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des commandements du duc de Gliarlrcs, et censeur royal. Il possédait le manuscrit du Journal de Bacliaumoiit, ou du moins la dernière partie du manuscrit, depuis le janvier 1762 jusqu'à la mort de l'auteur en 1771, et il avait eu l'idée de reprendre ce Journal et de le continuer sur le même plan.
Pidansat de MairoLert et Bachaumont étaient l'un et l'autre lidèlement attachés à la secte des Philosophes, des Encyclopédistes et des Patriotes,
La préface, que Pidansat de Mairobert a mise en tête de la première édition des Mémoires secrets, explique le but de ces Aiémoires et en précise le véritable caractère avec beaucoup de justesse. Cet Avertissement des éditeurs mérite d'être conservé, et nous le citerons ici presque en entier; car on n'a jamais mieux jugé l'ouvrage de Bachaumont.
(( L'invasion de la philosophie dans la République des lettres, en France, est une époque mémorable par la révolution qu'elle a opérée dans les esprits. Tout le monde en connaît aujourd'hui les suites et les effets. L'auteur des Lettres persanes et celui des Lettres pjJiilosopjhiqnes en avaient jeté le germe; mais trois sortes d'écrivains ont surtout contribué à le développer. D'abord, les Eîicyclopédistes, en perfectionnant la métaphysique, en y portant la clarté, moyen le plus propre à dissiper les ténèbres dont la Théologie l'avait enveloppée, ont détruit le Fana-
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tisme et la Superstition. A ceux-ci ont succédé les Ecoïiomistes : s'occupant essentiellement de la morale et de la politique pratique, ils ont cherché à rendre les peuples plus heureux, en resserrant les liens de la société par une communication de services et d'échanges mieux entendue, en appliquant riiomme à l'étude de la Nature, mère des vraies jouissances. Enfin, des temps de troubles et d'oppression ont enfanté les Patriotes, qui, remontant à la source des lois et de la constitution des gouvernements, ont démontré les obligations réciproques des sujets et des souverains, ont approfondi l'histoire et ses monuments, et ont fixé les grands principes de l'administration. Cette foule de philosophes qui se sont placés comme à la tête des diverses parties de la littérature a principalement paru après la destruction des Jésuites : véritable point où la Révolution a éclaté.
« Il était sans doute bien essentiel d'en marquer les progrès, d'en saisir les circonstances, d'en recueillir les détails les plus particuliers. C'était l'objet de l'Observateur dont nous publions le Journal, Il accumulait ainsi les matériaux propres à l'histoire complète d'un pareil événement. On sait combien M. de Bachaumont* était renommé pour ses connaissances multipliées et pour son goût exquis. Il présidait aux conférences académiques tenues chez
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une femme d’esprit *, faisait dej)uis ])lus de quu rante ans son unique occupation de tout ce qui se passait dans Paris de capable d’exciter l’attention. On y rédigeait un .lournal, d’où il avait extrait les détails convenables à son entreprise. Mais, indépendamment de cette utilité particulière, il faut avouer que rien n’est plus commode, ni plus agréable, (jue de retrouver sous un même point de vue ce qu’il faudrait cliercber dans une multitude fatigante et souvent ennuyeuse d’ouvrages périodiques. D’ailleurs, outre le travail commun avec tous, le rédacteur en avait un autre, plus rare et plus précieux : c est un choix d anecdotes qu’on ne rencontre nulle part et qui font le mérite intéressant de sa collection; sans parler d’une multitude de pièces secrètes,
que ses liaisons très -étendues le mettaient à même de se procurer.
« Quant aux notices des écrits nouveaux, des pièces de théâtre, des assemblées littéraires, elles sont encore distinguées par une précision unique, et surtout par une impartialité qu’on attendrait en vain d’un critique affiché pour tel. Celui-ci ne visait ni au lucre, ni à la renommée; ne parlait que d’apres son sentiment intime; il n’était d’aucun parti.
Madame iJuublel, Lreti-cüiiiiuu en h'r
aiice et eiiez les Étraiie-erti.
de rédileiii' des Mêiuoircs seci els.)
d'aucune cabale^ et rien ne pouvait rempeclier de consigner son jugement dans toute son intégrité.
ridansat de Mairobert ne publia pourtant qu'un extrait du manuscrit de Bacliaumont, manuscrit qui fournit plus tard les matériaux de plusieurs suppléments insérés successivement dans les volumes postérieurs au treizième^ le dernier que Mairobert ait fait paraître avec la continuation du Journal jusqu à la lin du mois de mars de l'année 1779. Ce fut le avril de cette année-là qu'il se suicida dansuii Ijain^ en s’ouvrant les veines avec un rasoir et en se tirant un coup de pistolet au cœur. Cette mort tragiquO; qui fit grand bruit dans la société aristocratique de Paris, eut pour cause un profond dégoût de la vie plutôt qu'un desastre de fortune.
Après lui, Moufle dbPngerville se chargea de la suite des Mémoires secrets, qui s'augmentèrent chaque année de deux volumes consacrés à 1 histoire de l’année précédente et contenant, en outre, des additions plus ou moins étendues pour toutes les autres années depuis 1762. Ces additions étaient empruntées, en général, aux manuscrits de Bachaumont et de Pidansat de Mairobert, lesquels étaient
alors dans les mains du nouvel éditeur. Nous ne savons pas quel a été le sort du manuscrit de Bachaumont; quant aimnanuscrit de Pidansat de Mairobert, qui forme plusieurs volumes in-l*' et dont la moiiié
vu
reste eDeorc inédite, il est aiijonrd hui a la bibliothèque Mazariiie. Nous es})érons qu on le ])nhliera
intégralement.
LhVYcrtisseinent du lil)raire, place an commence ment du quinzième volume des Mcnioh^cs secrets^ ne laissepas de doutes sur horiginc des suppléments, qui sont ajoutés dans la plupart des volumes suivants : c( Lorsque cet ouvrage parut pour la première fois, dit le libraire, la crainte qu il ne fût trop volumineux m’avait fait supprimer beaucoup d articles, croyant qu’ils ne causeraient point un vide et que le surplus n’en paraîtrait que mieux i empli, mais plusieurs de mes lecteurs se sont aperçus de cette soustraction et s’en sont plaints. Ils ont trouvé que le principal mérite caractéristique de cette collection, consistant dans une chronique exacte et non interrompue, il en résultait un défaut qu ils m’ont invité à corriger; ce que je ne crois pouvoir mieux exécuter qu’en rétablissant les nolices retranchées : leur transposition, an moyen de la méthode des auteurs de dater tous les faits, n’est que desagréable au coup d’œil, et j’ai cru plus honnête de compléter ainsi l’ancienne édition, en épargnant au public les frais de l’acquisition d’une nouvelle.
cc Ce qui m’a rendu plus scrupuleux dans le rétablissement, c’est l’observation aussi que tel article nul, ce semble, soit par sa l)rièveté, soit par son an-