‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 23 sur 123 · AM\1L · texte numérisé non relu

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vrai, c'est la Aille qui doit en répondre, et j'éparer tout le mal qui en a résulté.

7. — AI. Rousseau de Genève travaille actuellement à un Alémoire pour la lille du premier président de la Cliaml)redes comptes de Dole, (jui, à la veille d’étre forcée à un mariage qui lui répugnait, a introduit secrètement daiis sa chambre son amant, et a rendu ses père et mère témoins, malgré eux, de son mariage physique. Ce lait extraordinaire fournit Ijeaucoup a l’éloquence libre et mâle de l’orateur. Le magistrat poursuit criminellement le jeune homme, ofhcier, comme séducteur, ravisseur, voleur même, car il avait de fausses clefs.

11. — Renommée littéraire olfusquant les divers libellistes qui courent la même carrière, ces petits auteurs se sont remués et ont engagé le Journal des Savants à faire arrêter cet enfant hatard. Il tant savoir que tous les autres doivent un tribut de cent écus à ce père des journaux. AlAI. Le Brun n’avaient point payé ; en conséquence, on a fait saisie et arrêt entre les mains des imprimeurs.

vante le procédé honnête des Comédiens français a 1 occasion de 1 incendie de l’Opéra : ils ont dé23uté aux directeurs pour olfrir leur théâtre trois fois la semaine gratis. Il n en a jDas été de meme des Italiens, et l’on est fort surpris

dans le monde de l’indulgence du roi à leur égard dans cette circonstance.

^ 16. ■— L’Opéra n’ayant pu s’arranger avec la Comédie Italienne, qui demandait des dédommagements considérables, il a été décidé qu’en attendant que la salle projetée fut bâtie,’ il jouerait dans celle des ruileries, appelée la Salle des Alachines. En conséquence, on va travailler à en diminuer l’étendue, qui était un des principaux obstacles à la voix. On ne prendra uniquement que le théâtre, plus long que toute la salle incendiée. On croit que ces travaux dureront environ trois mois

pendant lesquels on sera privé d’Opéra. Le roi fera cette déjiense.

, ?" ® aujourd’hui la première représentation

du Bienfatt rendu, ou le Négociant, comédie en vers et en cinq actes, par M. Dampierre. C’est une satire amère et lourde de la noblesse et surtout des grands seigneurs.

^lEMOlUES SEGUETS DE BAGHAUMOiNT

2G. — Les demoiselles Verrière, les Aspesiesdu siècle, se distinguent par des spectacles agréables qu’elles donnent chez elles; elles y jouent avec le plus grand succès; elles ont deux théâtres fort ornés et très-fameux pour des particuliers, à la ville et à la campagne. M. Golardeau, jeune poète, a consacré ses talents en l’honneur de ces deux divinités. On y joue entre autres nouveautés de cet auteur la Courtisane amoureuse^ drame en deux actes en vers, mêlé d’ariettes, qu’il a fait en faveur de l’aînée, vivement éprise de cet auteur.

Mai. — 3. — Mademoiselle de Maisonneuve, petite fille de la femme de chambre de mademoiselle Gaussin^ celle dont on a parlé % et dont l’abbé de Yoisenon a décelé les talents, vient de débuter : elle est très-jeune, fort bien de figure; elle a de la naïveté, de l’intelligence, et promet beaucoup; elle a été trèsbien accueillie aujourd’hui; elle a joué dans la Gouvernante et dans Zénéide. Dans la première pièce, comme elle est tête à tête avec son amant, on vient l’avertir de se retirer : en fuyant; elle est tombée dans la coulisse, et a laissé voir son derrière. Madame Bellecour, dite Gogo^ soubrette, est venue très-modestement lui remettre ses jupes. Le tout s’est passé au contentement du public, qui a fort fêté le cul de l’actrice et la modeste Gogo. La jeune personne n’a point été déconcertée, elle est rentrée peu après sur le théâtre. On lui débita plusieurs vers de suite, susceptibles d’allusion à ce qui venait de se passer; le public l’a saisie volontiers : cela a fait sensation, ce qui forme anecdote

(3. — Nous avons assisté aujourd’hui à la comédie chez mesdemoiselles Verrière, dans leur salle de Paris : elle est très- • jolie, grande pour une salle particulière, d’une belle hauteur, et fort ornée. On y compte sept loges en baldaquin, galam-

1 Voy. 22 mars 1763. — Mademoiselle de Maisonneuve débuta sous le nom de Doligny, qu’elle a illustré. — K.

2 Voici les premiers vers de la scène dont il s’agit : ils durent effectivement prêter beaucoup à de malignes allusions.

juLiF.TiE. — Allons, U faut un peu faire tète à l’orage.

ANGÉLIQUE. — Tant de confusion a glacé mon courage.

■ — L’an.our est cependant lait pour en inspirer.

— Je ne puis que rougir, me taire ou soupirer.

— Reprenez vos cs]irils ! — Non, quoi que je me dise,

.le ne puis revenir d’avoir été surprise...

— l’OLir un petit mallieur faut-il se dérouler?

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