AVANT-PROPOS
De nos Révolutions , et de la part de nos Gouvernements dans nos Révolutions.
a On ne saurait trop souvent dire comment et avec quelle « facilité se font et s^acceptent les révolutions en France.»
Le publiciste qui s'exprimait de la sorte, il y a vingt ans, avait raison, sans doute. Mais ce n'est pas tout.
Il faut dire et redire aussi comment et avec quelle honteuse facilité les gouvernements, en France, s'abandonnent, un beau jour, après avoir cheminé obstinément vers les abîmes révolutionnaires et y avoir conduit le pays.
Il était réservé à notre époque de le voir recommencer plusieurs fois, cet absurde et funeste jeu, de gouvernements qui se succèdent pour se ressembler et pour tomber, tous de même, les uns après les autres, en laissant, chaque fois, la nation en détresse s'en tirer comme elle peut...
Des révolutions, comme des guerres, il est vrai de dire que : « L'aveuglement des rois retombe sur les peuples » :
Quidquid délirant reges, plectuntur Achivi (1).
(1) « Il y a eu en France douze coups d'Etat depuis 1789 jusqu'à )s jours, et douze gouvernements différents, dont pas un ne fut la