RECHERCHES GÉNÉALOGIQUES
sur la Famille de la Saleine
Armes : d'azur, au chevren d'or, accompagné en chej de deux étoiles de même, et, en pointe, de trois glands aussi d'or, le dernier surmonté d'une épée d'argent mise en pal la pointe en bas.
^etle famille me parait être originaire d'Asnois. Elle vécut à Clamecy pendant près de deux cents ans. Le 28 mai 1577, Claude Bidan, laboureur et vigneron à Asnois, agissant tant pour lui que pour Loupze de la Saleine, sa femme, et pour Eugénie Delaplace, veuve de Girard de la Saleine, vend à honorable et sage maître Loup de la Saleine, licencié es lois, avocat en parlement, demeurant à Clamecy, quatre ordons de vigne, partant par indivis avec Tacquéreur, sis au finage d'Asnois, sur les chaumes des Pôtis, moyennant six livres tournois. Je vais suivre la descendance de Loup.
I. Loup de la Saleine, avocat en parlement, échevin de Clamecy en 1544-45 et, en 1555-56, est qualifié noble en 1568 et dit mari d'Antoinette de Miniers. Il eut, entre autres :
IL Philibert, qui suit.
IL Fanchy, baptisé le 13 février 1568.
II. Philibert l" de la Saleine, étant étudiant en droit à l'Université de Bourges, fut émancipé le 7 octobre 1576, afin de pouvoir acquérir divers b&timents à Villiers-sur- Yonne. Peu après, il était avocat pour le roi en l'élection de Clamecy. En 1580, il est dit époux de Marie Pellaut, fille d'Etienne, avocate Saint-Fargeau, et, en 1586, échevin de Clamecy. Il n'existait plus en 1593. Ses enfants furent :
V. Philibert IV de la Saleine, receveur des tailles en Télection de Clamecy, conseiller du roi, 1682, juge ordinaire de Clamecy, 1684, seigneur de Germigny (Yonne), 1685, et de la Forest, 1694, se suicida le 27 février 1717. Les registres de Tétat civil de Clamecy contiennent, à ce sujet, les renseignements suivants :
c Philibert de la Saleine fut, pendant quarante ans, receveur des tailles, et amassa des richesses immenses pour le pays, en sorte qu'on n'y a vu personne faire une telle fortune. Il vivait de la manière la plus délicieuse. Mais, terrible catastrophe ! la chambre de justice ayant été établie à Paris et ledit de la Saleine dénoncé par des lettres écrites par cinq ou six séditieux de Clamecy, par arrêt du 15 janvier 1717, il a été ordonné qu'il sedéferoitde ses charges, déclaré incapable d'en possédera l'avenir, banni pour trois ans du ressort du Parlement de Paris, à lui enjoint de garder son ban et condamné à cent cinquante mille livres d'amende par forme de restitution envers le roi. Et, ayant été emprisonné pour cette amende, ses enfants s'étant emparés de ses trésors et refusant de payer, il se coupa la gorge avec un mauvais couteau, dans la nuit du 26 au 27 février 1717 et mourut trois jours après. Voilà la fin de cet homme qui, ayant régné despotiquement en cette élection pendant quarante ans, meurt en prison, s'ôte la vie de sa propre main et a encore le bonheur de n'être pas puni pour cet homicide volontaire qu'il déclara en deux interrogatoires qu'il le feroit encore s'il étoit à recommencer. Les héritiers de M. de la Saleine ont obtenu un arrêt qui a rétably sa mémoire, mais il n'a pas été rendu par les mêmes juges ny à la présence des mômes parties (1). »
Une autre personne a écrit à la suite de ces phrases où la passion semble percer :
a Nota : La tradition est que M. de la Saleine étoit un homme extrêmement aimable et plein de mérite qui fut victime des circonstances. Ses enfants furent bien plus criminels que lui. Cette famille paroit éteinte. »
Philibert de la Saleine avait épousé Charlotte Dibusty, fille d'Auger, receveur des tailles, et d'Anne Joquet, dont il eut :