‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 62 sur 89 · MAI . 17U · texte numérisé non relu

MAI . 17U

PAU

. V. SATLEH .

Du forestier Satier , la maison passa , nous ne savons de quelle façon, au conseiller Duvernoy, puis à l'avocat son fils, dont nous nous occupons présentement, •.-.

Alors c'était uniquement une demeure d'été. M™ d'Oberkirth . en parle dans ses mémoires de la façon suivante :

a Nous avions résolu de passer l'été avec Madame la princesse de Montbéliard, sans cependant nous établir au château, ce qui pouvait devenir indiscret. Mon oncle, le commandeur de Waldner était des nôtres ; et nous louâmes à Exincourt la maison de M. Duvernoy qui donnait des leçons à ma fille. Exincourt est un tout petit village à un quartde lieue d'Etupes, du côté de Montbéliard. i)

A la mort de sun père , ayant reçu ce domaine en partage,

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Exincourt devint l'habitation de Ckarles-Léopold-Eberhard Duvernoy , dit Duvernoy de Besançon, et c'est là que naquit, le 1er Septembre 1820, le dernier de ses enfants, nommé, comme son grand-père, Charles-Louis Duternoy. Il fut officier du génie à Besançon, où il est mort. On lui doit la construction du fort de Beauregard qui domine cette place.

Certainement, en 1832, ce sont de très puissantes considérations qui durent agir sur l'esprit du propriétaire d 'Exincourt pour le décider à la fois à se défaire de cette ancienne maison de famille, à quitter toutes ses relations et & s'éloigner de ce pays de Montbéliard; auquel tous ses écrits nous le montrent si profondément attaché. Il y eut certainement une crise, il dût se faire violence, cette détermination fut dictée par d'impérieuses nécessités.

Le nouveau propriétaire, M. Jean-Christophe Perdrizet, négo ciant et banquier à Montbéliard, ne resta pas longtemps en possession de l'immeuble. Ayant fait, peu après, de sérieuses pertes , à son tour il dut s'en défaire, et tout ce qu'il possédait fut réalisé pour satisfaire ses créanciers.

Le bien fut morcelé: vingt propriétaires, habitants d'Exincourt et de Montbéliard , se partagèrent les terres mises aux enchères. Il y avait plus de cinquante hectares, s'étendant de la ferme des Gouttes, descendant jusqu'aux rives de l'Allan et finissant du coté d'Etupes : c'étaient des prés et des champs.

M. Charles Bernard-Fallot, de Montbéliard, eut le château et les parcelles environnantes.

M. et Mmc Bernard vinrent souvent passer l'été à Exincourt, puis en 1858, à la mort du dernier d'entie eux, M™ Eugène Duvernoy, leur fille, reçut la propriété, dont elle ne fit pas usage comme habitation.

Un instant, vers 1877, la vie se manifesta de nouveau au château, mais bien différente de ce qu'elle avait été au siècle pré cèdent. Un anabaptiste peu recom manda ble, et qui fait tache parmi ses coreligionnaires , y ouvrit un asile pour recueillir de nombreux enfants et des vieillards, qui ne tardèrent pas a affluer. Cet homme était un imposteur. Après quelques mois, nuitamment il dut prendre la fuite pour ne pas être arrêté et l'asile fut liquidé par les soins de la charité privée.

Aujourd'hui, la maison appartient à Mms Louis Morel Duvernoy. Pendant la belle saison les volets tournent sur leurs gonds et, comme jadis, laissent voir Içs fenêtres à petits carreaux,

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Exincourt jouit maintenant d'avantages dont cette localité était privée jusqu'ici. Les eaux canalisées d'Etupes y arrivent en abondance et, depuis cette année, le tramway, qui relie Montbéliard à Audincourt, y dépose les voyageurs.

L'avocat au Conseil de Régence Ckarles-Louis Davemoy dont nous venons de nous occuper, a eu une vie particulièrement heureuse. Il a vécu et il est mort dans l'abondance. 11 a pleinement joui de la considération qui s'attachait à ses fonctions. Sans arrière- pensée il a pu se livrera ses occupations préférées, en conformité avec ses goûts, tournés du coté des lettres et des sciences. Nous ne connaissons pas toute sa lignée , mais nous pouvons avancer qu'elle n'a pas toujours joui des mêmes avantages. C'est là une loi générale ; ainsi le veut l'inévitable retour des choses humaines. (')

(Il Citons parmi les descendants de Charles-Louis Duveriioy iixés h Montbéliard, ni dont aucun ne porte son nom : M*' Frédéric Tucfferd-Macler, M. Edmond Sali 1er, H" Louis Pardonne!, M"' Julien Leconle, M- Henri Berger, M. Georges l'clitliory.

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Ma Vie en Deux Mots,

ar Pierre-Louis SAHLEK, Accompagnée de Notes.

Un négociant montbéli ardais. — Détails biographiques. — Enfance. — Apprentissage «horlogerie. — Départ pour

SaRKEBRUCK. — SÉJOUR A ROTTERDAM. — VOYAGE EN ANGLE- TERRE. — But de ce voyage. — Etablissement a Montbéliard et a La Chaux -de- Ponds. — Choix d'une épouse. — Réussite. — Achats et constructions. — Jalousie des contemporains. — Quelques insuccès. — Etablissement des enfants. — Le Conseil Municipal. — Le Conseil Général. — Conclusion.

Dans les notes précédentes, sans ordre apparent, ont passé rapidement sous nos yeux, dos princes, nos hommes politiques, nos paysans, nos artisans, les bourgeois, les médecins, l'homme de lettres. Pour compléter le tableau , terminons en transcrivant le court récit, vieux de soixante dix ans, que nous a laissé un négociant MoDtbéliardais.

Dans ces pages, peut-être trop rapides et qui ne contiennent que l'essentiel, très simplement il nous contera sa vie et nous exposera les résultats auxquels les circonstances, son intelligence, son travail longtemps poursuivi, son honnêteté, elles principes d'une stricte économie, l'ont conduit.

Il a nom Pierre-Louis Solder.

Son originalité consiste en ceci : non seulement il fut un homme d'action, lui aussi l'un des fondateurs de notre industrie

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locale, mais le premier Montbéliardais ayant établi des relations suivies, de commerce et de banque, avec les pays étrangers.

Les notes accompagnant ce petit travail seront, pour ne pas couper le récit de l'auteur, placées à la fin. ,,

Le cahier, d'une écriture très ferme et régulière, qui est sous nos yeux, a pour titre :

Ma Vie en Deux Mots,

écrite en 1835 à l'âge dt 73 ans.

Il contient ce qui suit:

« Ma constitution ayant été la plus forte, je survis à neuf enfants que nous étions, u

« Un de mes frères et une de mes sœurs sont morts, à ce que je crois, d'une maladie de poitrine, les autres en bas-âge. Cependant ni mon père(l) ni ma mère n'étaient atteints de ce mal. Ma mère succomba à l'âge critique, nous étions encore, à ce mo ment-Ià, cinq enfants. Mon père resté seul, jusqu'à la fin de sa vie chercha à s'instruire. »

« Des liasses d'observations sur ses lectures , qu'il prit soin de rédiger, comme aussi ses veilles et tous ses travaux, ont, je crois, hâté sa fin. Il mourut à soixante-dix ans ; une lettre, que je reçus lorsque je séjournais en Hollande, m'apprit sa fin. »

« J'ai fréquenté notre gymnase jusqu'à l'Age de seize ans, mais, n'ayant que peu d'aptitudes aux études et ne pouvant apprendre ni grec ni latin, mon père s'en rendant compte, me voua au commerce. Son projet était de faire de moi un marchand de fer comme son père (2) l'avait été et cela me convenait parfaitement. »

«L'horlogerie, qui commençait à se développer chez nous, attira également son attention, et, aimant beaucoup la mécanique, j'en fis l'essai. Je parvins, sous la direction d'un bon maître, à faire une montre que j'ai portée cinq ans. Cela m'ouvrit les idées. »

« Puis je fus placé en apprentissage à Saarbruck, où j'avais un oncle, chez un fabricant d'instruments aratoires et d'outils. Ce fabricant possédait un martinet, et, depuis le moment où je le vis, l'idée de ce martinet m'a toujours poursuivi. »

[( M'étant mis au courant des affaires , je fus pour la maison

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un commis- voyageur. Je visitais à ta fois : l'Allemagne, la France et la Suisse. »

« Après cet apprentissage qui dura quatre ans, désirant aller plus loin, je trouvai à Rotterdam une place dans une maison qui tenait la quincaillerie anglaise. J'y restai également quatre ans. Y ayant fait quelques économies, j'eus le désir de les consacrer à un voyage après lequel, ayant parcouru l'Angleterre en tous sens et n'ayant du reste à compter que sur moi, je prendrais une décision sur ce que j'entreprendrais a la suite. »

te Je partis donc. J'étais porteur de nombreuses lettres de recommandations, même de lettres de crédit qu'un parent nommé l'ontois et un M. Lattritiard m'avaient données de confiance. »

tt Mes épargnes étaient de trente louis, on m'envoya de Mont béliard cent louis provenant de ma succession et je touchai à a Londres cent autres louis sur mes lettres de crédit. »

<i C'est avec cet argent que je me procurai des marchandises et des échantillons. D'abord à Londres, puis à Birmingham, dont je connaissais la quincaillerie, à Leeds, où se fabriquent les lainages, à Halifax, à Liverpool, à Manchester, ville où se , font les articles de coton, à Shetlield, célèbre pour ses aciers et ' outils, à York, puis à Hull, où finalement je m'embarquai pour retourner à Rotterdam, u

« La, après une heureuse traversée, je vendis une partie de mes marchandises pour payer ceux qui avaient eu confiance en moi. Puis je rapportai le reste à Montbéliard : ce fut mon premier fonds de commerce. Dès lors j'étais fixé et le plan que j'ai suivi depuis se trouvait parfaitement tracé; je ne m'en suis pas écarté. »

« Je remis mes échantillons de tissus de laine et de coton avec mes notes, à mes cousins qui faisaient ce commerce (4) et, avec mes burins, limes, aciers et fournitures d'horlogerie, je fus à La Chaux de Fonds où je les vendis et pris des commissions. "

« Mon attention se porta surtout sur ces articles, y voyant à la fois, un écoulement certain et un bénéfice honnête, écoulement qui n'a fait du reste que croître dans un dépôt que j'ai formé dans cette dernière ville et que j'ai maintenu pendant trente-cinq ans, jusqu'au moment où l'âge ne me permit plus de m'y rendre. »

« Mes courses à La Chaux-de-Fonds (5), en bravant toutes

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les intempéries, se faisaient régulièrement tous les deux mois, cela en toutes saisons. »

« Dès le commencement de mon entreprise , je cherchai femme. J'avais alors vingt-six ans. La première à laquelle je m'adressai me congédia , la seconde me dégoûta. Enfin j'ai trouvé celle qui fait encore mon bonheur (6). Elle m'aidait dans mon commerce lorsque j'étais au logis, et, pendant mes absences, elle me remplaçait. »

«Nos affaires n'ont pas tardé à prospérer; aussi de bonne heure, nous sommes nous trouvés indépendants. L'ordre le plus parfait règne jusqu'à ce jour dans mes écritures et l'on peut y voir comment, avec les dix-huit mille francs que j'ai recueillis de l'héritage de mes parents (7), j'ai progressé. »

« Mon commerce de la Suisse ainsi que mon débit de fers, aciers et métaux de Montbéliard, m'ont été très avantageux. Je tirais mes marchandises de première main et les payais comptant. »

« Je dois dire encore deux mots de ma Climène qui m'a aidé à faire mon chemin, y ayant même vaillamment contribué. Elle aura été la joie de ma vie : c'est un trésor qu'une femme semblable et, pour l'avantage de l'humanité, j'en souhaiterais une pareille à tout homme de bien. Elle a rempli ma maison d'enfants qui, grâce à nos soins, sont en non chemin. » (8)

« J'ai édifié, j'ai créé, j'ai acheté, j'ai prêté, j'ai disséminé ma fortune en champs, en prés, en usines , en vignes, en maisons, en fonds nationaux, communaux, en foiêts royales. »

« Les fonds nationaux que j'ai acquis directement ne forment que la plus faible partie de mon avoir, mais je les ai augmentés par des achats faits de deuxième et de troisième main : Certaines personnes me les reprochent en disant que ce n'est pas de bon aloi et que sans ces biens, je n'aurais pas fait mon chemin. — Cela est faux et voici l'exacte vérité. »

« Je commençai à acheter au moment de la Terreur , — alors que j'étais suspect et traité d'aristocrate, — quelques biens à Bartet parai ainsi au danger que je courais (9). J'estime que ces fonds, qui me sont revenus à trois mille francs, en valent aujourd'hui six mille. Les autres fonds nationaux achetés à Vesoul ont été payés en numéraire, à un quart au dessous de leur valeur : j'en ai eu pour dix mille francs. » « Quant au Parc, à l'origine je n'y ai pas eu part, et ce n'est

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que plus tard que, successivement, j'en ai acquis plusieurs lots, payés a leur juste valeur. i>

« Ce qui est vrai, c'est que ceux qui n'ont pas su profiter des cil-constances, maintenant sont jaloux, aussi débitent ils cinquante mensonges rar les acquéreurs. Et pourtant, plutôt que de les blâmer, ne devrait on pas au contraire leur savoir gré? Ils ont agi pour le bien du pays en ne laissant pas passer ces terres en des mains étrangères. »

« C'est donc en travaillant beaucoup, c'est grâce a mon économie et à mon courage que, sans avoir fait de tort à personne, je suis ce que je suis. »

«Je tiens à dire que toujours j'ai évité l'agiotage nuisibles mon prochain (10) et que, dans mes transactions, je me suis borné à l'intérêt légal de cinq pour cent, intérêt que j'ai réduit à quatre, lorsque meseDfants avaient besoin de mon concours. » « Ma première bâtisse a été celle de la maison Berdot, puis celle du moulin de la Raisse avec ses dépendances et son martinet (il), création désirée depuis longtemps, mais qui. je dois le dire, n'a pas répondu à mon attente : la fabrication des limes, celle de la coutellerie, la tirerie de fer, que j'ai îsuccessivemen entreprises ont du être abandonnées (12), en'attendant que mes enfants puissent tirer meilleur parti du cours d'eau que je n'ai su le faire. Cependant ces usines me rapportent encore six cents francs pour le moulin et mille francs annuellement pour le martinet. »

« Il y a quatre ans que j'ai construit la nouvelle grange pour former ma ferme de la Raisse, près de ces usines et du canal. »

« J'ai successivement bâti la maison vis-à-vis de ma demeure, celle à côté de cne* moi et la petite grange de la maison Ponnier. Ainsi je loge sous un même toit pour ainsi dire, avec cinq de mes enfants. »

« La tannerie de Christophe et les réparations à la maison du faubourg ont été faites il y a dix ans (13). La maison de la ferme du Parc, propriété qui fait mes délices à la campagne, date de la même époque. Enfin le logement et les magasins sur le bassin du canal de navigation sont construits depuis deux ans- (14). »

«.Telles sont mes constructions, je n'en regrette aucune: elles ont fourni du pain à beaucoup d'ouvriers. »

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« Je parlerai ' enfin de ce que je crois avoir fait de plus heureux. » ■• .

« Plusieurs de mes (ils n'avaient pas encore fait choix d'un état. Elevés dans l'abondance, ils auraient eu peine à se plier, comme j'avais dû le faire, au joug de commis marchand. Aussi, depuis longtemps, je révais d'un établissement .qui me permît de les garder autour de moi daus leur pays natal. Ce ne fut qu'à la mort de mon beau père que les circonstances s'y prêtèrent. »

« J'eus alors un quart des Neufs-Moulins, et un de mes fils, par succession échue à sa femme, un autre quart. Pour remplir mon but, j'achetai les deux autres quarts et transférai le tout, en toute propriété, à quatre de mes fils pour y établir une filature de coton. L'un d'eux, à cet effet, avait fait en Alsace un apprentissage. Us 6e mirent aussitôt à construire et à acheter les mécanismes. Je me flatte donc d'être, à Montbéliard, le créateur de cette industrie qui prospère et soulage tant de pauvres gens auxquels elle fournit maintenant du travail. — Sans cette filature non plus, deux de mes fils ne fileraient pas le parfait amour avec leurs tourterelles (45). »

« Pour terminer, sans m'en faire un mérite, je rappellerai que j'ai été choisi deux fois par mes concitoyens pour faire partie du Conseil municipal. J'y ai soutenu les intérêts de la ville contre l'envahissement des communaux. »

a Ici se placent les réclamations du conseil actuel qui prétend que j'ai anticipé sur le domaine public (16), Cela étant faux, je me suis refusé à en signer l'aveu, qui pouvait remettre à trente ans de nouvelles tracasseries et j'ai invité le conseil à m'actionner de suite pour me laver de ces imputations. »

«J'ai occupé également les honorables fonctions de membre du Conseil d'Arrondissement et de membre du Conseil Général du Département. Tout en défendant, dans ces assemblées, les intérêts et les droits de mon pays, je n'en ai eu que du dégoût, car les membres des autres arrondissements ont tout fait pour aggraver les charges du nôtre, en particulier par le refus de contribuer à la reconstruction du pont de Sochaux et -parla1 surcharge de nos impositions foncières, de vingt-deux mille francs d'abord et de huit mille francs ensuite, pour alléger d'autant les autres arrondissements (17). Us nous traitent, j'ose le dire, comme hérétiques et pays conquis ! »

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« Mes protestations sont couchées, comme je l'ai exigé, sur le registre des délibérations du Conseil, puis, voyant mon impuissance, j'ai donné ma démission. »

« Lorsqu'il s'est agi de dons gratuits, soit pour les pauvres, soit pour l'utilité générale, je ne suis pas resté en arrière. »

« C'est sans ostentation et sans vouloir m'en faire gloire que je viens de raconter ce que j'ai lait. Jusqu'à la fin je m'efforcerai de rester un homme de bien, digne de l'estime de ses concitoyens ; je veux mourir en paix avec moi-même. »

« Dieu m'a béni 1 II m'a protégé en tous lieux et dans toutes mes entreprises. Je me prosterne devant lui dans mon cabinet et, en contemplant ses merveilles, je le loue à la campagne. C'est en lui rendant grâce de toutes façons que je lui demande de jeter sur ma famille un regard favorable. — Qu'il me pardonne mes péchés 1 »

Le manuscrit se termine pai des instructions relatives à ses obsèques, qu'il veut, dit-il, très simples et par l'indication de libéralités qu'il recommande de faire à cette occasion, aux enfants et aux vieillards.

Comme les anciens patriarches entourés de nombreux enfants, Pierre-Louis retourna vers ses pères, le 27 Janvier 1847. Climène fut le pour lui fermer les yeux, et vénérée d'une tribu de descendants, elle-même vécut jusqu'en 1857, atteignant ainsi, comme son époux, sa quatre-vingt-sixième année.

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