‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 15 sur 159 · H. P. II. C. L. XIV. P. S. C · texte numérisé non relu

H. P. II. C. L. XIV. P. S. C

INV. lOV. STAT.

Inscription sur marbre blanc, au Musée de Montbéliard. Les lettres sont en relief. Nous en ignorons la provenance.

U6^) TMEII 011 AKOAAITOI ERflI HTOPTE OIAHAEI

MOTNON AKOIMHTOY KTOPIAOI EIAfAnflN AEinETE THI ITOPrHI ANAnATAHN THNAE BEBHAOI

TON lERflN lEMNON AEIHETE MNHMA nAeflN EN© TnO THI MNHMHl AfAnHIOT THAO©' AnONTOI

AAKPTA nH MHTHP TA OIAOTEKNA XEEI AAKPTA ATIAAKPT©'H MH MEAEI OYPANn EYXflN

AI 0IA' YnEPOE OIAHI APHIE TONEIA TONHI AAA'ETXAIAAIMflN MAKAPEI HAGOI HA0EN AnAYTOT

AMBPOTON Ali nAYPAII AnPON ANflGE OPEIIN.

Cette inscription, dont le texte a été publié pour la première fois par De (îolbéry, Supplém: aux antiquités de l'Alsace, p. 19, note 1, n'a pu être retrouvée. D'après les Mém, et Documents de l'Ac. de Besançon (I, p, 160 161), il existait, en 1838, dans la cuisine de M. de Videlange, ancien capitaine de cavalerie à Mandeure, une pierre sur laquelle était gravée Tinscription grecque en question, et qui provenait des jardins de la duchesse de Wurtemberg à Etupes. Ilsajoutent que les plus savants belle nistes, consultés à ce sujet, « ont été unanimes pour lui assigner une date qui ne peut être antérieure au XVI^ siècle ».

Nous avons retrouvé, à la Bibliothèque de Besançon, dans le fonds Duvemoy, fol, 59, la lettre suivante de M. de Videlange :

« Le soussigné, capitaine de cavalerie en retraite, résidant à Mandeure depuis passé quarante ans, certifie par les présentes, que l'inscription en langue grecque, qui se trouve sur une pierre du carreau de sa cuisine, et attenante au foyer, n'a pas été trouvée dans les fouilles d'antiquités au dit Mandeure, mais qu'il l'a achetée à Ktupes avec les autres pierres du carreau de la dite cuisine, et que ce n'est qu'en faisant tailler ces pierres pour les y placer qu'on a reconnu cette inscription. Toutes ces pierres provenaient des débris du château et autres bâtiments, situés dans les jardins du dit Etupes et appartenant au Duc Frédéric-Eugène de Wirlemberg. Mandeure, le 25 octobre 1835 ».-

Voici la traduction de cette inscription, telle que Ta donnée M. de Golbéry :

« Vous dont ramour est licencieux et dont le cœur voluptueux n'aime que les plaisirs inquiets de Cypris, quittez, profanes, ce sanctuaire de l'amour maternel, quittez ce monument solennel d'une sainte douleur, près duquel une mère, déchirée par le souvenir de son ûls absent, verse des larmes que fait couler la tendresse, des larmes amères à répandre. Ah! le ciel ne s'inquiètet-il point des prières qu'une mère lui adresse pour sa chère progéniture ? Mais le génie exaucera ses vœux; la sensibilité vient de lui à un petit nombre d'Ames qui ont reçu d'en haut ce don immortel. »

II. — Aiienjoie (Doubs). — Village de Tancien comté de Montbéliard, d*origine burgonde, très probablement ('). On croit en reconnaître le nom dans VAlisiacum d'une charte de Lothaire II, en 869, et dans VAlingia d'une charte de 1096 environ ('). En tout cas, un cimetière barbare a été découvert à peu de distance de celte localité en 1823; on peut étudier au Musée de Montbéliard les vestiges mis au jour en 1823 et en 1844. Aiienjoie emprunte son nom à la rivière TAllan, qui longe son territoire [Alsegaudiavico) (').

La première mention certaine d'Allenjoie est de 1148. Son église était du patronage de l'église métropolitaine de Besançon, — ainsi que celles de Bavans et Trémoins. Une chapelle dépendait du chapitre de Saint-Maimbœuf, à Montbéliard. Au moyen âge, Aiienjoie se partageait en trois fiefs. L'un appartenait à une famille noble d'Allenjoie (Jean, dit l'avoué : 13)1; Jean Vaillon de Sancey : 1389; Jean III : 1484), et fut réuni au comté de Montbéliard par le comte Frédéric. Le château des nobles d'Allenjoie tombait déjà en ruines â la fin du XVI« siècle. — Un autre fief fut détenu par Othenin d'Allenjoie (1326), Thiébaud Macabrey de Tavannes (1390), Georges d'Orsans (1341), Georges d'Asuel (1344). Il fut réuni au comté par le prince Léopold-

(1) V. Th. Perrenot, Les établissements burgondes dans le pays de Montbéliard, Mém. Soc. Em. Mont. 1904, p. 96.

(2) L. VieUard, Documents et Mémoire pour servir à l'histoire du territaire de Belfort, Besançon. Paul Jacquin. 1884. p. 66, 67 et 156.

(3; Th. Perrenot, ouvr, cité, p. 98.

Frédéric, en 1648. — Un troisième fief, le plus important, appartenait aux sires de Belvoir. 11 passa successivement à Aude-la Blonde (1322), femme de Ferry de Montreux, et aux sires de Saint Loup. En lu44, il esta Melchiorde Reinach, dont la famille le conserve jusqu'en 1667. A cette date, il est acheté par Georges-Léopold de Gueldrich de Sigmarschofïen (f 1701). Son fils, Jean-Guillaume, lui succéda en qualité de seigneur d'Allenjoie (f 1727). La baronne Maximilianne de Gueldrich continua un certain temps à gérer le patrimoine de son père. Mais, en 1742, le comte de Sponeck obtint la seigneurie d'Allenjoie, qu'il ne conserva qu'un an. Emmanuel Rœtllin, de Colmar, lui succéda de 1743 à 1762. Il donna le fief d'Allenjoie à sa fille, qui avait épousé le baron de Goll. La famille de GoU possédait encore ce fief au moment où la Convention réunit le comté de Montbéliard à la France, et habitait un château dont il reste quelques vestiges : malheureusement le corps de logis a été abîmé par des mains barbares (^).

Le sceau de Georges-Léopold de Gueldrich porte cette inscription :

147") S. G. LEOPOLD. GELDRIC. V. SÏGMARSHOFF.

Les armoiries de cette famille étaient : d'argent, à deux lévriers de gueules languez de même, courant l'un sur l'autre, accolez et bouclez de sable ('). La justice du fief d'Allenjoie, composée, du côté des Gueldrich, d'un greffier, du maire du fief, d'un co-juge, du côté du prince de Montbéliard, du prévôt de cette ville, du maire de S. A. S. et d'un co-juge, n'avait pas d'autres armoiries que celles du seigneur.

En 1730, la baronne Maximilianne de Gueldrich emploie le sceau de Georges Frédéric Gueldrich de Sigmarshoffen :

1480) GEORG. FRIDERICH. GELDRIC. V. SIGMARSHOFFEN.

Ici, l'écu porte trois lévriers courants.

Le sceau de E. Rœttlin est en cire rouge, d'abord (1744-1750), puis en papier (1751 1762) :

1490) E. R(ETTLIN. CODOMINVS. IN. ALLENIOYE.

(1) V. P.-F. Beurlin. Recherches historiques sur le comté de. Montbéliard depuis les plus anciens temps jusqu'en 1883, Manuscrit. Biblioth. de Montbéliard. p. 1083 et suivantes.

(2) V. D'Hozier, Armoriai général de France... Franche-Comté. Edil. H. Bouchot. Dijon. Darantière. IbSo. p. 104.

Les tombes des seigneurs d'Allenjoie, qui se voyaient dans le temple jusqu'en 1859, ou bien ont été retaillées pour servir de dalles et sont à peu près illisibles, ou bien ont été brisées pour servir de matériaux de construction quand le nouveau clocher fut édifié (1860). Nous avons pu retrouver dans de vieux registres le nom de quelques-uns de ces nobles qui furent inhumés dans le temple d'Allenjoie : 1») « M. George Léopold de Guelderich mourut à Montbéliard et fut, le 20, enterré dans le temple d'Allenjoie )) (11 février 1701); 2") « Monsieur Jean-Guillaume Gueldrich chevalier et seigneur de Sigmarschofïen etd'Allenjoye en partie mourut en la foy de Jésus Christ son sauveur le 7 mars 1727 et fut inhumé en l'Eglise d'Allenjoye le 10 du même mois»; 3°) « Mademoiselle Clémence, fille de Monsieur le baron de GoU, seigneur d'Allenjoie et de Genéchiè et Vice-Président de la Régence de S. A. S. Monseigneur le Duc régnant de Virtemberg, et de dame Clémence de Rôttlin, son épouse, mourut à Montbéliard le 6 juillet 1781 et fut le lendemain inhumée dans le temple d'Allenjoie, âgée d'environ 26 ans et demi ». 4o) « Monsieur Jean-Jacques Baron de Goll, ancien Vice-Président de la Régence de la Principauté de Montbéliard, Chevalier de l'ordre de l'Aigle rouge de Brandebourg, seigneur de Genéchiè et d'Allenjoie, en partie, mourut à Colmar le 14 juin 1792 entre 3 et 4 heures après midi dans la 61<3 année de son âge, d où ayant été transporté il fut inhumé à Allenjoïe le 17 dudit mois dans le Temple de ce village ».

Une seule tombe subsiste entière et très lisible :

I50o) ICY REPOSE • LE • CORPS • DE

FUT • LE • SIEUR • JEAN FRIDE RICH RIGOULLOT • MINISTRE DU • SAINT EVANGILE A • ALA NIOYE • DECEDE EN • LA FOY • DE lESUS CHRIST • LE 13 • DE FEVRIER 1741 • AGE • DE 33 • ANS •

Jean-Frédéric Rigoulot exerça à AUenjoie, de 1737 à 1741. C'était le 20® pasteur de cette paroisse.

Les anciennes makons sont rares à AUenjoie. Trois surtout mériteraient de fixer notre attention si elles avaient conservé le millésime de leur fondation. Malheureusement les anciennes fenêtres — du XVI« siècle — ont été remplacées par des ouver-

tures plus larges, mais banales, ne portant aucune date. D'après la tradition, la maison Contejean, à côté de Téglise, aurait été la cure catholique, au moment de Tintroduction de la Réforme dans le comté de Montbéliard (1541). Sur la porte de grange de cette maison, on lit cette inscription :

1510) 1757 / IGGM / EG.

La maison Fritz Ridey est probablement la plus ancienne du village. Il y a quelques années, quand des ouvriers étaient occupés à la recrépir, on put voir fort distinctement, au-dessus d'une fenêtre, une niche à sainte vierge, qui avait été comblée. Cette maison a des murs d'une très grande épaisseur. La forme des anciennes fenêtres et les indices sus-mentionnés prouvent qu'elle date du commencement du XVI® siècle ou de la fin du

Aucune inscription sur porte ou fenêtre ne va au-delà du XVIIIû siècle. Une maison (Perrenot Frédéric) conserve encore, sur une fenêtre, cette date :

On lit, au-dessus de la porte de la maison Alizon :

au-dessus de la porte de la maison Métin :

au dessus de la porte de la maison M. Maitrot (ancienne maison Fallot) :

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