‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 16 sur 159 · INF · texte numérisé non relu

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au-dessus d'une fenêtre de la maison Jacot :

Cette maison et quelques autres ont encore leurs anciennes cuisines dont la cheminée, très vaste, est supportée par un arceau de pierre.

Le presbytère porte trois fois la date 1743. Au-desus de la porte de la cave, on lit, dans un cartouche :

C'est la date d'une restauration dont nous avons retrouvé toute rhistoire aux Archives du Doubs. Au commencement du XVII1<' siècle, les pasteurs d'AUenjoie se plaignaient du mauvais état du presbytère. L'un d'entre eux écrivait au Conseil de Régence qu' « il pleut considérablement dans les lits ))(^). En 1743, un entrepreneur, Jean Depoutot, menuisier, prit à son compte la réfection du vieux presbytère, qui avait été déjà restauré en 1649 (*)• Cette fois, il fut considérablement agrandi. Nous lisons dans le cahier des charges que les dépenses totales s'élèveront à 1600 livres et que cette somme sera payée à l'entrepreneur « la moitié par la recette des églisçs et l'autre par les communautés (Allenjoie, Brognard, Nommay et Dambenois) en trois payements égaux » (>). Autrement dit, le terrain sur lequel était construit le vieux presbytère appartenait à la recette ecclésiastique du comté de Montbéliard, et la paroisse, composée des quatre villages sus-nommés, devait contribuer aux dépenses pour la moitié.

Nous n'avons retrouvé à Allenjoie que deux anciennes plaques de cheminée ; l'une porte la date

elle provient de l'ancien château et est contemporaine de sa reconstruction ; l'autre est plus récente et se trouve dans la maison Donzé :

Les objets les plus curieux et portant des inscriptions intéressantes sont les vases de communion, qui se trouvent actuellement au presbytère. Sur une coupe en argent, dont le pied porte, à mi-hauteur, un renflement finement ciselé, se lit cette inscription, gravée sur le piédestal :

teOo) CE CALLISE APPARTIENT A LA CVMMENOTE DALLANGOY • 1636 • lEHAN GIRARDOT CLAUDE WEVILLIN • lACQVES • MAISTRO IVRE DE LA CVMME- NOTE DALLANCOY • NICOLA PERENO RICHAR MAISTRO

12) Arch. du Doubs : E. 187. Le maire du prince s'appelait alors Jean Girardot.

(3) Ibid, 20 janvier 1743.

Ud plat en étain est un don de la baronne de Gueldrich :

1610) Ce ^lat a este donné à J^Sgllse dallenj^le par z/Itadame la oBarone ultaximiliane Çiieldericf} 3^ Slgmarshoffen. Jeanne 17 3o,

Une boîte en argent porte cette inscription :

182o) Cette hoête apartien a loglUe WalUnioie et a été faite jÇanne 1727.

Sur un pot d'étain, servant à renfermer le vin destiné à la communion, on lit cette inscription :

163o) Ce pot 9e Cène a esté donné à J^GgjUse

dallenioie par lïïCax^ame J^a ^Datonnc ultaximiliane ÇiieÙerick de Siamarsko^en Jeanne 1780.

Et enfin, un autre pot d'étain porte l'inscription :

164o) Ce ^ot de cène a été fait faire pat ^. Q.

Gckevln Walenloie s te o/âllnUtère de zJÎlonSt. j- jÇ. Jtoy,, X'an 1767,

Le n® 163 porte la marque de potier :

ou Jean Georges-Morel (*) ; le n» 164, la marque :

la plus répandue, ou Jean Morel ; le plat en étain : I G M, et le calice :

le P superposé au B, ou Pierre Barguesson, orfèvre du XVIl" siècle (*). Par conséquent, tous les objets servant à la sainte cène,

(1) V. L. Nardin et J. Mauveaux, Histoire des corporations d'arts et métiera dea ville et comté de Monthéliard. Mém. Soc. Em. Mont. T. I, p. 284.

(2) Ibid., I, 294.

à Allenjoie, sont des produits de Tindustrie montbéliardaise avant la Révolution.

Notons enfin quelques bornes anciennes qui séparent le département du Doubsdu Territoire de Belfort, entre Allenjoie et Bourogne, et qui séparaient, avant 1793, le comté de Montbéliard du comté de Belfort; elles sont au nombre de douze, nos 56 à 67, et datent de

ot 1690) 1743

Toutes portaient gravées en relief les armoiries des princes de Montbéliard. Une seule a conservé à peu près intact Técusson du Wurtemberg. Ces bornes se continuent entre Dambenois et Vourvenans, Nonimay et Châtenois.

III. — Allondans (Doubs). — Village de l'ancien comté de Montbéliard, qui n'a eu aucun seigneur particulier dans les temps modernes. On n'y trouve pas d'anciennes tombes, parce qu'il faisait partie autrefois de la paroisse de Saint-Julien et que les morts étaient enterrés dans le cimetière de ce dernier village. Il est mentionné pour la première fois en 1196 sous la forme : ad Luru/ens (M. L'église collégiale de Saint-Maimbœuf, à Montbéliard, y jouissait alors de biens dont nous ignorons l'étendue. D'après M. Th. Perrenot, Allondans serait dorigine burgonde et son nom dériverait d'Adalundingis, ce qui signifierait : chez les descendants d'Adal-hund (*).

Au XIII® siècle, le chevalier Pierre de Montbéliard avait des possessions à Allondans, Saint-Julien, Issans, Raynans, Aibre, Semondans, Sainte-Marie, Lougres, Bretigney, Mathay, Monlécheroux, etc. (•).

On a retrouvé dernièrement, dans la maison Emile Nardin, une plaque de cheminée très curieuse. Elle porte, à sa partie supérieure, une inscription qui indique sa provenance : Leopold- Eberhard, herzog zu Wirlemberg-Mumpelgart; au centre,

(1) V. Tueley, Cartulaire, p. 111.

(2) Ouvrage cilé^ p. 68. Adal-hund voudrait dire : le noble chien.

(3) V. P.-F. Beurlin, Recherches hist. sur le comté de Montbéliard..., p. 808.

les armoiries des princes de Wurtemberg : écu écartelé : Wurtemberg, Teck, Porte-étendard d'Empire, Montbéliard (comté), et sur le tout une aigle (GEls) ; au-dessous : 1712 :

De très anciennes maisons, il n'en existe pas plus à Allondans que dans la plupart de nos villages, où les invasions et les incendies ont fait de profonds ravages au XVI® et au XVII® siècle. Notons cependant quelques dates intéressantes :

1710) IGV/1718 : (grange) )

PF : 18 : 09 VX (corps de logis) S "'"**^° ^'''''^'

Entre 18 et 09 sont sculptés les insignes et outils de tonnelier : ceci est rare au pays de Montbéliard et mérite d'être noté.

l?2o) 1723 (grange Bainier)

1730) I c 1787 G T (maison Goguel)

1740) 1789 / ICND (maisiin Nardin)

On voit aussi sur cette maison les insignes de tonneliers.

1750) J N C G / 1797 (maison Goguel)

176o) L 6 ^ P. N. E. M ^ R F (moulin)

Il faut lire : L'an 6, République française.

IV. -— Audinoourt (Doubs). -— Ce village était mi-parti avec le comté de Montbéliard et la seigneurie de Blamont. Il serait aussi d'origine burgonde (*). En 1150 et en 1181, il est cité sous le nom d'Adincort (') (Adini Curtûi), Il y avait, dans ce village, une famille noble, dont le dernier représentant connu fut Druel d'Audincourt, qui vivait en 1308. L*abbaye de Belchamp avait des possessions importantes à Audincourt (*). L'église collégiale de Saint-Maimbœuf jouissait également de

(1) Th. Perrenot, OtttT. cité, p. 82.

(2) VieHard, ouvr. cité, p. 262. — Tuetey, CartuL p. 92.

(3) Tuetey, Carlulaire, p. 92 : Bulle du pape Luce III conflrmant les privilèges et les biens de l'abbaye de Belchamp (1181).

certains biens dans celte localité (*). Enfin, VAwuerie de Dasle possédait une partie d*Audincourt aux XIII® et Xl\^ siècles (*).

A peu près aucune inscription ancienne n*y a été conservée ou découverte. La raison en est simple : cette localité a pris un tel essor industriel que les maisons du XVIII® siècle même ont presque toutes disparu. Le neuf remplace partout l'ancien.

Il existe cependant sur le sol du presbytère protestant deux tombes, dont l'une est assez bien conservée. En voici l'inscription :

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