‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 2 sur 159 · ALLOCUTION · texte numérisé non relu

ALLOCUTION

DE

M. Georges ORANIER

Président, Inspecteur des Eaux et Forêts à Belfort

Mesdames, Messieurs,

Votre bureau se présente aujourd'hui devant vous tel qu'il élait il y a un an ; vous avez bien voulu en efïet, à la séance du mois de novembre dernier, renouveler à la fois pour trois ans, les pouvoirs du Président et ceux du Secrétaire général en fonctions. Nous sommes fort touchés de cette marque de confiance que vous nous avez encore une fois donnée ; soyez assurés de notre profond attachement pour notre chère Société et que nous ferons tous nos efforts pour sa prospérité toujours grandissante. Je dois toutefois vous faire connaître que M. Georges Bernard, qui a été notre trésorier pendant de longues années, a bien voulu se charger momentanément, d'octobre 1910 à avril 1911, de l'intérim des fonctions confiées à notre dévoué trésorier actuel M. Mook, obligé de s'absenter ; il a acquis un nouveau titre à notre reconnaissance que je suis heureux de lui exprimer en ce jour.

L*année dernière nous avons célébré le soixantième anniversaire de|la fondation de notre Société et aujourd'hui c'est encore un anniversaire que nous voulons fêter :1e centenaire du Collège de Montbéliard. Notre Société ne pouvait pas ne pas participer aux fêtes qui doivent avoir lieu à Montbéliard à cette occasion. L'histoire du Collège de notre ville n'est-elle pas liée à l'histoire du Pays de Montbéliard? Nos mémoires ne sont-ils pas les sources les plus précieuses des documents qui permettent de la reconstituer ? C'est ce qu'a fort bien compris notre distingué collègue, M. Manneville, principal du Collège Cuvier. Il vient d'écrire l'histoire aussi complète que possible du Collège ; il vous fera, dans quelques instants, la lecture de quelques extraits de son important travail ; vous verrez combien il renferme de pages intéressantes et vous approuverez certainement votre bureau qui a décidé son insertion dans le volume de 1911 de nos mémoires. Cet ouvrage important renferme de nombreuses planches; il sera très apprécié, je n'en doute pas, de ceux que le collège de Montbéliard intéresse. Je félicite bien vivement M. Manneville et je suis certain que son volume qu'il va mettre en vente dans deux jours aura beaucoup de succès.

Plusieurs d'entre vous auraient peut-être désiré que notre séance pût avoir lieu le 4 juin; votre bureau n'a pas pensé qu'il fût possible de vous convoquer pour le jour de Pentecôte et il lui a paru préférable d'avoir notre réunion aujourd'hui dans la salle habituelle de nos séances.

A notre grand regret et malgré nos efforts, les 3 volumes de nos mémoires de 1910 ne vous ont été remis qu'en janvier 1911, mais comme vous avez pu en juger, l'importance de ces mémoires élait telle qu'il faut excuser le retard et qu'on ne peut que féliciter encore une fois les auteurs pour leur zèle et leur dévouement ; mais j'ai la satisfaction, ce sera une petite compensation au retard, de vous annoncer que le volume de 1911 va vous être distribué pendant le mois de juin; il renferme, comme vous l'avez décidé l'année dernière, un mémoire important de notre infatigable collègue M. Léon Sabler : « La Fin d'un Hégime » et quelques pages de M. le professeur Fallot, sur « Voltaire et la Géologie ».

Nous espérons que le volume de 1912 de nos mémoires renfermera le travail que M. Mériot, secrétaire général, a commencé sur (( Les Inscriptions dans le Pays de Montbéliard » et

une étude par M. Georges Cucuel, que vous venez d'admettre comme membre de notre société, sur rr La Vie parvienne des Princes de Wurtemberg au XVIII^ siècle )>, L'auteur a pu reconstituer, à l'aide de documents inédits, ((Le^ Séjours à Paris des Princes Charles Eugène, Louis Eugène et Frédéric Eugène >^ leur place dans la vie mondaine et artistique, leur rôle à la cour de Louis XV; cette étude complétera avantageusement celle de M. Léon Sabler, sur rr Les Voyages des Fils de Frédéric Eugène j>.

Notre inlassable collègue M. Mauveaux qui, après Ibistoire des Corporations, vient de publier en un volume très important l'Inventaire (tes Archives municipales avant 1793 et des Archives hospitalières, espère nous donner, pour notre volume de 19i3, un mémoire avec planches sur fr Les Armoiries dans le Comté de Montbéliard jj.

Vous le voyez. Mesdames, Messieurs, nos dévoués sociétaires qui nous ont déjà donné ces dernières années nombie de mémoires importants et appréciés, nous en promettent d'autres non moins intéressants. Nous serons heureux de les publier; mais comme vous pouvez le penser, plus les mémoires à publier sont importants, plus ils coûtent cher; les trois volumes de 1910 nous ont coûté plus de 3.000 francs et nos fonds sont en baisse. Vous me direz que chaque année je répète la même chose, je le veux bien, mais en fin de compte, de nouvelles ressources sont nécessaires et pour cela il faut de nouveaux sociétaires que je vous convie tous à chercher et à trouver. Pour faire partie de notre société, il ne faut pas être forcément un lettré ou un savant; que ceux mêmes que nos mémoires n'intéressent pas viennent à nous; ils feront œuvre utile en nous permettant au moins d'entretenir notre Musée et de l'enrichir au besoin.

Depuis quelques années, le nombre de nos membres est stationnaire et approximatif de 200 ; je sais bien que le Pays de Montbéliard n'est pas grand et que nous ne pouvons pas prétendre gagner 30 à 40 membres par an, comme l'a fait la Société belfortaine d'Emulation pendant le dernier exercice. Néanmoins, ne croyez-vous pas, mes chers collaborateurs, qu'il y a peut-être quelque chose à faire. Les derniers volumes de nos mémoires ne traitent que des sujets d'histoire. La science, ne l'oublions-nous pas? La science qui. à nos ancêtres déjà, a révélé de grandes choses et offre journellement à l'humanité stupéfaite et éblouie de nouvelles surprises touchant au

miracle et de nouvelles conquêtes, n'inspirera-telle pas à quelques-uns d'entre nous des travaux? ^'y a-t-il pas parmi nous des fabulistes, des poètes, des professeurs, des juristes, des pacifistes, qui pourraient, eux aussi, nous fournir des matières sur les sujets qu'ils ont particulièrement étudiés.

En parcourant les mémoires des sociétés correspondantes, j'ai été frappé bien des fois de la diversité des sujets qui y sont traités. Je crois que nos volumes seraient plus recherchés et plus appréciés si les questions d'histoire locale n'y étaient plus seules traitées et si les sciences, par exemple, y occupaient plus de place; je veux espérer que mon appel sera entendu.

Votre bureau s'est réuni à peu près tous les mois suivant les circonstances et les ([uestions à résoudre. Notre dévoué conservateur M. Meunier, a dressé l'inventaire des pièces contenues dans les carions que nous ont donnés les héritiers du regretté M. Clément Duvernoy ; il a continué à classer les collections du Musée et les mémoires des sociétés correspondantes; comme vous pouvez le constater vous-mêmes, tout est nettoyé et rangé. La place nous fait toujours défaut; de 'nouvelles salles nous seraient nécessaires; nous espérons que la municipalité de Montbéliard, qui a renoncé à faire une nouvelle entrée au Musée dans la rue qui longe le bâtiment des Halles, voudra bien peut-être nous concéder au rez-de-chaussée le magasin qui se trouve au dessous de nous ; il pourrait servir d'entrée au Musée et nous y disposerions les statues, les dalles, les blocs sculptés de toutes sortes, que nous possédons et qui sont fort lourds ; nous avons confiance et attendons.

Nous aurions été heureux de recevoir ici M. le Ministre de l'Instruction publique le 4 juin, s'il avait pu venir, et de lui montrer nos belles collections. A défaut de subvention qui nous serait bien utile quand même, nousaurionsappuyéde tout notre pouvoir la demande de la municipalité en vue d'obtenir l'attribution à notre Musée du tableau que l'Etat vient d'acheter, si je ne me trompe, et qui a été peint par notre jeune compatriote Zingg.

Il n'a pas été possible à votre bureau de faire représenter la société à tous les Congrès pour lesquels il a reçu des invitations.

Il y a eu l'année dernière, au mois de septembre, un Congrès d'histoire et d'archéologie à Cluny, à l'occasion du millénaire de la fondation de la célèbre abbaye. Le distingué Président de l'Académie de Besançon, M. Léon Picot, qui y a assisté, en a

fait un compte rendu fort intéressant dans les mémoires de celte compagnie. Convier, écrit il au début, au temps où nous vivons, les historiens et les archéologues du monde entier, à venir célébrer le millénaire d'une abbaye presque détruite, après que Tordre religieux qui l'habitait, supprimé par la Révolution, semble n'avoir été rétabli que pour reprendre le chemin de l'exil, c'est faire preuve d'une singulière hardiesse ; telle est cependant l'entreprise qui a parfaitement réussi. Nous étions aussi invités au Congrès des Sociétés savantes à Caen, puis à assister aux fêtes données à Tours par la Société d'agriculture, sciences, arts et belles lettres du département d'Indre-et-Loire, qui célébrait du 27 au 31 mai 1911 le 130«anniversaire de sa fondation. 11 va y avoir des fêtes dans quelques jours, à Rouen, à l'occasion du millénaire de la Normandie — et il faudrait être toujours en voyage si l'on voulait assistera toutes. Comme vous le voyez, les fêtes sont de plus en plus nombreuses. On dit quelquefois que les sociétés savantes de province déclinent, pour moi je ne le crois pas, je n'en veux comme preuve que le nombre vraiment effrayant des mémoires que je reçois des sociétés qui font l'échange de leurs publications avec les nôtres.

Votre Président a pu au moins assister le 2 août 1910. à Luxeuil, avec notre excellent collègue, M. le professeur Fallot, de Bordeaux, au Congrès de l'Association franc-comtoise que présidait aussi l'un des nôtres, M. Roger Roux, et à une partie des fêtes données en octobre dernier par la Société industrielle de Mulhouse. Il vaut la peine, Mesdames et Messieurs, d'aller à Mulhouse admirer les belles collections des beaux-arts, d'histoire naturelle, le Musée historique, qui sont installés dans les nouveaux bâtiments que l'on inaugurait alors. N'oubliez pas non plus d'aller voir les superbes vitraux du temple de Saint- Etienne et le Musée lapidaire que j'ai pu apprécier comme ils le méritent, grAce à l'obligeance inépuisable de M. Lutz.

Le vénéré président de la Société industrielle de Mulhouse, M. Auguste Dolfus, qui avait présidé ces fêtes, vient de mourir; n'ayant pu me rendre à ses obsèques auxquelles j'avais été prié d'assister par télégramme, j'ai adressé en votre nom un télégramme et une lettre de sympathie.

L'accueil fait à Mulhouse à votre Président a été chaud et amical. La séance solennelle de l'Académie de sciences, belleslettres et arts de Besançon, du 26 Janvier dernier, à laquelle

j*ai pu assister, a été suivie d'un banquet somptueux à la salle des chevaliers de Saint-Georges; là aussi j'ai reçu un accueil charmant dont je conserve le précieux souvenir.

J ai eu aussi le plaisir d'assister tout dernièrement à la séance annuelle de la Société Belfortaine d'Emulation et d'y admirer le résultat des fouilles faites à Bourogne par son éminent Secrétaire général, M. Ferdinand Scheurer, et dont il vous a entretenu Tannée dernière.

C'est ainsi que deviennent toujours étroites et cordiales les relations entre les sociétés voisines et la nôtre; la présence aujourd'hui même des distingués délégués qu'elles nous ont envoyés l'atteste hautement; la Société d'Emulation de Montbéliard en est fière et honorée.

Excusez-moi d'avoir été si long, mais il importe que les trop nombreux sociétaires qui n'assistent pas à vos séances puissent se rendre compte en lisant mon discours et le rapport du Secrétaire générai de ce que le bureau de votre Société a fait pendant l'exercice écoulé.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie de la bienveillante attention que vous m'avez accordée. Le poète Maurice Faure a dit : « Faire aimer son petit pays, c'est faire mieux aimer la France » ; c'est à cette tâche que je vous convie tous. J'ai dit.

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