V) AVANT -PROPOS
être exposée franchement après un siècle y il faut fermer tous les livres , ou renoncer du moins aux utiles leçons que donne Texpérience historique. Mais heureusement il n'en est pas ainsi ; et tout Lecteur sensé pardonne , en cas pareil , fût-ce à ses dépens , la sincérité y quand elle n'est pas violente , ou , même la rigueur y quand elle est de honne foi. D'ailleurs, n^est-ce pas une destinée commune à tous les grands peuples , d'avoir à rougir de quelques époques d'abaissement, et à toutes les familles illustres d'avoir à déplorer l'existence de quelques-uns de ses membres! Sous ce dernier rapport^ de qui ne peut-on pas dire : « Il eut un ancêtre chez qui la vertu fléchit? » Il suffit à la morale publique et aux convenances privées , que l'écrivain ne révèle point le mal pour le répandre, et qu'il le dise seulement parce qu'il n'a pu le celer. Par exemple , la situation de l'Espagne en ï 700, ressemblait à une véritable léthar-
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gie. Or, cette léthargie avait ses causes, et l'une de ces causes était les grands NoWk le fait ; à quoi servirait-il de le cacher ! Mais nous repoussons d'avance les fausses inductions qu'on en voudrait tirer aujourd'hui contre ces mêmes grands ^ soit qu'on les considère comme corps dans l'état, soit qu'on regarde simplement leurs familles ou leurs individus ; car, à ce double titre , ils viennent , dans ces derniers temps , de recueillir la plus pure et la plus belle gloire qui soit au monde, celle de contribuer puissamment à reconquérir l'indépendance de leur patrie, età relever le trône de leur roi.
Puisse la monarchie d'Espagne , dont ils sont un des appuis, et le premier ornement, chercher de plus en plus au cœur de ses provinces, et trouver enfin cette force et cette prospérité vitales qui paraissent vouloir se retirer de ses extrémités ! C'est un vœu qu elle nous
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permettra de former au nomi du marquis de Louville qui , plus d'une fois ^ exposa sa vie en la servant, et qui lui consacra des talens trop méconnus I