partie, le Roi, M. et Mme de Mniszech et le
prince et la princesse Radziwill sont allés à Wo-
ronzowo à une dixaine de verstes d'ici à la maison
DE STAKISLAS AUOTTSTE. 111
de campagne du prince Repnin; il a reçu cette compagnie avec sa femme et sa fille. Il j avait dix ans que lui-même n'y avait pas été à cause des différents emplois dont il a été chargé.
Le 27, le Roi a dîné à la cour où il a été reçu et traité par LL. MM. Impériales toujours de la façon la plus amicale. L'Empereur part le ô mari et annonce son retour à Pétersbourg pour le 27 mai. M. et Mme Mniszeck ont remercié l'Empereur pour Spikolosy, Rayai et autres villages, enclavés dans la Wisniowieczyzna que le souverain leur a donnés en hérédité.
Dans ce moment arrive le No. XVII des exisraits de gazettes et le bulletin de Vienne du 12 avril.
„Repnin part après demain pour Vilna, Var-
„sovie, Berlin et Vienne. Je lui donne des notes
^relatives tant à nos propres affaires qu'à celles de
„Bachminski, auquel vous direz qu'il pourra se pré-
„senter chez Repnin comme étant celui que je lui
„ai recommandé ainsi que tous les subalternes du
^grand conseil, afin que le prince Repnin puisse
^obtenir du Roi de Prusse qu'il fasse pour eux ce
„ qu'il a commencé de faire pour les autres sub-
^alternes des discatères, ainsi que pour vous et
„pour Antoine Poniatowski. Dites à M. Kicki, que
„sur -ma demande, si je puis avoir deux commissaires
„autorisés de ma part pour signer dans la com-
^mission relative à mes affaires, avec la commission
„des trois autres puissances, il m'a été répondu
^positivement aujourd'hui que cela ne se peut pas ; „Tnais que Toii aura toutes sortes d'égards pour „ceux que je charge de mes pleins pouvoirs pour ^répondre dans tous les cas relativement à mes „aôaire8, et dans ce but je recommande particu- „lièrement aux ministres d'ici, à Repnin, à Cobentzel „et à Tauenzien, les personnes du grand-écuyer „Kicki et de Meissner; dites à Mme Czynska que „je la prie de ne pas trouver mauvais que je ne „répondepas moi-même à sa lettre, mais que ni le ^^sieur J. Sanguszko ni sa femme n'ont pas été ici „et ce qu'elle craignait de leur part, n'a pas eu ,,lieu. Dans ce moment la nouvelle de la paix „faite entre les Français et l'Empereur d'Allemagne ^produit ce changement, que Repnin ne va pas à „Berlin, ni à Vienne, mais avec l'Empereur à „Vilna ; puis il doit rester en Lithuanie jusque vers „le 7 de mai, pour assister à un camp que l'Em- „pereur doit former près de Pétersbourg, ainsi, au „lieu de ce que je vous ai chargé pour Eachminski „là-des8us, dites-lui que je vais tâcher d'obtenir ce , ,qu'il lui faut d'une autre manière, à moins que le „prince Repnin ne soit pourtant envoyé à Varsovie „au Roi de Prusse."
,, , 30 avril
Moscou le
12 mai
Le 28 avril, le Roi est allé voir l'académie de Moscou. C'est un grand bâtiment fondé par le
D« STANISIAS AUetTSTE. 113
^mte Iwan IwanowîcK Bchotiwalow, du tempe dd
rimpératri<5e Elisabeth, q-ui y a attacké un revenu
de 50 mille roubles, que FEmpereur régnant a
aagmente de 10 mille; sur ces fonds sont entre^
tenus des professeurs et des maîtres pour toutes
les classes. On y enseigne le latin à 150 élàves,
qui y sont logés et nourris; le président actuel est
un M. Oherasko-w, célèbre par différents poèmes
russes très-estimés. Le vice-président est un prînee
©alîtîîn, neveu du fondateur, homme très-instruit,
et qui s'est souvenu qu'étant encore enfant dans
une maison de campagne de son oncle, le Roi, alors
ministre d'Auguste lil à la cour de Russie, lui
avait enseigné à tirer du pistolet.
L'Empereur a fait donner l'opéra italien DidoA
de Métastase, mais dont la musique était composée
de celle de différents maîtres. Il n'y a eu qu'un
air de Paesiello; le r&le de Didon a été rempli
par une chanteuse, nommée Magiorletti, qui a une
grande agilité de voix et qui, dans bien des pas*
sages, rappelle Morchesi. Mondini le cadet a fait
le rôle de Jorba, c'est une belle basse; un musicd
a fait le rôle d'Énée.* S. M. a fait raccourcir la
pièce, de sorte qu'elle n'a eu que deux acte» qui
n'ont pas duré deux heures. La loge du fond a
été celle où l'Empereur a fait placer le Roi avec
les personnes de sa famille. Après l'opéra LL.
MM. Impériales et le Roi avec sa suite ont passé
dans les salles attenant au théâtre et qui servent
aux redoutes au temps de carnaval. Elles sont
114 MÉMOIRES SECKETS ET INEDITS
Touvrage d'un entrepreneur anglais, nommé Maddax, le même qui avait été il y 30 ans entrepreneur d'une chasse par force à l'anglaise à Varsovie, du temps que Mogthon était ministre d'Angleterre» Il y a parmi ces salles une rotonde principale soutenue de colonnes dont le diamètre est le double de celle de Jablonna.
Le 29 avril, s'est faite la cérémonie d'église de la bénédiction de l'eau, différente de celle qui se fait le jour des Eois. Elle s'est faite ici sur les bords de la rivière Moskowa, avec beaucoup d'appareil et de pompe. Tous les régiments de la garde y ont assisté en parade, l'Empereur en personne, l'Espantore à la main, a commandé son bataillon de Preobrazenski et ses deux fils ont commandé les leurs; cette cérémonie a duré 4 heures. Le Roi ne sachant pas que l'Empereur commanderait en personne ne s'y est pas trouvé. Mais il est allé voir l'hôpital des enfants trouvés; c'est un bâtiment vaste à quatre étages pour lequel le premier fonds de 250 mille roubles a été donné par M. Demidow, possesseur très - riche de mines de fer. Il a fait mettre des plaque's de fer fondu sur les degrés de tous les escaliers, et sur presque tous les seuils des portes de ce grand édifice, dont les revenus ont été successivement et sont encore augmentés journellement par les dons des particuliers et des souverains. Eeu M. Eelzkoï a été le premier directeur de cet établissement, lequel comprend et nourrit plus de 4000 enfants des
deux sexes, tant ceux qui demeurent dans cette maison que ceux que Ton met en nourrice dans les villages; par les différents enseignements que Ton y donne, cela devient une espèce d'Académie. Après la mort de M. Belzkoï, un comte Mucius, fils du fameux feld-maréchal, en a été directeur. Plusieurs classes d'enseignement, surtout pour les langues étrangères, devraient être réformées d'après son avis. On suppose que le comte Sievers, le même qui a été ambassadeur en Pologne, directeur actuel, rétablira et augmentera tout ce qui semblait décliner dans cet établissement, dans lequel depuis peu de temps qu'il y préside, il a déjà fait beaucoup d'améliorations, surtout dans l'administration économique qui manquait à cet établissement. Dans l'après dîner de ce même jour le Roi s'est rendu dans une maison que la noblesse de Moscou a achetée et embellie, et qu'elle entretient par une souscription volontaire, qui monte à 40 mille roubles par an, et dans laquelle depuis plusieurs années, s'assemble chaque semaine le club composé des personnes des deux sexes, pour y causer, jouer, souper, danser, et y inviter tous les étrangers de passage. La mise était de 20 roubles pour les cavaliers et de 10 pour les dames; outre un grand nombre de chambres attenantes, on y voit une très-grande salle carrée longue en colonnade. Le Roi y fut invité de la part de la noblesse par un prince Kurakin, frère du vice-chancelier et du procureur, et par le général Suchotin,
lie MÉMOIKES SECBBT8 ET IBfiDITS
tons les deux membres de cette association d^ la noblesse. L'Empereur a vonlu qu'elle ne portât pins le nom de club qui est actuellement répand* dans tout TEmpire. LL. MM. Impériales avec toute leur famille y sont venues un quart d'heure aprèfi le Roi, environ vers les 6 heures du soir. On compte qu'il s'y est trouvé environ 2000 personnes. L'oA assure qu'au commencement de l'hiver, quand la saison de la campagne est passée, il s'y rassembla près de 4000 personnes. Quand leurs MM. Impériales sont entrées, l'orchestre a entonné une cantate russe, accompagnée de tous les instruments, sur un air de danse polonaise composée encore du temps du prince Potemkin. 8. M. l'Impératrice a prié le Roi d'ouvrir le bal avec elle. L'Empereur a dansé lui-même, ce qu'il n'a pas fait depuis bien des années.
La noblesse a paru infiniment touchée de cette marque de sa bienveillance, avec laquelle ce souverain a bien voulu témoigner sa satisfaction sur la fête que sa noblesse lui donnait La £simille Impériale s'est retirée vers les 9 heures, le Roi en a fkit autant.
Malgré le jour qui ne finit plus qu'à neuf heures, l'illumination de la salle a fait un très-bon eifei
„Le départ de l'Empereur pour la Lithuanie „re6te fixé au 3 de mai. Le prince Repnin le pré- „cède le 1. Avant hier l'échange des ratifications „entre les trois couronnes de Russie, de Vienne et „de Berlin, s'est fait pour la convention qui institue „les commissions qui doivent régler à Varsovie an
TUlè STANISLAS AtJeHJSTB, 117
,^oi8 de juillet les affaires d^s dettes du Roi et ^celles des banquiers. On prépare actuellement les ^instructions pour les commissaires; mais elles ne ,,8eront signées qu*à Pétersbourg, au retour de TEm'- ^pereur, qui, dans ce voyage, sera accompagné du „prince Bezborodko, seul du mioistère. — Miecz- „kow8ki est nommé commissaire pour l'affaire des ,,banquiers. Meissner partira dans quelques jours „et portera à Varsovie tout ce qui sera nécessaire „pour donner à M. ICicki toutes les informations ^requises pour le bien des affaires du Eoi, et pour „qu'il n'arrive plus de retard à la caisse de Varso- „vie du major Ryx tous les mois."
Bulletin No. 20,
Moscon ce 4/16 mai 1797.
Le 30 avril, l'Empereur a fait donner gratis l'opéra buffa intitulé La Moltnora qui a été fort bien exécuté. — Le 1 mai, qui est regardé ici comme la date de l'ouverture du printemps, LL. MM. Impériales avec leur famille et au moins 40 mille habitants de Moscou, se sont rendus à quelques Terstes sur une pelouse située entre deux petits bois, dont l'un s'appelle Maria Moche et l'autre Niemiechie Stany; c'est une promenade publique qui rappelle beaucoup celle qui se fait à Bielany le second jour de Pentecôte. L'Empereur était à cheval. Il est venu lusqu'auprès du landau dans
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