‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 23 sur 89 · RICHARD · texte numérisé non relu

RICHARD

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fiecker était ainsi largement rémunéré des impressions et autres travaux qu'il devait faire pour le gouvernement, par une rente annuelle de 250 livres et 24 quartes de froment ; mais surtout, son privilège le débarrassait de toute concurrence locale, qui d'ailleurs ne parait pas avoir existé antérieurement, à charge par lui de ne pas abuser de cet avantage en faisant à ses clients des prix exagérés.

A sa mort en 1774, son fils Jacques-Louis lui succéda et hérita de son titre d'imprimeur de S. A. S. mais s'il resta seul possesseur de presses à Montbéliard, il eut comme libraire plusieurs concurrents, en particulier Jean-Théophile Deckherr, originaire de Strasbourg. A partir de l'année 1774 on rencontre un certain nombre d'ouvrages portant la mention « se vend à Monllêliard, chez Jean Tltéoph. Deckherr, libraire » précédée parfois du lieu d'impression, Strasbourg ou Lausanne ; il édita entre autres en 1776, le Recueil de psaumes et cantiques in-32 qui resta en usage dans les églises du pays jusqu'en 1836. Deckherr fut reçu bourgeois en 1777 moyennant 300 livres plus un seau de cuir et 10 francs pour les francs vins.

La production de J.-L. Becker est peu importante. En dehors d'un certain nombre d'ordonnances et de pièces de vers de circonstance, nous n'avons à signaler que la Géographie et la Grain maire latine de. J. G. Surleau, recteur du gymnase de Montbéliard.

Jacques-Louis Becker se retira en 1796. Deux ans après Jean-Th. Deckherr fonda à son tour à Montbéliard, une imprimerie dont la prospérité fut très grande pendant la première moitié du XIXe siècle, et qui resta dans sa famille jusqu'en 1857.

Becker eut un instant à redouter en 1779, la concurrence locale d'un autre imprimeur. A cette époque un nommé Théodore Brand, de Baie, présenta une requête pour être autorisé a établir une imprimerie à Montbéliard, sous le litre de « Société typographique », dans le genre de celle de Berne et de Neurhàtel : (') ce projet n'eut pas de suites.

Nous nous arrêtons ici ; le but que nous poursuivions était de retracer l'histoire de l'imprimerie de notre cité jusqu'à sa réunion à la France. Ce que nous disions en commençant, est particulièrement vrai pour le XVIIIe siècle : rémunération des impressions locales ne constitue en aucune façon la biblio-

(1) Arcb. Nat. fonda Monltolianl, K, 3S».

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graphie de notre région. A cette époque presque tous les jeunes gens qui poussaient un peu loin leurs études travaillaient à l'étranger, souvent y passaient une partie de leur existence, et leurs écrits n'étaient que très exceptionnellement imprimés à Montbéliard. Ce ne sont pas les odes, poèmes el autres pièces de vers sortis des presses des Becker qui pourraient prétendre, malgré leur multiplicité, à représenter les belles- lettres montbéliardaises, qui du restent ne furent jamais cultivées avec beaucoup de zèle par nos ancêtres. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur au Montbéliard au XVII™* siècle de M. Duvernoy, qui dans la troisième partie de son ouvrage a montré l'absence totale d'art et de littérature dont notre région a constamment eu à souffrir, et en a recherché les causes. Bien qu'ayant perdu trop vite la prospérité qu'avait su lui donner à l'origine Jacques Foillet, l'imprimerie, cet art donc Victor Hugo disait que son invention est le plus grand événement de l'histoire, nous a paru digne de retenir notre attention aux périodes de déclin comme à celles de prospérité, et nous avons pris plaisir a sauver de l'oubli ses humbles mais en somme honnêtes représentants.

Ceux qui, comme nous, sont attachés a leur ville natale et tiennent à la mieux connaître en pénétrant dans son passé, esti nieront sans doute que la série de modestes artisans qui vient de nous occuper avaient droit à quelques pages dans l'histoire du Montbéliard d'autrefois.

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CATALOGUE des Ouvrages imprimés à Montbéliard

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