‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 56 sur 159 · OCTOBRE LE 4 OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE LE 4 OCTOBRE

1756 DECEDE DE LAN

Le 4 AVRIL M D C C LXIII .

Les Forstner avalent un caveau sous Tautel actuel. Le chancelier et deux de ses fils doivent encore y reposer.

Christophe de Forstner était né en 1598 au château de Birckenstein, dans la Haute-Autriche, où son père était grand bailli. 11 avait quitté sa patrie pour cause de religion, après avoir fait d'excellentes études à Tubingue et à Padoue, et avoir séjourné plusieurs années en Italie, en France, et à Vienne, en Autriche. Il entra au service de la maison de Wurtemberg en 4631. Il fut nommé vice-chancelier, puis chancelier à Montbéliard en 1634. 11 occupa ces fonctions jusqu'à sa mort (1667). C'était un politique et un humaniste ; il fut en relation avec Grotius et Pufïendorf ; il écrivit en latin plusieurs ouvrages très remarqués, et s'acquitta de trois missions fort difficiles à la

Cour de France, en 1633, 1638 et 1643. Il avait fait construire à Danibenois une maison de campagne qui existe encore (^) et qu*il habitait de temps à autre. Christophe de Forstner fut inhumé dans le temple de Dambenois le 3 janvier 1668 (*).

Louis-Christophe de Forstner, son fils, (') a, lui aussi, joué un rôle fort important dans le comté de Montbéliard. Mais il n'avait pas les talents de son père. Grand chambellan du prince Georges et conseiller de Régence à une époque très troublée, au moment de la conquête de la Franche- Comté par Louis XIV, il montra une réelle sollicitude pour son pays. Nous en avons la preuve dans les lettres qu'il écrivit à Georges II, retiré en Silésie, de 1679 à 1680 ('). Né à Montbéliard en 1631, il mourut en 1690 et fut inhumé dans le temple de Dambenois. Son fils aine .s'appelait Georges-Louis de Forstner (1669-1734) et hérita du fief de Dambenois. Quant à Frédéric- Christophe de Forstner, frère de Louis, nous n'avons pas d'autres renseignements sur lui que ceux fournis par son épitaphe et une note très courte de la Chronique de Perdrix {p, 80).

Au XVIII® siècle, un Louis Christophe de Forstner, seigneur de Dambenois, épouse en premières noces Eberhardine-Henriette- Louise de Sponeck (1744 : tombe n^' 4), et perd sa femme un an après : celle-ci « fut enterrée le 17 suivant, dans le cimetière dudit Dambenois », ainsi qu'il est écrit dans le registre des baptêmes, décès et mariages conservé aux archives de cette commune. A cette occasion, le pasteur Jean Morel, d'Allenjoie, prononça à Dambenois un discours (^) qui fut imprimé à MoBt-

(0 Nous n'avons pas pu retrouver la date de sa fondaUon. Les anciennes fenêtres à meneaux sont encore visibles dans la grange Ménegaux.

(2) Le sermon funèbre prononcé à Montbéliard par Jean Beurlin, prédicateur de la Cour et pasteur de la paroisse allemande, à l'occasion de la mort du chancelier, fut imprimé à Montbéliard par C. Hyp, en !668 (l vol In-4«). — Consulter sur Christophe de Forstner : E F. P. Beaulieu, Essai sur la vie et les œuvres de Christophe de Forstner. Menu Soc. Em. Montbéliard. 1903, p 173-237; — TuefTerd, Histoire des Comtes souverains...^ p. 511.552; — Ephémérides, p i'^e. note 1, où quelques ouvrages de Forstner sont signalés, et p. 5 476; — Cl. Duvernoy, Montbéliard au dix huitième siècle, 1891, p. 37 1 et suivantes; - Chronique de Perdrix, p 31 et 33.

(3) Un autre fils du chancelier, Paul de Forstner, mourut le 4 Janvier 1664.

(4) Ephémérides, p. 70

(5) /. iV. /. L'empire de la mort sur tous les hommes ou sermon funèbre à l'occasion de la mort heureuse de Madame Eberhardine Henriette Louise née comtesse de Sponeck, etc ; il est dédié A Madame Vilhelmine Loui^f de Hoff, veuve de feu Monsieur Jean Rudolphe comte de Sponeck,

béliard chez Jean-Pierre Biber et que nous avons eu la bonne fortune de retrouver dans le grenier dune vieille cure du pays. Ce sermon funèbre développe pendant une quarantaine de pages ce texte : « Il est ordonné aux hommes de mourir une seule fois » : Ep, aux Hébreux, ch. IX, v. 27. Il se termine par un éloge des Sponeck et des Forstner, et par quelques pièces de vers composées pour la circonstance parWilhelm Eberhard Faber (en allemand), L. G. Peletier et J. J. Duvernoy. Pelletier écrivait :

« Fouler le faste aux pieds, ne vivre que pour Dieu, « Embrasser son Sauveur pour le suivre à la trace, (( L'aimer de tout son cœur, en tout temps, en tout lieu, « C'est chercher son salut, et le trouver par grâce. « Le portrait d'un chrétien représenté au sujet de la mort de Madame de Forstner, née comtesse de Sponeck » (p. 55).

Louis-Christophe se remaria dans la suite. Il perdit plusieurs enfants en bas âge. Nous lisons, à la date de 1757, dans le registre précité : « Christian-Eberhard-Georges-David, fils de Louis Christoflle de Forstner seigneur de Dambenoy et Bolïzheim, et de noble dame Friderique-Philippine-Louise de Forstner, née d'Etzdorfï, mourut le 4« avril 1757 et fut enterré le 5« suivant dans le temple dudit Dambenoy, âgé environ de six mois ». En 1763, mourait Jean Christian-Ferdinand, né le 8 août ; en 1772, Frédéric-Eugène-Jean-Gaspard-Nicolas, né en 1770. Ces trois enfants furent inhumés dans le temple de Dambenois.

Ce temple fut rebâti de 1747 à 1750 sur l'emplacement d'un autre qui avait servi au culte catholique avant l'introduction de la Réforme dans le pays de Montbéliard (^). La table de communion, qui est en pierre, porte l'inscription suivante :

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