‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 69 sur 159 · MAINS DE DIEV MON PERE · texte numérisé non relu

MAINS DE DIEV MON PERE

Ed

OGER DE BOVT

lAQVES DE BOVT

AXTHOINE DE BOVT

Ed

dsa/i aicHaAiaa v saO

Claude de Bout fut inhumé dans le temple d'Etobon, à l'entrée du chœur, au pied de la chaire. Les armoiries des de Bout étaient un lion appuyé sur une épée. Cette famille était originaire de Saint-Maurice-sur-le-Doubs, où elle possédait un fief au moment où la Réforme fut introduite dans le comté de Montbéliard. Elle paraît avoir été peu puissante (*).

Claude de Bout naquit à Saint-Maurice en 1546. M. Beurlin nous a laissé, sur ses origines, quelques lignes que nous nous plaisons à reproduire : Jean de Saint-Maurice, qui fut châtelain d'Héricourt de 1451 à 1454, avait deux filles : « Bonne de Saint-Maurice, femme d'honorable homme Girard Noblet de risle-sur-le-Doubs, et Adeline de Saint-Maurice, femme de Girard Debout, écuyer. Les deux sœurs, avec l'agrément de leurs maris, partagèrent, en 1504, les biens qu'elles possédaient à Saint-Maurice et à Colombier. Adeline de Saint-Maurice, qui survécut à son mari, eut deux fils, savoir Thiébaud Debout, prêtre, curé de Saint-Maurice en 1522, mort avant 1528, qui laissa deux fils naturels, et Nicolas Debout, écuyer, qui épousa Claudine de Noidans, veuve de Guillemin Guillet, sieur de Montby, demeurant à Clerval ; elle survécut à son mari qui mourut en 1548. Nicolas Debout eut deux fils, savoir Maurice Debout, qui devint religieux de Lanthenans, et Claude Debout, né en 1546, qui embrassa le culte évangélique et devint en 1581 pasteur à Colombier-Fontaine... Le petit fief possédé à Saint-Maurice par la famille Debout fut réuni sans doute au domaine de la seigneurie du Châtelot vers Tan 1561 » f').

Claude de Bout fut donc pasteur à Colombier-Fontaine, de 1581 à 1586 ; puis à Etobon, de 1586 k 1605; à Belverne, de 1605 à 1609; de nouveau à Etobon, de 1609 à 1614; et une seconde fois à Belverne, de 1614 à 1616, où il mourut. Il eut trois fils, dont l'un, Ogier (ou Oger) de Bout, fut pasteur à Belverne, Etobon, Colombier-Fontaine, Glay, Héricourl (diacre), et mourut de la peste à Etobon en 1635.

La paroisse d'Etobon possède encore une coupe de communion en métal argenté très mince ; elle porte l'inscription suivante :

(1) V. E. 919 ; Arch. du Doubs. — Beurlin, Les villages de la seigneurie du Châtelot iMém. Soc. Em. Mont. 1889. p. 50 et suivantes\

(2) Beurlin, ouvr. cité, p. 52.

387*) POVR LEGLISE DESTOBOxN . i6o5 ;

c'est la coupe la plus ancienne que nous connaissions.

Quelquesmai^ortôâ'Etobon datent de loin. La maison Guémann porte cette date :

388«) 1670 / DM.

La même famille possède la plus ancienne maison du village, qui sert de remise ou de grenier. La porte, à laquelle on accède par un escalier de pierre, est cintrée et conserve une serrure qui ferait les délices des archéologues. Une pièce immense est ornée d*une cheminée massive où on lit cette date :

Sur une fenêtre à meneaux, cachée par le lierre, est gravée cette autre date :

Une maison de cette espèce devrait être restaurée et classée comme monument historique.

D'autres maisons portent des dates plus récentes :

391») 1688 (Grange Perret).

392 ) P 1724 M (Maison Perret).

Mentionnons aussi deux bornes très connues des habitants des villages des bois : l'une, à proximité de la fontaine Daran porte la date :

et sépare les bois des communes d'Elobon et de Frédéric-Fontaine; l'autre, sur le territoire de cette dernière commune, au bord d'une ancienne route, porte la date :

XXXIL — Etupes ^Doubs). — Village de l'ancien comté de Montbéliard, dont l'histoire n'aurait rien de bien remarquable si, au XVI11« siècle, le prince Frédéric-Eugène n'y avait fait

construire un château de plaisance où séjournèrent des littérateurs et des souverains C).

D'après M. Th. Perrenot, Etupes tirerait son nom du bas-latin stupa (*). C'aurait été une station balnéaire. En tout cas, comme une voie romaine passait à proximité du village actuel, il n y aurait rien d'étonnant à ce qu'il remontât au II^^ siècle. Des sépultures barbares, burgondes probablement, existent sur la hauteur qui sépare Etupes de Taillecourt : nous avons donc là une preuve que l'établissement gallo-romain d'Etupes passa aux mains des Burgondes, comme tant d'autres villas de notre pays, vers le Vl® siècle.

En 1294, le nom de ce village s'orthographiait Esteupes (*), et cette orthographe, qui reproduisait la prononciation courante, se maintint durant plusieurs siècles.

L'abbaye de Belchamp possédait à Etupes un moulin auquel elle renonça en 1531 en faveur du duc Georges : elle reçut en compensation les dîmes novales d'Aibre et du Vernois (*). Un peu plus tard les Sponeck, puis le comte de Coligny, ont des biens à Etupes (*).

Un privilège fut accordé à l'imprimeur Becker pour l'établissement d'une papeterie dans ce même village. Cette papeterie fonctionna quelques années et fut dirigée par un nommé Wild (*). Elle remplaçait l'ancien moulin, qui avait appartenu aux religieux de Belchamp.

Ce fut en iT70 que Frédéric-Eugène se fit construire à Etupes une résidence d'été. On a beaucoup vanté la cour et les réjouissances d'Etupes. Ce qu'on a oublié de dire, c'est que les habitants de ce village furent mis à contribution assez durement pour terminer « les jardins de la duchesse de Wurtemberg » (^).

Les familles les plus répandues étaient, à Etupes, aux XVII® et XVIII® siècles, les Marcoux, Bourgogne, Roche, Vuillemenot, Mettetal, Pechin, Rigoulol, Doriot, Chenot, Joly, Curie, Mongin, Perdrix, Horry, Véron, Vauthier (®).

(1) Y. Baronne d'Oberkirck, Mémoires, T. II.

(•/) Ouvr. cité, p. 30.

(3) Annuaire du Doubs, 1833.

<4) E. 621 : Arch. du Doubs.

(5) E. 6.6 : Arch. du Doubs.

(6) E. 627 : irc/t. du Doubs.

(7) E. 6i5 : Arch, du Doubs.

(8) E. 6:36 6:38 : Arcfu du Doubs.

Dans le temple, il existe une tombe dont nous reproduisons l'épitaphe. Elle a une certaine importance parce que les armoiries des Duvernoy sont sculptées à sa partie inférieure :

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