PAR LES CURÉS
Bonfils, qui entendait ne payer aux curés comme au fisc que ce qu'il était tenu de payer en vertu des lois ou de titres bien en règle, pensa devoir prendre avis près du sieur Blandin aîné, jurisconsulte à Nevers, au sujet du droit dit de passion qu'exigeaient les curés et que certains d'entre eux cherchent encore à prélever actuellement dans nos campagnes. Voici ce qui lui fut répondu :
a Les droits de passion ô la gerbe ou au boisseau ne sont point dus aux curés, ce sont des dons volontaires de la part des habitants, à moins que les curés n'en aient titre en bonne forme, ce qui n'est pas probable. Les curés n'ont aucune action contre ceux qui refusent ces droits.
Une assemblée de paroissiens peut consentir à cette obligation, mais ceux qui refuseront peuvent notifier leur opposition par huissier.
Un arrêt du parlement dit que ce droit est volontaire et défend aux curés de rien exiger; il permet seulement de recevoir ce qui sera volontairement offert. (Ordonnance d'Orléans, 1669). »
Les curés de campagne, pour ôter connaissance aux maîtres de ce prélèvement et cacher le droit de passion qu'ils exigent des laboureurs, se font donner un boisseau de bled à la place par chaque laboureur et cinq sols par chaque manœuvre de leurs paroisses. Gomme les laboureurs ont objecté que leurs maîtres ne veulent point leur tenir compte de la moitié du boisseau qui est une coupe pour la part du maître, lesdits curés leur ont dit de compter ce boisseau au maître dans les semants. Il arrive ainsi que les laboureurs comptent dans la semaille un boisseau de plus pour ce bled de passion. Les curés leur disent qu'ils n'ofi'ensent pas Dieu, ce faisant, et leur en donnent l'absolution.
DIXME DE VENDANGE
Pour la dixme de vigne, je dis au curé d'envoyer un vaisseau et je fais commencer par le noir. La quinzième bannée est pour le curé, Si il n'y en a pas quinze bannées de noir, je lui donne toutes les quinzièmes bannées.
A Marsendet, le dixme se lève toutes les seizièmes bannées seulement.