MA CIGARETTE
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O ma cigarette chérie, Grise, de ton parfum exquis, Ton amant dans sa rèTerie, Et chasse au loin tous ses ennuis.
Quand mon cœur attristé voit son ciel rempli d'ombres, Qu'un penser douloureux vient troubler mon cerveau, Bien vite, à mon tabac, aux tons fauves ou sombres. Roulant les pailles d'or, je tresse un blanc manteau. Et j'allume, et j'aspire, et mon fime charmée Voit bientôt s'envoler l'affreux papillon noir ; Dans ses nuages bleus, l'enivrante fumée, Emporte la souffrance et ranime l'espoir.
Quand sous l'effort profond, j'ai plié ma pensée. Que longtemps j'ai peiné dans un rude labeur. Si je sens la fatigue à ma tête lassée, Menacer mon esprit d'invincible torpeur, Vite alors j'ai recours à la chère pauvrette. Et, maîtresse constante, elle me rend dispos. C'est au prix de ta vie, ô bonne cigarette, Que bien souvent, hélas ! je trouve le repos.
Quand le moka brûlant déborde dans mon verre, Délectant la liqueur, j'aime lancer aux cieux, Image de nos jours d'existence éphémère, Ton panache d'azur aux.plis capricieux.
De mes calmes loisirs, ô fidèle compagne, Viens enchanter lo rêve où mon ôme s'endort ; Et, quand je bâtirais des châteaux en Espagne, Je te devrai toujours, du moins, des songes d'or.
0 ma cigarette chérie.
Grise, de ton parfum exquis.
Ton amant dans sa rd%'erie, Et chasse au loin tous ses ennuis.
François CHARLOT.