Il court un noël très-piquant sur différents person
nages de la cour.
Sur l’air : Tous les bourgeois de Chavires.
De Jésus la naissance Fit grand bruit à la cour ;
Louis en diligence Fut trouver Pompadour :
« Allons voir cet enfant, lui dit-il, ma mignonne.
— Eh ! non, dit la marquise au roi,
Qu’on l’apporte tantôt choz moi :
Je ne vais voir personne. »
Cependant la nouvelle Gagnant de tout cote,
Le fils de la Pucelle De tous fut visité.
D’arriver les premiers, un chacun se dépêche.
Le roi, la reine et leurs enfants.
S’en vont tous, chargés de présents,
L’adorer dans la crèche.
Les chanceliers de France,
Car il s’en trouva deux
1 Lamoignon cl Maurcoii. Le premier était exilé.
.I)l-:CEMnRE 17 03
Pour droit do présdanco Eurent dispute entre eux :
« C’est à moi, dit Maupeou, qu’est la chancellerie : Qui pourrait me la disputer ?
On sait que j’ai, pour l’acheter,
Vendu ma compagnie. »
Doué d’ un esprit rare,
Mais mordant comme un chien,
Près des gens à simarre On aperçut d’Ayen :
Pourquoi donc, Messeigneurs, dit-il, entrer en lice ? Grâce au conseil sage et prudent'
Entre vous deux tout incident Est sauvé par un mce C »
Rempli de son mérite,
Rentrant le nez au vent,
Choiseul parut ensuite.
Et, d’un ton turbulent.
Dis sans aucun égard : « Changeons cette cabane ! Je veux culbuter tout ici ;
Je réforme le bœuf aussi Et je conserve l’âne
^ Voy. Il novembre 1763.
En sa simple manière Joseph dit à Praslin :
<■< Défendez ma chaumière Contre votre cousin.
Au moins, de son projet que l’effet se retarde; Songez que je suis étranger.
Et que, devant me protéger,
La chose vous regarde? »
Praslin dit « Toute affaire Est de l’hébreu pour moi Ils m'ont au ministère IVIis sans savoir pourquoi.
Ainsi je n’y fais rien que porter la parole Le duc et sa sœur règlent ;
Mais d’elle vous viendrez à bout Avec quelque pislole. »
Ne se sentant pas d’aise, Rertin dit en enirant :
« Qu’on me donne une chaise.
IM n''4i
MlblOlRES SECRETS DE RACflAUMONT
Je veux bercer l’enfant.
Je suis ministre en pied, mais je n'ai rien à faire ;
Et pour occuper mon loisir,
Seigneur, je compte vous offrir Mon petit ministère. »
N’ayant de confiance Qu’au poupon nouveau-né,
De L’Avcrdy s’avance D’un air tout consterné,
Disant : « Puisque d’un met vous levez tout obstacle, Jésus, je me livre à vos soins :
Pour subvenir à nos besoins 11 me faut un miracle. »
Courtisan sans bassesse,
CUtoyen vertueux,
D’Estrée fendit la presse.
Et dit au roi des deux :
« \’eillez sur ma patrie^, elle m’est toujours clièie . Au Conseil, sans ménager rien.
Tous mes avis tendent au bien,
Alais on ne les suit guère. >>
Nivernois prit sa place.
Apportant deux bouquets De lauriers du Parnasse,
D’olives de la Paix ;
Puis, d’un air gracieux, à Jésus il les donne L’Enfant dit : « Je reçois ce don,
Mais c’est pour orner votre front D’une double couronne. »
Dans un coin de l’étable,
Entendant du débat,
Quelque homme charitable Vint mettre le holà.
C était le Beaufremont, venu de sa province, Pressant un page a Melchior Qui refusait cent louis d’or "De cet aimable prince.
En coudoyant la foule.
Le marquis de Puysieux xV grand’peiiie se coule Auprès du Fils de Dieu ;
i U a de§ trois mages.
DKGE^IIUJE 1703
Pour regarder rEnfant : a^^ant mis ses liiucltos « Enljii, dit-il, je vois le cas:
Pourtant la nouvelle n’est pas j\Iise dans ma Gazette. »
Uiclielieu, plein de grâce,
Apportait au poupon,
Des vers dignes d’Horace Et du miel de IMalion.
Enchanté de le voir, à l’entendre, on s’arrête : Mais voyant Marie, à l’instant Il laisse là sou compliment,
Pour lui conter lleurette.
Lu geac, pour toute antienne Dit d’un tjii imprudent ;
<< Faut à la prussienne Elever cet enfant;
Il aura, comme moi^ le cœur impitoyable. » Joseph dit, en houchant son nez ;
« Monseigneur, quand vous parlez.
Vous infectez l’étahle.
Écumant de colère,
Lugeac vit en sortant L’amour du militaire,
Monteynard et Brehaii;
Avec eux Talaru se tenait à l’entrée :
« Approchez-vous, leur dit Jésus,
A ous serez toujours bienvenus.
Ici comme à l’armée. »
Un certain Surlaville,
Espèce de commis.
Se trouvant à la üle.
D’un air bas et soumis.
Dit : « Jésus, vous voilà dans un pauvre é([uipan’e Mais je suis né plus indigent.
J’ai fuit fortune sans talent :
Jésus, prenez courage. »
Un homme d’importance.
C’était monsieur Dubois,
Fort bouffi d’arrogance.
Dit, en haussant la voix :
« De ma visite ici, Seigneur, tenez-moi compte ; Car, à ma porte, plus d’un grand Abeiit se morlondre en attendant.
Sans en rougir de honte. »
SECRETS
RACÎIAUMONT
Du fond de la masure,
On voit dans le lointain Une courte figure,
C’était Saint-Florentin :
« Il me fait, dit Joseph, une peur effroyable; Dans ses mains je vois un paquet ;
C’est une lettre de cachet Pour sortir de l’étahle. »
Sur son abord sinistre,
On ne se trompait pas :
« Je viens, dit le ministre,
Pour un très-fâcheux cas ;
La Cour vous a donné l’Égypte pour retraite Au roi cet exil a déplu ;
Alais la marquise l’a voulu...
Sa volonté soit faite ! »
Janvier. — 4. — On a fait deux nouveaux couplets a joindre aux autres ' : ils sont sur un air différent, sur celui : Or, dites-nous, Marie.
DumesniC de Grenoble,
Arrive avec hauteur ;
Quoi qu'il ne soit pas noble Il fait le grand seigneur.
La Vierge le regarde,
Et Joseph dit tout bas :
« Dites-lui qu’il nous carde Un petit matelas. »
Fitz-James vient ensuite.
Et dit : » De par le roi.
Que l’Enfant et sa suite Restent chacun chez soi.
Si c’est une sottise.
Le roi s’en chargera,
1 Voy. 31 décembre 1763.
Et pour qu’on Pautorise,
Mon Corps ^ s’usseinlOera.
G. — L’auteur do V Anti- financier a été arreté avant-liicr; il se nomme Darigrand. L’im])rimeur, nommé T.am])ert, a été aussi mis à la Bastille. On prétend que le premier n’est qu’un prête-nom.
9. — Théâtre et Œuvres diverses de M. de Sivry. On est d’abord étonné de voir le nom d’un auteur qu’on ne croit pas connaître, à la tête de plusieurs ouvrages dont on a quelque réminiscence : point du tout, c’est M. Poinsinet qui, reniant ce nom comme de mauvais augure, se contente de celui de Sivry. Il ne veut point être confondu avec son cousin Il n’a pas peu contribué lui-même à jeter un grand ridicule sur son nom, qui s’étendra jusque sur celui de Sivry.