‹ Mémoires secrets et témoignages authentiquesChapitre 11 sur 109 · AVANT-PROPOS. XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XVII

fois, s'étaient revêtus de la robe virile. Amenés par les mêmes causes, sollicités par les mêmes passions et les mêmes besoins, ils réclamaient, à leur tour, les mêmes droits que leurs pères avaient conquis en 1789.

« Lorsque ces sortes d'incidents se produisent dans la vie des nations, les affirmations sont d'abord vagues et confuses; elles ne procèdent que par tâtonnements. On les sent au malaise étrange, à Tanxiété douloureuse qui travaillent les esprits. La société a comme le pressentiment de la tempête. Mais bientôt, si la discussion est libre, les formules mûrissent et se dégagent. Au moment de ces crises décisives, si le gouvernement a su donner au pays une confiance absolue dans la sincérité de son désir de l'aider dans la rechercbe de la vérité, dans sa volonté de poursuivre la solution du problème sans parti pris, sans opinion ou préférence préconçues ; si, en effet, cette recherche se fait loyalement par la tribune libre, par la presse libre, par le droit de réunion largement exercé, il arrive alors ce qui est arrivé en Angleterre : les hommes d'Etat, obéissant eux-mêmes à ce que nous appellerions le courant moyen de l'opinion, déterminent une première inconnue, et la première étape de la réforme se trouve fournie sans danger pour le présent, et avec toute sécurité pour l'avenir.

«Mais ce ne fut point là ce qui arriva en 1848. — Le gouvernement ne sut pas rassurer les esprits, éclairer l'opinion sur la sincérité de son dévouement à l'étude de la réforme. Les Oppositions, à leur tour, commirent une faute immense, inexcusable, en ne comprenant pas qu'armées comme elles l'étaient pour la lutte légale, en présence d'un gouvernement qui professait et respectait le droit constitutionnel, elles avaient le devoir d'être patientes et de ne poursuivre leurs satisfactions, même légitimes, qu'en évitant au pays des agitations et des connnotions

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