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18. — On cliaiisonne LouL. On a élal)li depuis peu une Caisse d’escompte, sur la([uelle s’égaye la malignité du public. Nous consignons ici la (dianson suivante, moins comme une pièce littéraire ({iie comme une ])ièce liistoricpie et laisarit anecdote :
Arrêt pour l’établissement D’une Chambre d’escompte,
Qui produira par chacun an Cinq millions de bon compte ;
C’est pour remplacer un banquier ^ Qui voudrait ses tonds retirer,
Qu’on établit Et qu’on bâtit Ene si belle alFaire :
Par ses biens, jugez du profit Que le public va faire.
Le controleur,
Toujours docteur,
Et surtout grand calculateur,
A dit au roi ;
<■< Sire, je croi
Qu’en formant nombre d’actionnaires Vous ferez de bonnes affaires.
Dans ma place, j’ai su gagner Du public la confiance :
A la caisse on ira verser If argent en aliondance ;
Directeurs je saurai nommer,
• Pour sagement administrer L’argent qu’on fera fabriqu'^r A Pau comme à Bayonne.
Chaque mois je veux tout coter.
Parafer en personne ;
.Te veux aussi, pour constater Des profits la totalité,
Des balances en forme arrêter :
Au moyen desdites balances.
On n’aura pas de défiances.
Quinze richards il faut charger De cette grande affaire;
Tous les ans il faut leur donner Vingt mille livres d’honoraires; Surtout qu’ils ne soient pas garants
’ M. de La Borde.
Car j’y ai mis Tous mes amis Et aussi mon beau-père ;
Ainsi, s'ils étaient poursuivis,
J’en payerais renchère.
Uéservez-vous vingt mille actions,
Dont la Ferme fera les fonds,
Qu’elle payera Quand elle pourra,
Ce trait de fine politique A tous fera la nique. »
Il faut lire l’arrêt du Conseil qui établit cette Caisse d’escompte, pour entendre ce vaudeville.
2o. — M. Tencier, ci-devant l’un des premiers commis des affaires étrangères, de l’Académie des belles-lettres, vient] de mourir. On peut se rappeler qu’il fut la victime de son indulgence d’avoir approuvé le trop fameux livre De Vesprit, de IM. Helvétius, et pour lequel le défunt a eu tant de chagrin ^ .
27. — Clairval, acteur de la Comédie Italienne, vivait depuis longtemps avec madame de Stainville: son mari, indigné du goiit dépravé de cette femme, a obtenu un ordre du roi, et vient de l’enlever et de la conduire-lui-même à NancA\ On a fait une descente chez Tliistrion, pour enlever lettres et portraits, si aucuns y étaient. On assure que, la veille de son départ, M. de Stainville avait trouvé mademoiselle de Beaumesnil, de l’Opéra, sa maîtresse, entre les bras d’un jeune dimseur, d’autres disent d’un officier aux gardes.
A propos de cette anecdote, on cite un bon mot de Caillot, camarade de Clairval. Ce dernier, assez inquiet de sa position,
^ Sa place de" censeur lui fut fdée. Comme il était commis des affaires étrangères, un plaisant fit ces couplets sur ttelvétins et Tencier :
Admirez tous cet
Oui De l’esprit intitula
L'n livre qui n’est que matière.
Laiie lu,
Laire lanlaire,
Laire la,
Laire la nia.
Le censeur, qui l’examina,
Par habitude imagina pue c’était affaire étrangère;
Laire la, etc.
.lAWlKU 1707
consultait Taiitre sur ce qu’il devait faire : « M. de Stainvijle, lui disait-il, me menace de cent coups de l)riton, si je vais chez sa femme. Madame m’en olfre deux cents, si je ne me rends pas à ses ordres. Que faire? — Obéir à la femme, réi)ond Caillot; il y a cent pour cent à gagner. »
29. — Eugéyiie, ce drame tant prôné, a été donné aujourd’hui, et n’a pas eu le succès dont l’auteur ^ se llattait. Les trois premiers actes ont été reçus avec*, assciz de bienveillance, mais les deux derniers ont révolté, et l’on peut regarder cela comme une chute.