M£V0IB£8 8ECKET8 ET IK^SITS
porter des étoiles d'ordres en diamants, à moins de les avoir reçus de TEmpereur; la comtesse de Mniszech n'a paru qu'à diner.
Le 15, le Roi a fait une surprise à Tlmpératrice par la représentation de l'opéra italien ZenobiBy qui a été très-bien exécuté ; les habillements étaient de la plus grande magnificence, le décorateur Gonzaga s'est surpassé; sur un petit théâtre et de peu de profondeur il a su produire des efiets magiques; après l'opéra, Pic donna un ballet dans lequel il brilla malgré son âge de 60 ans. Mme de Mniszech n'a pu voir ce spectacle. Après souper le Broi a pris congé de LL. MM.
Bulletin No. 59.
Pétereboutg !iL^2î25^ i797.
^ 1 novembre
Le 16, le Roi est revenu à Pétersbourg. Mme de Mniszech est aussi reyenue, mais couchée dans une Toiture.
Le 18, on a vu la première neige. L'évêque de Rennes, se trouvant incommodé, a eu recours à la daribella, remède qu'il a fait connaître le premier. Il n'a pas encore été présenté à la cour et ne le sera que quand elle retournera en ville; on croit que ce sera le lendemain de l'anniversaire de la mort de Catherine II et que le lendemain se fera la cérémonie de la fête des trois ordres réunis de Russie. ^ ,
DE STANISLAS ATTeuSTE. 203
Bulletin No. 60.
Tk/x V 30 octobre ,„/%«
^^^^^^^^^8 n novembre ^^^^•
Le 24, presque toutes les dames et messieur»
de la connaissance du Roi sont venus souper chez lui ; presque tous les jours il a du monde à souper et à dîner, tant des personnes du pays que des ministres étrangers et des voyageurs.
Le 29, étant le jour de naissance de la princesse Dolgorouki, il y eut un souper chez le Roi et un concert italien ; l'envoyé d'Angleterre Wîthworth a fait venir les premières huîtres pour le souper du Roi ; après souper le duc de Crussol a chanté des couplets en l'honneur de la princesse Dolgorouki, composés par M. Lerchenfeld, neveu du comte Nesselrode. Dans cette semaine on a vu les premières glaces sur la Neva, et les ponts principaux sont ôtés. C'est l'anniversaire du jour où le Roi fut enlevé en 1771 par les confédérés et miraculeusement sauvé.
Pétersbourg 3/15 Dovembre 1797.
Le dégel et la pluie ont ramené la boue dans la ville. Comme l'église catholique se conforme ici au calendrier de Russie, le Roi a ^t hier
204 HEHOIBES SECRETS EX IlTÉDITS
«es dévotions pour le jour des morts. On assure que le prince de Condé, avec son petit-fils le duc d'Enghien, est à Gaczyna; son fils, le duc de Bourbon, doit être resté auprès du comte d'Artois à Edimbourg. Le duc de Richelieu est à Zarskoselo auprès du régiment des cuirassiers qu'il commande.
Bulletin No. 62.
Pétersbourg 6/18 novembre 1797.
Il s'est trouvé que c'était faux, que le prince de Condé fût déjà à Gaczyna. Aujourd'hui l'Empereur a assisté à Zarskoselo au service de l'église, pour l'anniversaire de la mort de Catherine II; on assure que la cour rentrera en ville demain. L'abbé Arthur Dillon est actuellement ici avec un jeune Anglais, nommé Onslow, que la famille lui a confié; on apprend que la cour arrive ce soir.
Bulletin No. 63.
Le 8, quatre chambellans impériaux sont venus vers les dix heures du matin avertir le Roi qu'il 'était temps de se rendre au château, et qu'ils avaient ordre de porter la queue du manteau du Eoi de l'ordre de St. André, qui, par distinction pour le Eoi, était presque aussi ample que celui
de TEmpereur; il était de velours vert doublé d'hermine, par-dessus le collet du manteau était attachée la chaîne de Tordre de St. André, dessous le manteau était la même soubreveste d'argent galonnée et frangée d'or avec une croix de galon sur la poitrine comme pour l'habit d'ordre de St Alexandre. L'Empereur régnant a aboli les souliers "blancs et les bas rouges, et a substitué les souliers noirs et les bas blancs pour ceux qui ne sqjit pas militaires. Le chapeau est en velours noir à un bord relevé avec deux plumes blanches et une rouge, du côté droit est une croix de rubans bleus en sautoir à la place du bouton. Le Roi fut introduit dans la chambre de velours bleu, où les deux grands ducs et lesprincesses attendaient la sortie de LL. MM., les grands ducs précédaient le Roi. Pendant le service divin il y eut un fauteuil marqué pour le Roi dan& une salle attenant à la chapelle impériale. Lorsque les baise-mains allaient commencer, le Roi s'approcha de l'Empereur et le salua, et l'Empereur l'embrassa, ensuite il salua l'Impératrice et se remit à sa place. Les deux grands ducs et après tous les chevaliers de Ste. André baisèrent la main à l'Empereur qui les baisa à la joue. Après les chevaliers de l'ordre de Ste. Catherine baisèrent les mains à l'Empereur et à l'Impératrice qui les baisa à la joue. Après, tous les chevaliers de St. Alexandre, de Ste. Anne et de St. George baisèrent la main à l'Empereur et saluèrent l'Impératrice, puis on passa dans la salle du festin. Les chevaliers de
206 MEMOIKES SECBETS £T IITÉDITS
St. George allèrent les premiers deux à deirx, puis ceux d« Ste. Anne, de St. Alexandre, selon les dates de leur réception. Les évêques et autres prélats non unis, qui étaient cheyaliers d'ordre, marchaient en troisième eùtre deux chevaliers séculiers, les hérauts précédaient chaque ordre. Les manteaux des grands ducs ne différaient pas des autres chevaliers. Les officiers, les grands ducs et FEmpereur étaient ep grosses bottes de service; FEmpereur portait la grande couronne en diamants, rimpératrice la petite et une soubreveste semblable à celle des chevaliers par-dessus le corps de robe et le panier, les jupes à grands paniers de toutes les dames de Tordre de Ste. Catherine étaient d'argent ornées de velours vert en petites bouffes et de broderies en or. La traîne de velours vert brodé d'or, le chapeau relevé d'un clabaud était orné d'une demi roue d'argent pour les dames et de diamants pour les princesses, en mémoire du martyre de Ste. Catherina Outre lés gardes devant lesquels, la procession passait, il y avait des trompettes et des timbales qui jouaieat à l'approche de l'Empereur. 180 chevaliers des trois ordres furent placés à table, ainsi qu'une trentaine de dame, y compris les princesses de la famille impériale, de l'ordre de Ste. Catherine. La table était en fer à cheval, le milieu, où l'Empereur à droite et l'Impératrice à gauche étaient placés comme chefs de l'ordre, était avancé de quelques pas hors de la ligne des autres couverts. Le Eoi se trou-
Tait à la droite de l'Empereur, les grands ducs à la droite du £oi, le grand écuyer Naryszkin à la droite des grands ducs, et à sa droite le premier par ancienneté, le comte Mniszech. A la gauche de l'Impératrice toutes les princesses de la famille Impériale, et ensuite toutes les dames de l'ordre de Ste. Catherine. Mme Potocka, née Mniszech, se trouva être la première par ancienneté, parce que Mme de Mniszech, née Zamojska, ne va plus à la cour, à cause de son incommodité. Les archevêques et évêques se trouvèrent vis-à-vis de LL. MM.; entre eux se trouvaient debout les trois maréchaux et les maîtres de cérémonies des ordres réunis, dont la fête est fixée le jour dé la St. Michel comme patron de tous les ordres. Le nonce et les ministres étrangers ont assisté debout. D'abord après dîner l'Empereur permit à l'assemblée de se retirer. A sept heures du soir le Roi fut encore introduit dans la salle bleue avec la famille Impériale pour y attendre LL. MM. L'Empereur et tous les hommes étaient en habits ordinaires, en bas et souliers; l'Impératrice et toutes les dîanes à la soubreveste près ont conservé les habits et la parure de l'ordre. On se rendît dans la salle dite de St. George, elle est ornée de colonnes de marbre du pays, dont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré. Bans Tattique qui règne au-dessus de l'ordre de Ste. Catherine sont des balustrades, où se trouvaient beaucoup de spectateurs ; dans un carré long au-dessus de la porte était l'orchestre; huit marches couvertes de
velours ronge conduisaient au trône ; à côté sont deux niches dans lesquelles on a placé ces deux statues de marbre Toilées, représentant la religion et la foi, qui ont passé du temps de Pierre-le-6rand au jardin de Wilanow. Le bal a duré jusqu'à neuf heures, au-dessus du dais se trouve un bas-relief aux armes de TEmpire avec St. George. L'Impératrice a joué au piquet avec le Roi, l'ambassadeur de Suède, le maréchal Soltykoff , le vice-chancelier Kourakin et Tenvoyé d'Autriche; à neuf heures LL. MM. se retirèrent, le bal a fini sans souper; avant le bal, Tévêque de Rennes a été présenté ; le prince de Condé n'est pas encore arrivé. —
Bulletin No. 64.
Pétersbourg 13/25 novembre 1797.
La Neva est prise, mais la police ne permet pas encore de passer dessus, quoique les glaçons qui viennent ici du lac Ladoga, soient immenses,* mais ici on n'est, pas dans l'usage d'aider la rivière à prendre comme à Varsovie. L'Empereur, outre les autres embellissements qu'il a fait faire, a aussi fait un théâtre à l'Hermitage. Le Roi a reçu l'invitation de venir au théâtre de la cour, qui se donnera le mardi et le vendredi à THermitage a six heures du soir.
Bulletin No. 65.
Péteisbourg 17/29 noyembre 1797.
Le 13, on a donné l'opéra de Zénobie; comme le théâtre de Pétersbourg est plus grand, Gonzaga a été obligé de faire en hâte de nouvelles décorations.
Le 15, le Roi fut invité au bal de la cour, qui dura depuis sept heures jusqu'à neuf. L'Impératrice après avoir dansé une polonaise avec le Roi, lui demanda s'il jouait au boston, et comme le Roi ne sait pas ce jeu, elle forma sa partie avec le feldmaréchal Soltykoô, le prince Kourakin, et le comte Zawadowski. S. M., qui ne joue pas, s'entretint avec le Roi et plusieurs autres personnes. —
-^^, , 20 novembre ^„f.„
Pétersbourg ^^^^^^^ 1797.
Le spectacle fut contremandé à la cour à cause de la mort du roi de Prusse; le deuil fut ordonné pour quatre semaines. Le grand chambellan Ivan Schouvaloff, qui a joui d'une si grande faveur sous le règne de l'impératrice Elisabeth, étant mort, l'Empereur donna sa place au comte , Strogonoff. L'hiver a déjà commencé^ à s'établir, le froid a passé dix degrés, les voitures passent déjà la Neva. L'en-
210 MÉMOIBES SECBETS £T IKEBITS
trée du bailli Litto comme ambassadeur de Tordre de Malte doit avoîr^ lieu dans huit jours.
Bulletin No. 67.
T»'x 1- 24 novembre ^„t^r-
Petersbourg ^ ^^^^^^ 1797.
Le Roi n'a pas été au bal de la cour, à cause d'un ressentiment de goutte. Dans Taprès dîner le prince de Condé, ayant avant envoyé demander au Roi par le comte de Dumas quand il le trouverait, est venu lui faire visite. Le prince de Condé, en arrivant au palais de la Tauride, a trouvé tous les domestiques destinés à le servir portant la livrée de sa maison; l'Empereur a ajouté encore à cette galanterie de faire peindre les armes du prince sur les voitures de la cour destinées à son usage. Le duc de Bourbon, son fils, est attendu sous peu de jours, son petit-fils le duc d'Enghien ne le sera pas de sitôt.
Lq 23, dans Taprès dîner le Roi est allé rendre visite au prince de Condé, mais il ne Ta pas trouvé à la maison. —
• Bulletin No. 68.
r»/x V 27 novembre , -o«
Petersbourg ^ ^^..^^re ^'^^^
Au bal de la cour, qui a eu lieu le 24, lé Roi a joué au piquet avec l'Impératrice.
Le 25, le prince Bezborodko a dîné chez le Roi ainsi que le sénateur Soymonoff, M. Walicki et plusieurs autres connaisseurs de tableaux ; le Roi leur a fait voir : Tamour du Guide, TAndromède de Titien, le Christ mort de Luc Giordano, le Christ couronné d'épines de Rembrandt, l'Abraham de Cigoli et les apôtres de Rubens. Le Roi a dit au prince Bezborodko de choisir parmi ces tableaux celui qui lui plairait le plus, il a choisi le Christ de Luc Giordano; mais le Roi, sachant que les apôtres de Rubens lui plaisaient davantage, les a envoyés aussi' au prince qui en a témoigné une grande satisfaction.
Le 26, le prince de Condé a dîné chez le Roi, ainsi que la princesse de Tarente, les deux princes Kourakin, le comte Wielohorski, maréchal de la cour chargé d'en faire les honneurs au prince de Condé, le major Kretow, le marquis d* Antichamp et sa femme, le comte de Briihl et sa femme, le comte de Choiseul avec son fils, le duc de Laval avec son fils, le comte Vismenil, MM. d'Eguille de Dames et de Conti, officiers attachés au prince de Condé, le chevalier Angard, M. de Lambert qui a écrit un voyage aux Indes; le prince de Condé a paru satisfait de trouver rassemblés tous les Français de marque actuellement ici ; il a paru accueillir particulièrement Tévêque de Rennes. Un rhumatisme a empêché le Roi de se rendre au bal de la cour. —
Digitizel4G00gle
212 HÉHOIRES SECBSTS ET INEDITS
Bulletin No. 69.
Pétersbourg 1/13 décembre 1797.
Le 28, Fambassadeur de Malte, Litto, s^est rendu à la maison de campagne de la comtesse Skowranska ; là se rassemblèrent une quantité de carrosses de seigneurs de la cour de Russie et le carrosse impérial,^ dans lequel l'ambassadeur fut placé à la droite du prince Jousoupoff, et le grand maître de cérémonie Watujeff vis-à-vis ; le carrosse fut précédé de trois voitures de l'ambassadeur dans lesquelles se trouvaient les chevaliers Raczynski, Vitri et Choiseul, et deux aumôniers de l'ordrç, plusieurs chariots, comme de bagages de Tambassadeur, faisaient suite. Il fut conduit ainsi à Thôtel qu'il habitait depuis longtemps. Le soir il y eut spectacle, le Roi y a assisté. L'Empereur a permis à Mme de Podolie de monter la rampe construite pour feu rimpératrice.
Le 28, l'Empereur a conféré Tordre de St. André au prince de Condé et lui a fait présent de dix mille paysans et d'un palais. Le marquis d' Antichamp a été déclaré inspecteur des quatre escadrons de cavalerie.
Le 29, l'ambassadeur de Malte, revêtu de l'habillement de cérémonie de l'ordre, a eu sa première audience de l'Empereur, qu'il a revêtu de l'habit de Tordre et lui a remis la croix qu'a porté
le grand maître Jean de la Valette, qui a défendu Malte contre les Turcs. Il a remis des croix à rimpératrice et aux grands ducs. La croix du grand maître Yilliers de Tiale Adam, encore à Rhodes, a été aussi remise à l'Empereur, qui a ordonné qu'elle soit déposée au trésor de Moscou. Dans l'après dîner l'ambassadeur a remis les autres croix, dont l'Empereur a disposé en faveur du prince de Condé, en le créant grand-prieur, et des princes Bezborodko, Kourakin, MM. de Litto, de Sievers, Wielohorski, Poninski, Raczyiiki, Grabowski etc. etc. Le grand-prieur a 16,000 roubles, les commanderies ont 6 à 8 mille de pension.
Le 30, étant la fête de l'ordre de Si André, les cérémonies furent les mêmes que pour les autres ordres. Les princesses qui n'ont que l'ordre de 8te. Catherine n'ont pas paru ; le prince de Condé, quoique le plus jeune des chevaliers, a précédé les grands ducs; le Roi suivait l'Impératrice, et l'Empereur, la couronne sur la tête, marchait le dernier. Le soir il y a eu bal dans la salle de St. George, le Roi a joué au piquet avec l'Impératrice, le prince de Condé, l'ambassadeur de Suède, l'envoyé d'Angleterre, le comte SoltykofF et le prince Kourakin.
214 HÉHOIKES SïiCKET» ET INÉDITS
Bulletin No. 70.
Petersbourg 4/16 décembre 1797.
On a donné en russe la tragédie dn favbx Dernetrtiis; Tauteur, feu M. Soumarakoff, a substitué à la Marina Mniszech une princesse Xenia qui n'a jamais existé; le Roi a eu une traduction française; les costumes étaient fort beaux.
Le 2, le prince Bezborodko, grand chancelier, a donné un grand dîner pour le nouvel ambassadeur de Malte, Litto; tout le corps diplomatique, les personnes les plus remarquables du pays y furent; le comte Mniszech et Tévêque de Rennes en ont été aussi ; le prince de Condé n'y a pas été parce que le dîner était diplomatique; la cuisine était de la plus grande recherche, les vins les plus exquis, des centaines de bougies ont éclairé à dîner, des cassolettes exhalaient les parfums les plus précieux, toutes les assiettes de dessert étaient couvertes de cloches du plus beau verre de la fabrique d'ici, orné de dessins étrusques. Le même soir, le prince de Condé et sa suite ont soupe chez le Roi, plusieurs dames du pays et tous les étrangers s'y sont trouvés. On achève un pont de bateaux, car la glace est trop mince pour soutenir les voitures.
Le 3, le Roi avec les personnes de sa famille
s'est rendu, sur Tinvitation de S. M. l'Impératrice,
^u bal qui a eu lieu à la communauté des demoi-
selles; TEmpereur a commencé le bal par une polonaise avec une des élèves; Tlmpératrice en a dansé une avec le Roi et une avec le prince de Condé; au bout d'une heure on a servi le souper dans une salle attenante ; l'Impératrice en a fait les honneurs tantôt assise, tantôt debout; après souper elle a fait danser une contredanse française, la ^ande duchesse Alexandre a dansé avec un cavalier de la suite du prince de Condé; à dix heures LL. MM. se sont retirées ; leur enfants sont encore restés près d*une heure: Mme de Podolie a été présentée à la grande duchesse Elisabeth, épouse du grand duc Alexandre; Mmes de Fpdolie et de Mniszech n*ont pas souffert de la fatigue de cette soirée. —
Bulletin No. 71.
Pétersbourg 8/20 décembre 1797.
Le 4, on a donné l'opéra de Zénobie.
Le 6, il y a eu bal à la cour pour la fête du petit grand duc Nicolas. Le Roi a joué au piquet avec rimpératrice ; le prince de Hohenthal a été présenté à l'Empereur, il entre au service de Russie. 11 a servi comme général - major avec distinction dans Tarmée de Condé.
Le 7, il y a eu bal de cour pour le jour de naissance de la mère de l'Impératrice. Le comte Valérien Zoubow a paru à la cour sans uniforme,
216 V:ÉMOIBES 6£CB£T8 £1 INÉDITS
n'étant plus au service; son genou droit est appuyé sur un bois. L'Empereur Ta fort bien accueilli, sa femme n'a pas encore été présentée.
Bulletin No. 72.
Péterebourg 11/23 décembre 1797.
Le 8, on a donné au théâtre le Philosophe son» le savoir j suivi du ballet de la beUe Arsène, LL. MM. ont souhaité voir sur le théâtre du palais de marbre Camille joué par la société de la princesse Dolgorouki, et l'Impératrice a ajouté que ce fut bientôt y avant son terme. En conséquence le Eoi a prié la princesse Dolgorouki d'en presser le» préparatifs.
Le 9, le prince de Condé a soupe chez le Roi.
Le 10, le prince de Condé a reçu des mains de l'Empereur des drapeaux et étpndards pour le& régiments dont il reste chef. Cinq drapeaux pour chaque bataillon, deux étendards pour chaque escadron ; ils furent ainsi distribués sur dix traîneaux, sur chacun desquels il y avait un officier pour les tenir; toute la parade en présence de l'Empereur salua ces drapeaux lorsqu'ils partirent de la place pour se rendre au palais de la Tauride; l'Empereur les trouva ornant la chambre du prince de Condé lorsque dans l'après dîner il alla lui rendre visite. L'Empereur a ajouté encore la galanterie de faire peindre des fleurs de lys aux quatre coins de ces
drapeaux y le milieu est rempli des armes russes. Messieurs d'Eguille et de Lorraine partent avec ces . drapeaux pour les remettre à leurs régiments. Le duc d'Enghien doit venir se présenter à TEmpereur et partir ensuite avec le prince de Condé pour Tarmée russe - française , qui va être établie en Volhynie. Le duc de Bourbon est à Blukenberg auprès de Louis XVIII; il n'ira à Ivern que quand on pourra être sûr que les corsaires français n'infecteront pas ces côtes.
BuUetin No. 73.
Pétersbourg 15/27 décembre 1797.
Le 12, il y a eu bal à la cour pour le jour du grand duc Alexandre ; il a accompli sa vingtième année. L'Impératrice n'a pas paru à cause d'une petite incommodité.
Le 13, il y a eu aussi bal pour la naissance de la grande duchesse Hélène, seconde fille de LL. MM. L'Impératrice n'a pas encore paru, le Roi non plus, à cause d'un petit ressentiment de goutte.
BuUetin No. 74.
Pétersbonrg 18/30 décembre 1797.
Monsieur Grôven, ministre de Prusse, a présenté au Roi le lieutenant-général Kleist, envoyé par le
218 MÉMOIKES SECRETS ET IKÉDITS
nouveau Roi annoncer son avènement au trône à LL. MM.; ils dînent aujourd'hui chez le Roi; pendant Tavent il n'y a ni bal ni spectacle à la cour. On hâte les répétitions de la pièce de Camille pour qu'elle puisse être donnée dans quinze jours; on suppose que le terme de la grossesse de l'Impératrice aura lieu à la fin de janvier. Le prince de Condé s'est invité lui-même à dîner chez le Roi ; tous les vendredis les ministres étrangers catholiques font un dîner maigre chez le Roi- —
Bulletin No. 75.
-nxé, --V 22 dëcembre 1797.
^^*«"^°"^« 3 janvier 1798.-
L'Empereur a envoyé le chambellan Naryszkin pour remercier le Roi des deux groupes en marbre, représentant l'un Pygmalion; et l'autre Prométhée animant l'homme avec le feu dérobé du ciel, et pour . dire qu'ils lui faisaient grand plaisir et qu'il ferait hâter les piédestaux, afin que le Roi puisse les voir au premier bal dans la salle de St. George. La nouvelle étant venue qu'on n'accorderait plus d'asile en Allemagne à Louis XVIII, l'Empereur a envoyé en hâte à Mitau pour mettre le château en état de recevoir le roi de France, et peut-être ce prince viendra-t-il à Pétersbourg.
SE STANISLAS AireUSTE. 219
BuUetin No. 76.
r»rx ,- 26 décembre 1797.
Pétersbourg eyan-vTer-msT
L'Empereur a envoyé au Roi une croix et l'étoile de Tordre de St André, très-richement ornées de brillante. Le Roi a fait ses dévotions, l'Empçreur a fait les siennes le même jour. Le Roi a entendu les trois messes d'usage dans l'église catholique. Le Pape a réglé que toijs les catholiques se trouvant dans l'empire de Russie doivent suivre pour toutes les solennités d'église l'almanach russe.
Bulletin No. 77,
29 décembre 1797.
Pétersbourg
9 janvier 1798.
Quoique la nouvelle de la mort du duc de Wurtemberg ait très-vivement affecté l'Impératrice, sa fille, sa santé n'en a pas souffert. Le prince de Condé, en entrant dans le palais dont l'Empereur lui a fait présent, a trouvé sur la porte l'inscription : Hôtel de Condé y que l'Empereur a fait mettre après avoir fait meubler à neuf cette belle maison. Le prince de Hohenlohe est allé rejoindre sa femme en Allemagne. Le Roi a fait témoigner à l'Impératrice par le général Bezborodko la part qu'il
prend à son affliction; elle l'en a fait remercier.
3gle
220 HÉXOIBES SECBETS ET IVÊDITS
BuUetin No. 78.
Pétersbourg 5/17 janvier 1798.
LL. MM. ont fait remercier la comtesse de Mniszech par le prince de Kourakin pour les deux présents qu'elle leur a faits, l'un d'une corbeille à ouvrage pour l'Impératrice, de bois d'ébène, travaillée avec beaucoup de légèreté et tellement polie qu'elle paraissait d'écaillé, le fond était une broderie en chenille faite par la comtesse, d'après un tableau de Spaendonck, l'autre était une boîte ornée des trois côtés de trois vues de Gaczyna dessinées d'après nature par la comtesse Mniszech représentant, au moyen d'une lampe, Gaczyna au clair de lune; dans une de ces vues est le petit grand duc Nicolas dans un petit chariot traîné par sa petite sœur Anne, ce qui a fait grand plaisir à LL. MM. Comme le comte Golowkin a été disgracié et obligé de quitter Pétersbourg, et étant un des acteurs de la pièce de Camille , le Roi a demandé si leurs Majestés permettraient que le rôle fut rempli par un acteur de profession, personne n'étant en état de s'en charger, elles répondirent qu'elles laissaient cela à la disposition du Eoi et qu'elles verraient la pièce avec plaisir, sitôt que les trois premières semaines du deuil seraient écoulées. Le prince Eepnin est attendu sous peu.
Bulletin No. 79.
Pétersbourg 8/20 janyier 1798.
L'Empereur a envoyé son adjudant Baratynski au Roi, pour lui marquer Tendroit d'où il pourrait voir la cérémonie; le Roi s'y est rendu et y a trouvé le prince de Condé et quelques personnes de rétat civil; c'était un balcon du château entouré de vitrages. Après la bénédiction des eaux accompagnée des salves, l'Impératrice qui avait suivi toute la procession à pied, se rendit sur le même balcon, fit ouvrir les fenêtres et s'y tint près de deux heures, quoiqu'il neigeât à gros flocons, sans qu'elle en parût incommodée; il est vrai que les trois régiments qui manœuvraient faisaient un beau spectacle; ni le Roi ni les princesses ne parurent incommodés et sensibles au froid, se voyant si près de l'Impératrice, qui n'en a pas soufiert. L'Empereur a commandé lui-même et à cheval ces manœuvres. Le Roi dit à l'Impératrice que, comme le comte Wielohorski était malade et obligé d'aller à Varsovie et qu'il avait un des principaux rôles dans Camille^ la pièce ne pouvait plus se donner de sitôt et qu'il était très -mortifié de ne pouvoir procurer cet amusement à LL. MM.
L'Impératrice témoigna reconnaître qu'il n'y avait pas dans cela de la faute du Roi, mais qu'elle lui était obligée de l'attention, puis elle fit compliment
222 HÉH0IBE8 SECBETS £T INIÊDITS
au Roi sur son jour de naissance. Pendant le dîner du Roi, l'Empereur envoya M. Neplujeff, son adjudant, pour le complimenter sur son jour de naissance; pendant le reste de la journée beaucoup de monde est venu le complimenter; le prince de Condé y a soupe. —
Bulletin No. 80.
Pétersbourg 12/24 janvier 1798.
L'Impératrice a envoyé M. Gekel, son accoucheur, à Mme deMniszech pour convenir avec elle quand elle en aurait besoin; Mme de Mniszech a fait faire les remercîments les plus respectueux pour cette attention. On prépare le service funéraire dans l'église catholique pour le duc de Wurtemberg. Le nombre des émigrés français augmente tous les jours ; dernièrement sont venus M. de Cbalegrin, et M. de la Haussaye, chevalier de Malte, sur une invitation de l'Empereur, qui l'a connu anciennement. Bans le port de Cronstadt se trouve employé un comte Capelli, ci-devant officier dans la marine française. Le marquis d'Ântichamp est allé en Ukraine faire l'inspection des régiments. Le général Beningsen a demandé son congé, l'Empereur par estime pour lui a voulu qu'il continuât encore de servir. Le général Koutouzow, actuellement envoyé à Berlin, a ^té nommé gouverneur militaire de Finlande à la place du feld-marécha} Xamenski,
qui a pris son congé, ainsi que le feld- maréchal Elxnpty à cause de son grand âge.
Bulletin No. 81,
Pétersbourg 19/31 janvier 1798.
Le 16, le service funèbre pour le duc de Wurtemberg a eu lieu. L'archevêque Litto, Tarchevêque latin de Mohilew Siestrencewicz , Tarchevêque uni grec Rostocki, révêque de Rennes, Tévêque latin Dederko y ont officié, ce qui a duré plus de trois heures; il y avait dix degrés de froid, les portes étaient ouvertes, personne ne pouvait se plaindre du froid, sachant que TEmpereur avec ses deux fils s'est trouvé pendant tout le service sur la place devant Téglise à la tête des troupes, qui ont fait des salves. L'archevêque Siestrencewicz a prononcé Toraison funèbre en allemand, tous les seigneurs et dames y ont assisté, les hommes avaient les cordons d'ordres par-dessus les surtouts. Le prince de Condé a eu une place dans une petite tribune à gauche, le Roi une semblable à droite. Ji'archevêque Siestrencew^icz, Lithuanien de naissance, a été dans sa jeunesse officier des hussards au service de Prusse, ensuite il quitta la religion calviniste, se fit catholique et prêtre et convertit son père; il a été fait sufifragant de Russie blanche par feu l'évêque de Vilna, Massalski, et ensuite archevêque de Mohilew par Catherine II. Son diocèse et sa juridiction sur tous les catholiques
224 MEUOIBES SECBET8 ET INÉDITS
latins s'étend depnîs Mohilew jusqu'à Eamesotka; il a 10,000 roubles de pension; c'est un homme très-instruit et très-exemplaire.
Le 17, l'ambassadeur de Suède a procuré au Roi le plaisir d'entendre jouer du violon avec une perfection étonnante un petit Suédois de neuf ans. On a remarqué que le chien du Eoi, Eiepek, au lieu de hurler, comme il le fait ordinairement pendant les concerts, s'est couché au pied du petit Orphée. Le comte de Montmorency, fils du duc de Laval, a fait preuve d'une science étonnante, qu'il dit avoir apprise de l'évêque de Nanci. On lui présente une écriture quelconque, une simple adresse de lettre, d'une personne qui lui est inconnue, dont il ne sait pas même le nom, il demande seulement, si c'est une femme ou un homme et, d'après l'écri- ' ture, il deviné l'âge de la personne et fait son portrait moral, il a deviné fort juste plusieurs fois.
Le 19, on a donné un opéra comique italien, le Roi y a assisté. LL. MM. n'ont pas paru, aujourd'hui le Roi, incommodé depuis quelques jours de vertiges, s'est fait saigner.
Le 24, il y a eu bal chez le Roi pour les enfants, et la petite Isabelle Mniszech a fait les honneurs à une trentaine de jeunes personnes de son âge. Le prince de Condé et les ministres étrangers s'y sont trouvés et ont soupe chez le Roi. Le prince de Repnin est de retour. —
DE STANISLAS AUOUSTB. 225
Bulletin No. 82.
(Dernier, car le Roi mourut le 12 février.)
Le 29 janvier à six heures du matin, le canon BOUS annonça la naissance du grand duc Michel, qui fiit aussitôt déclaré grand-maître de Tartillerie. La santé de Sa Majesté l'Impératrice répond aux Tœux de tous ses sujets participant aux bienfaits de cette grande princesse, qui répand sans cesse des grâces, dont le nombre étonne autant que le secret dont elle tâche de les couvrir. Aussitôt que le Roi apprit la naissance du petit prince, il pria le comte Bezborodko d'en porter ses félicitations à l'Empereur, qui aussitôt envoya son adjudant Baratynski pour son remercîment. Le soir le prince de Condé et son petit -fils le duc d'Enghien ont rendu visite au Roi et doivent souper chez lui après demain.
Lettre du médecin, M, Bocelevy h t égard de la rrwrt de 8a Majesté,
Pétersbourg 26 mai 1798.
Monsieur !
Je ne sais pas pourquoi vous hésitez de m'envoyer mes lettres et mes gazettes du mois jus-
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qu'à ce que vous envoyiez les bulletins à Son Excellence le comte Mniszech; j'attends avec impatience que vous ayez la bonté de m'envoyer toutes celles que vous aurez repassées jusqu'au momeat où vous recevrez celle-ci. En attendant je donnerai ordre, qu'on garde les autre» qui viendront après Tapothécairerie, où on les déposera jusqu'à ce qu'il y ^^it occasion de me les renvoyei: pai? quelqu'un qui vient ici; quant aux détails sajr la mort du Roi à insérer dans les gazettes de Hambourg ou autres, ce n'était pas mon afifaire, et comme on ne m'avait rien demandé là-dessus, je^ me suis prudemment tu. Notre bon maître est mort, tout uniment d'une apoplexie nerveuse, suifes' inévitable d'un travail extrêmement pénible et désagréable, poux sortir de l'embarras des projets funestes; avec lesquels on a su embrouiller l'arrangement des dettes et des finances. Déjà la. seule expédition de mon Roi pour Varsovie Ta si fort accablé, qu'au bout de deux jours après son départ d'ici, il se sentit attaqué plusieurs fois de petits vertiges qui augmentèrent à chaque jour de poste, par les nouvelles désagréables qu'il recevait de Varsovie; j'avais bien cherché à prévenir les suites par djes saignées épispastiques et autres remèdes convenables, et je parvenais à les calmer en partie ; mais chaque jour de poste renouvelait les causes, si bien que, après la lecture de la dernière poste qu'il avait reçue, il resta; pendant quelque temps comme immobile suTj sa chaise, et réalisa le prognostic que
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j'avais fait à Grodno. Ce n'est ni le climat ni aucune autre chose qui est la cause de la mort du Roi: Il s'est porté parfaitement jusqu'au commencement de cette année; mais, depuis ce temps, travaillé et tracassé de côté et d'autre d'une manière impitoyable, il a succombé, et devait succomber dans le meilleur pays du monde. A Touverture de son corps on n'a rien trouvé d'extraordinaire que ce qu'on trouve ordinairement chez le» personnes mortes d'apoplexie : des cérosités dans les ventricules du cerveau; tout le reste dans le meilleur état, pas la moindre concrétion polipeuse dans les vaisseaux. J'étais moi-même étonné de ne pas lire davantage, ni sur sa mort, ni sur sa vie, ni sur ses funérailles, qui auraient mérité un article à part. Il est mort de la même manière que la défunte Impératrice et enterré avec les mêmes honneurs. Quant à moi je ne peux rien encore vous marquer de positif sur ce que je ferai ; en attendant je serai toujours avec bien de la considération, Monsieur,
Votre très-humble serviteur
Signé: Bocelee, D.
A monsieur, monsieur de Bacciarelli, secrétaire du cabinet de feu le Roi de Pologne.
3dbv'
Relation des funéraiUea de feu 8a Majesté Stanislas Attffthte, roi de Pologne , depuis le 12 février •jusqu^au 8 mars 1798.
Le Roi étant mort le 12 février à huit heures du matin, on envoya aussitôt de nombreuses offrandes à réglise pour y faire dire des messes. Depuis ce jour, par ordre de TEmpereur, la garde monta au palais de marbre, résidence du feu Roi et Ton doubla les sentinelles. L'Empereur nomma une commission chargée de s'occuper des cérémonies de Tenterrement; elle était composée du comte Bezborodko, le même qui avait été placé auprès du feu Roi depuis Vannée 1795, et du conseiller Kuradynski. Le 13, le Roi fut embaumé et son coeur et ses entrailles enfermés dans un vase séparé; le Roi fut vêtu de l'uniforme de la cavalerie nationale de Pologne, on lui mit ses pourpres, ordres; il fut placé pendant neuf jours dans sa chambre avant que les appartements où il sera exposé publiquement soient préparés. Le 14, le métropolitain commença à dire les prières accoutumées auprès du corps du Roi, les personnes de sa suite se relevaient successivement pour faire le service près dé leur maître ; dans une des salles on fit au milieu un lit de parade de glace d'argent; près des degrés il y avait cinq tabourets de la même étoffe, deux à droite pour les ordres de Pologne, deux pour '*eux de Russie, et pour ceux de Pruss<J(KôgIroyait
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80UB le dais l'aigle de Pologne, ayant sur la poitrine les armes du Hoi; au-dessus du lit de parade on avait brodé sur des coussins de velours les chiffres du Eoi; à la droite de trône était placé une table avec une couronne d'or massif, ainsi qu'un autel pour y célébrer l'office ; tous les appartements étaient tendus de noir avec du crêpe blanc; toute la cour du Roi était en grand deuil. Le 22 février on posa le corps sur lit de parade; des sentinelles furent placées près du trône; les principaux seigneurs de la cour, l'archevêque Sestrencev^ricz avec le clergé, l'Empereur, les grands ducs, le prince de Condé se rendirent à cette cérémonie, douze per- , sonnes de la cour du Roi portèrent son corps sur le lit de parade, qui fut placé sur le trône et couvert du manteau royal. Des officiers de la garde se placèrent près du lit, et sous le dais; alors le prince Kourakin présenta à l'Empereur la couronne. Sa Majesté s'inclina devant le corps et, deux chambellans ayant levé la tête du cadavre, il lui posa la couronne; l'archevêque présenta ensuite l'aspersoir avec de Teau bénite à l'Empereur qui en aspergea le défunt Roi. Les grands ducs et le prince de Condé en firent de même. Après l'on récita des psaumes et l'Empereur se retira. Depuis le 22 jusqu'au 26 , des chambellans et des pages de la cour conjointement avec ceux du défunt firent le service auprès de son corps, ainsi que les officiers de la garde. Depuis dix heures du matin jusqu'à huit heures du soir, les appartements furent ouverts
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au public, on compte plus de 30 mille personnes qui ont rempli ce pieux devoir; le matin furent célébrées des messes et Taprès dîner furent chantés des psaumes. Le 26 février à cinq heures du soir, on posa le défunt dans un cercueil, avec le manteau et la couronne; Tarchevêque s'y rendît avec tout le clergé catholique et les personnes de la cour Impériale. L'Empereur s'y rendit dans son équipage de parade avec les grands ducs, le prince de Condé; il fut reçu au haut de Tescalier par le clergé portant la croix et les personnes de la cour du Roi, qui raccompagnèrent dans Tappartement du catafalque, où le corps du défunt devait être transporté du lit de parade ; ceci eut lieu dans Tordre suivant :
Le maître de cérémonie, comte Golowkin, ouvrait la marche, après lui quatre cavaliers de la cour du Roi, savoir: deux chambellans et deux aides-de-camp conjointement avec quatre cavaliers russes. Les cavaliers de la 1'® classe portaient Tétendard avec les armes du Roi, un cavalier de la 4°*® classe ayant à ses côtés deux de la 1'® classe portait sur un coussin le cordon de Taiglé noir, à la droite un cavalier de la 3°*« classe assisté de deux de la 5"*® portait le cordon de St. Alexandre Newski, de même un à gauche de la 3™*, assisté par deux de la 5"*% portait le cordon de St. Stanislas; puis un cavalier de la 3"*® classe, accompagné de deux de la 5™®, portait le cordon de l'aigle blanc ; suivaient ensuite ceux de la 4"*®, qui portaient le manteau royal;
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puis le prince Kourakin a^ec la couranne &ur ttti <îous8in, accompagné des cavaliers de la 4™® classe; après lui le clergé, enfin le cercueil porté par ceux de la 5™® classe, qui le posèrent sur le catafalque près duquel furent placés des officiers avec des épées toutes couvertes de crêpe et huit sentinelles en armures d'argent massif. Le clergé entoura le cercueil et après les cérémonies accoutumées Ton se retira.
Le catafalque était placé entre quatre colonnes, qui soutenaient un dais de satin violet garni de franges d'or et doublé de taffetas blanc parsemé d*or; les cinq cordons des ordres furent repartis sur des tabourets de même que dans la salle du lit de parade, une seconde couronne fut placée près du cercueil ainsi que Tétendard avec le^ armes. La salle était tapissée de noir avec les armes du Roi, avec des festons de crêpe blanc garnis de frange d'or; près des colonnes étaient de petits génies tenant des écussons couronnés aux chiffres du Roi; le corps était couvert du manteau à Texception de la tête; à droite se trouvait un autel où furent célébrées des messes. Dans la chambre attenante était un détachement des gardes. Durant tout le temps qu'il fut exposé sur le catafalque, il fut visité par les ministres étrangers et une Ibule de personnes de distinction ; un cavalier de la 2^® classe et un de la 3™® étaient désignés chaque jour pour faire le service. Depuis le 26 on porta le deuil à la cour pour quatre semaines. Le 5 mars était
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fixé pour transporter le défunt Roi à Téglise; ceci eut lieu de la manière suivante:
Première division.
Un escadron des chevaliers gardes à cheval e» armures d'argent. Le maître de cérémonie de la 8°*® classe à clivai, le fourrier de la maison de. l'Empereur à pied, après lui deux; domestiques,, deux valets de chambre, dix personnes de la cour du feu Roi, son fourrier à cheval en uniforme avec veste noire, crêpe au chapeau et écharpe en bandouillière de crêpe noire et blanc, six chevaux de main couverts de longues housses noires aux armesdu Roi, conduits Tun après Tautre chacun par un palefrenier. Deux postillons à cheval, trois voitures drapées à six chevaux également couverts de housses noires aux armes du Roi, à côté de chaque portière deux domestiques. Le fourrier du Roi à cheval en habit de gala fort riche, deux postillons à la livrée du Roi, sa voiture de parade; près du siège deux pages en habits de gala, le visage tourné vers la glace de devant; à côté de la voiture quatre hayducs, deux pages de la chambre à cheval, richement habillés ; Téouyer et le sous-écuyer du Roi dans leur uniforme de parade près des voitures.
Seconde division.
Le fourrier de la chambre de l'Empereur avec un palefrenier à cheval, deux fourriers de la cour
SE STANISLAS AUetTSTE. 233^
à pied| quarante valets de pied de TEmpereur et huit coureurs; le gouverneur des pages de TEmpereur en uniforme avec un crêpe au chapeau et à l'épée, son cheval couvert de crêpe noir et vingt pages à pied.
Troisième division.
Le maître de cérémonie à cheval de la 8"** classe, deux maréchaux à pied de la 8^^ classe, six trompettes, un timbalier accompagné par deux palefreniers, Tétendard noir aux armes du Roi porté par un chevalier de 6°^® classe assisté par deux de la même classe, un chevalier armé de pied en cap à pied et tenant la pointe de son sabre baissé, le cheval mortuaire avec une longue couverture traînante, mené par deux palefreniers. Le grand étendard de parade aux armes du Eoi porté par un chevalier de la 6°^® classe accompagné de deux officiers de Tétat- major sans deuil. Un chevalier armé de toutes pièces en armes d'or sur un cheval richement caparaçonné et mené par deux palefreniers du Koi. Le cheval du défunt Eoi très-richement caparaçonné, mené par deux palefreniers du Bioi en livrée de gala, deux autres portaient les bouts d'une très-riche housse. Des chevaliers de la 6™® ' classe portant les armes du Roi.
Quatrième division. Le midtre de cérémonie de la 6°^® classe à cheval, des maréchaux de la 6°*®, après les chevaliers
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4e la 3°*® et 4"*® olasse rangés deux à deux •d'après leur ancienneté.
Cinquième division.
Tin escadron des chevaliers gardes à cheval en armures d'argent, deux maîtres de cérémonie à cheval de la 5"*® classe, deux marécha\ix à pied de la 5™« classe. Deux hérauts d'^rtne® ée la li"« classe. Les cordons et la cour<$nne <lu f^u Eoi portés dans le même jordre que dans la «aile de parade.
Sixième division.
Le maître de cérémonie à joheval de la 6*® classe, deux maréchaux à pied de la 6°*® classe. Les musiciens jouant des airs lugubres sur des instruments à vent, après Tarchevêque Siestrencewicz, le métropolitain grec uni de Kiew, Eostocki, Tévêque 4e Eennes, plusieurs autres prélats et chanoines et tout le clergé entouré de trente cadets à pied portant des flambeaux allumés. Le confesseto* du Roi portant la croix avec deux autres ecclésiastiques. Le char mortuaire sur lequel était le cercueil sous un dais royal traîné par huit ohevaux, tenus chaoun par un palefrenier et couverts de longues couvertures noires aux armes du Roi; près du cercueil, les chevaliers de la 5™® classe tenant les bouts et oordons du baldaquin, de chaque côté deux ofiSciers
des chevaliers gardes en armure d'argent; puis les chevaliers de la 2^« et 3"*® classe, M. de Mniezech, le prince Michel Lubomirski , le prince François Sapieha, M. Walicki, chevalier des ordres de Pologne, M. Eaczynski, commandeur de Malte, M.
Chreptowicz, chevalier de Malte, et toutes les. personnes de la cour du Roi.
Septième division.
Le maître de cérémonie de la 4"*® classe à cheval, deux maréchaux de la 4™® à pied, les chevaliers de la 1**® et 2^® classe marchant deux à deux. Un escadron des chevaliers garaes à cheval en armes d'argent fermait le convoi ; tous les maréchaïux portaient des manteaux, des chapeaux ronds avec un crêpe noir pendant et à la main des boutons entourés de crêpe blanc et noir. Les maîtres de cérémonie avaient des écharpes de crêpe noir et blanc, des habits de deuil avec des pleureuses, mais sans manteaux, des chapeaux ronds avec un crêpe noir. Durant toute la marche, l'Empereur, qui commandait à cheval les troupes avec ses fils, a toujours marché à côté du cercueil tenant la pointe de son épée baissée. Les troupes rendirent les bonne ::rs militaires aux dépouilles du Eoi. Arrivé à la port?e de réglise catholique, l'Empereur resta auprès des troupes. Les personnes de la cour du Roi prirent son cercueil et le portèrent sur un catafalque magnifique au milieu de l'église sous un dais ; six figures
236 HÉMOIBES SSC&ETS £T INEDITS
représentant la religion^ la magnificenccy le couragej la piété, la modération et la justice, ainsi que deux colonnes avec des urnes cinéraires formaient les principaux emblèmes de ce superbe édifice funéraire. Toute l'église était richement illuminée, tapissée en noir, ornée des armoiries et chiffi^es du Eoi. Les cordons des cinq ordres ainsi que la couronne et l'étendard furent placés de la même manière que près du lit de parade. Six officiers en armure^ d'argent avec des espontons couverts de crêpe, furent placés près du cercueil et douze soldats sur les dégrès. La messe fut célébrée par Tarchevêque de Mohilew avec l'accompagnement d'une excellente musique. Durant Toffice dix - huit hommes de troupes firent un triple salve. Tous les ministres étrangers ainsi que les personnes des deux sexes des quatres premières classes assistèrent à ce service. Le maître des cérémonies, comte Golowkin, ainsi que trois chevaliers russes de la 2*® et 3°^® classe, un chambellan de l'Empereur, six officiers et douze soldats des gardes, et les personnes de la cour du Koi, firent jour et nuit le service auprès du corps du feu Boi, jusqu'au moment où il fut transporté an caveau. Dans l'après dîner de chaque jour le clergé chantait les psaumes, l'église fut toujours également illuminée jour et nuit. Le 6 mars l'office fat célébré comme le jour précédent par l'archevêque de Thèbes, comte Litto, ambassadeur du St. Siège. Le 7, ce fut le tour de l'archevêque de Mohilew, Siestrencewicz. Le 8, après la grande messe des
morts chantée par Fambassadeur du Pape, ce dernier avec l'archevêque de Mohilew, le métropolitain grec uni de toutes les Russies, Tévêque de Rennes et le prélat mitre Dederko firent les dernières oraisons et les cérémonies d'usage avant la descente du cercueil dans le caveau. Ceci ayant eu lieu, les personnes de la cour du Roi ayant pris la bière où reposait leur défunt maitre, la portèrent dans un sépulcre préparé dans la même église, et la descendirent dans le caveau où ils la placèrent dans un second cercueil de cuivre doré où il fut enfermé à clef. L'ouverture du sépulcre fut couverte d'une pierre' sur laquelle sera érigé un monument avec répitaphe suivante:
Stanislaus Augustus
Rex Poloniae Magnus Dux Lithvaniaô
insigne documentum utriusq. Fortunée
prosperam sapienter, diversam fortiter
tulit
Obiit Petropoli VH, Kal: Febr. MDCCXCVIII
Natus Annos LXVI.
Paulus [ Autocrator
et Imperator totius Russiœ
Amico & hospiti
posuit.
MÉMOIKES SSCRETS £T INÉDITS
Proclamaticm impériale relative h Vhaiillement
J P. Murawiew obei^olicyi Majstrowi i Kawalerowi ^ nmiejszym pîsmëm bez zatrzymania si^ do wykonania zelecam W. Panu ii byé wszystkich w tym mieécie mieszkaJÉ^ cych przez kogo naleiy uwiadomiï.
1. Zakazuje siq wszystkim nosic frakî, a pozwala sî^ mied auknie niemieckie z pojedynczym stoJÉ^cym kolnierzem , iiby nie byl szerszy jak trzy cwierci wierszka , a mahkiety maj£|, bydz tego koloni jal^o i koinierz.
2. Zakazuje siq nosië wszelkiego rodzaju zylety, a zamiast tych uiywad z-wyczajnych niemieckich kamîzelek,
3. Trzewikow wstf^zkami wif^zanych nie nosic lecz sprzs^ikumi , takie krotkie sznurowane s przodu albo z wykladkami buty.
4. Nieokr^cad szyi wielu chustkami, halsztukami albo krzyiowemi chustkami, lecz przystojnym sposobem wi^zac szyjq bez zbytniëj grubosci. —
,Przy tym rz^d Domow trzymaj^cym i gospodarzom jaknajsurowiéj zalecié iiby wszystkich przyjezdzaj£|,cych do mieszkania albo tylko na jakié czàs wich domy smiadomili nielylko o zadosyd uczynienie niniéjszego przepisu lecz i o simych dawniéj wyszlych. Jeieliby siq zdarzylo èe komu kolwiek otemnie doniesiono, to zwykraczajs^cemi postî^ piono bqdzie jak najsurowiéj podlug praw. Oryginal podpisany przez Grafa Bukshewdena d. 19. stycznia 1798 roku.
Ze zaé wszyscy przy dworze bqd^cy jako i inné zpaczniëjsze osoby, maj^ bogate albo niemieckie albo^ancuzkie suknie z pojedynczym wysokim kodnierzem stoj^cym -^ Graffa Fedora Fedorowicza Bukshewdena, wostatnim obwie
8zczeni|i, mieszkancom tutëjszego miasta uwiadamia siq, a miara projedynczym stojficym kolnierzom nicoznacza siq a zostawuje siq do woli kaidego. Jednakowoi iyczenîëm jëst iiby zbytniî^ wysokoscifi zrobione nie hylj. U liberyi moie hydi leis^cy podwojny kohiierz albo jak siq komu podoba, lecz ieby ta byla koloru herbowego z burdami albo bez tychie. —