‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 24 sur 123 · AI · texte numérisé non relu

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ment dessinées et bien étollees. Il y a aussi des loges grillées pour les femmes qui ne veulent pas être vues.

On a donné la smyrise de VAviouy^ de Marivaux, en trois actes; et la Courtisane amoureuse, de M. Colardeau.

^Dans la première pièce, madame de La Mare, la cadette des deux sœurs, faisait le rôle de la marquise; l’autre, celui de soubrette; M. le baron de Yanswiéten, celui du chevalier;

M. Colardeau re])résentait le comte ; et M. d’Kpinay, Ilorten-

sius; le valet était le président de Salaberrj. Le tout a été passablement joué en général; mais les deux sœurs ont excellé, surtout la comtesse : elles seraient applaudies sur la scène

française.

La musique de la seconde pièce est de M. Dupin de Francueil. La comédie est froide, et Laideur n’a pas tiré tout le parti possible du sujet. La courtisane, trop langoureuse, fait des avances peu décentes sur le théâtre, quoiqu’elles soient naturelles dans le conte. Il y a des détails agréables. La pièce est écrite élégamment et avec facilité. On y reconnaît une plume chaste, qui ne se permet pas la plus légère plaisanterie, quelque susceptibles qu’en fussent le sujet et le lieu. La musique est bonne, bien nourrie. On reproche à l’auteur des longueurs et beaucoup de réminiscences. L’aînée Verrière

taisait le rôle de la courtisane; sa sœur, la soubrette; mademoiselle Villette, une marchande de modes; Le Jeune, Lamoureux , et La Ruette, le valet. Ce spectacle fort amusant était soutenu d’un orchestre bon et nombreux : en un mot, rien n’y manqua ; il y avait fort bonne compagnie.

impératrice des Russies veut absolument puiser dans nus philosophes un instituteur du prince son lils. Au refus de M. d’Alembert, on prétend que son choix doit tomber sur M. Marmontel, ou sur M Saurin : ces deux personnages ne seront vraisemblablement pas aussi difficiles nue ]\f d’Alembert. ^

13, — Milord Maréchal, gouverneur de Neufchâtel, qui avait accueilli si généreusement Rousseau sous la protection du roi de Prusse, étant rentré en griice et dans ses bi(*ns par l’intervention de ce monarque, part incessamment pour l’Lcosse : le moderne Diogène Ly accompagne.

IG. — M. Golardeau essaie de traduire le Tasse, sans entendre l’original. Ses amis lui ont conseillé de laisser son ouvrage, et de ne point concourir avec M. de Watelet, qui a entrepris la même tâclie. En conséquence, le jeune auteur est allé chez l’Académicien lui faire hommage de sa modestie, et lui déclarer qu’il ne voulait point aller sur ses brisées. M. Watelet n’a point voulu qu’il s’arrêtât pour lui : au contraire, il l’a exhorté à poursuivre son dessein, à lui lire même ce qu’il avait fait de son ouvrage. M. Golardeau y a consenti, le millionnaire a trouvé que ce n’était point l’original, a paru redouter peu cette concurrence; il a pressé, en conséquence, M. Golardeau de continuer : « G’est au public, a-t-il dit, à nous juger, à décider qui l’emportera. » Belle et louable émulation !

19. — L’Opéra est à la veille de perdre une danseuse vive, gaie et réjouissante : c’est mademoiselle Allard. Un malheureux accident survenu chez elle au duc de Màzarin, la met dans le cas de quitter Paris et de demander sa retraite. Ge seigneur, passionnément amoureux d’elle, l’entretenait depuis fort longtemps. On a prétendu que cette actrice était peu üdèle, suivant l’usage; qu’un rival s’était trouvé chez elle, et que le malheureux duc a essuyé un traitement peu digne d’un homme de qualité. Il a la tête cassée ; voilà le certain; du reste, des propos sans fin, des lamentations, des jérémiades de la part de l’héroïne, des invectives, des horreurs de la part de ses camarades femelles, et une fermentation générale dans le public.

Juin. — 2. — On débite un bon mot de mademoiselle Arnould, très-fln et très-joli, mais dont nous doutons qu’elle ait les gants. Ges jours derniers, mademoiselle Ves tris. Italienne de naissance, et dont les goûts divers sont très-connus, se récriait sur la nouvelle fécondité de mademoiselle Pxey; elle ne concevait pas comment cette fille s’y laissait prendre si facilement : <x Tous en parlez bien à votre aise, répondit factrice enjouée; une souris qui n’a qu’un trou est bientôt prise. »

G. — On a trouvé, ces jours-ci, un placard atïreux à la nouvelle statue de Louis XAq elle portait cette inscription latine :

JUIX 17(;3

Statua Statuœ. On a arrôté du monde et sévi contre quel(iues gens qu’on soupçonnait \

10. — LETTRE DE M. DALISSOT A MESSIEURS LES COMÉDIENS l'RANÇAIS

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