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LA MICRO-INDUSTRIE ET LES PRISMES A CROCHET

De FLÉTY (Nièvre) [Ij

Il y a environ un on, j'ai adressé riques ol scientifiques, .un mômoi

uu Coinilô des Travaux hislosur la Micro industrie de la val-

lée de l'Alaino. Mon travail, analysé par M. lo D' Capitun, a fait l'objet d'uD rapport qui a été publié, en novembre 1906, dans le Bulletin arrhiio hg ir^ ae d u Co m i lé.

J'avais d'ailleurs consacré un chapitre à le période mésolithique, dans une étude d'ensemble sur bs stations préhistoriques de la vallée de l'Alaine, publiée en 1905, dans les Mémoires de la Société académique du Nivernais.

La question n'est donc pas inédite. Si j'y reviens aujourd'hui, c'est pour établir une comparaison entre l'industrie microlithique de Fléty et celle que M. Hutol a signalée dans les stations de Belgique.

Cotame vous pouvez le constater par les pièces minuscules que je mets sous vos yeux {Fig. /), il s'agit, non pas de Tardenoisien pur, mais d'un dérivé de la micro-industrie magdalénienne, absolument comparable k l'industrie qui a été recueillie dans les grottes de Belgique, en position stratigraphique intermédiaire entre le Magdalénien et le Néolithique.

Des vingt et quelques stations néolithiques en plein air que j'ai explorées dans la vallée de l'Alaine, deux seulement, celle de la Combe [n° 7, feuille 17, section B, du plan cadastral de Fléty), et celle du Grand Champ Seignon (n» 30, feuille 6, section C, du même plan), à l'exclusion de toutes les autres, m'ont fourni des instruments minuscules, k contours géométriques. Cette industrie n'est donc pas, comme le pensent quetque.s palethnologues, un complément du Robenhausien; elle est indépendante et (orme un tout complet.

Dans les deux stations j'ai rencontré, en effet, dos nuclôua d'une petitesse excessive, des lames, des perçoirs et des burins, des pointes de flèches, dont quelques-unes A tranchant transversal, des

[t] Extrait Uu Confiras préhistorique Je France tenu à Autun, en 1907.

l'aulre nur l'Auvergne. C'est une preuve que les tribus se Axaient en des points d'où l'on pouvait surveiller la campagne. Celles qui s'établissaient sur le bord des cours d'eau devaient, comnie le fait remarquer M. Rutol, dans un récent article de la lîecne prChiatO' rique, rechercher depréféreace les promontoires éleviis et faciles à défendre.

Dans la station de la Combe, j ai récolté une huche eu jade et une en schiste, aiosi que quelques pointus roheiihausiennes en silex; mais il est certain que ces pièces sont plus récentes que les instruments minuscules : la matière première n'est pas la même, et la patine est moins accentuée. La station du Grand Champ Seigooo ne m'a fourni jusqu'à ce jour aucune pièce robenbausienoe.

Par contre, les deux gisemenlfs renferment beaucoup d'instruments grossiers, notamment des éclats Levaiiois et des tranchets.

On y trouve enfin ces curieux prismes triangulaires, terminés tantôt par une pointe, tantôt par un biseau, tantôt par un crochet, et que je crois devoir vous présenter, car ils me paraissent inédits. Ils sont confectionnés en silex, en quartz, en quartzite, en grès ou en calcaire siliceux. Ils mesurent de 0™015 à Û"'Û40 de largeur. Le aeul qui soit de section rectangulaire est intact. Il a 0'°10 de long. Ses deux faces taillées sont parallèles, les laces planes se réunissent en formant un angle dièdre très aigu (Fit/. S, n" 5).

Tous les autres prismes sont triangulaires.

Le plus petit, qui est également intact {Fig. 2, n" 6), compte 0'"09& de longueur ; il présente deu.K faces unies, résultant, comme dans le précédent, de fractures naturelles de la roche ; la troisième face légèrement bombée, porte de nombreuses retouches ; la aection droite de ce prisme donnerait un secteur de 75»; ses extrémités sont terminées en biseau très obtus.

Les autres n'ont qu'une face plane ; deux faces sont taillées et légèrement convexes, en sorte que ta section droite de l'outil donnerait une ogive à peu près régulière {Fig. 2, n" 3}.

Quatre des pièces que j'ai recueillies sont terminées par uu crochet formant équerre avec le corps de l'outil {Fig, 2, n"* 1 et 2).

Les arêtes présentent ordinairement des traces d'usure.

Quelques-uns de nos collègues du Congrès qui ont examiné ces objets, pensent que la face plane devait être utilisée à polir. Je puis répundre, en toute certitude, que cette interprétation n'est pas exacte. En eSet plusieurs outils sont arqués : ce qui rend tout travail de polissage impossible, surtout quand la face polie est convexe;

dans d'autres prismes, cette face est formée par le cortex de la roche, et le cortex ne porte pas de traces d'usure.

Faut-ît supposer avec M. Rutot que ces objets sont des maoches d'iDsIrumeots alioogés, de poignards par exemple? Je ne m'expliquerais pas bien, dans ce cas, l'usure des arêtes; et puis ces arôtes auraient blessé la main et le crochet eût été inutile. D'ailleurs, les objets qui sont intacts forment un tout complet, qui ne laisse rien deviner d'un manche. Il est vrai que M. Rutot n'a eu entre les mains que des fragments d'outils ce qui le porte à croire que ces pièces ont été intentionnellement brisées par rite funéraire.

Je peuse que ces objets sont plutôt des pics, se rapprochant beau-

Fig. t. — Prismes triJioguUlMs, i CMchel, tRédoclion de 1/2],

coup des instruments en » Cliquart », sorte de grës assez résistant, qui ont été rencontrés à « La Vignette » au sud de la forêt de Fontainebleau, par MM. Doigneau, Fouju, Le Maire, et Adrien de

Mortillet. Selon toute vraisemblance, les outils à crochets étaient fixés à l'extrémité d'un manche en bois.

Ces instruments sont-ils contemporains de l'industrie microlithique? C'est plus que probable; mais je ne puis l'affirmer, puisque le seul moyen scientifique de contrôle, la slaligraphie, fait défaut. Néanmoins la présence des prismes dans les deux stations à silex minuscules, et dans celles-là seulement, à l'exclusion de toutes les autres de la région, est un fait intéressant, qu'il m'a paru utile de vous signaler.

M. le D' Henri Martin (Paris). — Parmi les pièces présentées par M. Desforges, plusieurs, désignées sous le nom de pics, sont comparables, en tout point, à des silex que j'ai recueillis à Jablines (Seine-et-Marne), grâce à M. Duttenhofer, qui découvrit ce gisement. Cet atelier de surface donne un nombre considérable de pièces mélangées, avec formes paléolithiques plus rares et à patine blanche; puis un outillage néolithique, très varié et assez grossier. Les haches taillées sont fréquentes, tandis que celles, portant un peu de po/tssa^e sur le tranchant, sont encore très rares. J'ai pensé qu'on pourrait rattacher l'industrie de Jablines à la première période néolithique; et le gisement étudié par M. Oesforges semble lui être contemporain.

A. DESFORGES, Instituteur à Flity CNièvreJ.

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