et La Yrillière:

Ci-gît, malgré son rang, un homme fort commun,

Avant porté trois noms et n’en laissant aucun.

11. — Il se répand un couplet de chanson, rpdon met sur différents airs. Le voici :

IjC bien-aimé de l’Almanach N’est pas le bien-aimé de France ;

Il fait tout ab hoc et ab hac,

Le bien-aimé de l’Almanach ;

Il met tout dans le même sac,

IH la justice et la finance :

lie bien-aimé de l’Almanach N'est pas le bien-aimé de France

/i.'id

SF.<:i>,KTS DF D\Cf[AUMONT

14. Outre les couplets dont on a parlé contre le vuVaire ( CS inmp les de 1 Opéra, on a fait des cantiques particuliers en 1 honneur des principales actrices. Mademoiselle Rosalie

a paru mériter spécialement Tattention du Santeuil du Théâtre

Lyrique. On recherche beaucoup cet à sa gloire très

méchant, très-ordurier, et qui par là fait fortune, mais il est tres-rare.

lo. — On a fait aussi, en ITionneur de mademoiselle Der-

\ieux, un Cayitiqice, non moins atroce que celui dont on a

parle contre mademoiselle Rosalie. On peut juger, par le stvle

de ces deux ouvrages, par leur tournure informe, qu’ils ne

sont point composés par un poète véritable, mais qu’ils sont

eclos dans les sociétés de ces demoiselles, dont les cory-

phees se sont évertués à qui injurierait le mieux la divinité adverse.

Page 1