‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 118 sur 123 · Un caustique a répandu le Pater suivant dédié au roi · texte numérisé non relu

Un caustique a répandu le Pater suivant dédié au roi

« Liotre père, qui êtes à Versailles, votre nom soit glorilié : votre régné est ébranlé: votre volonté n’est pas plus exécutée sur laterre que dans le ciel: rendez-nous notre pain quotidien, que vous nous av^ez ôté^: pardonnez à vos Parlements, qui ont soutenu vos intérêts, comme vous pardonnez à vos ministres qui les ont vendus : ne succombez plus aux tentations do la Du Barry, mais délivrez-nous du diable de chancelier. » Seguier, premier avocat général, en apportant au Parlement les deniieres lettres de jussioim, prononça le discours suivant :

C’est à regret que nous nous trouvons dans l’obligation d apporter de troisièmes lettres jiatentes du roi, en forme do jussion. Si la rigueur de notre ministère impose, en ce moment, silence à notre sensibilité, nous n’en faisons pas moins les vœux les plus ardents pour que la Cour p)uisse trouver, dans les ressources inépuisables de sa sagesse, les moyens les pius ellicaces j)Our détourner l’orage dont nous sommes me-

1 Lc2i décembre 1770, il avait été exilé à sa terre de ClianteloiM)

2 Les querelles entre les parlements et la cuur avaient pour orimne la nublicalion d un edii de 17Gi, permettant la libre exportation des blés. - I!

Le Parlement de Paris ayant arrête de suspendre son service ordinaire le roi lui enj()ij;nit, par lettres de jussion, de reinendre scs ('onctions ; elles reslerenl sans eilel, — It.

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nacés. iN^ous osons espérer qu’elle nous rendra justice, et sera convaincue que c’est avec la plus grande douleur que nous avons pris par ^ écrit les conclusions que nous laissons à la Cour. »

On cite ce discours comme remarquable par les tours oratoires que prend le magistrat pour ne pas se compromettre dans la position critique où il se trouve, soit vis-à-vis de la cour, soit vis-à-vis de Ja Compagnie.

On. assure que M. le chancelier, sentant la nécessité d’avoir dans son parti des plumes éloquentes, s’en est attaché plusieurs, et qu’il fait même solliciter de loin M. de Voltaire, dont il flatte la vanité.

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