JOSEPH. ID
286") 1789 (fontaine, vers le milieu du village).
(1) V. P.-F. Beurlin, Recherches hist. sur l'anc, seigneurie d'Héricourt, p. 728 et suivantes.
[2) Tuctey, Les Allemands en France, I. p. 242.
XIX. - Chfttenois (Haut Rhin). — Village de l'ancien comté de Belfort. En 1147, le prieuré de Lanthenans possédait l'église de Châtenois, l'église de Bermont et la chapelle de Trétudans : ecclesiam de Casteneyaco cum ecdesia de Bellemonie et capella de Trestudens (*) ; ce qui laisse entendre que Bermont et Trétudans faisaient partie de la paraisse de Cbâtenois. Dans une charte de 1177 qui confirme les possessions du prieuré de Lanthenans, Casteneyaco devient Castiney ('); et, en 1241, Schehteney. A celte date, Bourcard, sire d'Asuel, jouisssait de certaines possessions à Châtenois (^). Il y eut aussi dans ce village, dès le XIl® siècle, un prieuré de Tordre de Saint-Augustin. Il avait des biens à Nommay. Quand il fut supprimé, en 1435, ses possessions passèrent au chapitre de l'église collégiale de Saint- Maimbœuf, de Montbéliard (*). Après la Réforme, elles firent partie de la recette des églises prolestantes du comté de Montbéliard. Plusieurs nobles eurent des biens à Châtenois : Thomas de Grammont (1419); Henri de Franquemont (1440); le prince de Monlbéliard. Celui-ci, en 1768, abandonna à la duchesse de Mazarin les droits et revenus qu'il possédait à Châtenois, Dorans et Botans, et la duchesse lui céda, en échange, ses possessions à Dampierre-les-Bois, Nommay et Brognard {^).
Les anciennes tombes de Châtenois ont presque toutes disparu. Quelques-unes se voient encore dans l'église; l'une d'elles est de 1612, mais il est impossible d'en relever l'épilaphe, par trop délériorée. Seule la tombe d'un curé est assez bien conservée :
287°) HIC lACET...
CAROLVS HVPO LITVS PETIOT PAROCHVS DE CHATENOIS na TUS 72 ANNOS OBliT DIE ii A PRILIS 1766 REQ VIESCAT IN PACE AMEN.
(1) Troumat. I, 301.
(2) Ibid,, 360.
(3) Ibid., 556.
(4) V. P.-E. TuelTerd, Notice hisl. sur Montbéliard et ses monuments Méni. Soc. Em. Mont. 1868, p. 488.
(D) Beurlin, Notice manuscrite sur la paroisse d' A llenjoie.
XX. — Cialragoutte (Haute-Saône). — Village de l'ancienne seigneurie d*Ëtobon. mentionné pour la première fois en 1256, dans une charte donnée à Champagney. Il y est question d'un signor Simon de Cléregote, curé (*). Une partie de ce village appartenait, au XV<^ siècle, à la maison de Bavans. En 1431, la comtesse Henriette affranchit de la mainmorte la seigneurie d'Etobon. Mais les habitants de Clairegoutte, qui dépendaient directement des seigneurs de Bavans, restèrent mainmortables. F^a peste décima la population en 1438 et, l'année suivante, les Ecorcheurs commirent toute espèce d'atrocités à Ronchamp, Clairegoutte, Elobon. La famille de Bavans possédait un château fort au Magny-Danigon, où s'exerçait la moyenne et basse justice. Au commencement du XVI^ siècle, Claude de Franquemont, qui descendait de cette famille, lit construire une église au Magny-Danigon et la dota magnifiquement. Entre temps, des troupes étrangères de passage pillaient nos villages et torturaient les paysans (Charles le Téméraire : 1474 ; Guillaume de Fursteraberg : 1519 ; les Guises : 1587 ; Charles de Lorraine : 1635).
C'est en 1588 que le duc Frédéric fonda le village de Frédéric- Fontaine, tout à côté de Clairegoutte. Nous devons à M. Beurlin le nom des chefs de famille appelés à peupler le nouveau village. C'étaient : 1«) R. Croissant, de Brémoncourt (Lorraine) ; 2®) C. Régnard (Franche-Comté); 3) N. Paris (Franche-Comté); 4^) 0. Albon; 5«>) J. Durupt; fio; C. Bueursey (Lorraine); 7o) J. Thomas (de Frebay, vers Sedan); 8<>) Guy Durupt; 9») G. Olhlin ; lO») F. Masson (Champagne); 11*) A. Simon (Sarrebruck) ; 12*) R. Bailly, d'Andelot (Champagne); 13'') N. Henzlin, du Pont du- Bois (Franche-Comté): un de ses desceudapts vint s'établir à Clairegoutte au XVII® siècle et fut la souche des Iselin, famille illustrée au XIX*- siècle par H. Iselin, statuaire de grande valeur; 14') S. Lorret; 15) C. Lejeune ; 16") J. Chailley. Plus tard, une dizaine de familles vinrent s'ajouter aux seize premières : on y remarque des Delorraine, qui, avec les Croissant, se sont perpétués jusqu'à nos jours.
Clairegoutte prit rapidement une grande extension, comme le prouvent la création d'une charge de tabellion en 1583, et
(1) V. Manuscrit Beurlin sur la seigneurie d'Etobon (Bibliothèque do Montt)éliard). — Abbé L. Besson, Mémoire hif^torique sur l'abbaye et la ville de Lure. Besançon, Bintot. 1846. Pièces jtislif. n* Vf, p. 202.
1 installatioD, dans ce village, de la faroiile noble de Berruf (1577). Au XVII® siècle, un gentilhomme de la Cour de Monlbé liard a des propriétés assez étendues à Clairegoutte (1649) et y fait construire une maison-forte. Son fils, en 1672, abandonne ses biens à son beau-frère, de Mornay ('), qui vient résider dans le village.
Notons que le premier maire de Clairegoutte fut nommé en 1520 et que le Magny-Danigon n'eut le sien qu'en 1682.
C'est le 23 décembre 1704 que M. d'Odelan fit don à la paroisse de Clairegoutte de deux pots d'étain pour la sainte Cène. Un de ces pots existe encore ; il porte la devise :