X. — Opinion de M. de Tocqueville en janvier
Entre tous les discours qui furent alors prononcés, il nous suffira d'en rappeler un seul, celui que fit entendre M. de Tocqueville à laCliambre des députés, le 27 janvier 18 18. Nous nous bornons à en citer ce passage :
... Pour la première fois peut-être depuis seize ans, le sentiment, l'instinct de l'instabilité, ce sentiment précurseur des révolutions, qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naître, existe à un degré très-grave dans le pays...
Je suis convaincu que la maladie est générale et profonde. Cette maladie qu'il faut guérir à tout prix, et qui, croyez -le bien, nous enlèvera tous, — tous, entendez-vous bien? — si nous y prenons garde, c'est l'état dans lequel se trouvent l'esprit public, les mœurs publiques. Voilà où est la maladie; c'est sur ce point que je veux appeler votre attention. Je crois que les mœurs publiques, l'esprit public sont dans un état dangereux ; je crois, de plus, que le gouvernement a contribué et contribue de la manière la plus grave à accroître le péril...
C'est dans cotte séance et ce môme discours que M. de Tocqueville fit honte à M. Guizot, ministre des affaires étrangères, des faits graves que la discussion avait mis à la charge de ce ministre, et que celui-ci avait qualifiés de. petits faits, mot demeuré célèbre.
XI. — Démarche de plusieurs notables de la Municipalité parisienne auprès du Préfet de la Seine et du Préfet de police, les 19 et 20 février 1848.
«M. Gabriel Delsssert ne laissa rien ignorer au roi et à ses ministres sur la gravité des circonstances, dit M. Tripier (1). Si le gouvernement est tombé, la faute n'en est pas au préfet de police, qui prévint à plusieurs reprises les ministres et le roi des périls dont ils étaient menacés, et qui leur ofiritméme les moyens de les conjurer. La faute doit incomber tout entière au conseil des ministres, qui ne sut pas dominer le roi, et au roi qui voulut, contrairement aux institutions constitutionnelles, ne point écouter son conseil. Cette opinion n'est pas seulement la nôtre, elle est celle de beaucoup de fonctionnaires qui ont été placés , comme nous, pour voir marcher les événements ; elle est aussi celle du prince de Joinville, qui, quatre mois avant la révolution, écrivait comme un prophète à son frère le duc de Nemours : « Il n'y a plus de ministres, leur responsabilité est nulle, tout remonte au roi... qui est arrivé à un âge auquel on n'accepte plus les observations... et qui fausse nos institutions constitutionnelles... Il m'est impossil)le de ne pas regarder dans l'avenir, et il m'effraye un peu. »
« Quant à ce que nous venons d'avancer au sujet de la connaissance que M. Gabriel Delcssert avait des événements, et de l'envoi de ses informations quotidiennes au roi et aux ministres, la preuve écrite se trouve dans les dossiers des Archives politiques de la préfecture de police ; elle est aussi
(1) M. Ciabiiel Delessert , par J. Tripier Le Franc, ancien secn^taire de M. Delessert, préfet de police, etc. Paris Deniu, 1849. Gr. in-8, de 438 pages.
dans les extraits des rapports que M. Gabriel Delessert adressait chaque soir au roi, et que le pillage des Tuileries a livrés à la curiosité publique. »
Suivent ces extraits de rapports, du 12 au 22 février 1848, publiés dans le n° 5 de la Revue rétrospective (page 77). On ne voit pas, dans l'extrait du 20 février, que M. Delessert ait rendu compte au roi des faits graves qu'on va trouver relatés dans la lettre inédite cpie nous publions. Elle est écrite par M. Lanquetin, notable négociant de Paris et membre important de l'ancien conseil municipal, à M. Husson, son ancien collègue, qui était, en 1848, colonel de la 6^ légion de la garde nationale.
A Monsieur Husson, etc.
Lafeuge, par Magny (S.-et-O.), 18 déc. 1861.
Mon cher ancien collègue.
Je suis informé par mon neveu des sentiments affectueux que vous voulez bien me conserver et du désir que vous auriez de savoir quels souvenirs peuvent me rester de notre démarche avec M. Lahure auprès de M. le Préfet de police, à la veille de la Révolution de Février. J'avais espéré aller en causer avec vous dans le courant de ce mois; mais mon absence d'ici étant devenue difficile, pour différentes raisons, avant les premiers jours de janvier, je prends le parti de vous dire par ce mot ce dont je me souviens.
Très-inquiets de l'issue que devait avoir la lutte engagée alors entre le gouvernement de Juillet et l'Opposition, nous profitâmes de la réception du Préfet de la Seine, du samedi qui précéda les événements [19 février], pour proposer à ce magistrat de réunir, dès le lendemain, le corps municipal et de faire connaître au roi Louis-Philippe que nous désirions être autorisés i\?\\eT l'informer de l'irritation des esprits et du danger imminent d'une etïroyable révolu-
tion, si le gouvernement n'avait immédiatennent recours à de sérieuses mesures de conciliation.
M. de Rambuteau ne se dissimulant pas tout ce qu'une pareille démarche aurait eu d'insolite dans toute autre circonstance, venait cependant de nous dire qu'il allait s'occuper des moyens de préparer cette démarche, lorsque survint M. Moreau (de la Seine), qui était député et maire d'un arrondissement de Paris.
Quand nous parlâmes à M. Moreau de la réunion du lendemain [dmanche, 20 février], à laquelle il devait être convoqué, en qualité de maire, et que nous lui en eûmes expliqué le but, il se montra très-opposé à ce projet et courut au Préfet lui dire que c'était insensé, que d'ailleurs il n'obtiendrait pas que la dcputation du corps municipal fiît reçue par le roi, que cette démarche serait très-compromettante pour le Préfet et n'aurait pas d'autres résultats, etc., etc.
M. de Rambuteau, fort perplexe, ss retrancha alors derrière cette opposition et nous dit que, dès l'instant où il y avait dissidence entre nous sur l'opportunité et l'utilité de la démarche, il ne pouvait que s'abstenir.
Ce fut alors que, bien persuadés de l'ignorance où on laissait le roi sur le véritable état des esprits et sur la gravité du danger qui menaçait la société non moins que la royauté, nous crûmes, notre respectable collègue Lahure, vous et moi, que le roi pourrait être éclairé par M. Delessert, qui était Préfet de police et en qui il avait une extrême confiance.
Nous résolûmes alors d'aller ensemble trouver ce magistrat, pour savoir jusqu'à quel point il était exactement instruit de l'effervescence menaçante qui se manifestait de toutes parts et l'engager à user de son influence sur l'esprit du roi, pour le presser d'ordonner à son gouvernement les mesures les plus promptes et les plus efficaces pour conjurer une révolution.
M. Delessert, sachant le but de notre démarche, nous dit d'abord : « Je ne puis dans ce moment vous voir et vous entendre, en votre qualité de membres du conseil municipal, mais je vous reçois avec plaisir comme simples citoyens et suis prêt à vous entendre. »
Nous répondîmes que les circonstances étaient trop graves pour nous laisser arrêter par ce qu'il pouvait y avoir de blessant pour nous dans sa réflexion; — que le sentiment qui nous guidait dominait toutes les susceptibilités et que nous venions, n'importe en quelle qualité, lui dire ce qu'il pouvait encore ignorer de la vérité sur l'état des choses et la disposition des esprits, dans l'espérance que cette vérité tout entière ne manquerait pas d'arriver par lui jusqu'au roi qui se berçait peut-être encore de fatales illusions.
Alors M. Lahure fit un sombre tableau de ce qui se passait dans les quartiers environnant les Tuileries. Vous fîtes connaître ensuite à quel degré général et effrayant en était arrivée la fermentation des esprits dans les quartiers du centre et de l'est, et je complétai le récit en signalant ce qui se passait de plus redoutable encore dans les réunions des ouvriers et de la populace, dans les environs de THôtel-de-Ville, dans les faubourgs Saint- Antoine, Saint-Marceau, et du côté gauche de la place Maubert.
M. Delessert nous dit : « Le tableau de la situation n'est heureusement pas aussi chargé que vous le faites. Les informations de la police ne peuvent pas être moins complètes que les vôtres, et je peux vous rassurer en vous disant que, quel que soit le mal, l'effervescence et les mauvais desseins, le gouvernement est parfaitement, parfaitement en mesure de dominer la situation. » — « La meilleure mesure, reprit M. Lahure, serait celle qui réconcilierait le gouvernement avec la garde nationale. Tant que cette réconciliation ne sera pas franchement opérée.
je ne serai pas tranquille, et je crains bien, Monsieur le Préfet, que, si nous nous exagérons le danger, vous ne vous le dissimuliez trop. Il est très-grand. » — « Quel qu'il soit, reprit le Préfet, je le répète, tout est prévu. Nous sommes parfaitement, j)arfaiiement en mesure. » Et comme je fis un signe d'incrédulité très-vif et très-marqué, M. Delessert se leva en disant : c< Oui, Monsieur Lanquetin, parfaitement en mesure, vous pouvez le dire à ceux qui vous effrayent. » — a Ce qui est effrayant. Monsieur le Préfet, répliquai-je alors, c'est que vous vous croyez bien informé et que vous l'êtes mal, c'est que malheureusement vous vous trompez, et vous trompez le roiî »
Voilà, mon cher ancien collègue, ce que mes souvenirs me rappellent de notre démarche et de celle que nous voulions faire en corps aux Tuileries. En y ajoutant les vôtres, vous arriverez à les compléter, et il vous sera facile de les écrire d'une manière plus concise. Je vous en laisse e soin et vous serre affectueusement la main.
Votre vieux collègue, Lanquetin.
P. S. Je vous écris celte lettre, mon cher ancien collègue, encore très-faible, à la suite d'une indisposition qui m'a tenu dix jours au lit et à la diète. J'aurais mis le tout au net, mais je me sens un peu de fatigue et j'ai pensé que vous me pardonneriez de vous l'envoyer brut, plutôt que d'en retarder le départ. Indulgence donc.
Observation. — On ne trouve dans le livre de M. Tripier Le Franc, qui entre pourtant dans beaucoup de détails, aucune mention de la démarche faite auprès de M. Delessert par MM. Lanquetin, Lahurc et Ilusson, laquelle domurchc eut pourtant une signification si marquée. Quand on sait à quel point la vérité était mal accucilUe en haut lieu et combien on
i30 LA RÉVOLUTION DE FÉVRIER.
était attentif à ne la faire connaître que lorsqu'elle ne risquait pas de déplaire, on se demande si cotte démarche fut effectivement portée à la connaissance de Louis -Philippe. En tout cas, il eût convenu que le préfet de police commençât par ne pas s'en montrer contrarié et irrité, et que son attitude ne lui attirât pas les paroles plus que sévères prononcées par M. Lanquetin.
S'il est vrai que l'on ait laissé ignorer au roi l'avis que trois notables citoyens avaient voulu lui faire parvenir, M. Tripier Le Franc a plus raison encore qu'il ne croit, lorsqu'il écrit (page 359), en parlant du moment oiî, les événements s'étant précipités, on se trouva en présence de l'affreuse vérité : « Le « roi connaît enfin la véritable situation de Paris ; il commence « à comprendre le sort qui lui est réservé. »
Xn. — Impressions de la duchesse de Nemours, avant le 24 février.
On a dit que la Révolution de Février avait été une surprise pour tout le monde. Cela n'est pas même vrai de ceux pour qui toute illusion à cet égard eût été naturelle. Voici ce que je puis attester.
Avant d'être l'éloquent professeur au Collège de France et le brillant rédacteur des Débats que chacun sait, Hippolyte Rigault avait été le précepteur d'un des petits-fils de Louis-Philippe : ce qui ne l'empêchait pas de dîner tous les quinze jours, le samedi, avec d'anciens camarades de l'Ecole Normale, tous d'opinions assez différentes de la sienne, et qui ne se faisaient pas faute de le taquiner, à charge de revanche.
Le dernier dîner auquel il ait assisté eut lieu le samedi qui précéda la révolution. Elle n'eut son dénoûment que le yewc?e suivant ; mais on sait que le banquet, qui en fut la cause ou l'occasion, devait avoir lieu le mardi.
Cette fois, notre dîner avait été assez froid ; on avait parlé de ce qui se préparait, mais sur un ton plus sérieux qu^'à Fordinaire. Rigault paraissait très-soucieux, et nous sentions bien que le ton habituel de nos interminables discussions lui eût cette fois été pénible. Après le dîner, nous allâmes passer le reste de la soirée dans sa chambre, aux Tuileries. Cette chambre, à rentresol, près du guichet de la rue de Rivoli, donnait sur la cour, fort sombre, fort triste ce soir-là. Le temps était doux, et il tombait un peu de pluie.
— Ah ça ! dit Rigault, en faisant comme un effort pour rentrer dans nos habitudes de plaisanterie réciproque, j'espère que, quand vous entrerez ici, mardi, vous ferez respecter au moins mes livres.
— Sois tranquille, lui répondîmes-nous, nous y veillerons.
Le fait est qu'aucun de nous ne s'attendait à des événements aussi graves que ceux qui se préparaient, et que le seul qui parût y croire, sans le dire, était celui qui les redoutait.
Rigault me fit un signe et m'attira vers la fenêtre, qui était ouverte : « Tu te figures sans doute, me dit-il, que tout le monde est ici bien tranquille, qu'on s'aveugle sur la gravité des circonstances : eh bien ! ce matin, la duchesse m'a fait appeler; je l'ai trouvée toute en larmes : « Est-il donc vrai, Monsieur Rigault, m'a-t-elle dit, qu'il nous va falloir quitter la France ?... » — J'ai tâché de la rassurer; mais je ne crois pas y avoir réussi. »
Certaines pièces, que j'ai lues dans le temps, m'ont prouvé que ces inquiétudes étaient assez générales dans la famille royale : le seul dont la sécurité fût complète était apparemment le roi...
Avant-propos. — De nos Révolutions, et de la part de nos Gouvernements dans nos Révolutions
1830. La RÉvoLdTioN de Juillet.
Le général Lafayette et le roi Charles X. Rapprochement caractéristique, servant de préambule 3
Lettre écrite le 10 août 1830, par l'historien Bazin, à Michaud, de l'Académie française, sur les Trois Jours. 5
Charles X en route pour l'exil. — Lettre écrite par un Anglais, témoin de l'arrivée de la famille royale à Cowes, dans l'île de Wight 28
Jja Curée, d'Auguste Barbier, publiée le 22 sept. 1830. 51
1830-1848. La Royauté de Juillet.
Lettres familières d'un magistrat, écrites de juillet 1830 à février 1848 01
I. A M. E. (20 août 1830.) Le duc d'Orléans et la République. La Chambre des députés avait-elle qualité pour trancher les questions? Agitation qui suit 1" avènement de Louis-Philippe au trône. Le roi ne s'efforce pas assez de la calmer et se compromet. L'auteur n'est point un héros de juillet, mais il est l'homme
des faits accomplis et comprend qu'on se dévoue. . . 63
II. A M. E. {['2 juillet 1831. )La Franco est contre-gauche. Le suffrage universel et l'hérédité de la pairie à l'ordre du jour. Les rois s'en vont. Que de-
vient le goût? Hernani. Le baroque. Royer-CoUard et Dupin aîné : quel contraste! Deux suicides à la AYerther. M. Sautelet. Le comte de Sébastiani. Mauguin. La liberté politique et la liberté morale. . 69 IlL A M. N. {"sept. 1831.) La presse en cour d'assises : faiblesse des jurés ; acquittements. Mauvais effet de ces procès qu'on devrait éviter. Casimir Perler et le maréchal Soult ont commis une faute. Il faut suivre la maxime : salutem. ex inimicis. Cousin et Joufi'roy. Royer-Gollard et Guizot. La politique envahit tout, et c'est une calamité 74
IV. A M. N. (10 déc. 1831.) La situation. Le ministère du 13 mars a un système, une volonté, une majorité. La résistance au parti révolutionnaire fait honneur à la classe moyenne, ou bourgeoisie, issue de 89. La République, Napoléon II, Henri V, ont perdu leur crédit. Les journaux seuls entretiennent une agitation factice, sans laquelle ils seraient perdus. C'est une façon de paraître en avoir peur, en leur intentant des procès. M. de Chateaubriand et M. de Martignac : contraste 78
V. A M. E. (29 mai 1832.) Le choléra n'a pas tué Casimir Périer : c'est l'opposition, ce sont les interpellateurs, c'est Mauguin, qui l'ont tué. L'homme d'Etat se bronze ou se brise. Ce que les hommes d'Etat nous ont fait de Casimir Périer. Mort trop tôt pour la France, peut-être est-il mort à temps pour lui-même. Mort prématurée des hommes illustres de ce tempsci : Napoléon, Foy, Canning, Martignac, Cuvier. Le ministère anglais de lord Grey et le duc de Wellington. La réforme en Angleterre, sous peine de révolution 81
VL A M. E.(iÇ)fév. 1833.) L'insurrection des 5 et 6 juin 1832 et la République, MM. le duc de Rroglie, Guizot, Thiers. Les doctrinaires àl'œuvre. Lassitude du pays. Le marquis de Dreux-Brézé et la loi sur l'état de siège. Un souvenir de Benjamin Constant et de M. de Martignac. La duchesse de Berry et M. de Chateaubriand. Le Roi s'amuse. Pourquoi, quand on est Victor Hugo, se moquer du public? Notre magistrat ne goûte pas l'école romantique 86
Vil. A M, N. {S juillet 1834. )Bon résultat des élections pour le renouvellement quinquennal de la Chambre
des députés. La République est hors de camp. Un discours de Royer-Gollard. On a trop peur des journaux : ils n'ont d'influence qu'autant qu'ils sont les échos des opinions dominantes. Les Paroles d'un
Croyant. Langue admirable de Lamennais 90
Vin. A M.N. (27 mars 1835.) Le ministère du 11 octobre 1832 a été confirmé par la nouvelle Chambre. C'est à lui de ne pas s'affaiblir en face de la coterie importante du tiers-parti. Le procès des accusés d'avril et la Chambre des pairs. Chatterton 94
IX. A M. N, (30 nov. 1835.) Affaires criminelles : Lacenaire et La Roncière. Drames de cours d'assises. Affaire David. Rien de tout cela ne trouble le sommeil du magistrat : bien au contraire. Affaires politiques : M. de Kergorlay. La République est à bout. Le jury frappe impitoyablement, depuis les lois de Septembre. L'ennemi s'en relèvera-t-il ? Don Juan d'Autriche 07
X. A M. E. (15 avril 1836.) Lamartine et ses adorateurs. Sa poésie dans Jocelyn et son incursion dans la politique ne satisfont pas notre magistrat. Le poète nuit au député, le député au poète. Le bâtonnier Philippe Dupin, digne élève de son frère Dupin l'aîné : grossièreté de leur esprit. Le président de la Chambre est surtout un charlatan, parvenu à une renommée fabuleuse à force d'être mensongère. Il est triste de voir quelaChambre lui est stupidement asservie, au point d'en oublier ses droits et sa dignité 102
XI. A M. C. (9 déc. 1836.) L'esprit de destruction, sous les beaux noms de réforme et de progrès. Anarchie des opinions individuelles. Retour à la foi : MM. Deguerry, Lacordaire, de Ravignan. L'impiété est passée de mode. Catholicisme et protestantisme. Nos révolutions ont-elles rattaché la France à la religion immuable? 105
XII. A M. N. {'Jjanv. 1837.) Notre état social. L'époque sait-elle elle-même ce qu'elle veut et ce qu'elle fait. Le progrès dont elle se vante est une chimère; elle ne semble pas en marche vers un avenir meilleur. Tout est trouble, contradiction, charlatanisme. Réception de M. Guizot à l'Académie française. Son discours peu satisfaisant, peu digne de lui, trop adroit et imprudent tout à la fois. M. Thiers et M. Guizot.
Appréhensions au sujet du premier. Son esprit le préservera-t-il ? 107
XIII. A M. N. {2 juin 1837.) Le gouvernement de Juillet est vraiment né coiffé. Avec lui le médecin Tantpis a tort et le médecin TantmieAix a. raison. La République annoncée pour 1833, puis pour 1835, n'est qu'un vain fantôme. Croyez-en M. txuizot : « l'opinion du pays, du pays légal, condamne l'opposition. » N'en croyez pas les journaux : ce sont eux, eux seuls, qui empêchent d'avoir confiance. Les élections prochaines donneront le môme démenti que les dernières, et il n'y aura point, quoi que vous en disiez, de catastrophe. L'amnistie, acte de bonne politique. Le mariage du duc d'Orléans. L'auteur veut être optimiste 111
XIV. A M>»e X.-M. (18 août 1837.) Excursion de notre magistrat dans la région de la galanterie. Il explique sa répulsion pour le mariage. Un sermon, pour raffermir
la foi chancelante de son amie 117
XV. A M. E. (6 avril 1838.) Exempt d'ambition, il ne s'était pas à l'avance rendu éligible. Il a été élu député de La Réole. Mais, à la vérification des pouvoirs, des radicaux, tels que Michel de Bourges et Salverte, ont fait décider par le bureau que son élection n'était pas valide. Il a donné sa démission, avant tout rapport, et s'en console gaiement. Il l'a échappé belle! Les intrigues de la nouvelle Chambre, les honteuses coalitions, sont bien faites pour lui ôter tout regret. Une lecture de M. de Talleyrand à Tlnstitut. Une dissertation religieuse de M. Guizot. Jugement favorable sur le premier, critique sévère du second 120
XVI. A M. B. G. (29 mai 1838.) Physionomie de la Chambre. Ce qui s'y passe l'a remis en goût de devenir député : le voilà en règle. Ne se devait-il pas d'ailleurs à ses électeurs? 130
XVII. A M'"*^ C. B. (1«>- >iov. 1838.) M"« Mars à son déclin. M''"^ Rachel à ses débuts. Appréciations. Cinna et Androïnaque. La tragédie et la vie moderne. Louis-Philippe et sa famille à une représentation du Théâtre-Français. Le comte Fr. Bresson 134
XVIII. AM"'«C.B.(10 nov. 1838.) DeRoméo à Juliette. Amour filial de Roméo 141