CHAPITRE II
La seigneurie de Corvol- d'Bmbernard relevait du comté deNevers & cause de la châtellenie de Montenoison (1).
Il ne reste rien de l'ancien château fort. Les fossés, dont on remarque encore la trace sur le monticule où s'élève l'église, en indiquent suffisamment l'enceinte. Le château qui le remplaça esl situé au pied de la montagne qui sépare Corvol de Champlemy. Il date probablement du XV" siècle et est bien indiqué dans divers actes des 15 août 1493 et 26 mai 1598. Un titre du 26 octobre 1749, mentionnant ce chôteau, dit : a plus appartient auxd. seigneur et dame « un autre château au milieu dudit Corvol consistant en plusieurs (( bâtiments, cours et basses-cours, avec un jardin attenant, au bout « duquel il y a un petit bouquet de bois d'ormes et un étang attenant (( ledit jardin, ou bas de la chaussée duquel est un moulina moudre « grains appartenant auxd. seigneur et dame, au long duquel étang, Il du côté du midi, est un verger dans lequel il y a plusieurs arbres it fruitiers, ainsi que dans ledit jardin. » A part quelques ruines, cette description est encore exacte aujourd'hui.
Le seigneur de Corvol avait droit de haute, moyenne et basse justice pour l'exercice de laquelle il nommait bailli, lieutenants,
(t) Arcliivea de la CAIe-d'Or, B. &.498.
reffiers, sergâllSTinîissiers el notaires qui liretit vivre de nombreux praticieDS ou procureurs |1).
Ed 1285 Jeun de Courvol (ait hominagaau comte de Nevers pour sa seigoeurie de Courvol (2). C'est probablement de lui que vint Gaucher de Corvol, seigoenr de Corvol d'Embernard, à propos du<}uel Thautnas de la Tbauniassière cite un acte de l'an I30I dans son Histoire du Berry, p. 360, acte que l'auteur de la Généalogie de Corcol dit n'avoir pas connu.
De ce Gaucher sortirent, entre autres, Gaucher qui suit, et Jean cité en 1330.
Gaucher de Corvol, vivant en 13S4, eut d'Isabeau, sa femme, trois Ris :
l" Guy, Hergoeur d'Isenay, qui testa en 1390, ot laissa quelque chose à ses trois bâtards et vécut jusqu'en 1399. 2» Jean, vivant en 1396.
3* Girard, vivant en 1394.
Que se passa- 1 il alors pour Corvol-d'Embernard ? Jusqu'à ce jour aucun titre n'est venu nous le dire. Nous savons seulement qu'en 1370 Perrenelle de Thouars, était dame de Corvol d'Ember- □ard. Indiquons immédiatement la filiatioD de cette dame.
I. Jean II, comte de Dreux, grand chambellan de France, mort le 7 mars 1309, épousa :
l" En 1293 Jeanne de Beaujeu, fille unique d'Humbert, seigneur de Montpensier, connétable de France, et d'Isabelle de Mello, dame deSaint-Maurice-en-Thizouaille, dont il eût :
II. Robert V, comte de Dreux, mort le 22 mars 1329 ayant eu de Marie d'Enguyen, sa femme, deux filles mortes avant lui.
II. Jean, comte de Dreux, seigneur de Montpensier, mort en 1331 sans enfants d'Ide de Montvoisin, qui se remaria avec Mathieu de Trie.
II. Pierre, comte de Dreux, seigneur de Montpensier, mort le [novembre 1355, mari d'Isabelle do Melun, fille de Jean, vicomte
Metun, et d'Isabelle, daine d'Antoing, d'où :
m. Jeanne, née le 10 juillet 1345, morte le 12 août 1346. Sa succession passa à sa tante Jeanne.
(If Les re^stres <le l'Etat civil ont conservé un certain nombre de noms de ces justiciers el praticiens parmi lesquels les Grittot et les Gainîer abondent. (2) Titres de Nevcrs, col. 521.
n. SituOD, 80U5 doyen de t'égUse da Chartres, II. Béalrix, sans alliance.
2P En mars 1308, Perreoelle de Sultt, veuve de GeotTroi de Lâzii gnao, vicomte de Chstellerault, dont il eût :
II. Jeanne, comtesse de Dreux après la mort de son frère Pierre, femme de Louis, vicomte de Thouars, dont elle eiU ;
III. Simon de Thouars, marié le 12 juillet 1365, avec Jeanne d'Artois et tué en duel dans un tournoi, le jour de son mariage. Jeanne d'Artois, comtesse de Dreux, jouissait h Corvol-d'Embernard à titre de douaire, et en fit hommage au comte de Nevers le 22 avril 1380. Les archives de la Côted'Or, B. 5498, donnent sur elle les renseignements suivants: «1362-74. Dépenses du Conseil du Comte (I faites à Corvol d'Embernard, quend demoiselle Jehann d'Arlfaoys « vouloit oster h Mgr. la souveraineté du chAteau dudit lieu, qui de « tout temps ressortissait au chftteau de Montenoison. n Jean d'Artois, vivait encore en 1424 (1).
III, Perrenelle, femme de Clément RouSut, dit Tristan, seigneui de Maran. Le 20 octobre 1370 ils vendirent les terres de Saint-Mad'' rice-en-Thiïouailleelde Corvol-d'Embernard, 8ai(/TMstt/"raé<à/ean ne d'Artois, ceuve de Simon de Thouars, 6 Bureau de la Rivière, seigneur de la Rivière, et à Marguerite, dame d'Auneau, sa femme.
Bureau de la Rivière, Bis de Jean et d'Isabeau d'Angerao, seigneur de Ja Rivière, Marcy. Nannay, Champallement. etc., surin tendant des flnances, était membre du Conseil secret de Charles V qui lui donna la seigneurie de Cézy (Yonne), en récompense de ses services. Il avait épousé Marguerite, dame d'Auneau près Chartres, et de Rochefort en-Iveline.
En 1380, après la mort de Charles V- Il fut accusé de haute trahison et d'intelligence avec les Anglais. Défendu par Olivier de Ciisson, qui lui devait son épée de connétable, i) ne devint pas rie time du pouvoir judiciaire aux ordres des passions politiques {2}! Huit ans plus tard Charles VII le rappelle au Conseil, mais en 1392, ayant conseillé le voyage de Bretagne pendant lequel le roi devint
(1)Kq 1415, le Roi niaada à ses oDlders de payera BoDue d'Artois, comtesse de Kevers, Si.tiOT livres 17 sols tournois que Jeanne il'Artois, demoiselle de Dœux ilaote de Boane), avait Tait meltre en dépùt au trésor de l'âgliu do N. D. de Rouen, et que le Roi avait fait prendre pour les ft'ftts de guerre* (Titres de Nevers, id. 42.}
)!) Ouixot. BiitQir^ da Eranee, 1. 11, p. 178,
^îou, îlful emmené à l'aris et enfertm^ fin Louvre. Il aurait été décapité, dit-on, si te roi n'était redevenu lucide un moment.
Il fut exilé en Nivernais et mourut en 1400. Ses entants furent
i. Charles qui épousu 1" Blanche de Trye, dame de Dommartin : 2" Isabeau de la Trémouille, veuve do Pierre de Tourzel d'Alégre. Il mourut sans postérité eu 1432 dinenl les uns, en 1440 disent les autres. Le 29 avril 1444 inventaire fut fait de ses biens sis dans le baJllai^â de Chartres, A la requête de l'errelte, sa sœur et de Waleran, de ChÂtiUon, son neveu (I).
2. Jacques, sire d'Aunt^au fut emprisonné parles Bourguignons, en 1413, à cause de sa fidélité au dauphin. Il mourut, peut ôtredéca* pité, sans enfsnls de Jeanne de Damas, sa femme.
3. Perrette, femme de Guy, sire de la Rocbe-Guyon, mort à Aiincourt en 1415. Elle survécut à ses frères, devint dame de Corvol et eut pour enfants ;
[a) Guy, mort en 1480.
{b) Charles, vivant en 1436.
(c) Marguerite, mariée en 1437, av#c Jean de Vergy, gouverneur de Bourgogne, sans postérité. Elle ât hommage pour Corvol en 1469 (2).
(d) Catherine, célibataire.
4. Jeanne qui fut citée pour sa grande beauté et qui épousa, en ' 1392, Jacques de Ghôtillon, seigneur de Dampierro, d'où vint Wale-
ran de Châtilton.
Nous ignorons si Marguerite de la Roche-Guyon possédait seule ICorvol en 1469. Quoi qu'il en soit, cette seigneurie ne tarda pas à passer à Antoine do Chabannes.
Antoine de Chabannes, comte deOommartin, seigneur de Marcy, ^Corvold'Embernard, Péreuse, le Vault, la Coudre, etc., était ûls de Robert, seigneur de Clinrlus et d'Alix de Sort. Très connu dans l'histoire comme chef des Ecorcheurs, il avait, paroit-il, toutes les 'passions servies par une bouche insolente et un bras de fer. Il fut Je geôlier de Jacques-Cœur et obtint la Itirre de Saint-Fargoau qui avait été confisquée sur ce malheureux argentier du roi. Enfermé •^k la Bastille en 1463, il s'échappa l'année suivante, se retira en Breigne et finit par rentrer en grâce.
(i) Trésor Génâalogique de dom VillavieiUe, &rt. Armtgaau. it) Titres d% N«vers, vol. tSS.
Va titre de l'an 1474 nous apprend que les habitants de Corvold'Embernard demandèrent à leur seigneur un peu de liberté et la permission de prendre dans ses toréts, du bois pour rebâtir leurs maisous ruinées. Pendant les lamentables années passées tes hsbilauts avaient dû s'enfuir et le pays était dans la plus misérabtaj situaliun. Antoine de Chabaones aurait, sembte-t-il, (ait droit aux] réclamations qui lui étaient adressées en ce qui concernait les bois. 11 eût d'assez nombreuses discussions avec le comte de Nevers au sujet de ses diverses seigneuries el, en 1487, un arrêt du l'arlemenl le débouta de ses prétentions sur la juslice d'Ârquian près Sainl- Verain (1). Il mourut Ôgô de 77 ans, le 25 décembre 1488, ayant depuis quelques années abandonné ses terres et ses enfants.
n s'était uni, le 20 décembre 1439, avec Marguerite de Nenleuil, fille unique de Renaud et de Marie de Fayel, comtesse de Domrnartin, dont il eût ;