‹ Mémoires secrets et inédits de Stanislas Auguste comte Poniatowski, dernier roi de Pologne, relatifs à ses rapports intimes avec l'impératrice Catherine II et à son avénement au trone. Journal privé du roi Stanislas Auguste pendant son voyage en Russie ... Suivi d'une relation de ses funérailles, depuis le 12 février jusqu'au 8 mars 1798Chapitre 4 sur 13 · MÉMOIRES 8EC2LETS £X INÉDITS · texte numérisé non relu

MÉMOIRES 8EC2LETS £X INÉDITS

davantage ce jour-là. Sa parure n'était voilée par aucune pelisse quoiqu'il gelât assez fortement. Elle n'a pas cessé de saluer de tous les côtés de la ma* nière la plus gracieuse. Son carrosse était suivi du régiment des gardes Siemianowski. Venait ensuite le carrosse dans lequel étaient les grandes duchesse» Marie et Catherine, filles de LL. MM. Impérialea^ et Mme de Lieven leur gouvernante sur le devant. La grande duchesse -épouse du grand duc Gonstan* tin et la grande duchesse Elisabeth fille dnée de liL, MM. Impériales^ se trouvant incommodées d'uo gros rhume, sont restées à Petrowski, d'où elle» ont été transportées ici. —

Une quarantaine de voitures contenant les principales dames de la cour suivaient les princesses» Le régiment des chasseurs du corps fermait la marche. Toutes les rues par lesquelles l'Empereur a passé étaient bordées des deux côtés par trois et quatre rangs de banquettes en amphithéâtre pentes en festons. Le même entrepreneur qui les a construites s'est fait payer les places jusqu'à cinq roubles; si cela est vrai, il doit avoir gagné 40 à 50 mille roubles. Le soir du même jour la plus grande partie de la ville a été illuminée.

Lorsque l'Empereur est arrivé au palais où il loge, le comte Bezborodko lui a présenté sur le perron, le pain et le sel, et un nombreux clergé a entonné un hymne avec lequel il a conduit le souve-rain à la chapelle du palais, après quoi il y a exL présentation de 300 à 400 dames et puis encore

DE STANISLAS AVGXJSTE. 83

les vêpres dn dimanche des Rameaux. Le 29 mars, quatorze personnes de la suite du Roi ont été présentées par le général comte Bezborodko, au cham- 5 bellan de service Massalski, lequel les a présentées 2 ensuite à LL. MM. Impériales. Toutes leur ont I baisé la main; l'adjudant Kirkor, le secrétaire Pu- ^ zyna, les deux écuyers Kawecki et Akamitowski, ? l'abbé Jurewicz et Freisse ont du ajouter les génuflexions au baise-main, comme sujets actuels de l'Empereur. Une heure après le Roi, accompagné du comte et de la comtesse Mniszech et du prince Stanislas, est allé chez l'Empereur, qui l'a embrassé i comme de coutume; après quelques moments d'entretien, TEmpereur permit à sa cour d'achever le baiee-main qui est d'usage ici tous les dimanches. Ensuite l'Empereur fit passer le Roi dans le cabinet de l'Impératrice avec la famille impériale, où il laissa le Roi pour vaquer à quelques occupations du jour, et surtout pour l'audience du nonce apostolique Litto qui devait avoir lieu dans cette / ma- 9 tinée, et qui, par je ne sais quelle raison, n'a pas eu lieu, et le nonce est retourné chez lui sans avoir vu l'Empereur. L'Impératrice fit appeler dans le cabinet ou le Roi se trouvait, la comtesse Mniszech, et lui attacha de ses mains son portrait avec le ruban bleu en cocarde, ce qui Ta constituée dame du portrait ; elle lui a promis en même temps de remplacer cet ancien portrait mal peint, qu'elle lui avait tonné à Wisniowiec en 1781, par un meilleur.

A dîner le Roi fut placé comme à Pétersbourffy

entre LL. MM. Impériales. L'Impératrice demanda au Roi des nouvelle de Mme de Cracovie, de la comtesse Thérèse Tyszkiewicz et du prince Joseph. Comme le Roi savait qu'une grande présentation de dames devait avoir lieu l'après dîner, il se retira bientôt.

Le ^^Ij ^j- l'ambassadeur d'Autriche Cobentzel, renvoyé d'Angleterre Withwort, le prince Repnin avec sa femme et sa fille, et la princesse Radziwill, née Przezdziecka, ont soupe chez le Roi. Le lendemain la princesse Gagarin née Galitzin, épouse de celui qui fut chargé par l'Empereur de la recevoir dans la maison qu'il habite, le comte Charles Briihl, le comte Jean Potocki, celui qui a voyagé en Afrique et qui est ici délégué de Braclaw, les deux frères Chreptowicz, ont soupe chez le Roi- Le iuême jour dans l'après dîner, l'archevêque latin catholique de Polock, Siestrencewicz, et nombre de délégués polonais de toutes les provinces, sont venus se présenter au Roi, ainsi que l'aîné comte Dzialynski, revenu de son exil, où il a été assez près de la mer glaciale, dont il a rapporté différentes curiosités en habits, armures qu'on appelle piesolc et des renards bleus. Le [T^^p le mal-entendu qui a empêché le nonce Litto de voir l'Empereur hier se trouvant éclairci, son audience doit avoir lieu aujourd'hui. —

DE STANISLAS AUGUSTE. i 1 / / /* 85

Bulletin No. 12.

. A Moscou ce 6/18 a^vril 1797.

Le 30 mars/ Le nonce Litto a eu audience dans Taprès dîner; il a été très-satisfait de Vacôueil que LL. MM. Impériales ainsi que leur famille lui ont fait. Le 11 avril, différents seigneurs de la cour de Russie sont venus se présenter au Roi. Le 12 le Roi a eu le plaisir de voir chez , lui à souper le ©once Litto, son frère le bailli de Malte et l'auditeur Benvenutti. Le 13 le Roi a communié dans Téglise jg[u'on ap- •

pelle ici Téglise allemande, pour la distinguer d'une >

plus petite, qu'on appelle l'église française, où le |

Roi avait entendu la messe la veille. L'archevêque latin de Polock, Siestrencewicz, officia en personne j

dans ces deux jours et donna la communion au Roi J

le jeudi saint. Le Roi a trouvé les deux églises •

remplies de monde. Elles ne sont habituellement I

desservies que par très-peu de prêtres, mais comme I

l'Archevêque en a amené plusieurs avec lui, le ser- p

vice pendant la semaine sainte s'est fait avec décence, autant que cela était possible dans ces deux églises beaucoup plus petites que celle de Pétersbourg. Le 14 le Roi a assisté à Toffice du jour dans l'église allemande, laquelle probablement a été fondée sous les auspices de l'empereur d'Autriche Charles VI, parce que l'on y voit son portrait en grand, près du maître-autel... Comme il y a tous les jours un petit détachement du corps de cheva-

86 MÉMOIKES 6ECBETS ET INEDITS

liers gardes, qui est de garde dans Taiitichambre du Eoi, le Roi a désiré que Tofficier qui le commande, dine avec lui. Ils ont cru ne pas devoir accepter cette invitation sans un ordre exprès du comte Puszkin, général ^n chef et qui eet leur commandât. Le Eoi a demandé son consentement, et il Ta donné très-volontiers. Le prince Bepnin a dîné ce jour chez le Roi, mais il n-a voulu maoïger que des plats à l'huile. Le général comte Bezborodko a remis au Roi la notice pax écrit du temps et des lieux où le Roi est invité de se trouver pendant la cérémonie du sacre. Les places pour sa famille et sa suite sont aussi désignées dans cette notice. —

Le 15 rien de remarquable.

Le 16 le comte Mniszech élu, quoique absent, délégué de Yolhynie a dû se rendre dès six heures du matin au Kremlin avec tous les autres délégués des différentes provinces de Tempire, au nombre de près de 200. Comme il manquait quelques délégués, pour cause de maladie, les délégués présents ont élu des suppléants, l'un desquels a été M. Dzîalynski tout récemment revenu de Sibérie. Le prince Sanguszko n'est pas venu pour cause de maladie. Le prince Michel Lubomirski élu quoique absent et le prince François Sapieha, Bukajîy Tex-ministre en Angleterre, Jean Potocki le voyageur, le général Kozlowski, Tainé Chreptowicz, le palatin Zaba et une infinité d'autres Polonais faisaient nombre.

Le Roi, Mme de Mniszech e.t le prince Stanislas^

;DE STANISLAS AUOTTSTE. 87 .

après la messe dite chez le Roi par Tabbç Jurewicz,

fie sont rendus an Kremlin à 7 heures; Mme Mni-

szech a été placée parmi les dames du portrait. Le ^

prince Stanislas a été placé parmi les généraux en S

•chef. Le Roi a été conduit dans une espèce de f

tribune située directement derrière le trône de l'Em- I

pereur et un peu plus haut, de sorte qu'il a pu voir

tout ce qui s'est passé pendant la cérémonie. Cette p

église cathédrale est un bâtiment carré dont quatre très-gros piliers ronds font les arcs boutans des voùtes, qui vont en tous sens; deux rangs de fenêtres peu grandes^ des deux côtés opposés au dôme, éclai- |

rent ce carré, qui peut avoir environ 80 pas en tous «ens, donnent moins de jour que n'en ont commune- I

ment nos églises. Celle-ci n'est cependant pas d'une obscurité effrayante comme celle de Nowogrod. Les i

quatre parvis, ainsi que les qoatres piliers et tou- ■

tes les voûtes, sont remplis depuis le pavé jusqu'au |

haut (par compartiments) d'images de saints peintes *

sur le mur en même temps ou peu après que l'é- j

difioe a été construit, il y a de cela cinq siècles. ^ J

On croit parler modérément en réduisant le nombre J

de ces saints et saintes à 3 mille, il y en a de toutes les tailles, peintes sur un fond d'or dans le goût grec du bas-empire. Autour des trois côtes de cet édifice on a placé cinq rangs de bancs revêtus de drap rouge, mais seulement pour y être debout, tant hommes que femmes. Il n'y avait qu'une chaise dans le réduit ou l'espèce de chaire du Roi, sur le quatrième côté de ce carré et le sanctuaire séparé

88 MÉMOIRES SECfiETS ET INEDITS

du reste par une décoration, dans laquelle se trouve ce qu'on appelle Carskie Dwiery. Entre les quatre grands piliers on a pratiqué un emplacement auquel jt* on monte par une dixaine de marches ; cet emplace-

<[iî ment couvert de drap rouge portait encore une pe-

XZ tite estrade sur laquelle furent placés les manteaux

^ de l'Empereur et de l'Impératrice, le globe, le sceptre,

^f et les couronnes, qui furent portés sur des coussins

r— ; de drap d'or par les premières personnes de la cour

ij^ au devant de LL. MM. Impériales, qui entrèrent

à l'église vers 9 heures. L'Empereur était revêtu comme à l'ordinaire de son uniforme très-simple, ^3 en bottes; avant de s'asseoir, LL. MM. Impériales

saluèrent le. Roi. Les deux grands ducs Alexandre et Constantin accompagnaient l'Empereur, qui fut précédé par tous les maréchaux et tous les grands dignitaires de la cour. Une partie du service divin avait été récitée et chantée avant leur arrivée; il fut repris. Pendant le service, l'Empereur fut revêtu par ses fils d'une espèce de dalmatique de velours rouge, ensuite du manteau impérial de drap d'or parsemé d'aigles, doublé d'hermine, fort long et soutenu par plusieurs chambellans. Le manteau de l'Impératrice était pareil. Sur le manteau de l'Empereur était attaché de plus, la chaîne de diamants de l'ordre de Saint André. —

Le métropolitain de Nowogrod, qui est le premier en rang et celui de Moscou, Platon, qui a enseigné la religion à l'Empereur dans son enfance, et qui passe pour le plus éloquent du clergé russe,

présentèrent ensemble la couronne à l'Empereur qui la prit de leurs mains, et se la mit lui-même sur la tête. Après quelques prières et discours que lui adressa Platon, l'Empereur souleva sa couronne de dessus sa tête, et avec cette couronne toucha un peu la tête découverte de l'Impératrice, après quoi il la remit sur sa tête et en posa une plus petite sur celle de l'Impératrice; elle fut attachée ensuite fixement par les quatre premières dames dont Anna Nikityczna Naryszkin fut la première. Après on présenta à FEmpereur une espèce de livre qui ne •

contenait en très-grandes lettres que le Credo qu'il j

lut à haute voix. L'évangile fut présenté à baiser 5

à LL. MM. Impériales aussi dans une espèce de !

livre dont le titre supérieur était tout décoré d'émail et de pierreries. Ensuite LL. MM. Impé- l riales s'approchèrent du sanctuaire ; l'Empereur entra 1 pour y communier ; l'Impératrice communia dans la porte même. Ensuite on procéda à leur onction sacrée. De là LL. MM. Impériales remontèrent j sur l'emplacement élevé mentionné ci-dessus. Au- I dessus de leurs têtes était suspendu un dais de ve- \ lours rouge brodé aveC' la plus grande richesse et attaché à la voûte par des cordes. Entre ce dais et le sanctuaire pendait un lustre d'argent rempli d'une centaine de torches allumées, le poids de ce lustre doit être énorme ; on dit qu'il pèse huit quintaux. Dans cet emplacement se trouvaient, outre une trentaine de premiers seigneurs et les quatre premières dames, huit chevaliers gardes, l'épée nue

SO MÉMOIKES SECKET8 ET INEDITS

à la main et armés de casques, cuirasses, brassards, et cuissards, tout d'argent massif et poli et cloué d'or; les- mentonnières fermaient les casques. Une i« centaine de chevaliers armés pareillement et panachés

^ de blanc étaient, répandus dans le temple, et ont

3 précédé TEmpereur toute cette journée dans toutes

* ses différentes marches. L'église contenait en tout,

:J au plus deux mille personnes ; aux deux côtés de

N Tendroit où le Roi était placé se trouvait tout le

■j corps diplomatique, composé d'une quarantaine de

personnes y compris tous les secrétaires. Le nonce J Litto avait la première place, les ambassadeurs im-

J pénaux et de Suède le suivaient, les autres s'étaient

S placés indistinctement. Les épouses des envoyés de

lîaples, de Venise, et de Saxe, étaient dans les bouts 5 à la gauche du Roi, tout cela sur le même paroi

I derrière le dais impérial. Sur le paroi à droite

i étaient les grandes duchesses et toutes les dames-

Sur le paroi à gauche et dans tous les autres bancs 3 étaient répandus tous les hommes des quatre

' premières classes, militaires et civiles. Le comte

; Pouszkin, général en chef, à présent feld-maréchal,

en qualité de commandant des chevaliers gardes, était armé de toutes pièces, aux cuissards près à cause de la faiblesse de ses jambes et de son âge. Les deux feld-maréchaux Soltykow étaient auprès de l'Empereur. Le feld-maréchal prince Repnin n'a fait que passer par l'église quelque temps avant que l'Empereur y entrât. Ensuite il resta en dehors pendant toute la cérémonie, comme commandant gé-

aérai des -troupes qui eont ici. Dans la petite loge du Roi, ses deux chambellans Trembecki et Wolskî, les adjudants Kirkor et Byczewskî, et ses deux se- <3rétaire8 Puzyna et Fabian Poniatowski, eurent peiv »

mission d'être auprès du Roi. Le général Bezbo- X

rodko et le prince Odiejiewski s'y tinrent également. Après Ig, messe, l'Empereur lut à haute voix une nouvelle loi, par laquelle il fixe l'ordre de succession; dès qu'on l'aura, elle sera jointe aii bulletin prochain. Après cette lecture l'Impératrice et chacun de ses enfants vint lui baiser la main et il les • embrassa. Environ à midi et demi LL. MM. Im- j périales et toute leur famille sortirent de cette ca- • tbédrale qui s'appelle TJapiemhaja^ en polonais TJar f pienia, c'est-à-dire Tassomption de la Sainte- Vierge. L'Empereur et toute la cour visitèrent ensuite deux ; autres églises, qui ont aussi le titre de cathédrale, I •qui sont plus petites que la TJspienskaja , mais fort près d'elle et également dans le Kremlin. Bans cette marche l'Empereur était précédé de ses chevaliers gardes, des héraults d'armes, de toute la 1 cour, du grand maréchal comte Szeremetieff, du maréchal du couronnement prince Jousoupoff, de tous les maréchaux inférieurs, de tous les nlaîtres de cérémonies, qui tpus portaient leurs bâtons d'argent •différemment ornés selon les grades.

L'Empereur portait la couronne, le sceptre, le ^lobe et était revêtu de sa dalmatique et de son grand manteau, soutenu par ses deux fils ; il marchait «ous un dais dont les bâtons étaient portés par dix

92 MEMOIBES SECRETS ET INEDITS

généraux et les cordons d'argent par dix autres. L'Impératrice suivait sous le même dais. Après la visite des trois églises LL. MM. Impériales se renjti dirent dans la grande salle du palais, nommé Ora-

^i notoàa Pcdata, Cette pièce est éclairée de deux rangs

X^ de fenêtres des deux côtés. Au milieu est un grand

^ pilier auquel aboutissent les voûtes de tous, les côtés-

^'3 . Ce pilier carré était garni du haut en bas d'un mil-

r'- lier de pièces d'orféverie, qui composaient le buflfet

jj^ de parade. Le trône impériale était placé entre

deux fenêtres du troisième paroi. Sur cinq marches couvertes ' de velours était placé le siège de l'Empereur, et à sa gauche un plus petit d'ivoire pour rjmpératrice ; devant eux la table de leur dîner; avant qu'ils fussent servis, le général major ArakczeyeTi^ lut à haute voix la liste de toutes les grâces et décorations accordées ce jour-là aux per- j sonnes du militaire. Et le conseiller d'État Troszczynski lut la liste de toutes les grâces et décorations accordées au civil. La plus marquante de toutes fut le titre de prince de l'empire russe au comte Bezborodko, avec le don de dix mille paysans, et une phrase d'éloge des services rendus au Souverain et à l'Etat par le nouveau prince. Il avait j déjà reçu peu de jours auparavant le premier portrait donné par l'Empereur régna»t. Son frère qui est auprès du Roi a eu le cordon de St Alexandre et 13,000 mille paysans. Le prince Eepnin a eu 6,000 paysans, tous les noms des bénéfices se trouvent dans les gazettes. Il y en a environ deux

cents. Â différentes autres tables étaient placées les dames et seigneurs des trois premières classes. Le prince Stanislas et le comte Mniszech étaient placés parmi ceux de la seconde classe, c'est-à-dire des généraux en chef. Les ministres étrangers disparurent lorsque l'Empereur eut bu Bon premier Terre. Dans, le même temps les deux grands ducs, leurs épouses et les quatres grandes duchesses, filles de LL. MM. Impériales, vinrent trouver le Roi dans l'endroit élevé où il était et d'où, par Touverture d'une arcade, il avait vue sur toute la salle; à coté de cet endroit se trouvait une table servie, où le Roi dîna avec toute cette jeune famille impériale et les trois dames attachées à LL. MM. Impériales. Après le dîner l'Impératrice fit appeler dans sa chambre de dais des dames déjà décorées et celles qui doivent l'être. La princesse Repnin a eu le cordon de Ste Catherine ; la princesse Radziwill et Mme Nelidofw sont devenues dames du portrait et ont eu le cordon de Ste Catherine de la seconde classe, qui est sans plaque ; l'Empereur a envoyé l'écuyer prince Galitzin au Roi pour lui porter la médaille de son couronnement, laquelle porte d'un côté son buste trèsressemblant, et de l'autre tout simplement une croix sans aucune inscription. Ce qui rend cette médaille particulièrement remarquable, c'est que le coin en a été gravé par l'Impératrice,- de sorte qu'au bas du buste où les médailleurs placent ordinairement leur nom, elle a placé le sien; c'est sur le coin de la grande médaille; car la petite n'est qu'une imitation

94 MÉMOIRES SECHET8 ET IKÉDITS

faîte à la monnaie et moins bonne que PoriginaL Vers le soir, rimpératrice a envoyé à Mme de Mniszech 8on portrait enrichi de brillants beaucoup mieux peint que celui qu'elle lui avait donné à Visniowiec, et déjà décoré du cordon de St. André, queTIfiapératrioe est censée avoir reçu ensemble avec le couronnement. —

Bulletin No. 13.

Moscou ce 9/21 a^ril 1797.

Lundi ce lé avril, cette journée fut employée par LL. MM. Impériales à recevoir les hommages d'office des seigneurs et dames des premières classes. Mardi 7 avril tous les ministres étrangers ont fait leurs compliments de félicitations à LL. MM. Impériales. Le nonce Litto parla le premier et son discours bien prononcé fut le seul qui put être entendu des assistants, et il fut généralement trouvé fort bon. Pendant ces audiences des ministres étrangers, toutes les dames du portrait étaient rangées le long de la salle, du, côté où était assise l'Impératrice; les seigneurs étaient placés à la droite de la salle, du côté de TEmpereur; cela se pïussa de même dans Granowita Palata. Pendant la solennité de ces trois jours, TEmpereur était constamment revêtu de ses vêtements impériaux avec la grande couronne en tête. La princesse Radziwill, quoique dame du portrait, ne put arriver qu'après

les audiences à cause que Tassieu de sa voiture ayait ' cassé en chemin. Après ces audiences TEmpereur sortit de ses appartements pour jeter un coup d'œil sur la fête yraiment impériale qu'il donnait ce \ jour -là. Des tables dressées dans toutes les rue» i du Xremlin et dans plusieurs des places longues de , la ville, étaient servies eu viande, pâtisseries et boissons pour le peuple de. Moscou, auquel il fut permis d'emporter, après avoir mangé, non seulement les plats de bois, mais jusqu'aux tables; on compte que plus de 100 mille habitants des deux ^ sexes ont dîné ce jour-là aux dépens de l'Empereur; il ne s'est rien vu de pareil depuis les Conn giaria que quelques empereurs romains ont donné au peuple de leur capitale ; le tout s'est passé sans I le moindre désordre. Le même jour, le Roi fit une promenade à cheval pour aller voir le Dziewiczy MonaBteTj atué à quelque distance de la ville. C'est là où la princesse Sophie, sœur de Pierre4e-Grand,. a pasèé les dernières années de sa vie. On a montré au Roi son tombeau, le logement qu'elle a occupé, son portrait; elle j paraît la couronne sur la tête, le sceptre en main; septante religieuses y habitent et quatre prêtres. Ce monastère est rente aujourd'hui de deux mille roubles. Une église principale et deux moindres sont contenues dans l'enceinte formée par un mur à crénaux et plusieurs tours qui en faisaient autrefois une espèce de forteresse. La mère abbesse pria le Eoi de passer dans son loge* ment où elle lui présenta un petit déjeuner. Le

Digitizéd by VjOOQIC

96 MÉMOIBES SECEETS ET INEDITS

Roi alla ensuite visiter une autre personne décorée d'une croix pectorale, qui passe ses derniers jours en retraite, après avoir quitté Pétersbourg, où elle 5 devait devenir abbesse du grand monastère que Tlm-

3 pératrice Elisabeth avait bâti et qui fut employé en-

3 suite par Catherine II pour j placer cette commu-

nauté de demoiselles, dont le St. Cyr de Louis XIV 3 lui avait donné Vidée, et dont Tlmpératrice actuelle

- a bien voulu devenir elle-même la directrice, en aug-

) mentant même le nombre des demoiselles qui y sont

^ élevées.

3 Le 8 avril, le Roi et les personnes de sa famille,

l ont dîné au Kremlin dans le logement personnel de

i TEmpereur, lequel, ainsi que Tlmpératrice, les ont

accueillis toujours avec la même bienveillance. LL. ! MM. Impériales, voyant combien la co^ntesse Mniszech

I avait fait d'efforts pour venir en robe de cour malgré

I sa migraine violente, l'ont dispensée de comparsdtre

' au bal paré de ce même jour, qui a eu lien au

j Kremlin dans la Granowita Palata. L'Empereur a

I bien voulu faire dire au Roi par le prince Repnin,

I que, depuis le dimanche dernier, il ne l'avait pas

invité à assister aux solennités de cour qui se continuèrent encore après le couronnement, parce qu'il, n'aurait pas pu toujours désigner une place convenable au Roi, mais s'il voulait assister à celles qui auraient encore lieu, l'Empereur laissait à la volonté du Roi d'y intervenir publiquement dans cette loge (causée secrète) où il avait été le dimanche passé. Le Roi sensible à la délicatesse si obligeante de

rEmpçreur, s'est rendu, ce même jour vers les 6 heures, dans la loge sus-mentionnée, d'où il a vu le bal paré pendant que LL. MM. Impériales restaient assises sur leurs fauteuils de cérémonies, pendant que les menuets dansés par les princes et princesses de la famille impériale ont duré; lorsqu'ils furent finis, LL. MM. Impériales se levèrent et passèrent successivement dans tous les endroits de la salle en adressant la parole aux uns et aux autres. Alors le Roi descendit d'ans la salle où LL. MM. Impériales causèrent plusieurs fois avec lui. Les personnes de la cour qui devaient danser les menuets, étaient appelées successivement par M. Yaluyen. grand maître de cérémonies. A ce bal, ni les ambassadeurs, ni les feld-maréchaux n'ont dansé; après les menuets succéda une contredanse anglaise, dans laquelle les grandes duchesses dansèrent avec les princes et avec d'autres cavaliers. A la fin de j

cette contredanse le Roi se retira. Quoiqu'il fît en- |

core jour pendant le bal, mais comme le ciel était |

couvert ce jour-là, les lumières ne parurent pas su- \

perflues et cette salle, dans sa forme antique, parut \

belle et très-propre à la fête, qui était ornée de la parure des dames et des cavaliers d'une grande richesse. Il va sans dire que celle de l'Impératrice et de toutes les princesses étaient les plus brillantes, mais, ce qui arrive rarement dans les Cours, c'est que la beauté et les grâces des princesses de celle-ci effaçaient réellement celles de toutes les personnes de leur suite.

98 MÉMOIRES 8ECEETS Eï INEDITS

Le Roi rentré vers les 9 heures chez lui, trouva Mme de Mniszeck toujours soufiBrante, mais pourtant j* en état de se lever lorsqu'elle vit arriver Mme

p5 Szczesna Potocka avec ses deux filles, dont l'ainée

est fille d'honneur de Tlmpératrice, toutes deux aussi grandes et plus grasses qu'elle. La vivacité, la vo- X lubilité et la gaieté de cette dame ne peuvent trou-

5 ver de place dans ce bulletin. Elle paraît n'avoir

^ vu que peu la famille Polignac, quoique établie près

5 de Tulczyn, dans un village dont le mari, qui n'est

*, pas venu, leur a donné la jouissance. Les deux

^ princes Czartoryski ont été élus, quoiqu'absents, dé-

N légués de provinces, mais ils ont été dispensés de

ç paraître avec leurs collègues, depuis qu'ils ont été

^ nommés adjudants des deux grands ducs.

J Le 9 avril, le matin, les délégués de toutes les

I provinces acquises de l'empire russe depuis le règne

I de Pierre I®' , ont été admis au baise-main d'hom-

mage de LL. MM. Impériales; cela a duré depuis 3 9 heures du matin jusqu'à midi. Les dél%ués de

; Livonie et de Courlande, par un privilège parti-

î culier, ont prononcé des discours, auxquels aucune

réponse n'a été faite, tous les autres ont fait leur baise-main en silence. Lorsque le tour de ceux de Volhjnie est venu, LL. MM. Impériales ont demandé au comte Mniszeck des nouvelles de la santé de la comtesse Mniszeck qui se trouve mieux. Hier LL. MM. Impériales ont demandé comment se portait le médecin Boeder, lequel est traité par le médecin de l'Empereur. M. Boceler est hors de danger,

mais sa convalescence sera lente^ parce que sa maladie a été une complication de goutte rentrée, d estomac dérangé et même d'un peu d'asthme. —

BuUetin No. 14.

Moscou ce 13/25 avrU 1797.

Le 10 avril. Les baise-mains ont continué à la cour, ainsi que le 22, ce qui a pris, tous les jours, plusieurs heures, à cause du nombre considérable 'de personnes des deux sexes, civiles et militaires que LL. MM. Impériales j ont admis. Le 22 c'était le tour des dames du portrait. La comtesse Mniszeck déjà rétablie s'y est rendu; l'Empereur est allé voir le monastère nommé Diewice avec sa famille. Le même jour un grand nombre de dames et de cavaliers y sont allés dans leurs plus beaux équipages, ce qui a fait nommer cette promenade le Longchamp de ^

Moscou; l'Empereur y est allé à cheval. Il y a j

eu la satisfaction de se voir entouré d'une très- >

grande foule de peuple empressé de jouir de la vue [

de leur monarque, comme cela arrive toutes les fois qu'il sort à cheval. Le bulletin actuel corrige une faute qui s'est glissée dans un des précédents. Le prince Bezborodko a reçu le jour du couronnement non pas dix, mais seize mille paysans; on suppose que ce seul don ajoutera plus de 100 mille roubles de revenu à celui qu'il possédait déjà. L'Empereur a fait publier un Wmz par lequel il rappelle à tous

100 MÉMOISES SECRETS ET INEDITS

les sujets, robligation d'observer le repos le dimanche, afin qu'aucun des seigneurs terriers n'oblige ses sujets à travailler ce jour-là. Dans le même Ukaz i j^^ il est dit que les six jours de la semaine doivent I

^^ sa£Qr à tous les travauK de la campagne, que lors |

53 même qu'ils seront partagés par moitié entre les

^ champs propres du maître et ceux appartenant aux

"^1 paysans. Le 12 avril, il y a eu le soir appartement

'^ sans jeu et concert à la cour. Le Roi ne s'y est

^^ pas trouvé. Le 13 avril, dans la matinée, après

le service d'église, a été faite la lecture des statuts de différents ordres de Russie avec l'établissement des commanderies attachées à quelques uns. Le soir il y aura bal à la cour. Le Roi y assistera comme il a fait aux cérémonies du matin. La comtesse Mniszech n'écrit pas aujourd'hui à sa mère, car elle a été à la cour depuis 9 heures;! elle va retourner d'abord après dîner. Il gèle etj neige comme si l'hiver allait recommencer.

5| Bulletin No. 15.

Moscou ce 16/28 avril 1797.

Le 13 avril le Roi a assisté au bal paré de la| cour, mais il n'y a pas dansé, non plus qu'aucun j des ministres étrangers, quoique ce fût là la cou-j tume autrefois. Le 14 , les baise-mains ont con- ; tinué à la cour. Le 16, il y a eu cour pendant la-i quelle l'Empereur a déposé les ornements impériaux y

DE STANISLAS ArGTTSTE. 101

dont il était revêtu à toutes les fonctions publiques, depuis le jour du couronnement, et ils resteront exposés aux yeux du public pendant quelques jours « encore au Kremlin. Dans Taprès dîner l'Empereur l à cheval avec ses deux fils et Tlmpératrice ^et tou- ; tes les princesses en carrosses se sont rendus du { Kremlin au palais du prince Bezborodko, avec le j même appareil qu'à Tentrée solennelle de LL. MM. \ Impériales du palais Petrowski en ville. Le Roi a | vu passer la pompe de ce jour des fenêtres d'une | maison appartenant à M. Totiszew, ancien major des gardes, d'où il a salué LL. MM. Impériales. i L'Empereur dans ces marches solennelles a presque toujours le chapeau à la main. On dit que LL. MM. ' Impériales vont faire une visite de dévotion au fameux monastère de Troïtza à 40 verstes d'ici et \ (ju'ils seront de retour après demain. !

BuUetin No. 16.

■»/r 20 avril ^ „f.„

Moscou ce -z r- 1797.

2 mai

Dans la journée du 17 avril LL. MM. Impériales sont allées voir non le monastère de Troïtza, nais celui de la nouvelle Jérusalem. Le Roi a pris le temps de l'absence de la cour pour faire le tour ie ce qu'il y a de plus curieux à voir dans le Cremlin, qui est rempli de tout ce qui a servi aux nagnificences des aiiciens Czarâ et des anciens >atriarche8; parmi les tuniques chargées de perles

102 Mi)MOIEES SECBETS ET INEDITS

et de broderies, il y en a qui pèsent précisément autant que l'armure des oheyaliers gardes actuels, c'est-à-dire 60 livres. On a montré au Roi un t(h lume de parchemin roulé en spirale contenant une espèce de code du Czar Alexis Michalowicz, père de Pierre - le - Grand, enfermé dans une boîte d'or, par ordre de Timpératrice Catherine II , laquelle a donné à la cathédrale de Moscou des ornements pontificaux et des vases sacrés d'une beauté et d'une richesse étonnante. Ils sont d'or massif, garnis de brillants, de peinture en émail, le tout d'un dessin j et d'un travail qui surpasse tout ce qu'on a vu de plus fini dans les ouvrages d'orfèvrerie française la plus recherchée. Le tombeau d'argent qu'elle a &it faire pour un des Saints dernièrement canonisé ici et les ornements qui Tentourent, sont d'un goût tout ' différent de celui qui a régné à Constantinople souft| les Empereurs chrétiens ; on a montré la couronne de | Wladimir-le-Grand , premieur fondateur de Kijow et de la monarchie russe. Il est à remarquer, que, dans les habillements les plus anciens, on voit attachées des petites sonnettes, qui rappellent les pa-j rures d'Aaron. "Dans les équipages des anciens Czars, on remarque de longues chaînes d'argent qui ser-j vaient de traits aux voitures de cérémonies. Une des plus grandes salles du Kremlin est toute rempliej par le modèle fait par un architecte russe, nomméi Bozenow, d'un palais impérial qui devait embrasser! tout l'espace triangulaire de 'cette espèce de forteresse qu'on appelle proprement le Kremlin, et dont

les différentes cours intérieures devaient embrasser tontes les églises qui y existent et dont aucune » ne peut être détruite selon les règles de Téglise grecque. Dans la principale de celles-ci où s'est fait 1 le couronnement, sont conservées des reliques transir portées autrefois de Constantinople, une desquelles a fait partie des vêtements de Notre Seigneur; on y montre aussi un des clous qui a dû servir à son ^ crucifieiDent.

Pires de cette église on montre les tombeaux des , Czars prédécesseurs de Pierre-le-Grand, tout couverts d'étoffes les plus riches, la tombe d'Iwan Bazylewicz, I surnommé Oroényy est couverte de velours noir, en mémoire de ce qu'il s'est fait revêtir de l'habit '' monacal pendant sa dernière maladie. Le Eoi est I monté dans la tour nommé Iwan Wieliki, pour , contempler de là l'immense circonférence de Moscou. Il y a trouvé une cloche dont le diamètre est de neuf aunes de Pologne, faite par ordre de l'impératrice Elisabeth; elle sert encore; elle est beaucoup plus petite que celle qui fut fondue par l'ordre de l'impératrice Anne; celle-ci dans sa chute s'est enfoncée entièrement sôus terre, pour la rendre visible aux curieux, on a creusé le terrain tout autour ; le morceau que la chute a fait éclater laisse voir l'épaisseur du métal, qui est de plus d'une demi aune; elle doit avoir coûté au moins 100 mille * roubles; son diamètre est à peu près de 12 aunes et sa hauteur de 15; à quelque distance de cette cloche, l'on voit une batterie de 7 canons énormes

dont les bouches portent sur la rivière, mais dont aucun n'est employé depuis longtemps pour ne pas ébranler les édifices voisins. Le calibre du canon principal du milieu porterait un boulet de 150 livres, c'est , dit-on, un monument d'Iwan Bazylewicz.

Dans les salles du Kremlin qui contiennent des armures antiques, sont conservées deux épées dont se servait Pierre-le-Grand, elles étaient proportionnées à sa taille et à sa force, ainsi que ses bottes fortes; on montre à côté Thabillement de Pierre II, son petit fils, analogue à. sa petite taille et à son âge de 15 ans, auquel il est mort La coupe de son habit est celle qui était usitée en France de son temps. On fait remarquer que l'étoile de l'ordre de St. Alexandre est attachée à la veste comme celle de St. André l'est au juste-au-corps.

L'Empereur d'aujourd'hui ne porte que ces deux étoiles, toutes deux sur son juste-au-corps. Le ruban de St. André sur l'habit, celui de St. Alexandre sur la veste et celui de Sle Anne sur le col. Il ne porte point les marques de l'ordçe de St. Georges ni de St. Wladimir. Il a cl^sé les ordres de St. Alexandre et de 8te Anne ainsi qu'on le verra quand nous pourrons joindre à l'un des bulletins les trois Ukaz dont on a fait mention.

L'Empereur a fait déposer dans la cathédrale du couronnement, dans une boîte d'argent d'un trèsbeau travail, l'original de la loi de succession qu'il a prononcée lui-même d'abord apriès son sacre; son

portrait est placé dans une des chambres du Kremlin au milieu de ses prédécesseurs, au-dessus d'un fauteuil à deux places qui a servi au couronnement et aux solennités des frères Iwan et Pierre I®', qui régnèrent pendant quelque temps ensemble, et l'on y fait remarquer la place cachée qu'occupait la princesse Sophie, sœur £dné de ces^deux princes, et d'où l'on dit qu'elle soufflait à Pierre I®', alors encore enfant, les réponses qu'il devait faire.

Il paraît superflu de mentionner ici l'innombrable quantité de vases riches et des meubles de tout genre, qui ont servi aux anciens Czars. Une montre qu'on dit avoir servi au petit-fils d'Iwan Bazylewicz est un des plus curieux monuments. Une horloge automate, à peu près du même temps, se fait remarquer particulièrement par ce qu'on y voit et entend un coq chantant aussi bien que le coq bronze doré, que l'on montre au palais de la Tauride à Pétersbourg comme une des curiosités du règne de Catherine II.

Le 18 avril, LL. MM. Impériales avec leur famille, sont revenues à 8 heures du soir de leur xM)urse au monastère de la nouvelle Jérusalem; le temps ne les a pas favorisés, la gelée et la neige nous donne depuis plusieurs jours l'aspect d'un mortel hiver. Le 19, il y a eu appartement le fioir; le Roi ne s'y est pas trouvé.

Le 20 avril LL. MM. Impériales sont allées voir deux maisons de campagne impériales à 10 Terstes d'ici, nommées Kolomenskoje et Czarycyn,

Page 1