CHAPITRE XII
louveaux procès avec le Prieur de Saint-Etienne, 1653. Correspondance des Jésuites. Plan des lieux. Eglise et chapelles. Règlement du conflit, 8 Janvier t6S6t c'est la ville qui paYera. Achat du Jeu de Paume Lemercier et d'une maison rue Mirangron.
Nous avons vu, dans le précédent volume, que les difficultés qui s'étaient élevées entre les Jésuites et le prieur de Saint- Eliennc se terminèrent, en 1624, par le payement d'une grosse somme dont la ville de Nevers endossa la charge. L'accalmie lura près de vtngt-neuf ans. Au mois de mars 1653, probableicnt pour éviter les dangers de la prescription, le prieur Claude de Maunourry, abbé de Gaillac, l'ami de Michel Bardin d'Origny que les Jésuites auraient bien voulu faire pendre (1), envoya une assignation, de concert avec ses religieux, aux Pères du Collège [)Our les obliger à« reconnaître à titre de cens les maisons, cours, '"« jardins et héritages qu'ils possèdent et dont ils jouissent, assis « dans leur censivc universelle du Bourg de Saint-Etienne, es « rue de Mirangron, de l'Esguillerie et des Bourgeois, sous les « charges de cens anciennes dues au prieuré et payer les arré- « rages échus... » Vingt ou trente maisons, dit l'assignation, ont i< clé abattues et démolies « qui étoienl pour lors de valeur très 0 considérable au lieu le plus avantageux de la ville de Nevers, « à rentrée de la Porte de Paris, d'où perte considérable pour le « prieuré jj.
Les religieux de Saint-Etienne affirmaient de plus, dans leurs réclamations que jamais il n'y avait eu de contrat plus nul,
(Il Voir t.
— Seau fond et en la Tormc que ceiui do 2 'novembre 1624. Le prieur cl les nrligicux d'alors, «ii s, ne devaient pas s'adresstr
aux échcvins « qui n'esloii-n ; mes cai>ablesde faire les dil» reconnaissances puisqu'ils n'estoienl pas dt^enlcurs des héri* lages sujcls à la ccnsive », il appartenait au\ " '" "
rccotiiuissancc et donner homme vivant ou . l'indemnité au dire d'estimateurs « à ce cognoissanl ». En outre les religieux de Saint-Eliennc n'étant qu'usufruilii; tient
traiter sans Iç consentement de leur seigneur, i. 'fV.
ce qui n'a pas été fait. De plus, pour la forme, il fallait (air intervenir le procureur général du roi, « seule partie capable de lier contracts esquels il s'agit de l'aliénation du dot d'une «^lisei>,| et, pour les moyens de fond, les religieux n'ont pas nrçu parle' traité la dixième partie de l'indemnité qui leur était due.
Les jésuites avaient dans le prieur de Saint-Etienne, nn adversaire résolu à leur tenir tête. Ils répliquèrent aussitôt que le prieur dom Henry Girard était mort au mots d'août 1631, que le prieur actuel n'avait été maintenu que le *27 juin 1(Î45 a ledit prieuré ayant été vacant ou en litige pendant quatorze années », qu'ils avaient fait deux contrats de reconnaissance, l'un du 13 janvier 1627 et l'autre du 2G mars suivant, le jjremier d'une , maison qui tait partie de leur collège et leur fut donnée psr j Jacques Hardy, le 21 mai 1624, sous la remise d'irn denier, (1) l'autre d'une maison qui fait aussi partie de leur collège et qu'ils ont acquise de Jean Possevin avec une rente foncière de 6 livi et 3 gélines qui la chargeait, pour le prix de 235 livres. Ils ajoutaient que, dans la transaction passée entre les échevins et Ifl prieur Henry Girard, l'un des échevins stipulants était le | du prieur actuel qui réclame contre ce qtti fut signé par son pèrtl et qui fut bien fait. Le Heu où est le collège n'était autrefois qm ruines et maintenant il est habité plus qu'il n'était, « les hour^ooii « se placent volontiers près de l'église des Pères, la plus havAi
(I) l)'»pri» on acte pss^ devanl Michelut, aotaire au duché, le ii mai ir,i4, bo tioiume et sii|^« infiltre Jarriues Ilanlv, avocat nu )iailb|;o et prairie du Nivcrnaù, pour i qu'il (tQrie aui \\. 1'. de l.i Corii[).ignip. de Jésus du rolli'fv de Nrvei^, e\ i raus-i: qai< I Hiirdy. son fils, ii [fjit prori'i.«iDn en ladite Compagnie, donne au cutlëgc de Nevrrs II fierrf Foui'lior, recteur, jjrésent et iccrpLinl, une place el ni;i>urc de maivin, (ni nt>r,ir).-n ,nt.( tenAnt au Jardin du collège, au dcrnèrc de la ni.iiAon du Jeu de Paume, avec : passage pour ;iUcr cl venir de la dite m.iiiton par ;la rue de MiraB^ii i tnr(r> « iiui.<va \ apparteninl depreiont 4..,. Voir 1. 1, le plan d« lUil.
« de la ville, les écoliers et autres personnes les environnent « encore que le collège soil à une extrémité de la ville près la « porte des ArdillJers et cjue entre leur jardin et les murailles de « la ville il y ail peu de distance, pas de maison entre deux ». Le prieur ne souffre donc aucun dommage et le collège ne lui est pas désavantageux puisque les autres maisons et héritages de sa censive sont plus peuplés, hantés et habités qu'auparavant. Par une suite naturelle les louages sont plus chers, les droits de lods et ventes plus grands et la valeur des maisons plus considérabled).
Il s'échange alors, à ce sujet, entre les jésuites de Nevers et ceux de Paris, une quantité de lettres parmi lesquelles je relèverai seulement les suivantes :
« 7 septembre 1653, au R. F. N. Brisejon, à Saint-Louis, à « Paris.... si M, Subère, nostre procureur au Grand Conseil, ne « sestait présenté pour l'indemnité que M. Maulnourry, maistre « des requestes et abbé Gaillac, nous demande pour quelques « maisons annexées au collège depuis sa fondation, qui sont de « la censive du prieuré de Saint*Etienne qui appartient audit « sieur, V. R. nous obligera de recommander audit procureur de « se présenter pour nous au premier jour pour empescher quon « nobtienne default contre nous... M. Mocquot, notre avocat, ma « dit 'qu'il estoit nécessaire de se présenter au plustôt si Ion ne « la déjà faict... il faudra aussy que M. Subère demande commua niquation des pièces de Maulnourry.
« Desfretat. »
« 18 septembre 1653, au K. P. Pierre Leclerc, à Paris, rue Saint-Anthoine. Pour donner à V. P. la connaissance qu'elle « désire des affaires, deptes et congrégation du collège de Nevers « je lui diray.
« Que nous navons à présent à Paris que lafTaire des quelques maisons acquises au collège du prieuré de Saint-Etienne pour l'indemnité desquelles M. le prieur Maulnourry, maistre des
[J) L«( 2 juin I63ï le rcclear Ji'.iii-lla])lislc de Mdi'liitttJl, a)-;in( ailnitt! ilc Marpiorilc Pouge. vi'uve lit! Pierre Brun, »ignt'ron, une maison sise en h me di's KangciiU, dans l,i ci'nsivn du prieur lie Sainl-Elienne, cette uubon fut rcvenduK ni ll>U par le recteur. Anne Goliier, à Antoine Dessoud<?, pionnier à .Wvers et à Jeanne Petint, si femroe. — Le «4 avril ICiî, fwr fXtDtral reçu Guprd, cotatre, les jé.suilirs ncticlireiit d'Anloîncte N:iqueau, muyeiiriant 1.Z00 livret, une iituison sise en h rue Mlmngron, qu'iiï jfrennèrcnt |»onr 34 livres.
« requesles, qui nous ait mat affectionné, de simple extration de V cette ville, nous à Fait appeler an Grand Conseil. M. Subèrc est « noslre procureur, on nvoit prié le H. P. Brisejon de luy dire « quij se présente pour noslre collège et quil demande la com- « munication des pièces dud. sieur Maulnourry pour empescher « quil nobtient deffaut conlre nous et pour scavoir ce cjuil nous « demande, à qnoy nous ne manquerons de respondre. M. le duc « de Manloue, nostre fondateur, cl M" les Eschevins sont obligez « de nous indemniser, nous avons les contracts et obligations, « Nous avions de plus une alTaire contre la paroisse de Cou langes, « nous croyons quelle sera à présent jugée selon que M. R. nous « mandoit quelle estoit sur le point désire jugée. Pour ee qui esl (t de nos deptes V. K. obligeroit grandement le collège si elle « nous pouvoil faire presler 15 ou seize mille livres au denier « vingt deux ou vingt quatre pour rembourser une pareille « somme dont la rente est au denier dix huit... Pour le chef de « nos Congrégations, je luy diray que nous en avons trois: une « de messieurs, la 2'" des artisans, la 3" des escholiers.
« Desfretat. u
« 21 septembre 1S53, au R. P. Pierre Leclerc, Mon R. P. c'est a pour donner avis à V. R. qu'à la requeste du R. P. le Faure « jay advancé 20 livres 5 sols pour achepter divers petits « ouvrages d'émail quon travaille en celle ville pour luy envoyer « à Lyon. Il a mandé à notre R, recteur que V. R. nous tiendroil « compte de ce qu'on débourseroil pour cet émail. Nous atleii- « dons lissuede nostre affiiirc de Coulangcs pour les tailles...,, il « faut taschcr d'apoinler lalTaire sil n'y a poinl espérance morale « gain de cause et d'eslre maintenus dans nos droits, c'esl le « sentiment de nostre conseil.
« Desfretat. »
II y eut en faveur du prieur de Saint-Etienne un arrêt que je ne connais pas mais qui lit dresser par les jésuites, un plan des lieux, plan dont je suis heureux de pouvoir donner ici une réduction et dont voici les indications :
A. indique les maisons, cour et jardin de messire Gilbert Rodon
achetés le 17 mai 1577 pour 350 livres tournois,
B. la maison cour et jardin Lepied, achetés le 26 janvier 1578
pour 116 écus deux tiers (350 livres).
les maisons cour et jartlin d'Erard Girault achetés, la l" par adjudication du 7 décembre 1578 moyennant 66 écus deux liers (200 li\Tes), la seconde le 1 février ir>81 moyennant 63 écus deux tiers (190 livres).
D. les logis, cour, chapelle et autres tenements premiers du collège ancien donné aux Pères Jésuites en 1573 pour lesquels, après plus de 80 ans, il n'y a plus d'indemnité il demander puisqu'elle étoit déjà faite longtemps auparavant.
li. les maisons, cour et jardin de Pierre Guillaume, acquis le 15 tJécembre 1578 moyennant 100 livres tournois.
F. les maisons Rameau et Billard, Il est dit dans la Iransaclion
de dom Henry Girard que les echevins ont droit et cause de Philibert Billard sur un jardin et place de maison où est de présent la cour des classes, la salle des déclamations et trois classes au-dessous de ladite salle. Le contrat doit être aux archives de la ville ; s'il s'est égaré le prix ne peut pas être supérieur à celui des autres, soit 350 livres.
G, l'allée de la rue de Mirangron à la chapelle du collège,
ensemble le jardin joignant ladite allée et chapelle. C'était un jardin. 11 est dit petit jardin dans la description générale du collège, lettre H.
H. le pressoir et place des Bertiers, sieur de Bizy, achetés le
22 novembre 1578, moyennant 80 écus (240 livres). l. la place ou souloicnl être les degrés de pierre pour monter à la grande salle haute. C'est un espace qui n'est pas considérable. Ces èpars G. I. sont petits et l'indemnité ne peut monter à 150 livres.
A cette description les jésuites ajoutèrent les observations suivantes : les religieuses carmélites qui se sont établies à Nevers longtemps après les Pères, occupent un espace de terrain entièrement dans la ccnsive du prieuré de Saint-Etienne et leurs jardins sont plus grands que toute l'étendue du collège et elles ne payent, pour l'indcmnilc, que 60 livres de rente par an (!). Tout le collège n'est pas dans la censivc de M. le prieur comme le justifie le phm que fit dresser feu le prieur dom Henry Girard ; toute l'église n'en est pas (( mais dans ladite église le bout ou
(l) Venues eu IC19 les ciintiélites eoinmnncêrent k faire Mlir leur m<in»*U-rr le U «ottl 1636. Leur fglbe ne fat constraile qu'en 1GC&,
« partie de l'autel de la chapelle de Nofre-D<ime, dite vulgairement « de Bon Secours, hàtie par Mademoiselle lirisson, autel de la « Viertfe tjui est un des plus glorieu.r et honorables lieux de sa « vensiue puisque là se font la plupart des vwux de la ville et que « sou oe lit on y offre le saint sacrifice pour les nécessités puhlit/ues »,
A quoi donc, s'écrient les jésuiles en finissant, se rapporte l'indcmnilé dont M. le prieur se prétend lésé, qu'il veut l'aire monter à des sommes exorbitantes jiour ne dire chimériques, pour laquelle il demande cassation d'une transaction solennelle faite |)ar M. son pérc pour les échevins de Nevers « et bailly de Saint-Elienne », et par doni Henry Girard, son prédécesseur au prieuré.
Je regrette de ne pas connaître les réponses de M. de Maulnourry et d'être obligé de suivre, plutôt mal que bien, celte curieuse affaire simplement pnr la correspondance des U. P. jésuites, correspondance qui se trouve aux archives de la Nièvre.
« 22 février 1654. Mon R. P.... V. R. aura maintenant receu « par la poste les papiers qui doivent servir à laUaire que nous « a suscilé labbé de Gayac pour le Prieuré de Saint-Etienne...
« M. MOREAU
« 2(5 juillet 1054. Je sais fort bien que ce n'est pas à nous à « lever Tarrest du Grand Conseil en lalFaire contre le prieur de « Saint-Etienne où nous ne sommes que défendeurs, ny par « suite à nousd'advancer les fiais des espiccs, mais le point dont « je voudrors prier V, R, seroit à sa commodité de veoir le Prési- « dent qui a présidé ce jugement et de le prier: 1" de modérer la « taxe des frais de l'abbé de Gayac pourra faire monter bien « haut, comme pour sa demeure de six mois à Paris qui (sic) « pour le service de son oflice que (pour) cette affaire et pour « d'autres choses semblables ; 2° de nous nommer uu conimis- « saire pour la visite des maisons qui soit de la Pairie puisque « le prieuré de Saint-Estienne est en la garde gardienne du duc, « ou si on le prend dailleurs qu'il ne soit point de Saint-Pierre « où l'abbé de Gayac a tout pouvoir et qui est mal avec nous qui « avons décline sa compétence en nostre affaire avec le sieur « Dorigny...
« M. MoREAO. »
s 17 décembre Ifiô4 pour les despens de motis. l'abbé de
alliac qui inonlent à 54IJ livres 3 deniers, je luy en ay escril « un pelil mot à cause que dans la coppie qui nous a esté donnée «L de l'exécutoire, la dite somme n'a point esté mise ni spécifiée, a ce qui n'est pas, à mon advis, selon l'ordinaire, et que chacun « est bien aise de nestre point surpris; elle a esté seulement spé- « ciliée dans la signification faite par le sergent, et nous nous « rapportons de tout à vous pour satisfaire le plus tost que faire « se pourra.
« Ledit sieur abbé de Gai Mac part de ce pays, s'il n'est déjà « parly pour Paris et pour ne point revenir icy que dans six mois « ainsi que Ion ma dit. Il nous a fait faire quelques commandeft mcnts et déclaré nos biens saisis mais de sa grâce il nen est « point venu à l'exécution. Il a dessein de se faire indemniser et « avoir une autre assiette de payement de nouveau pour les maisons qui ont été aclieptées pour le collège et unies audit collège par Monsieur de Mantoue, lesquelles maisons etoient dans sa a. ccnsive. Les maisons dont il sagit ou la plupart ont esté « acheptées et à nous données par Monsieur de Mantoue, c'est « pourquoy il voiidroil charger Mon. de Mantoue comme fonda- « leur, il est vray que pour lindemnité des mesmes maisons a Messieurs de la Ville se sont obligés de passer la transaction « que vous avez par devers vous, laquelle est du 2 novembre « 1624.
« M. de Galliac demande notre consentement et par escript « pour appeler M. de Mantoue et agir contre luy ; stl a chance de « le faire nous ne pouvons len empescher, il le peut faire indé-
« pendamment de nous
« FOREST
« 20 décembre 1654 Pour l'affaire de M. labbé de Gaillac
« sil prétend passer oultre pour lindemnité aggréc et acceptée a par son prédécesseur, nous avons retrouvé les contracts des « vendeurs et aclmpts des maisons, jardins, places et bastiments «( lorsque lesd. maisons furent unies au collège, par lesquels « contracts il est évident que lindemnité a esté juste et loyale e l
« plus que sulTisante M. labbé de Gaillac partit lundy passé
« de cette ville. Il sera maintenant arrivé à Paris.....
« FOREST
tt 27 décembre 1654. Cest pour renouveler mes debvoirs dp
• respect envers V. R. an comtDcncemcDt de lannée approchante*
• que je lai &oahailte bcarcuse et (ia\'onibIe Si Moos. l'abbé
« <lc Galliac tentoil Ue jasser ou!- ' . -i.. ■ • vin d'indem-
€ nitc. V. R «catira, comme n nt. que Km,.
« indcmni' '.c et plus que sutiisantc et que nous avoc
• cDulrals liv . ..V <ijpl et vendue des mat
■ ic>' rien de nouveau. Mons. l'nbbc de "
■ caduc, il a passé résignation k son nrpvca. il ne natc plus
■ qu'elle soit aggrée m coor. ce que Ion espcre à la sallicitatfoD
• de Tagent du Résident de Pologne à Lu prière et demande de li
■ royne de Pologne.
mT' ï'QurV:.r ' Mons. laUl..
■ noos la traii- [tar vous env
c V. R. nous pardonnera des peines qu'on luy a donné & la « cfaerdie. Nous vous e : ij»e un met
« qui a esté dicté par u
.'(. Nous avons '
• aussi retrouvé presque tous les contracts de la vendue et achapt « des maisons pour riadcninitc desquelles mons. l'a!" ' i^al-j c llac. prieur de Saint ELslienne. pretendoit avoir t tli
« sont bien signes et collationnès, nous les avons comm « à ses gens et agents qui en tirent des coppies. Il ne man^L « pas de nous poursuivre jusques au bout s'il vnyoit qu'île! « fussent favorables en quelque cbosc. noub -> aussi vc
m les envoyer car il nous faull toujours lenl. ^..^,.^ et suruc c gardes contre cet homme.
<• Nous vous cnvo}iTOns aussy d'autres mémoires, le plan de 1 « maison du collège tiré sur sa quarte et tout ce qui pourra ser-j c vir à doooer quelque éclaircissement pour notre ailkire « chant l'indemnité des mai il il s'agit, je >^l'
« car si le sieur abbé de Gui:.... .il h parler t:.. .„cm-
■ nilé d'autres maisons acquises longtemps après ces premières,! « comme il te pourroit faire, il fault rcspondre que nous « avons aussi l'indemnité des autres maisons postérieure-, « ment acquises comme en efl'et nous les avons et tous les « tracts.....
«• FOREST
« 24 janvier 165ô noas sommes ici sur leponu ui ^^usu
A bientôt comme nous espérons au sieur abbé de Galliac pour i
« exécutoire ; celle affaire nous a grandement incommodée à H cause i[u'il s'adresse directement à nous, de sorte que nous « n'entendions sans cesse parler que de menaces d'exécutoires et « que cet homme a toujours de nouvelles prétentions cl lorsqu'il M obtient quelque chose iltasche ensuite d'en obtenir davantage... « Mons l'abbé de Gaillac a encore desseing de plaider et de l'aire « venir en cause Mons. de Mantoue, noslre fondateur, pour nion- « trer que c'est luy qui doit l'indemnité comme fomhiteur, dit-il, « et luy faire condamner s'il peut. Il fault plaider au fonds et V maintenir la transaction en sa force et vigueur et, s'il est trop « puissant, obtenir des lettres d'évocation à Rouen ou à Rennes « si vous le jugez à propos. On a ordonné une descente sur les H lieux et estimation par prudhommes et cependant on condamne (t au tiers les dépens, c'est contre l'ordinaire et une surprise du « dit sieur abbé
« FOREST
« 28 janvier 1655 Pour l'affaire de Mons. de Gaillac elle
« nous a esté plus fâcheuse et nous a plus tourmenté que toutes « les autres de la maison attendu que nous estions sans cesse et « tous les jours menacés d'exéeulioos. Il a été satisfait pour son « exécutoire et nous aussy. Ledit exécutoire endossé de quit- « lances tant à notre descharge que celle de messieurs de la ville. « lesquels comme ils ne sont point obligés en leur propre et privé a nom et que la Chambre de ville de Nevers n'a point ou fort peu « de revenus, tout le mal et inquiétude de cette affaire tombe et « affaisse nostre maison, et nous incommode jusques à Tex- « Irémité,
« Nous prions V. R. de vous comporter en cet affaire vigou- « reusement et d'en arrêter le cours si vous jugés qu'elle soit « bonne et juste pour nous et qu'il a l'indemnité entière et plus « qu'il ne lui fault. Je scay bien à peu prés comme les affaires se « sont passées, si messieurs les Eschevins se fussent bien joints « à nous, et que tun eut bien plaidé au fond, jamais M. l'abbé H de Galliac nenst obtenu des dépens,.... V. R. juge si ce ne tt sera point une affaire à évoquer à un parlement de Normandie « ou de Bretagne veu que ledit sieur abbé de Gaillac a séance au « Graml Conseil à cause de sa qualité de Maistre des requestes. " V. R. m'obligera de nous mander combien nous pouvons exiger « de dépens de Messieurs de la Ville pour nos despens envers
& eux en cet alT^ire. Le sieur abbé de Galliac ne prctenduit pas « moins priser les vieilles masures de maisons qu'a le collège et « qui esloicn( de sa censiveque cinquante et soixante mille livres, M c'est ainsi qu'il en a parlé icy à son dernier voyage en présence « du Père Recteur et de moy et des quatre arbitres que Ion avoit « pris de part et d'autre, deux de chaque coté, poura voir le quart tt de la somme. Dieu a permis que nous ayons retrouvé nos con- « tracts de quoy ne s'attendoil ledit sieur abbé de Galliac, je « vous envoie lesdits contracts, M. l'abbé de Gaillac les a desjà à « Paris, mais non pas les mémoires particuliers, responses et « dclfenses pour les maisons et espars dont il ni a point de con- « tracts comme de l'ancien collège qui estoît déjà en mainmorte
« il y a peut être deux ou trois cents ans Mons. l'abbé de
« Galliac voudroit faire tomber cette indemnité sur Mons. de « Mantoue pour augmenter le revenu de son indemnité et avoir u de bonnes et grasses assignations, mais je doute fort s'il en « pourra venir à bout, il dcmandoit le consentement de nos « pères de celte maison par escrit, qu'il plaide ainsi qu'il voudra « nous ne croyons point être obligés de rien faire contre notre « fondateur. Je prie V. R. de lire le dedans des mémoires qui « sont marques des lettres D. F. G. I. de l'écrilure du plan ou « tigure du collège de Nevers, tiré et copié de la carte de M. le « Prieur de Saint Estienne et de nous mander son sentiment... (1)
« FOREST
Les lettres des 4, 7 et U février ne font que répéter ce qui est dit dans la précédente. De celle du 15, j'extrais ce qui suit :
« Le dit sieur abbé plaide et demande pour ses religieux qui « sont en nombre, comme les députés de Vaugirard, un : je ne croîs « pas que Ion trouve à redire aux contracts; il yen a deux signés i( par le grand père dudit sieur abbé lorsqu'il eloit greOier du
« prieuré de Saint Estienne II a entrepris toute cette affaire
« lorsque M. son père etoît premier eschevin de la ville comme « il lest encore quoique Ion tienne qu'il n'approuve guère les H sentiments et procédures de M. labbé. Nous ne savons pas enci cores au vray s'il poursuivra ce procès, vous le saurez je crois u plus tôt que nous, il faut toujours estre prest et sur ses gardes
(\] Voir le p[aD
« car son plaisir et divertiisement est d'estre dans les procès et i( de surprendre ceux contre qui il agit...,. Il y a à Paris deux des Il principaux ofïîciers de Mons. de Miinloue pour ses alTaires, qui « tous deux dordinaire résident en celte ville, l'un est Mons, Cot" cliet, laulre est Monsieur Bergeron qui est advocat général de H Mons. de Mantouedans le duché de Nivernois et son Recepveur « général, je crois «[u'il ira voir V. R., il csi homme fort sage et M prudent et bon annj de noire compagnie, elle pourra traiter fait niiliéremenl et secrètement avec luy, luy faire part des lumières
Il quelle a, de la transaction, du mémoire et des contracts si
« Mons. Cochet, ofticier de M, de Mantoue, va voir V^. R. je prie « V. R. de /«( faire civilité.
« FOREST
« 2 avril I6â5, Je prie V. R. à son loisir de veoir dans l'arrest B du Grand Conseil que M. de Gailiac obtint lan passé contre H nous et que je vous ai envoyé, s'il n'est pas dit que dans lespace (( de trois mois il pourroit faire venir un commissaire pour sa- (I voir, supposé que temps soil passe et expiré, s'il ne lui faudroit (( pas une nouvelle requeste ou commission pour faire venir ce
« commissaire, aflin que nous ne soyons surpris Je croy que
H dans douze ou quinze jours V. R. nous fera savoir celuy de nos (I Pères qui sera nommé pour Rome..,..
« FOREST
« là avril 1655 M. l'abhé de Gailiac ne 'nous quitte pas ni
Il SCS prétentions sur le vieil collège. Il faut se résoudre à eslre « bien battu ou à se bien courageusement deffendre et larrester (I en ses poursuites, le dernier est bien meilleur puisque Ion nous « dit par delà que notre droit est bon et bien fondé
« FoREST. »
K 2 décembre IG.'Jô (?). Ce bon abbé de Gailiac et prieur de « Saint Etienne nous va presser. On a choisy les prudhommes « de part et d'autre pour une nouvelle estimation, il a choisi Il pour un des siens Monsieur Dorigny (1) contre lequel nous « avons eu cy devant procès au Grand Conseil et ensuite à |Mou-
(1) rurdin (l'Oriifn;.
« Uns par devant M, le lieutenant criminel. 11 y en a deux de (( pari et d'autre. Le jour auroit esté douné pour s'assembler au (t samedi 14' jour de novembre. Les nôtres s'y trouvèrent, les u siens ne s'y trouvèrent pas. Mardi prochain veille de saint (I François Xavier on doit s'assembler pour cette alTaire (l). »
A la suite d'un contrat d'entente, passé le 8 janvier 1656, devant Camusel, notaire, entre messire Claude Maulnorry (sic), abbé de Gaillac, prieur de Saint- Etienne, conseiller du roi et maître ries requêtes ordinaire de son hôtel, d'une part, et R. P. Nicolas Lambert, recteur, et Denis Thierry, procureur du collège, d'autre part, les Jésuites obtinrent, le même jour, des échevinsque la ville de Nevers payerait, « sur la ferme du péage par eau », au prieur de Saint-Etienne, à la décharge du collège, une rente annuelle de 75 livres fi sols 8 deniers pour indemnité des maisons et héritages faisant actuellement partie du collège et qui étaient dans la censive du prieur de Saint-Etienne. La ville payait donc encore une fois les pots cassés. Les Jésuites ne furent pas complètement satisfaits, car le lendemain, la nuit ayant porté conseil, ils présentèrent un compte d'apothicaire à la ville, compte dont j'ai parlé au chapitre X | 7.
Tout en n'admeltanl pas la réclamation faite pour le sel, ne voulant contribuer que pour 200 livres aux dépens de l'aCfaire concernant le prieur de Saint-Etienne, et faisant des réserves pour le surplus, la ville, ou plutôt les représentants de la ville, n'eurent pas 'e courage de résister aux demandes des Jésuites.
Plus lard, les Jésuites acquirent, par décret au bailliage et pairie de Nivernais, le 5 novembre 1(577, sur l'hérédité vacante de Thomas Lcmercier, une place où fut autrefois un jeu de paume, cour à coté et un corps de logis par derrière, assis à Nevers en la rue des Bourgeois, paroisse et censive universelle de Saint-Etienne, tenant d'orient aux maison et jardin du seigneur de Charnizay qui furent à M. Are Brisson, du midi à la rue des Bourgeois, d'occident à la maison du collège, du septentrion au jardin du collège, sous la charge de 18 deniers de cens et cent sols pour indemnité au prieuré (2).
(l) Il me .temble que lu IHe de satot Fraoçois^Xavicr tombe le 3 décembre.
li) Voir lome 1 te pl.ip de 1621. — l* jeu de paume iuiv dénommé vulgairenient Iripot Lemereier. le 9 novembre 1C86, les Jésuites donnèrent i Armand-Frant'oi* de Mcoou, m«r- (juiis de ChanÙMy, seipeur de Nanvipes, U pcnnission de fnire de$ jour; dias le mar ie
Le IS mai 1679, les R. P. Jacques le Picard, recteur, et.ïacqaes Emery, procureur, reconnurcnl porter à litre (Je cens d'illuslrissinie et révérendissime mcssire Michel de Cassagiiet de Tiiladet, conseiller du roi en ses conseils, évêque de Màcon, seigneur el prieur de Sainl-Etictine, vénérable cl discrète personne mcssire Pierre Maulguin, chanoine de la cathédrale de Nevers, son procureur général, agissant pour lui, ladite place, mais ils oublièrent, eux et leurs successeurs, de payer la redevance, si bien que, en 1710, les religieux de Saint-Etienne réclamèrent trentequatre années d'arrérages.
Les archives de la Nièvre contiennent sur celte affaire une trentaine de pièces de procédure enchevêtrées les unes dans les autres, desquelles il semble ressortir qu'il n'était dû que trente années.
Cette place du jeu de paume s'ajouta à l'enclos du collège qui s'augmenta, le 18 a\Til 1G79, d'une petite maison, sise rue Miranjron, attenant au jardin du collège, et dépendant de la censive du prieur de Saint-Etienne.
Ce prieur, qui était encore l'évéquc de Màcon, recul, le 16 octobre 1684, '25 livres pour les profils de cette acquisition. A cette époque, la maison n'existait plus et son emplacement était joint au jardin.