‹ Memoires (volume 2)Chapitre 55 sur 68 · IS · texte numérisé non relu

IS

Evidemment it Bvait l'intention de traoscrire h la suite de t'unitâ te tête tous les pamphlets qui vleadraient. Puis, manquant de ice, il s considéré que l'indication générale sufHsâit e( s'est «rrétô dôs le second dépôt. Cela ne l'empêchait pas de recevoir les brochures et de les exp<idier à Paris où elles arrivèrent — on le sait — ré^iilièrement.

i° M. Gérin prête à son prérel bien de la naïveté, ou bien de la maladresse I 11 serait désarmé, ce préfet, ai le» dépôts n'étaient pas faits réguliôremenlî — Mais au contraire, il serait armé deux fois, une fois contre la négligence de dépôt, tit une fois contre la périodicité dissimulée de brocliures politiques. El croit-oo qu'à défaut de l'examen des livres de l'imprimeur, un préfet n'a aucun moyen do proui'er une chose aussi notoire à Nevers que l'édition de 400 ou 500 brochures dont chacune donnait lieu, si j'ose dire, à un succès de scandale î

Mais suivons M. Gérin, dont la verve est féconde :

0 Quand le 39 juin iS.iil eut paru le 14' pamphlet et que ta première >érie fut close, Sionest avait moins que jamais de déclaration à foire, {n'aurail'il déclaré, en elîet^ De Choses et (Tauires, vingt-quatre pamphlets, n C. TilLier. 1 vol. in-ii ? Mais il l'avait déclaré le 7 juillet iS43. Déposer l'ouvrage complet ? Mais il avait cessé ses dépôts de brochures ; déclarer et déposer une édition pour le public... Maia alors c'eôt été avouer que. le 6 juillet i843, sa déclaration d'un volume în-ia de ai pamphlets était une Iterie destinée h masquer toute une suite d'écrits périodiques envoyés abonnés comme de simples journaux. Il prit parti... de ne rien déclarer du tout. Et nonobstant ce silence, U édita pour le public le volume De Chiites et d'autres... ».

Que de plaisanteries inefficaces ! que d'inutiles roueries f Je regrette de l'apprendre à M. Gérin, mais même si Sionest avait réimprimé De Choses et d'autres dons les formes où M. Gérin prétend qu'il Ta fait, il n'était tenu à aucun dépôt nouveau, l'édition nouvelle étant du même format, delà même justificattoD que l'édition originale <1),

Des solutions proposées par M. Gérin, il n'y en a donc aucune qui ne repose soit sur une erreur de (ait, soit sur un vice de raisonnement !

Je ne me risquerai pas, avec autant de hardiesse que lui, à la définition des secrètes pensées de Tillier. Cependant j'ai l'impression

(<1 Cour de Cassation. Arrêt dé juillet 1S33.

Cet «rrèt était encore en vigueur an 1847. (Toir Bonis et Bo.habiss, ouv. oit).

que les choses ont dû se passer autrement (1). Vers le milieu de leur série, Tillier et Sionest ne semblée t pas aussi tranquilles qu'au début. Les a-t-on avertis de l'irrégularitô possible de leur publicationt Ils espacent visiblement les dates de leurs brocliures.

La question du prëfet aux bureaux miorstériels est posée le 16 juillet. C'est précisémeut daos l'intervalle qui sépare les deux séries, Sionest a-l-ll demandé, avant de faire sa nouvelle déclaralion, è être fixé définitivemeol sur son droit î Sa déclaration, rédigée avant l'arrivée de la réponse, l'est dans une forme (2) qui lui permet de se mettre en règle avec la loi 1res aisément. Si on l'y oblige, il espacera les brochures en les groupant par deux; il lui suffira de ne paraître que toutes les cinq semaines pour qu'on ne puisse considérer sa publicatioD comme périodique.

En tous cas, entre l'arrivée de la réponse (vers le 20 août) et la mort de Tillier (12 octobre) sept semaines s'écoulent pendant lesquelles il n'est pas h notre connaissance que ni le Parquet, ni la Préfecture aient intenté dos poursuites non contre la série en cours, très légale, mais contre la série écoulée, celle-là nettement déclarée, par les bureaux, illégale.

l.es raisons d'une édition « en volume ». — M. Gérin n'esl pas

plus heureux lorsqu'il veut justifier l'existence de son édition u ea

volume )) :

« Sionest, m'écrtt-U. a certainement préparé dés la fin do juillet i8i4, pour le public, une édition en volume de la première série des PamphleU. 11 se pourrait que la maladie de Tillier ne lui ait pas permis d'achever ce travail de revision, constaté sur huit pamphlets. Sa mort survenue le ta octobre i844, en suscitant l'idée d'une édition des œuvres complètes, a pu faire négliger l'édition en préparation. On a dû brocher, à la hâte (,3). ce qui était préparé... » (4j.

(1) On reman^uera que cotte impression dilTère de celte que j'ai traduite dans ma préface de Claude Tillier, homme daniiereujs (cliap. I" de Qu^lijuet Recherches). Mais j'étais loin, alors, d'avoir sur lea circousunc^s de la publication des pamptiletâ les notions que, grâce a M, Gérin, j'ai aciiuisea «lepuia.

(2) 11 déclare • être dans l'inlention d'irnprinipr, pour te compte de l'auteur, un oiiwage njant pour titre : Pamphlets de (', Tittier, S' série. Ledit ouvrage formera etrviroti 15 feuilles, format in-12|Sefa tiré à 500 exemtdaireset^a>-nt/ra par Hcrnisoiu ft dei époque* indéterminées ». {,Arch. dép. dt la Kiéwe, Reg, des déclaration* d'imprimeurs),

(3) Ou sourii en songeant que le Eeeueil Suliert a mis plus de eeke ans à Aire I broo^â à ta tiàla i.

(4) Lellro du 20 octobre 1908,

Il ast regrettable que M. Gér

l'utilUs pas les documents si intéressaats qu'il publie lui-même. S'il avait ouvert sa brochure Lettre» et Doeumenis, ù la page +4, il eût appris que dus le JT avril 1844 Ttllier avait cédé à Sionest le droit d'imprimer au Dombre de 1500 exemplaires ses Œuerett complêtew, en quatre volumes.

Et alors, non seuleiiieat il n'eût pas écrit que l'idée d'éditer les œuvres de Tillier était née aprè» la mort de celui-ci, mais il se fût demandé que! intùrôt Sioneal et Tillier pouvaient bien poursuivre lorsqu'en juillet 1K44 ils coopéraient à une réédition de la première série des Pamphlets, en môme temps qu'ils préparaient la réédition totale des Œuvres î

Mais lo désordre des suppositions de M. Gérin est inconcevable. Ce qu'on vient de lire, c'est une supposition datée du 20 octobre 1908. Or en juin, dans sa brochure, M. Gérin avait émis la supposition suivante :

u J'Imagine que Sianast. .. ne songeait sans doute pas à Taire cette édition [des Œuvres complifes] avec de nouveaux caractères et qu'il comptait utiliser les clichés dei Pamptilels et le volume qu'il tenait tout prtSt » [ c'est-à-dire le R volume De Choies et daulret o ] (i).

Evidemment les deux suppositions s'excluent. Si Sionest avait broché h&tivement l'édition de 1S44, c'était pour la vendre aussitôt, et alors il ne songeait pas k en faire le t. 2 de l'édition de 1846 ?

Si au contraire il songeait à celte utilisation, pourquoi, lorsqu'en

novembre 1844 (2) il publiait en annonce que m le premier volume »

était « sous presse », n'aononçaitil pas que le deuxième l'était également ?

Tout cela est puéril et lorsqu'un tribunal peut faire de telles réserves sur l'organisation de l'imprimerie Sionest en 1844-1846, qu'il l'excuse d'avoir mis deux ans à publier les quatre volumes des Œuvres complètes (3), comment peut-on supposer que la môme imprimerie ait immobilisé plusieurs mois, (presque un an pour certaines brochures), 650 pages in-12 environ de son caractère lo plus courant I

(i) Le4 Editions des Pamphlet», p. 14, n. l.

(!) AJmTnrfh de la IViéere, puljlîé par Sionost. Année tSW. La copie poar <•■<'■ ■h ^Uiit. réciami^e pnr i'iinpriraeur â ses correspondants pour

le 1" • (5). .Sa prâfftoa est '.l«lée du V décembre. L'almanach était

d*posi' .i i :• ■.- 'é'M lo i'O dfécembre. On peut donc supposer que l'annonce à été rôdigiifl itana le cniinint tio iioïombre,«n mèmii temps tjue celle dont M. Oérin (l^a EditiuitÊ de» PanipMett, p. iK) donne Ifi reproduclioa,

(3) H. OSam. Letirts et DocamenU ivtr Claude TOfter, N'evers, lOM, p. 48.

Mail qui n'a compris déjà que le tort initial de M. Gério, c'a été d'obéir à sa première impression lorsque, rencontrant l'exemplaire Subert, il s'est dit : c'e<>t un volumel Cela lui parut si logique, si simple, si sur, qu'il négligea d'en douter. Désormais ce devint un axiome pour lui qu'entre l'édition en brochures et l'édilinn de 1846 se plaçait, après juillet 1844, une édition « en volume ». El loin de le discuter (on ne discute pas un axiome) il ne songes qu'A le justifier, qu'à soumettre, au mépris de toute vruiseniblance, les documents et les faits aux exigences de son indémontrable proposition.

Ce qu'est, en réalité, l'exemplaire Subert. — Il me reste à avancer mon opinion sur l'énigme représentée par les Recueils do MM. Gérin et Subert. Je ne serai pas aussi affîrnjHtif que M. Gérin. Je demande, simplement, qu'on réfléchisse ô l'hypothèse suiTatite :

Le seul renseiguemeol qu'on possède sur le chïfire du tirage des pamphlets est donné par ce passage de la note du Préfet qTO j'ai publiée : u Ils ont été tirés ô 400 et à WO exemplaires » (1). Le Préfet écrit bien ; et à rjQO ; cela, avant la déclaration de Sionesl pour la 2» série qui porte également le chiffre de 500.

D'autre part, nous savons que les pamphlets n'étaient pas vendus séparément.

Comment, alors, expliquer ces deux chiffres ; 400 et 5Û0?

Si Tillier eut tiré d'abord à ôOO et que, par suite de défaut de souscripteurs il eut abaissé son chiffre h 400, il n'eût pas porté à 500 celui de la deuxième série ? C'est donc le contraire qui eut lieu (2).

Par suite de l'augmentation imprévue et croissante du nombre des souscripleuîs, il se trouva obligé d'augmenter d'un cent le chiffre de son tirage. Mais si ses prévisions furent dépassées es janvier ou février 1844. par exemple, et qu'alors la composition des brochures antérieures était détruite, il dut donc, en môme temp» qu'il portait — je suppose — à 500 le tirage des pamphlets 11-24, faire réimprimer ô 100 les pamphlets 1-10?

(1) Quelque* Bee\erehe*, i, p. 13. Plus loin (p. 15) le Pràrot, calculant l«a bènâlIceB possibles des Pamphlets, so base sur una moyenne de vente de 400 exomploirea. Cela contirnie encore la demonstralion qui suit.

(2) Exception l'oUe pour le preraior pamphlet : Comment l't Associatioti t, véritnble [irospectiis dont le tirage dut étra benuofiup plu» élevô.

Il n'est (jas iiliJiH'erotit Je rappeler ici qu'ii la lin de eu f i.m.^i r.ii„vf

aonoDce (lue s'il lai vient 250 abonnés, il pourra vivre en êcn i«

ne s'attendalt-il pssften atteindre presque le double et cela Ëxt ' >r«i

que aes prévisions de tirage se fuBsent trouvées dépaaaaea.

Ainsi s'expliqueraient 1res bien («s particularités de cette rééditioD partielle : sa rareté ; sa distribution en brochures, pour fournir aux nouveaux abonnés la série daus son état normal ; ses dilTôrences de composition typoï?raphique ; ses légers renasDiements. tout nalurelH de la p^rl d'un auteur comme Tillîer qui se corrigeait constatnineDl ; la suppression enfin des « avis aux abonnés » deveaus inutiles.

Ainsi peut-être s'expliquerait encore qu'en 1849 (chose ignorée de M. Gériu) la veuve de Tillier eut à sa disposition pour les vendre, en même temps que sa tabagie, des pamphlets en brochures séparées (ly. Si 0n otîet Sioncst avait fuit un volume avec les pamphlets à la fin do 1844, i! eût d'abord donné au brochage les cahiers ioveiidiis qui restaient. Tandis que s'il n'a fait qu'augmenter, è un moment donné, son tirage de cent exemplaires, comme cette fois l'augmentation dut rester sensiblement au-dessus de la souscription, un certain nombre de brochures purent rester disponibles. Cette édition ayant sans doute été faite, comme la suivante, au compte de Tillier, elles devinrent la propriété de sa veuve qui les débita à un prix dérisoire. Des admirateurs de Tillier purent en pru&ter pour remplir les vides qu'ils avaient laissé se faire dans leurs petites collections. Le 10° pamphlet revisé que M. Gérin possède au milieu d'un recueil des brochures originales proviendrait de cettt source (2). De même que plus tard le 81s Tillier ayant voulu conserver une série complète des brochures, il les eût fait brocher sous une couverture de fortune et elles seraient passées dans cet état, lors de la vente qui, en 1899, suivit son décès, dans les mains de M. le docteur Suhert.

Telle est mon hypothèse. N'ayant pas trouvé d'argument valable à lui opposer, je tne dois de lui faire un sort.

(1) « M"" veuTe Tillier donne avis au public qu'on trouve <'.hez elle, rua da Commerce, las pampliiets de Claude Tillier, au prii do 10 contimes l'exemplairt!.

I Kile nlTre égolement de céder le bail du magasia et dépendances qu'étla oci'upe. dont la durée est de douze ans.

< On trouv(!ra citez ells un grand ai^sortiment de pipes, tabatières, etc., st tous le« accessuiro» il'un bureau de dâbit de tabac ». f Annonce parue dans le Bitndu Ptayte, ti* 150, !8 novembre 18*9. Bibl nat. Lç|28î).

II n'est p3B spéciAâ dans cette annonce qu'il s'agit de fox* les ^ftmptilets da rUlior. l'eut-élre no s'a:^it-il que do ceux de la seconde série, tirés t pour la kim|>te de l'auteur > t ou dos poti(c.<i brochures paruea en dehors des deux rrnndna séries? C'nst possible et je n'entends pas en lîrer argument en faveur ao l'hypolbéso que jo développe plus haut.

(2| Les Editions des Pamphlets, p. 16, n. 1, ii.

Pui336-t-elle 6D jouir plus longtemps que les hypothèses ai Gério I

Les coDstatatioDS qui précëdeot, je ne puis le dissimuler, projetteut sur la réédition de M. Gérin une impression défavorable.

Il en résulte en effet :

— Que M. Gérin (en ce qui concerne la série De Choseê et d'autres) fait constamment état, pour les pamphlets 11 à 24, d'une seconde édition qui n'existe très probablement pas — en tous cas qui n'est qu'une réimpression ;

— Qu'il fait constamment état, pour les pamphlets l à 10. d'uae réédition qui existe, mais dont i! désigne mal la forme; à laquelle il fixe une date (juillet à octobre 1844) qui est presque certainement erronée ; pour laquelle, enfin, il ne précise jamais les corrections qu'il lui emprunte, ou celles qu'il néglige.

Ce n'est pas tout. M. Gérin, excité, hétasl par le désir de mettre à mal mes (( tliéories d'école )) en matière de publication, pousse l'abnégation jusqu'à donner, de la façon dont il a établi son texte, la plus lamentable idée.

Il annonce en effet (1) qu'il a voulu (( donner une édition lisible aux gens de notre époque » et que, pour cela, il a emprunté tantôt la texte original de 18f4, tantôt le texte remanié un peu postérieur, tantôt même le texte de 1846, Mais jamais il ne nous a, en note, prévenu de son choix, ni des raisons qui l'avaient guidé. Il s'est donc arrogé le droit de préférer, dans certains cas, une leçon qui est postérieure à la mort de Tiltier et prise dans une édition que M. Gérin juge lui-même fournie de « défauts assez graves » à une leçon dont Tillierest lesponsahle, sans en avertir le lecteur.

J'entends bien qu'il aura, sur ce point, l'approbation du public nombreux qui ne se soucie ni des renvois, ni des notes et se moque bien des variantes ; du public qui n'a pas lu peut-ôtre sa brochui^ et ne lira certainement pas les miennes.

Mais je doute qu'il obtienne celle des travailleurs qui, ayant à étudier les Pamphlets, soit dans un but historique, soît dans un but

(1) Lts Editions deë Pamphieit, clt> iv, p. S2-24.

littéraire, sauroot qu'en «mployaot la rééditiOD Gërin ils ne sont p»3 sûrs d'avoir sous les yeux !e texte même que Et imprimer Tillier (t}.

Les suppressions qu'elle comporte, par exemple, dans le pamphlet : Comment l'u Ataoeiation »... les mettront en sioguliëre défîaoc6.

Je m'empresse d'ajouter, pour eux, qu'à ma coQjtaissBQce cette lacune est la seule grave et que les différences de leçon que pourraient présenter les trois textes ulilis6i par M. Gérin ne sont jainais importantes.

Il sera, en tous cas, désormais facile aux érudits d'y pourvoir, puisqu'ils savent maintenant que le texte complet de De Choses et d'autres existe, dans l'édition originale à la Bibliothèque nationale, dans l'édition remaniée ft la Bibliothèque tnuoicipale de Nevers,

Voilà ma discussion terminée.

Répondraî-je aux railleries de M. Gérin ?

Non. D'abord nous n'avons, ni lui, ni moi, assez de talent pour oser sans ridicule nous livrer des combats d'épigrammea au pied d'une œuvre comme tes Pamphlets de Tillier. El puis qui prendra au sérieux les sarcasmes dont M. Gérin accable ma critKjue forcenée, ma sensibilité ombraffeiiae, mon inquiétante audace de déduction, mon ton irrité, mes ciseaux magiques, quoi encore? — mes théorie* d'école qui ne font point appel au Jugement t

La moindre preuve que j'avais tort et qu'il avait raison eût mieux fait l'aiïaîre de M. Gérin.

Si d'ailleurs j'ai eu l'occasion de revenir sur l'excellente impres» sion que m'avait causée sa réédition des Pamphlets, impression que

(1| Je no soulÈvurai psa à nouvpau la question du Pamphlet- Pétition dont, aprds Inul, Jo ue s-a\i ps^ l'ëdjtour responsablu et dont celui qui l'a publia lient

Ërobabicmont à cuntiervâr la responsabilité. — Mais, cependant, comment I. Gérin ne voit-il pas la diftérancû qu'il va entre la publication d'un texte comme celui du P,-P., qui l'ut imprimé c|uand l'auteurétait mort depuis cinq ans et qui dut pour cula passer dans pluiiiours meins, et un texte comme celui dea Pampiilcts dont la grande partie a ]>ani sous les yeux de Titlier ?

H. Gérin, qui n'a pris la p^ine d'indiquer aucune de ses ieçout, éuit-il bien désigné pour reprocher ù l'éditeur du P. -P. do o'en pas avoir adopta d'autres que cellea du tosin qui lui était parvenu 7

— Il eût été préWrablo, a mon avis, de relever les fautes rietlu de traoscnpijon que voici ei dont la liste nui devait ngurer en note de la p. 2S d« Quelque* Beckerches a, par suite d'une erreur matérielle, été oubliée. Ce sont ;

P. IG (du tirage h part}, I. 9 : cru pour j3m ; p. 18. 1, 7 : auret pour avex; 1. 16 : main pour citoix; !. 20 t impoter pour opposer ; I. 30 : outre droit poar antret droite; p. 19, I. 4 : eon/lit pour complet; p. 21, 1. 3T, eeux pour eai*.

dès 1906 j'avais traduite dans un double compte-rendu élogieux (1), n'est ce pas à M. Gérin que je le dois ?

Ce sont ses Notes critiques sur le Pamphlet-Pétition qui m'ont invité à examiner de plus près un travail auquel j'avais cru pouvoir faire le crédit d'une confiance entière.

Je n'ai fait que suivre son exemple. S'en plaindra-t-il ?

Ne le pensons pas. Et puisqu'il était persuadé, en adressant & l'éditeur du Pamphlet- Pétition sa page d'observations, qu'il rendait par là un hommage encore à l'œuvre de notre Tillier, il ne se refusera pas à croire qu'en apportant à l'éditeur des Pamphlets, après des éloges que je ne regrette pas, mon tribut de réserves, j'ai rempli avec conviction le môme dessein.

Paris, janvier 190g.

Paul CORNU.

(1) La Tribune, mai 1906 et Reoue d'Histoire moderne, t. viu, (novembr»

Comptes Rendus des Séances

Séance du IS Mars 1908

La séuDce est présidée par M. Victor Gueneau, doyen d'Age. Vingt-neuf membres sont présents et preaneat part au vote pour l'élection da bureau.

Sont élus, par vingt-huit voix t

MM. Victor Goehbao, Président ; Abel Mazoybr, Vice- P résident ; Paul CoaND, Secrétaire Général ; Eugène Langeron, Secrétaire; Louis JoLrvET, Trésorier Archiciste ;

M. Victor Gueneau remercie ses collègues en ces termes ;

<i Messieurs,

<( Il m'est fort doux de recueillir dans ce moment les témoignages « de sympathie dont vous voulez bien me combler, mais je dois « vous avouer que j'aî été très ému lorsque quelques-uns d'entre- ^« vous sont venus me demander d'accepter la présidence de notre Société Académique. Je savais, d'un côté, et très sûre- H ment, que j'étais bien viaux, et d'un autre côté, non moins sûrs- « ment, que je n'avais pas cette solide teinture de toutes choses « qu'avait mon frère. Mais l'affection que vous aviez pour lui, le « souvenir atteudri que vous lui gardez m'ont profondément touché « et malgré mon iosufâsance, m'ont décidé h accepter.

<( Vous venez, par vos suffrages, de confirmer le désir que voua « aviez de me voir diriger nos travaux, je vous en remercie bien « cordialement. Nous avons dans notre Société, et cela me rassure « complètement, asseK de travailleurs pour qu'elle continue à faire n paraître chaque année un de ces volumes dont l'intérêt n'éi( chappe à persoune et qui, soit dit sans aucun orgueuil, ne sont « pas inférieurs à ceux que publient d'autres sociétés de sciences, i< de littérature ou d'histoire. Pour ce qui regarde les temps préhis- « toriques, est ce que notre collègue, M. DBsforgea, ne connaît pas « ftfoDd la succession admirable de ces époques si loiitaines ?

« Est-ce que M. Jolîvel n'est pas versé dans la Dumismatique (( et spécialement daaa la connaiasance das médailles romaines ? « Quant à la paléographie et l'histoire, ces de^x sœurs inséparables, « QOtra ami, Paul Cornu, continuera à nous prôter son précieux (I concours et si une de ces questions de sciences, qui intéress^Dt (t su plus haut point ta vie des individus et même des peuples, H venait à é(re soulevée, cous sommes sûrs que l'aide de M, Ma- « zoyer, le très distingué ingénieur en chef de notre départemeol, « ne nous manquera pas dod plus.

<( Est-ce que nous n'avons pas M. Camuzst, le délicat restauratt teur de nos monuments historiques; M. Méténier, qui nous fait « retrouver les vieux souvenirs nationaux, dans les chansons popui( laires ; M Langeron, dont la plume est si pleine d'humour; MM. <i Richard et Chariot dont la muse nous charme toujours ; M. Bou- « thors, si versé dans les curieuses querelles du Jansénisme j « M. Caquet, l'ami des champs de blé et des bois ; M. Carré, le {( chercheur infatigable et tant d'autres dont le nom m'échappe « dans ce momeal mais qui nous sont cordialement attachés ?

t( Et puis, Messieurs, j'estime que dans notre petite mais si « aimable compagnie, nous ferons bien de ne pas trop quitter notre n Nivernais et de rester soigneusement dans son horizon familier. (( Son nom nous en fait un devoir et sou sol donne sans cesse à « notre cœur et à notre esprit un nombre infini de jouissances. Ses « bois, ses rivières, ses prairies, ses champs nous révèlent à chaque (( instant des trésors; ses vieilles églises, ses châteaux, ses tours, « ses vitraux, ses poteries nous rapprochent de nos ancêtres dont « la vie nous a ôlô consacrée dans les vieux parchemins des clercs « et des moines, dans les actes dos tabellions et des notoires qui ■ tous, hélas ! ont oublié de nous faire connaître s'il existait des <i points de rapprochement entre les Arvernes et les Nivernes, Nous « avons donc là de quoi satisfaire tous nos goûts en dédaignant les H renommées trop bruyantes et les critiques plus ou moins inté- « ressées des profanes.

t( Mais, ne voulant pas oublier ce précepte cher an durnier duc H de Nivernais, lorsqu'il n'était plus que le citoyen Maneini : « Ne (* soyez pas trop long et n'ennuyez point l'auditoire )>, permettez-moi « de terminer en vous disant simplement : travaillez bien et notre « Société restera, comme par le passé, pleine de santé et de vigueur».

M. Desforges veut bien alors donner lecture de l'article suivant qu'il a publié dans la Reçue Préhistorique, n" 3 de mars 1908, sur

notre regretté Président, M. Lucien Gueneau. et qui coinpt6te, d'une manière heureuse, ce que la Société si'Élaiirait un devoir d'insérer dans son dernier bulletin.

« M. Locien-PhiUppQ Gueneau, Président de la Société Àcadéit roique du Nivernais, est décédé à Nevers, le 16 janvier dernier, & u l'âge de soixante-quinze ans.

•' Né à Lu^y, le 30 décembre 1832, M. Gueneau. après de se-

« rieuses études (il était bacbulier es-lettres et bachelier es-sciences) « embrassa la carrière des armes. Il était lieutenant de cavalerie à « Saint-Germain-en-Laye quand le Gouvernement chargea son ami « Claude Rossignol d'organiser le musée des antiquités nationales. H U (ut pour Id savant conservateur un précieux auxiliaire.

<i De cette époque date son goût pour tes études archéologiques <( en général et pour la préhistoire en particulier. Ce (ut lui qui t( offrit au musée la première hache polie trouvée à Ssint-Germaio rt même.

i< Envoyé en garnison dans le Midi, il fouilla plusieurs grottes à (t Lourdes et y recueillit une trè!< belle série d'objets préhistoriques, R notamment un suporbe bâton de commandant dont on peut voir « le moulage à Saint-Germain. Le musée de Tarbes lui doit des (I pièces du plus haut intérêt.

I» En 1870, il fut fait prisonnier de guerre et interné à Magde- « bourg où il découvrit plusieurs objets préiùsloriques et une fort (( belle lampe de l'époque romaine qu'il dut, un peu à contre cœur, « offrir, au musée de Berlin.

« A son retour en France, 11 donna sa démission de capitaine « du 3" régiment de chasseurs et fut nommé successivement sous- « préfet de Château-Chinon puis de Ge,t. Rentré dans la vie privée « avec le titre de sous-préfet honoraire, il dirigea quelque temps (( ï Union Républicaine de la Niènre, qu'il abandonna bienlât pour « se consacrer ô ses études favorites: l'histoire et :' archéologie.

(• Il a écrit une monographie très intéressante et très documentée K de la Ville de Luzy dont il avait été le premier adjoint puis le H maire, et il a publié dans les Mémoires de la Société Académique H du Nivernais, de nombreuses études sur le Morvan qu'il connais- « sait si bien.

<i Les principaux travaux préhistoriques, publiés égalemeat dans « le BuUetin delà Société qu'il dirigeait, sont :

'( i° Des Vertus de nos Fontaines, tome II, p. 150-

« 2" Recherches sur le Nooiodunum Œiuorum et sur la Geri< goeia Boïorum, tome VIIl. p. 44.

« 3" L'Art Gaulois. Un Mot sur le Nioernum, Gallo-Homain, « tome VIII, p. 64.

<( 4^ Les Chemins Gaulois et les Chemins Romains dans le Pa^s « Eduen, tome VllI, p. 90. •

« 5" Gippes Funéraires Gallo-Romaios de Poil, tome IX, p. 102.

<( Il préparait, lorsque la mort l'a frappé, uoe étude très docu- « mentée sur l'oppidum du Mont-Dône (Nièvre).

t( Je ne dois pas oublier qu'il fut mon premier guide en préhis- H loire et que c'est lut qui, en 1901, me signala l'existence des nomc< breuses stations de la Vallée-de l'Alaîne que j'ai pu étudier depuis. M M. Queneau, était conseiller municipal à Fléty, chevalier de la « Légion d'Honneur et officier de l'Instruction Publique, »

Le Président remercie M. Desforges en son nom personnel et au DOm de tous les membres de la Société Académique du Nivernais, puis donne connaissance d'une monographie de M. Carré, instituteur à Chazeuil, intitulée Notioe Historique sur Corvol-d'Embernard, qu'on trouvera dans ce volume.

M. Léon Boulhors lit une élude sur le Jansénisme, les Religieuses de Port-Royal et les Ursulines de Nevers, dont l'impression est votée ô l'unanimité. ^^^^^^^^

Séance du SI avril 1908

Le Président donne lecture de la très aimable lettre que M. le Préfet de la Nièvre, a bien voulu lui adresser en réponse à celle qu'il lui avait envoyée, pour lui faire part da ta cousLilution du nouveau bureau et lui transmettre le témoignage de notre vif attachement.

Il signale ensuite la rectification suivante A faire au tome IL troisième fascicule, page 232, ligne IL Au lieu de l'Abbé de Gcutar il faut lire i'Abbé de Gaiilac.

M. Jolivet rend alors compte de la situation Ûnancîère de la Société, situation qui est des plus satisfaisantes. Des propositions ayant été faites pour réduire la cotisation des membres honoraires au chifire uniforme de dix francs, l'assemblée estime qu'elle ne renferme pas, dans cette réunion, un nombre suffisant de membr pour résoudre la question.

^. M. Victor Guenesu place soua les yeux do ses collègues, une srbeinvitalioD adresiséepar lesotliciers de ta Lùgion de la Nièvre, 57* rtigimenl d'infanterie, au service solénoel qui sera ct^tébré le lundi 8 juin 1818, à onze heures précises du matin, dans l'église de Sainl-Cyr, pour le repos de t'àme de défunt S. A. S. Mgr Louisjoseph de Bourbon, prince de Condé, colonel général de l'infanterie de ligne. Cette invitation, d'une fort l>e!le impression, mesure 36 centimètres et demi de largeur sur 28 et demi de hauteur et sort des presses de Lefàbvre aine, rue Saint NtAPtin.

M. Oesforges donne lecture d'une très intéressante étude qu'il a fait paraître dans la lîeeue Préhisioritjue et intitulée : « Survivance de la religion druidique dant les montagnes du Centre. La Sq d'une légende ».

Le Président fait ensuite une curieuse commumcalioa sur la Porte du Croux et son Musée.

Séance du SI mai 1908

Sur la proposition de l'un des membres présents, il est décidé qu'à l'avenir on indiquera, autant que posi^ible, h la séance tenue, tes communications écrites qu'on désire faire è la séance suivante afin que chacun puisse étudier à l'avance la question qui sera traitée.

Le Président analyse des communications faites par notre collègue, M. Desforgûs, au Congrès Préhistorique do France tenu ft Autun, dans le courant du mois d'août 1907, puis donne lecture de deux actes, rédigés par M. Delaveau, notaire à Clamecy, et qui présentent un certain intérêt relativement h la maladie de la Contagion. L'un de ces actes est daté du 1»' mai 1587, et fut dressé à six heures du matin, à Courcelles, près Corvol-l'OrguoilIeux. Il concerne Anne le Muet, femme de Jean de Lucenay, mesureur au grenier à se! de Clamecy. Cette dame déclare au notaire que son fils est décédé la veille au soir de la maladie de îa Contagion, que sa fille est à l'extrémité et que, quant à elle, elle fut frappée de la maladie le jour d'hier au soir, ayant le feu derrière l'oreille dextre et le mal en l'une des aynes.

L'autre acte est du 19 juillet 1588. après-midi. Le notaire étant proche d'un trait d'arbalète des maisons do Choulot, destinées pour la retraite des pauvres malades de Contagion de cette Ville de Cl«-

mecy, et mandé exprès audit lieu et place, est sortie d'une des maisons Françoise Démons, veuve de Raphaël Jourde, laquelle à haute voix a déclaré avoir vendu diverses choses dont elle donne le détail.

Séance du 23 juillet 1908

M. Carré, instituteur de Chazeuil en retraite, communique la copie d'un curieux Acis concernant différents cours publics et gra tuits sur l'art des accouchements qui servait de couverture 6 un des registres paroissiaux de Chazeuil.

Cet avis est daté d'Orléans, le 6 novembre 1766. M. l'Inlendant de Gypierre. qui l'a signé, regrettant les malheurs sads nombre que cause dans les campagnes l'ignorance de la plus grande partie des personnes qui remplissent l'état de sages- Femmes, informe le public que M™* Ducoudray, maîtresse sage-femme de Paris, t( célèbre tant « par ses succès dans son art que par l'invention d'une machine « propre à démontrer et rendre sensible aux élèves les moins sus- (( ceptibles de raisonnement, la manière d'opérer dans les cas les (( plus difficiles », ayant déjà donné, avec le plus grand succès, des leçons dans les généralités de Poitiers, Moulins, La Rochelle et Limoges, ainsi que dans les provinces de Bourgogne et d'Auvergne, fera des cours gratuits à Orléans, Blois, Chartres et Montargis, et ()ue les villes n'auront à payer que la nourriture des femmes de la campagne qui seront envoyées pour suivre ces cours.

Il est regrettable que cet avis ne soit pas suivi d'indications relatant le nom et la demeure des femmes envoyées.

M. Desforges signale le lieu dit le Chaillou, situé 6 300 mètres environ du bourg de Saint- Parize-le-Ghôtel, sur ta limite du calcaire infraliasique et des sables tertiaires, comme une station renfermant diverses industries successives.

Sur une étendue de plusieurs hectares, la surface du sol est littéralement couverte de rognons dont la plupart ont été éclatés par les instruments agricoles. Les deux principales variétés de roches qu'on y rencontre sont un silex jaune, grossier et non pyromaque, et un silex rouge très ferrugineux.

En quelques heures, pendant les vacances de Pâques, M. Desforges a recueilli dans cette station : un coup de poing, plusieurs racloirs, une pointe d'aspect raoustérieo, des lances, un petit tranchet, deux grattoirs (dont l'un très épais), deux coches grattoirs et plusieurs éclats Levatlois,

Etude de ia rage, par M. Baudot, 1770, — La rage, cette effroyable maladie que Pasteur a vaincue, désolait jadis toutes les contrées de noire Nivernais et, il n'y a pas cioquaote ans encore, que son nom seul faisait frémir. Aucun moyen de guérison n'existait. Les sorciers conseillaieut l'absorption d'une omelette faite avec la racine de l'églantier, et les prêtres préconisaient les pèlerinages & saint Hubert, dans les Ardennes (1).

En 1765, une grande partie des habitants des psroissesdu Nivernais et du Berry eut k souffrir des morsures des loups et des chiens enragés. L'Intendant du Berry, M, Dupré de Saint Maur, désigna, dans le courant du mois de juin, Pierre Baudot, docteur en mùdecine k La Charité-sur-Loire, pour donner ses soins & tous ceux qui avaient eu le malheur d'être mordus.

Né & La Charité en 1725, M. Baudot avait certainement beaucoup de savoir. Dans ses Essais antihydrophobiquea (2), il a rendu compte d'une façon fort intéressante de ce qu'il avait vu et de ce qu'il avait fait jusqu'en 1769 dans les paroisses de La Charité, Raveau, Tronsanges, Mesvre, Munot, Saint-Bonnot, Prémery, Giry, Sury-en-Vaux, Savigny, Saint-Bouizo, etc. Les indications et l'expérience, dit-il, manquaient. Les iodications, en ce que tes fausses opinions sur la nature du virus hydrophobique ont fait échouer te-t médecins de l'antiquité qui, tous, ont employé différents moyens pour parifier des liquides qui ne furent jamais infectés. L'expérience, en ce que ce sont ordinairement les gens de la campagne, bergers et gardiens de troupeaux, qui sont exposés à la fureur des loups et des chiens enragés et qu'ils n'ont pas recours aux personnes de l'art, ce qui a donné lieu dans tous les temps à des méthodes purement empiriques.

M. Baudot, dans ses traitements, employa plus sdécialemeot les frictions niercurielJea camphrées, les compresses d'eau-de-vie camphrée et opiée sur la gorge, les saignées |10 onces de sang par saignée), les pilules de panacée, et différents bols de cinabre et de musc ou de camphre et de laudanum. De 1768 à 1769 inclus, il ne

(!) Saint tlobert, cvèque do Màeslrictit et de Liège, avait sa chapelle sur le ligne nrtiicile ilo Namur h Luxembourg. On ep[)oUe la station Poix ou Saint-Hubert.

(8) Essais Anti-Hydrophodiauet, par M. Baudot, docteur en médecine à Sa Ùuirité-sur'Lùire, k Lille, de l'Imprimerie de N.-J.-B. Peterinck Cramé, Imprimeur ordinniro du Roi, 1770; avec permission. — La permission d'im-

Î)rituer av&lt été donnée i Bourges, la 11 novembre 1769. par IL de Beauvoir, ieu tenant g^oéral de police.

changea rien à sa méthode et tous ses blessés furent préservés d'aC cideatst aussi conclut il que :

1" La maladie n'est point inflammaloire, ainsi que t'ont enseigné de célèbres médecins, puisqu'on constate l'absence de fièvre, lenteur du pouls, langue vermeille et humide, sang très rouge, d'une forte consistance et dont il se sépare peu de sérosité.

2" Que ce n'est point un délire furieux, ainsi que l'a défiai M. Co! de Villars dans son Cours de Ctiirurgi», puisqu'on voit des hydrophobes mourir sans avoir donné aucun signe de fureur, et que ceux en qui ce symptôme se manifeste ne t'éprouvent que dans les derniers temps de la maladie lorsque dfss dépiïts gangreneux, des inHammatioos aux membranes du cerveau ont fait sur le viscère les plus vives impressions.

3° Que le virus hydrophobique ne communique point au sang son caractère destructif. L'exemple d'une chèvre qui avait allaité un enfant pendant le temps qu'elle était infectée de ce virus en fournil une preuve bien convaincante. Si le virus hydrophobique avait circulé pendant trois semaines dans ta massa des liqueurs de la chèvre et lui avait communiqué son caractère vénéneux, le lait de cette chèvre aurait certainement participé à ce vice et l'aurait communiqué ô l'enfant i}ui, à son tour, en aurait fait partà sa mère par succion, ce qui n'est pas arrivé.

M. Baudot conclut que l'hydrophobie est une maladie spasmodique et qu'elle est locale dans son principe, c'est-à-dire que le virus est seulement offensif des nerfs et qu'il reste loiigtemps cantonné et isolé dans la partie blessée. Sur toutes les méthodes connues jusqu'à présent, te mercure mérite la préférence comme prophylactique, et l'opium joint au camphre comme curatif quand la rage est déclarée.

il rejette les pilules mercurieltes du frère du Choisel, jésuite :

1" Comme inutiles ainsi que tous les remèdes intérieurs, puisque le virus est Isolé et n'a pas passé dans le sang ;

2'^ Parce que la coloquinte et la gomme-gutte entrent dans leur composition, et que ces remèdes incendiaires sont plus capables d'augmenter la tension spasraodique des nerfs que d'en procurer le relâchement.

Et notre compatriote, M. Baudot, qui s'est montré dans toutes circonstances homme de courage et da savoir, et dont, par conséquent, nous devons conserver précieusement le souvenir, termine son étude par ces mots :

« La partie prophîtactique ainsi démontrée par une théorie sou- « tenue de Texpérience, oq pourra se Qalter de ne plus voir d'hydro- <( phobes, ou les cas en seront très rares. Il n'en est pas de même « de la partie curative, lorsque l'hydrophobie est déclarée, on peut « à la vérité rapporter quelques exemples de guérisons, mais ils « sont insuflisaols, et pour prononcer avec certitude, on doit atlenrJf dre qu'un plus grand nombre de preuves porte le caractère lumi- '« neux de l'évidence. C'est cette partie curative, si précieuse à « rbumanité qui doit maintenant exciter l'émulation des médecins, n la voye est ouverte, le sentier commence d'être frayé, pourquoi (( ne pas suivre une roule qui certainement conduira à l'antre où « réside le monstre le plus redoutable de l'humanité. »

Séance du 17 décembre

Sur la proposition du Président, l'Assemblée adresse ses unanimes et bien cordiales félicitations à son Vice-Président, M. Mazoyer, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à l'occasion de la médaille d'or que vient de lui décerner le Jury de l'Exposition de Londres.

Conçus par M. Mazoyer et exécutés sous sa direction, les raagni- Rques ouvrages de navigation des canaux de ta région du Centre, et particulièrement les ponts-canaux de Briare et du Loiret, ont été représentés à l'Exposition franco-anglaise par de grands tableaux, œuvre de M. Guérin, Sous-Ingénieur des Ponts et Chaussées & Nevers, qui ont fait l'admiration des hommes de l'art et de tous tes visiteurs.

M. Langeron donne connaissance :

1° D'un arrêté du Ministre de l'Instruction publique fixant du i*' au 14 juin 1909 la 33« réunion des Sociétés des Beaux-Arts à Paria, et de la circulaire du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts relative aux mémoires qui lui seront adressés à cette occasion ;

2" De la lettre du Ministre de l'Instruction publique informant que le 47* Congrès des Sociétés savantes aura lieu h Rennes le 13 avril 1909, et du programme de ce Congrès, programme qui est distribué à tous les membres présents.

M. Cogny rend compte à la Société d'un travail du plus haut intérêt inséré dans le dernier volume des Mémoires de la Société

d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône et intitulé : Histoire de Mouthier en Bresse.

Le Président lit alors un acte de notoriété donné le 9 mars 1782 par MM. de la Chambre des Comptes de Nevers, sur la requête du Procureur général au domaine, acte duquel il ressort « que cette « Chambre est une émanation de la Chambre des Comptes établie « en la ville de Dijon sous les statuts originairement donnés pour « l'une et pour l'autre par M''* Jean Cretté et Oudart de Coigny, « officiers de la Chambre des Comptes de Paris, commissaires du (( roi Charles VI à ce spécialement députés ».

M. Chariot veut bien, pour clore la séance, dire avec une profonde conviction son sonnet Le Devoir, qui à été couronné dans un concours de l'Académie Clémence- Isaure.

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