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DONATIONS PAR LÉONARD CHAUSSIN AUX ÉGLISES DE FLÉTY ET DE TAZILLY

Par testament en date du 28 janvier 1643, Léonard Chaussin, prêtre, curé de Tazilly, chanoine de Ternant, donne 300 livres pour réparations à l'église de Fléty.

2^ A la fabrique de Tazilly, la maison où il demeure, jardin, ouche, cour, aisances et appartenances pour servir de maison presbytérale sans qu'elle puisse être convertie à autre usage, à la charge pour les fabriciens de faire dire une messe de Requiem^ un

libéra à la fin, tous les premiers lundis des mois de toute Tannée, à perpétuité ; un libéra sur sa fosse tous les dimanches avant la grand'messe et, faute de ce faire, les héritiers Chaussin pourront s'en emparer sans formalité de procès, seront tenus les fabriciens d'entretenir ladite maison en bon état, à faute de ce, les héritiers susnommés pourront s'en emparer.

A son enterrement il sera appelé douze prêtres ; après son enterrement, à son carantolle (quarantaine) et bout de l'an. Sera donné à 12 prêtres 36 livres pour dire douze messes chacun après son décès.

L'ouche qu'il a acquis de Guillaume Chamrevault, la donne à Léonard Champrevault, fils dudit, son filleul. Pour le surplus de son bien, meubles et immeubles, les donne et lègue à tous les enfants issus de son frère et sœur tant nés qu'à naître pour partager par égales portions, l'un d'eux venant à décéder les autres lui succèdent par tète, lesdits biens seront régis par un exécuteur testamentaire pour être employés à l'entretènement des enfants, chacun pour sa portion et pour leur faire apprendre un métier. Sera fait un inventaire auquel assisteront Toussaint Lardereau, contrôleur à Luzy; Charles Lardereau, son fils; Pierre Chaussin, maréchal à Issy-l'Evêque. Signé : L. Chaussin, Hugues Le Chat, vicaire àFléty; Claude Alardot, mégissier à Luzy; Repoux, notaire.

Il ressort d'un acte en date du 28 mai 1608, que Jacques Chaussin, père dudit Léonard, désirant faire pourvoir son fils, clerc et acolyte aux saints ordres, lui avait assigné, à titre de bénéfice, la maison, jardin, ouche, un quartier de vigne, le tout tenant ensemble au chemin de Tazilly à Ternant à droite, à la maison de Jacques Chaussin du levant, et en outre 50 livres par an. Présent, messire Jean Rethy, prêtre, vicaire de Tazilly.

Luzy, Néant, notaire, 28 mai 1608.

1608, 8 novembre. — Mariage d'Esme Chaussin, fils de Jacques, laboureur au village du Gain, paroisse de Tazilly, et de Marie de la Fin, avec Benoîte Durand, fille de Gabriel Durand et de Pierrette Digoin de Chauvetière. Benoîte Durand apporte en dot un lit garni, deux robes de drap, deux paires de chausses, une arche fermant à clef, un coffre fermant à clef, une vache, un porc, quatre brebis et la somme de vingtquatre livres,^moyennant quoi elle renonce à tous ses droits dans la communauté et ira faire sa résidence chez son futur époux.

8 décembre 1561. — Vente par Gaspard de la Ch&tre, seigneur de Ternant, à Jean Digoin, d'un droit de succession de mainmorte échu audit seigneur par le décès de Barbe Digoin, vivant femme de Charles Durand et sœur dudit Laurent Digoin, laquelle étant de condition servile et de mainmorte de ladite seigneurie de Ternant ledit seigneur de Ternant s'est dessaisi et en a revêtu ledit Laurent Digoin, moyennant vingt livres.

En 1619, il y avait un Jean Digoin, laboureur, chef de sa communauté au village do Palluau, paroisse de Luzy.

douze lieues ne Teffraieront pas, mais elle sait aussi que les gars oublient vite et que, si celle qui va la remplacer est jolie, le danger sera bien grand. Une autre chante, taquine ses compagnes, plante des fleurettes à toutes les boutonnières de son corsage, esquisse quelques pas de polka au milieu du chemin. •— Mon guieu qu't'es donc bin aise, ma Lise.

— Pour sûr. Té sais don pas que Tmaît' Claude est v'nu hier au soir mé louer à groûs prix.

— Tô vas au Perry î

— Oui.

— Chançarde, j*y sens à présent ; ton boun'ami Pierre mène les ch'vaux là.

— Té Tas dit, ma belle. Et j'vas à Nevers rin qu'pour mé prom'ner, rin qu'pour valser tout mon saoul avec Pierre. C'est nouVdarniée saison d'doumaines ; nous faut pus qu'cent écus pour avoir l'argent d'nout'ménage. J'vons nous marier à Tant' Saint- Jean.

— Chançarde, chançarde ! répète un peu tristement l'amie.

Lise est ravie; elle arrondit les bras, se dandine sur la pointe des pieds.

— Et ioup' Ion la !... et ioup' Ion la !...

ce P'tit frée, tint don bin mon bâton que fasse danser la Marie. »

La « loue, » la foire aux servantes bat son plein. Fermiers et fermières examinent... la marchandise; les offres et les refus de pistoles se croisent. Telle maîtresse frisant la quarantaine et prenant de l'embonpoint, cherche la forte abatteuse d'ouvrage qui en fera pour deux. Telle autre, jalouse des bonnes, à tort ou à raison, veut à n'importe quel prix la plus laide de toutes. Quelques vieux garçons essaient de découvrir, parmi les mûres, la physionomie qui trahit le plus de... complaisance... — <c Babet... un lait de poule... et mon bonnet de nuit. »

Et bientôt les groupes s'éclaircissent. Maintenant tout au plaisir. Chacune a cherché des yeux et presque toujours rencontré son galant. On s'en va manger sur le pouce, boire une chopine ou deux, les mines s'allument, les langues sont aussi habiles ce soir qu'elles étaient paresseuses ce matin.

Les bals du Parc se remplissent : polkas, valses, quadrilles se succèdent sans interruption et sont toujours suivis du traditionnel double baiser. Sur les bancs, dans les coins, les mains traînent dans les mains, les projets, les confidences, les promesses, les serments s'échangent et... s'envolent... ironiques et légers parmi les feuilles et les lanternes vénitiennes, au son des vielles, des clarinettes et des musettes, comme se sont envolés ceux de l'an passé, et comme s'envoleront ceux de l'an prochain, ceux de la dernière loue qui précédera la fln du monde.

<K Tint don bin mon b&ton, p'tit frée, que fasse danser la Marie. » Et, dans neuf jours, le lendemain de SaintJean, les pauvres «Maries,» si pimpantes, si heureuses aujourd'hui sous les « parquets, » reprendront leurs habits courts, leurs petits bonnets et s'en iront par les chemins, portant sous le bras tout leur linge : deux ou trois jupes et camisoles, deux ou trois paires de bas, quatre ou

cinq mouchoirs enveloppés dans un vieux rideau. Elles s'en iront vers les nouvelles fermes où les douze mois qui viennent vont s*écouler pour elles, s'écouler comment?... Elles seront bien un peu inquiètes, un peu craintives avant d'entrer.

Et, le long des routes, elles songeront, le cœur gros, à cette Fête-Dieu, aux paroles trop belles de leurs amoureux. Ils passeront, lointains et comme plaintifs, cette fois, les cris des gars mêlés aux sons des vielles, des clarinettes et des musettes.

« P'tit frée !... P'tit fréc !... tint don bin mon bâton que fasse danser la Marie. »

Louis MIRAULT (Fanchy).

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