OCTOBRE 17(Î
Aussi vite que leur amour!
Leurs cœurs rossoml)lcnt à leurs Irt.os ;
Garde-toi de ces séducteurs :
Ils t’écriraient sur leurs taldcttos,
Plt puis iraient tromper ailleurs.
Je sais, si tu voulais m’cn croire,
Celui qu’il te faudrait choisir :
Il est amoureux de la gloire.
Très -indulgent pour le plaisir ;
Il fuit le faste et l’étalage :
En un mot, cet amant, c’est moi...
Tu t’offenses de mon hommage?
Il est indiscret, je le vois.
Un Mentor déplaît à ton âge.
Flore n’aime que le printemps,
Lucinde ! tu n’as pas vingt ans.
Et J’ai le malheur d’ctre sage.
19. — M. Thomas, secrétaire de M. le duc dePraslin, connu par ses triomphes académiques, et surtout par son Eloge de Sidly, vient d’être nommé secrétaire interprète des Gantons Suisses, pour le roi. Il doit cette grâce à M. de Praslin, qui a cherché à l’attacher au Gouvernement, pour lever l’obstacle qu’on opposait, et mettre cet homme de lettres en état d’être adopté pour membre de l’Académie, si l’occasion s’en présente.
L’Académie ne reçoit point dans son sein des gens qui ont un service particulier auprès des grands, à moins que ce ne soit chez les 2:)rinces.
29- — VERS LORRAINS AU ROI STANISLAS, A l’OCCASION DU TRONE DE POLOCiNE, VACANT PAR LA MORT DU ROI ÉLECTEUR DE SAXE, PAR l’abbé PORQUET.
Peuple ami de la liberté.
Qui dans un roi ne chérissez qu’un sage,
V enez à Stanislas rendre un troisième hommage,
C’est le rendre à l’humanilé.
hlais vous, ô Stanislas! vous des rois le modèle, zi votre propre loi seriez-vous infidèle ?
Vous régnez sur nos cœurs : que voulez-vous de plus?
'est que l’empire des vertus.
22. — M. de Voltaire ne laisse passer aucune occasion de draper M. de Pompignan : il publie un quatrain à l’occasion des traductions de Jérémie, que vient de donner au public ce magistrat poète :
Savez- vous pourquoi Jérémie A tant pleuré durant sa vie ?
C’est qu’alors il prophétisait Que Pompignan le traduirait.
28. — M. Hume, ce pliilosoplie anglais si connu dans la république des lettres, vient d’arriver à Paris : il est secrétaire intime du lord Herford, ambassadeur d’Angleterre en France,
29. — Mademoiselle Bihéron nous donne un spectacle des plus curieux et des plus intéressants. Cette fille, aussi active qu’industrieuse, s’est, depuis plusieurs années, appliquée à l’anatomie d’une façon si intelligente, qu’elle en exécute des modèles dans la plus grande perfection. Elle emploie toutes sortes de matières, à mesure qu’elle les trouve plus propres à faire illusion, et à rendre dans toute leur vérité les diverses parties qu’elle veut figurer. De tels ouvrage pourraient être fort utiles pour plusieurs opérations, et cette habile ouvrière devrait être encouragée par le Gouvernement.
Novembre. — 8. — Nous allons consigner ici trois anecdotes concernant M. le chevalier de La Morlière. Elles peuvent fournir des traits fort piquants pour le dramatique. D’ailleurs, cet ouvrage étant des espèces de Mémoires pour servir à l’histoire des gens de lettres, la vérité nous oblige de tout dire à charge et à décharge.
M. de La Morlière est un excellent comédien. Il y a quelques années qu’étant retourné à Rouen^ oii il avait un tailleur pour créancier, celui-ci le rencontre, l’aborde, et lui demande sa dette. Le chevalier le regarde avec indignation, lui barogouine de l’allemand, au point d’en imposer à cet homme,, qui lui demande pardon et s’en va.
Le chevalier continue son rôle, de baron allemand, s’introduit chez un conseiller du parlement, séduit sa hile et lui fait
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