‹ Mémoires secrets et témoignages authentiquesChapitre 12 sur 109 · XVI 11 AVANT -PROPOS · texte numérisé non relu

XVI 11 AVANT -PROPOS

révolutionnaires. Elles lancèrent ainsi la France dans une terrible aventure où la liberté devait sombrer.

« Des deux côtés l'erreur fut grave, car, nous n'hésitons pas à le dire, la catastrophe ne pouvait être évitée. Il suffisait d'étudier le mouvement, au lieu de le nier; il suffisait d'être logique, de ne pas trouver injuste en 1847 ce qu'on célébrait comme juste et excellent en 1789, le droit d'entrer dans la vie politique à une classe de la société, si elle présente des garanties d'instruction et de moralité suffisantes, et à la nation tout entière, si elle satisfait à ces conditions. Il fallait donc, avant tout, prévenir l'émeute en acceptant largement la discussion (1); puis admettre, dans le corps électoral, les capacités. C'était là ce qu'on demandait; et, si le gouvernement eût, en même temps, abaissé ou promis d'abaisser le cens à JOO fr.; la France entière illuminait.

« Ces temps sont déjà loin de nous, mais, cependant, nous n'avons pu encore oublier quelles étaient alors les impressions de tous (2) ; elles se traduisaient en des noms propres, et chacun se disait que si iMgr le duc d'Orléans eiit vécu, la résistance à la y^é forme n'eût pas été tentée.

« A cette concession, qu'aurait perdu la royauté? De quelles hautes prérogatives se serait-elle dépouillée? En quoi son avenir et celui de la dynastie eussent-ils été cornpromis?

« Mais, nous dira-t-on, le lendemain la République entrait aux Tuileries.

« C'est là un triste argument, contre lequel nous protestons au nom de l'histoire, au nom de la logique et au nom du sentiment intime de ceux qui nous l'opposent.

« Comment, en effet, serait-il certain que la République

(1) Non, il était déjà trop fard. Le fameux banquet de Lisieux et ajournement, d'année en année, de celte discussion avaient réellement

fatigué, irrité le pays non léyai. A peine était-il temps encore d'accéder sans péril à une réforme électorale et parlementaire. D. M.

(2) De tous?... C'est une grande concession que celle-là! D. ai.

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