Jean
Jean de Graçay, seigneur de Ternanl, se maria avec Jeanne de la Châtre, fille de Gabriel et de Marie de Saint- Amadoiir. En 1525, Jeanne, veuve de Jean de Graçay et femme deRenéduMas, seigneur de la Baisonlière, fait hommage pour Ternant (3). En 1561,^ elle donna cette seigneurie à son neveu Gaspard de La Châtre.
Gaspard de La Châtre épousa, en janvier 1570, Gabriel le de Batarnai dont il eut, entre autres, Henry, capitaine de Gien. qui vendit, en l(i08, la seigneurie de Ternant à Nicolas Largentier, seigneur de Vaucenaire, baron de Champeleine, conseiller et secrétaire du roi.
Mais revenons à Philippe de Ternanl.
Bel homme, bien planté, il fut l'un des grands batailleurs de son temps. Chambellan du duc de Bourgogne, il habita plus souvent Bruges que Dijon, et surtout que Ternant. C'est là ({u'il reçut, en 1429, l'ordre de la Toison d'Or que Philippe le Bon venait de fonder en l'honneur de sa maîtresse. Marie de Crambrugge, dont les cheveux roux avaient été l'objet de quelques railleries (4).
(1) Titres de Nevore, col. 192, 190.
(l) — cot. tW.
(3) — toi 200.
[i) Le nombre des chevaliers fut d'abord de il, on mémoire, croit-on, des U nia}trcssM qne reu;«Uent dnc avait eues. 11 fut porté i 30 en 033 (Voir le Dictionnaire de Biographie
l'est aussi des Flandres qu'il rapporta les deux tryptiques que, malgré mon incompt-lence, je vais essayer de décrire. Us Irouvèrent d'abord un asile dans la chapelle du vieux château, puis passèrent dans l'église paroissiale actuelle.
Ces deux triptyques, dont j'ose à peine parler {bien d'autres plus compétents ont dû en rendre compte}, datent du XV' siècle.
Le plus grand, est placé derrière le mailrt-aalel, 11 domine tout l'inlérieur.
L'autre se trouve sur un côté du chœar. Tous les deux présentent des groupes de figurines très délicatement sculptées dans le bois, dorées et peintes en partie dans le premier et seulement dorées dans le second.
Le triptyque dit à la croix, est de beaucoup le plus importanL Il représente diverses scènes de la Passion. En bas, sur une légère plinthe qui forme comme un encadrement, on remarque les écussons des sires de Ternant. Il y en avait trois. Deux se voient encore, l'un, représente les armes de Ternant ; « échiqueté d'or et de gueules »> ; l'autre, par moitié les mêmes armes et un écartelé : « aux I et 4 de gueules, à la bande d'or et aux 2 et 3 de sable, au chevron d'hermine ».
Ce tableau se partage en plusieurs panneaux. Dans celui du milieu, c'est le crucificntent. En bas, parmi la foule des gardes et des femmes, on aperçoit Philippe et sa danie. Le sire de Ternant porte une robe rouge à lleurs d'or, serrée au corps par une ceinture à laquelle est suspendu un poignard, il a la tête nue. Près de lui, sa femme, en magnifique costume de l'époque, a la tète couverte d'wn liennin, elle est à genoux el lient un livre.
Les deux panneaux latéraux nous montrent la Descente au Sépulcre el la Mise au Tombeau. Les volets sont peints et les couleurs sont très bien conservées. Les deux de gauche nous font assister à la scène du Jardin des Oliviers et les deux de droite aux scènes de la Résurreclion.
Au loin, la ville de Jérusalem dresse ses terrasses et ses minarets.
Le second triptyque semble avoir une valeur moindre que le précédent.
11 est moins grand et moins travaillé.
La Vie et l'Enterrement de Marie y sont représentées par trois
tl d Hiitoite, par Deiobry et Baclielet^. Philifvpe de Tent/inE aurait été le 2t*. Id'api^& La HobUite dujc Etat» ée tiourgognt, par Henri Besmn et JuJes d'Jlrbaumont)
scènes bien rendues : 1° Marie, parlant aux Apôtres; 2f Marte sur son lit de mort : 3" Marie emportée pour être enseuetie.
Les figurines dorées et non peintes sont véritablement attrayantes, surtout celles du fond.
Dans les volets de droite et de gaucbc sont ; l'Annonciation et l'Enfance.
Les volets des extrémités sont réservés au cbâtelain et à la châtelaine de Ternant.
Dans l'un, Philippe, à genoux et revêtu de sa cotte d'armes à son blason, porte le collier de la Toison d'Or , son casque est à terre ainsi que ses éperons. Dans l'autre, la dame de i'ernant, agenouillée est couverte d'un grand manteau armorié.
Les ligurines du grand triptyque ont 0 "' 30 de hauteur, celles du second ont seulement de 0 '" 15 à 0 "* 20.
Pendant la belle saison, de nombreux touristes viennent admirer ces œuvres géniales, qu'on estime valoir près d'un demi million. Des Anglais, des Allemands et même des Américains ont voulu les acquérir ; leurs offres ont été déclinées.
Les deux triptyques, sont du reste classés comme monuments historiques, grâce à MM. de Chennevicres et du Soinmerard et, grâce surtout aux démarches aussi précieuses que nombreuses de notre regretté Président de la Société Académique du Nivernais, Lucien Gueneau.
En bois dur, excessivement fin, un peu rouge, qui doit être du cèdre, ces deux merveilles de l'art semblent nées d'hier, tant elles sont fraîches et bien conservées. L'exécution en est parraile. Les détails sont d'une expression étonnante de vérité et fouillés avec une délicatesse exquise.
On les attribue au peintre et sculpteur flamand Hans Mcimling(l). Cependant rien n'est moins sûr, car cet artiste n'était pas né lorsque Philippe fut reçu chevalier de la Toison et il n'avait que 28 ans quand Philippe mourut.
Quoi qu'il en soit, Ternant est fier de posséder ces deux chefsd'oeuvre de l'art flamand.
Ternant, le i^'f Octobre 1909.
Louis MALVY,
tnuMuleur à Ternant, Homme de Irltre», lUemWe et lauréat de plusieun Academift littérairu et poétiques de Franct.
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