Le Parlement et le Conseil s’étant battus réciproque
MlhlOmES SEGRKTS DE BAGMAUMOIS^T
ment à roccasioii crim maître des requêtes nommé Chardon, un facétieux a fait Fépigramme suivante :
Pour un Chardon on voit naître la guerre.
Le Parlement à bon droit y prétend,
Et d’un appétit dévorant S’apprête à faire bonne chère.
Le. roi leur dit : « Alessieurs, tout doucement!
Je ne saurais vous satisfaire :
Laissez là tout cet appareil ;
Je vois mieux ce qu'il en faut faire :
Je le garde pour mon Conseil! »
Janvier. — 9. — Les Français ont donné aujourd’hui Amélise, tragédie nouvelle d’un M. Ducis, employé dans les bureaux à Versailles, âgé de plus de quarante ans Ce drame, qui ne mérite ancune analyse, est tombé sans pouvoir se relever, comme tant d’autres. On ne conçoit pas comment les Comédiens, qui font les difficiles vis-à-vis des auteurs, et sont quelquefois plusieurs années à recevoir une pièce, ont pu agréer celle-ci, détestable en tout point, qui n’a pu les séduire ni par des coups de théâtre, ni par la beauté de la versification. Cet exemple prouve mieux que jamais combien ces juges sont ineptes et destitués de toutes les qualités nécessaires pour un pareil examen.
11. — Dans un conseil tenu le lundi 4 janvier. Sa Majesté a signé le nouveau projet pour continuer la reconstruction du Louvre. Il y a eu de grands débats. M. le contrôleur général s’opposait fortement à cette dépense. M, le marquis de Marigny l’a emporté. Il sera appelé le Palais des sciences et des arts. On y doit transporter la Bibliothèque du Roi, y
1 Jean-François Ducis, né à Versailles le 14 août 1733, est mort en cette ville le 30 janvier 1816. La tragédie à'Amélise a été imprimée, pour la première fois, en 1820, dans le volume A'OFAivres posthumes de ce poêle, publié par M. Campe-
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établir un Muséum, c’est-à-dire une galerie où l’on placera les bustes et les monuments élevés aux génies de la nation. Les cabinets d’histoire naturelle, les académies, les tableaux du roi, etc., occuperont ce grand monument. ()n doit vendre remplacement de la Bibliotlièiiue du Roi, lorsqu’elle sera transportée.
12. — 11 se passe de grands mouvements dans la littérature relativement au Mercure. Un ci-devant avocat, devenu libraire, iiommé Lacombe, dire de se charger de l’entreprise du journal, de payer toutes les pensions assignées dessus, de faire un sort très-heureux à M. de La Place, d’augmenter meme les fonds de cet etablissement. Il ne demande (jue la liberté de faire faire l’ouvrage par qui bon lui semblera. On croit que c’est pour le remettre entre les mains de M. Marmontel.
Ronsseau, de Genève, étant venu à Paris avec son opéra des JSeuf Muses ^ , que les nouveaux directeurs lui ont demandé, il s’en est fait une répétition chez le prince de Gonti, au Temple, d oii l’on a conclu que cet opéra n’était pas jouable. M. Rousseau a par occasion été voir son Devin de villci0 e , il est sorti enthousiasme du jeu de mademoiselle d'Ervieux.
1(3. — La Faculté de médecine a rendu hier un décret de tolérance à l’égard de l’inoculation. Il a passé à la pluralité de trente voix contre vingt-trois, mais il faut qu’il soit confirmé dans une assemblée subséquente. Lorsque le décret de la Faculté sera revêtu de toutes ses formalités, il faudra qu’il soit remis au procureur général. Il sera ensuite communiqué a la Faculté de théologie, qui s’expliquera et donnera sa
décision. Avant que ce concours de sulfrages soit réuni, il s’écoulera bien du temps. ’
18. La secte des Économistes a une rivale. A la tête de ce dernier parti est M. de Forbonnais. Les premiers regardent l’agriculture comme le seul bien d’un État. Ceux-ci font résider sa ricliesse dans les manufactures et dans le commerce. Ces messieurs, suivant Pusage, se chantent pouille
' Il s’agit probablement des Muscs galantes, cpii avaient été représentées sur le the<àtre de l’Opéra en 1747. — ]\. ic^Jicbtniecs sur
réciproquement. Chaque parti a un journal, qui est comme rarsenal où se déposent tous les traits qu’on se lance de part et d’autre. Les Éphémérides, dont on a parlé, est celui des Économistes ; le Journal économique est le répertoire de l’autre secte. C’est M. de Grâce qui fait ce dernier journal.
19. L’assemblée- de la Faculté de théologie du primâ mensis de ce mois, prorogée au jour du lundi 18, a enregistré la lettre de cachet du roi qui lui défend de délibérer et de réclamer contre l’addition laite à la Gensure de Jd élis cure ^ el a cependant délibéré que cette addition n’était pas son ouvrage, s’abstenant neanmoins de dire son sentiment sur le fond de cette addition.
20. — M. l’abbé Barthélemy, garde des médailles du roij de l’Académie des belles-lettres, a succédé à M. Dubois dans la
place de secrétaire général des Suisses. Cette place vaut trente mille livres de rentes. Elle est taite pour un tout autre homme qu’un savant, et des officiers généraux l’ont reçue pour récompense.