FRANCS
Ramenons à une seule perspective les cli/fcrons ol»jets que nous avons parcourus en y chercliaiit les chances de ruine ou de salut, recelées pour la France en ce tourbillon d*intérêts matériels où la plupart des hommes absorbent leur vue et leur vie.
Nous avons observé Tétat des fortunes privées, leCat de la fortune publique.
Entre les professions qui remplissent la vie privée el en forment le bien-être, nous avons graduellement analysé Tagiiculture, l'industrie, le commerce.
De Tcxamcn de l'agriculture est résulté que la propriété par essence, la propriété du sol, est à la fois menacée dans son principe par des théories meurtrières», et desséchée en sa source et en son cours par des systèmes aussi vicieux que pcrsévérans.
De Texamen de l'industrie, nous avons induit, quà travers ses vastes progrès étaient intervenues de graves causes de perte, et qu'entre Tespoir du bien ou la crainte du mal, le mal imminent déterminait vers lui Toscillation de cette légère et mobile balance.
En <*onsidérant d'un œil attentif le conmierce dans
ses principales ramifications, nous Vavons montre, sur mer, faible en colonies, faible en garanties, assujetti corps et biens aux événemens ; sur terre, repoussé du marché extérieur, gêné par l'administration ou irrésolu de sou fait sur le marché intérieur; et trop souvent mu par la tendance au désordre progressif , préférant le trafic de Tor au négoce de la denrée , les vapeurs de la gloriole enfin au trafic même de l'or.
Avec le malaise ou Tinstabilité de la fortune privée, concorde le malaise encore plus pénétrant de la fortune sociale. Elle n'a plus de propriétés. L'impôt est tout pour elle. A l'impôt insuffisant, elle supplée par le crédit public : et nous avons aperçu dans l'extension démesurée, dans les licences, dans les vertiges de cette magie nouvelle, le terme où l'Etat se débattrait, sous les signes précurseurs de la banqueroute, entre les lenteurs d'une de ces gueres douteuses, à succès trainans, qui remplirent tant de règnes de la monarchie, le règne de Louis XV, par exemple, et les catastrophes intérieures surgies en compte final de sa propre impuissance.
G destin de la France ! toi qui te dérobes à tant de regards et qui pourtant permets à Thistoire de soulever un coin de tes sombres voiles, ai-je bien compris tes menaces ?
Et, s il n*y a pas d'illusion à les entrevoir sous ce triste aspect, carbes-tu du moins quelque réalité salutaire dans la troisième partie de tes profondeurs ? A I inertie des forces morales et matérielles qui auraient (In maintenir la vie , suppléeras-tu par ces forces intimes (i'unr oi:^anisation politique qui soutiennent le corps ixxial, comme on voit quelques hommes doués de robu3tt'!> uri^anes dt'lier les excès, y survivre et aller en-
corc et accomplir une durée dont la nature a reculé en leur faveur le terme fatal ?
Sonder les forces politiques de la France, c'est manier des charbons ardens. Que n écoutai -je le poète plus circonspect, qui craignait de fouler aux pieds même la cendre trompeuse de Jeux mal éteints!
Comme lui, je vais dire :
JiMfdo pêT ignêê Suppo$iîo$ einmri doloto :
Imprudent qui, du milieu de ces matériaux funians sous le soufQe continu de tous les vents inflammatoires, peux encore, au moment même où je veux m'écarier à jamais de leurs foyers, subitement ressentir l'immédiate atteinte de leurs feux dévorans!!!