XXX. — A M. M. E
Même époque.
Non, sans doute, je n'ai pas renoncé à mes chances électorales dans la Gironde, et mon changement de place n'est pour moi qu'un motif de plus d'y penser très-sérieusement. Si j'abdiquai mon poste de député en décembre 1837, c'estque, vivant à côté de mon père comme un enfant de douze ans, et n'ayant nullement prévu l'honneur insigne que me firent les électeurs de La Réole, je n'avais pas songé a m'arrangcr une fortune et des impôts personnels. Il en résulta que mon cens d'éligibilité parut douteux au bureau de la Chambre chargé de vérifier mes pouvoirs; et, comme magistrat, dès qu'il y avait un doute, je crus convenable de le trancher contre moi. Mais mon respect et ma reconnaissance pour le vote des électeurs me prescri-
i76 LA ROYAUTÉ DE JUILLET.
valent de me mettre en règle aussitôt. C'est ce que je fis dès 1838, en achetant rue de Grenelle une maison qui, jointe à mes autres propriétés de Bordeaux et d'Auros, me donne d'une manière incontestable, en foncier, plus que le cens nécessaire. Je ferai donc très-certainement valoir mes titres aux prochaines élections, soit auprès de l'arrondissement qui m'a déjà élu, soit auprès de l'arrondissement de Bazas, que mon père représenta longtemps au Corps législatif, où ma candidature par conséquent est héréditaire, et où j'ai encore plus de parents et d'amis personnels qu'à La Réole. Et il me semble cjue mes titres seront singulièrement fortifiés par l'acte d'ingratitude et d'injustice dont j'ai été l'objet de la part du ministère de M. Guizot, et par le siège indépendant et inamovible où je suis maintenant colloque.