VETIS A M. DE l’aVEUDY, CONTROLEUR GÉNÉRAL
C’est en vain que la modestie Vous fait dédaigner la grandeur ;
Désormais vous serez, en dépit de l’envie,
Des grâces, des bienfaits, l’heureux dispensateur.
En vain vous faites résistance;
Le prince a fait un juste choix :
Peut-il mieux placer la finance Que sous les auspices des lois ^ ?
On verra, dans ce choix, dont je vous félicite,
Et dans votre refus justement combattu,
La récompense du mérite Et l’éloge de la vertu.
16. — On ne peut passer sous silence le bon mot de M. de Boyan, fils de M. le duc d’Olonne : il paraît constaté. M. de Boyan sortant de dîner à Toulouse, chez M. de Bonrepos, procureur général, rencontre le fils de M. le duc de Fitz-James. Celui-ci lui demande d’où il vient. « Je viens, répondit-il, de dîner en très-bonne compagnie, avec beaucoup de gens du parlement. — Ils ont été longtemps en mue : sont-ils bien en-
1 Les ducs et pairs ont été convoqués, le 30 décembre 17G1, sur un décret rendu par le parlement de Toulouse conlre M. le duc de l itz James. — R.
^ Poinsinet le Mystifié.
^ M. de I/Averdy était conseiller au parlement de Paris. — R.
graisses? demande le jeune homme. — Je ne les ai point Lroiivés trop gras, répond M. de Royan, mais ils m’ont paru bien grands. » On prétend que la suite de cette vive et ingénieuse riposte a dégénéré en combat singulier entre ces deux seigneurs, et que M. de Fitz-James a été blessé.
18. — La littérature a perdu un poëte qui s’était distingué par sa méchanceté et par quelques ouvrages lyriques d’un genre supérieur.
Chacun s’écrie : « Eh! c’est le poëte Roy » b
Accablé d’infirmité, il s’était retiré dans la solitude depuis quelques années : il y vivait dans une profonde obscurité où il est mort.
24. — L’Opéra s’est ouvert aujourd’hui par Castor et Pollux> avec l’affluence qu’on présume. La garde était plus que triplée. La représentation a été des plus tumultueuses, et les brouhaha ont duré sans discontinuation pendant le premier acte et une partie du second. Nous parlerons du poeme une autre fois. On a trouvé différents défauts à la salle ^ le parterre est trop élevé pour le théâtre ; 2° les premières loges avancent de beaucoup et ne sont point assez cintrées; les secondes loges sont écrasées par celles-là, auxquelles on paraît avoir tout sacrifié ; 4° le paradis est si reculé et si exhaussé, qu’on y est dans un autre monde et qu’on n’y entend rien. En général, on se récie fort contre l’architecte, M. Soufdot. On est étonné qu’un homme connu par des talents aussi supérieurs ait fait des fautes aussi énormes. On le défend, en disant qu’il a été forcé de tout sacrifier à certaines loges de protection, qui font un effet des plus désagréables, et rendent le public fort mécontent du peu d’égards qu’on a eu pour lui.
26. — Aujourd’hui, second jour de l’Opéra, il y avait trèspeu de monde. Il est certain que le délabrement où il est, par rapport aux sujets, écarte une infinité de gens. Le sieur Pillot fait Castor, et le fait horriblement mal. Mademoiselle Ar-
Ce vers termine IVpigramme de Voltaire contre Roy, commençant par celui-ci :
Conn..issc7,-vou5 certain riaieur obscur? I».
2 Cctle salle provisoire était située aux Tuileiies. — R.
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iiould joue supérieuremeiU le rôle de raiiuuile; racLrice s’y développe dans le plus grand jeu, et dans la vérité la plus parfaite des situations. Gelin est médiocre, mademoiselle Chevalier braille à l’ordinaire. Les ariettes que chante mademoiselle Le Mière sont très-plaies, quant aux paroles, et quant à la musique meme. Du reste, elle a beaucoup perdu dans sa voix. On admire le dernier ballet, qui vraiment est de génie. C’est le système de Copernic mis en action; il est très-bien exécuté ; reste à savoir pourquoi le système de Copernic dans cet opéra? Yestris est absent. Heureusement mademoiselle Lany a reparu. Le premier jour l’Opéra avait lait 5,240 livres; il ne fait aujourd’hui que cent louis.
— Ou ne tarit point en couplets. En voici un sur le cardinal de Bernis, sur l’air ; Ou s en vont les gais bergers ?
Assise en un canapé,
La souveraine Flore Au monarcpie inoccupé Disait : « Roi que j’adore, bouviens— toi du cardinal-abbé ; Le verrons-nous encore? »
\ oici donc venir Tabbé, Au lever de l’aurore :
Depuis il s’est échappé.
La raison? Je l’ignore.
Où est-il, le cardinal-abbé?
Le verrons-nous encore ?
, .V de quelques pièces
le théâtre, s étant remarié ces jours-ci, a cto chaiisonné à son
-our. On lui impute un vice qui fait la base de Fépigrammo ;
Un enfant de Florence,
Le marquis Du Terrail, dont bouffi d’arrogance, be présente au bercail.
Comme on vitqu’il tremblait, Jésus lui dit : « Bonhomme Plutôt que de vous marier, ’
Vous feriez beaucoup mieux d’aller Vous chauffer à bodome. »
Février,
— 4. — M. Thomas, qui avait
ùté si accueilli par
MÉ.llOIÜES SECRETS DE RACIIAUMÜM
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M. le duc de Praslin, vient d’essuyer la disgrâce inévitable de tous ceux qui veulent être honnêtes à la cour, cette région de perfidies et d’horreurs. On lui a su très-mauvais gré de n’avoir point postulé la place vacante à l’Académie et qu’a obtenue M. Marmontel. Malgré toutes les insinuations, les instances, les ordres qu’il a reçus là-dessus, malgré la certitude d'être promu, il s’est constamment refusé de supplanter son ami et son maître en littérature. En conséquence, M. le duc de Praslin vient de lui ôter la place de secrétaire intime.