‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 73 sur 123 · ÉPIGRAMME SUR LES OEUVRES DË M. DORAT · texte numérisé non relu

ÉPIGRAMME SUR LES OEUVRES DË M. DORAT

Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaîté !

Bon Dieu! qu’il est pesant dans sa légèreté!

Que ses petits écrits ont de longues préfaces!

Ses Heurs sont des pavots, ses ris sont des grimaces.

Que l’encens qu’il prodigue est plat et sans odeur !

C’est, si je veux l’en croire, un heureux petit-maître;

Mais si j’en crois ses vers, ah! cju’il est triste d’etre Ou sa maîtresse ou son lecteur !

On attribue cette épigramme à M. de La Harpe ; d’autres la prétendent de M. de Voltaire

10. — Un nommé Le Roi, ci-devant Père de l’Oratoire, se disposait à donner une nouvelle édition des œuvres deM. Bossuet. Elle est annoncée dans tous les journaux. lien avait déjà paru une, de la façon de l’évêque de Troyes, neveu de ce grand homme. Elle avait alarmé un certain clergé, qui prétendait qu’on avait inséré dans cet ouvrage des productions étrangères. Les journalistes de Trévoux avaient surtout sonné l’alarme, au point que l’éditeur avait pris le parti de déposer le manuscrit chez un notaire, et de sommer les journalistes

1 Voy. 17 décembre 1767.

DÉCEMliUE 17G7

de reconnaître rantlienticilé de récriture ; matière d’un procès dans lequel les Jésuites avaient succombé. (Jn voit Tarrét imprimé à la tête du livre des Élcvations de M. BossueL évêque de Troyes,

L’édition projetée ne donne pas moins d’inquiétude. L’annonce que M. Le Koi a faite de manuscrits retrouvés, fait craindre qu’on ne répande dans cet ouvrage diverses opinions favorables au jansénisme, pour lecpiel on sait que le grand Lossuet avait un secret penchant. Kn consé(|uence, le clergé s’est écliaulfé ; on a mis M. l’arclievéque en jeu; il est allé chez M. le lieutenant général de police, il l’e ])rié de suspendre l’impression de cet ouvrage. Le magistrat s’y est refusé, en disant (jiie cela ne dépendait pas de lui ; AL l’arclievéque a insisté, il a témoigné ses inquiétudes sur les interpolations qu’on pouvait y glisser. AL de Sartine, pour le rassurer, a nommé un nouveau censeur, le syndic Riballier. Celuici doit suivre l’édition avec le plus grand soin, et ne rien laisser passer qui ne soit reconnu pour être de l’auteur. Au moyen de la nomination de cet examinateur, peu agréable à AI. l’archevêque, sa précaution devient nulle, et l’on ne doute pas que l’ouvrage ne contienne bien des choses qui lui déplairont et à ceux de son parti.

11. — VERS rOCR METTRE AU BAS DU PORTRAIT d’uN ROI CONQUÉRANT

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