ÉPiTAPlIE DE M. DE LA POUPLIMÈRE
Sous cti tombeau repose uii financier ;
11 fut de son état l’iionneur et la critique; Généreux, bienfaisant, mais toujours singulier. Il soulagea la misère publique.
Passant, priez pour lui, car il fut le premier.
3. — Il se répand un bon mot de cour, d’une espèce singulière ; il mérite d’être retenu. On l’attribue à M. de Souvré. Ce seigneur, à l’occasion de la Réforme, disait qu’on s’y était mal pris, qu’il fallait la commencerpar celled’un sacrement. « Quel est-il? — Le baptême. — Pourquoi? Quel rapport entre lui et ce dont il est question? — C’est que tout n’aurait pas été par compère ni par commère »
13. — Les gens qui plaisantent sur tout, ont fait à M. de La Pouplinière une épitaphe bien diflérente de celle qu’on a vue ci-dessus. On en jugera, la voici :
Pour être auteur, ci-gît qui paya bien : C’est la coutume.
L’ouvrage seul qui ne lui cofita rien.
C’est scii postliume.
LL — TJepuis quelque temps on parle l)eaucoui) d’mn' Ilot-
landaise jeune et jolie, nommée madame Pater. C’est la femme d’un riche négociant ; elle fait l’entretien des cercles et le sujet des épigrammes ou madrigaux. Voici ce qu’on a fait de moins mauvais ; on ne le rapporte que pour faire époque :
Pater est dans notre cité ;
Spiritus je voudrais bien être ;
Et, pour former la Trinité,
Filins on en verrait naître.
Les seigneurs vont en procession chez elle pour la voir. Son mari, excédé de ces visites, dit un jour à des courtisans, en les reconduisant : «Je suis très-sensible, messieurs, à l’honneur que vous me faites de venir ici, mais je ne crois pas que vous vous y amusiez beaucoup : je suis toute la journée avec madame Pater, et la nuit je couche avec elle. »
15. — La réception de l’abbé deVoisenon est renvoyée à samedi : il se tue de dire à tout le monde que son discours est plat ; il serait fâché qu’on le crût.
IG. — Il court dans le monde une épigramme sur Fréron, qu’on dit être de M. de Voltaire ; elle est tapée, mais mal digérée : on en j ugera.
Un Jour, loin du sacré vallon, Un serpent mordit Jean Fréron.
Savez-vous ce qn’il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.
Cette épigramme, originairement en grec, ensuite traduite en latin, enfin mise en français, se trouve dans le Dictionnaire de La Martinière
18. — Il se trouve dans quelques maisons un petit almanach intitulé : Etrennes aux Paillards. Il contient vingt-six couplets sur vingt-six danseuses de l’Opéra et leurs entreteneurs, fort méchants et fort bien faits dans leur espèce. Mademoiselle Lany ouvre le bal. Cet almanach est arrivé de
1 Voici la version de Bruzen de la Martinière :
Un gros serpent mordit Aarè’.e Savez-Yous ce qieil arriva?
— Qu’Aurèle en inonrut. — Bagatelle Ce fut le serpent qui creva.
Uépigramme grecque est de Démodocus ; Grotius l’a traluite en latin. lE
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