‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 59 sur 123 · EXTRAIT d’une LETTRE DE RENNES · texte numérisé non relu

EXTRAIT d’une LETTRE DE RENNES

25 janvier.

..... L’évêque de Saint-Brieuc, Bareau de Girac, très-lubrique, qui en prendrait sur l’autel, et en conterait à la Vierge, pour se délasser de ses occupations pendant la tenue des Etats, a entrepris la conquête d’une dame jeune et jolie, et de plus niece d’un de ses confrères. Dans sa poursuite amoureuse, dont il ne se cachait aux yeux de personne, se trouvant un jour tête à tête avec cette dame, emporté par sa passion, il la presse vivement, et oublie la précaution de mettre le verrou. Le mari survient, entre précisément à l’instant du dénoùment. La dame ne perd point la tête : elle feint que le prélat lui fait violence, saute sur l’épée du mari, et la plonge dans la cuisse du téméraire. Il y avait bien de quoi ralentir son ardeur; il se retire confus, humilié, l’oreille basse, et est obligé de garder la chambre, dette histoire est aujourd’hui publique : on ne parle que de l’adresse de madame de La ^1..., qui a donné à l’évêque de Saint-Brieuc un coup d’épée dans la cuisse, sans endommager sa culotte. Cette nouvelle est allée jusqu’à la cour; on dit que M. le prince de Conti en a réjoui le roi. M l’évêque d’Orléans, très-scrupuleux pour l’honneur de l’épiscopat, a cru devoir en écrire au clergé assemblé aux Etats, qui, entrant dans le même esprit, a répondu que c’était une histoire calomnieuse, inventée à plaisir. Malheureusement, on prétend que Monseigneur en portera toute sa vie la cicatrice imprimée sur sa cuisse.

^ Caron de Beaumarchais. Vov. 28 déceml)re ITGO.

IMI'IMOIRES SP.CRETS DE BACIIAUMDNT

l^É VIDER. — 1. — Le sieur Pierre Houscastremé, de Navarrins en Béarn, a eu riionneur de présenter au roi, le 16 janvier, une Nouvelle démonstration des principes de V écriture et des dessins à la plume^ de sa composition. Cet ouvrage était accompagné des vers suivants :

' ’ Un citoyen des Pyrénées,

I Qui, sans intrigue et sans appui,

!i Dans le plus doux repos voit couler ses années,

Ose, grand roi, vous offrir aujourd’hui De son amour pour vous ce faible et simple gage.

D’art n’a point orné cet hommage ;

De la seule nature, hélas 1 il est le fruit :

G’fc st toujours elle qui conduit Sa main, son cœur et son ouvrage.

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