‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 48 sur 123 · M. Tabbé de La Cdiapelle, de l’Académie royale des · texte numérisé non relu

M. Tabbé de La Cdiapelle, de l’Académie royale des

sciences, ayant lu, il y a quelque temps, un sur une

sorte de corset ou pour point propre à se soutenir dans Veau^ l’Académie avait nommé des commissaires pour faire l’examen de ce corset, et le jour ayant été pris ensuite pour le mettre à l’épreuve. M. l’abbé de La Chapelle a fait lui -même l’expérience dans la rivière de Seine, vis-à-vis Bercy. Il avait la tête et les bras hors de l’eau et parfaitement libres, au point de pouvoir boire, manger, prendre du tabac, tirer un coup de pistolet, de fusil, etc.

25. — Aujourd’hui s’est tenue l’assemblée publique de l’Académie française pour la distribution du prix partagé en deux, comme on l’a annoncé

Il faisait fort chaud à cette assemblée; les portes restaient ouvertes. Monsieur Duclos veut les faire fermer, et s’écrie avec sa pétulance ordinaire : «Que diable! ousont^donc ces Suisses? — Monsieur Duclos, lui répond une voix du milieu de la foule, où avez-vous pris cette phrase? Est-ce dans le Dictionnaire de V Académie? r) Le secrétaire perpétuel, rentré en lui-même par cette apostrophe, s’est tu et a senti l’indécence de son propos en pareille compagnie.

30. — On ne peut trop rire des mouvements que se donne sans cesse M. de Voltaire, pour jouer le public et le persifler. Tout nouvellement encore, il vient d’écrire une lettre à M. Marin censeur de la librairie, pour le supplier d’engager le magistrat à interposer toute son autorité, et à arrêter l’introduction d’une quantité d’ouvrages que tout le monde sait être de lui, dont il serait très-fâché qu’on ne le crut pas auteur, mais qu’il désavoue. Tels sont le Dictionnaire philosophique, la Philosophie de V Histoire, et récemment ses Questions sur les miracles . On plaisante de ces lettres, et on le laisse se repaître de l’espoir de duper les crédules.

Septemiire. — 1. — Une contestation s’est élevée depuis quel-

Voy. 24 mai 1765.

2 Voy. 3 aoiU 1765.

' (. ctlo IcUrc iu‘ se Irorive pas dans l('s OKuwcS de Vtditdre.

SF.I'TKAIHHK 17GI;

que temps entre les deux corypl.écs de la .lanse au Théâtre a len ; importance des personnages, la singularité du nroces, exigeiil que nous en rendions compte

Madame Pitrot, en son nom Louise Regis, dite Rci. quoi, me manee, a a manie de vouloir passer pour lille. Les liens de lymen, le^respect dû au sacrement, des enfants déjà nés un au ieiiret a naître, rien no peut la persuader (ju’ello est mme. Elle s est dite lille. pour quitter un époux, et, depuis n évasion, elle ne veut point d’autre qualité : elle eu donne pour raison qu’elle a brûlé son contrat ,1e mariage, comme mvd 1, e T ne pareille querelle ne peut que faire voir à qu,‘l

tilbunal' " sont montées; et c'est à un

auguste qu on porte un procès pareil ! Le mari fait

autant qu elle le mentait.

Le mariage ,ps deux histrions a été contracté à Varsovie évadél"” ’ s’est

Jn% d'Arra,, poëme héroï-comique en clix-

nmt chants Cet ouvrage, attribué à M. de (Iroubental.

vpLL*' *1 L. sans mérite. Il est bien

teurne’fap'^r et voluptueuses. L’au-

taire el ne ^^Pucelh de M. ,1e Vol-

dicatoire à v invention. Il y a une Épître ,lé-

galimatias I ’ m ^ ° ^'®'’"®J'’ ^ni est un vrai

ganmat as. L ouvrage est parsemé de notes, ou impies ou

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m ^ -ironcliin sur sa santé, a reçu de cet Lsen

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celte ton. .ihm; ” ! cioil .|.ic

celte consultation est concertée. Quoi nu’il en soil ,.li . ■

Ptoyé ses talents cbe. M. de VoltLe. S

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lo4 MÉMOIRES SECRETS DE RACllAUMONT

connaissait que par renommée; il n’avait pas vu cette actrice à son apogée, il a été enchanté, et il lui en a marqué sa reconnaissance, et s’est enthousiasmé clans une hpître oii il prétend c{u’on ne peut avoir de grands talents sans y joindre demandes vertus. On sent cjiihl a ses raisons pour soutenir

cet étrange paradoxe.

G. La république des lettres et les arts regrettent un- savant illustre et un Mécène peu commun en la personne de M. le comte de Caylus. H est morthier, âgé de soixante-treize ans, de la suite de ses infirmités qui le tourmentaient depuis longtemps.il a conservé sa philosoxdiie jusqu’au bout. On ne saurait croire de combien de livres rares et de choses curieuses il a enrichi la BiblioLhèque du Roi et le Gtihinetdes Médailles. On lui doit une bonne partie de nos découvertes sur les antir|uités égyptiennes ; il a fondé, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il était membre, un prix pour ces recherches, et lui-même est l’auteur de divers ouvrages oii les peintres et les sculpteurs trouvent beaucoup à profiter. Nous lui devons aussi l’invention de la peinture encaustique, ou en^ cire, dont M. Bachelier et d’autres artistes ont fait depuis un

usage avantageux.

12. — On a publié un Mémoire contenant des observations sur la disposition de la nouvelle église de Sainte-Geneviève ; production critique d’un nommé Desboeufs, qui prend le titre d’élève de l’Académie royale d’architecture. Cette Académie, dans sa conférence du 19 août, après avoir examiné cette critique, a décidé que la brochure était indécente, peu réfléchie et remplie de faussetés ; en conséquence, elle a arrêté que dorénavant le nommé Desbœufs ne pourrait plus rentrer au nombre des élèves de l’Académie et jouir des avantages qui leur sont accordés, et que son nom serait rayé de ses registres.

14. Madame Pitrot fait paraître un Mémoire en réponse à celui de son mari h Gomme aucun avocat ne pouvait décemment se charger d’une pareille défense, l’écrit paraît être l’ouvrage de la femme même, et n’est signé que d’elle. On

n’ignorc point que le sieur Klie de lîeaiimoiiL en est raiiieur. Les louanges qu’il s’y donne l’assnrent davaniege. Cette production prouve que le sieur Pitrot est iin co([uin, et n’ernpéclie point ladite dame d’ètre une coquine. Il n’est pas plus plaisant que l’autre, malgré* les velléités qu’on y trouve de l’étre de temps en temps.

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