MARDI, 22 FÉVRIER
A une heure, j'apprends qu'il y a des émeutes. Je vais voir ce qui se passe. 11 y a de très-nombreux rassemblements, beaucoup de gamins, beaucoup de blouses, beaucoup do cris; quelques pierres jetées; pas d'armes. On a essayé quelques barricades, que la troupe a enlevées sans qu'on les défendît... Seulement, la populace les occupait de nouveau aussitôt qu'elles étaient abandonnées. J'ai
parcouru les Champs-Elysées, les boulevards : partout foule. Aux Champs-Elysées, des gamins jettent des pierres à la garde municipale à cheval et à des chasseurs, qui les chargent pour les éloigner et s'arrêtent, au lieu de nettoyer une bonne fois le terrain. C'est une partie de barres que la troupe a le tort déjouer et qui a pour résultat de la fatiguer, de la dégoûter et d'enhardir les gamins, car il n'y a pas autre chose en mouvement... On crie : Vive la ligne l A bas la garde municipale l J'ai rendu compte au duc de Nemours et au duc de Montpensier de ce que j'ai vu. Je suis resté au salon de service jusqu'à minuit. Le soir, les gamins, qui sont restés maîtres des Champs-Elysées, ont mis en tas toutes les chaises des loueurs et y ont mis le feu. Il y a parmi eux des meneurs; j'en ai aperçu et entendu plusieurs qui se plaignaient de manque de direction.
Tout cela est mauvais!